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  • : Ce blog traite des causes endogènes et exogènes liées à la pauvreté de l'Afrique. Il fait par ailleurs un pont entre l'Afrique et la France: la françafrique.
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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 18:14

Les origines de Radio-Brazzaville - Entretien avec Pierre Bernard

Article paru dans Espoir n° 54 mars 1986

Pierre Bernard, mobilisé en septembre 1939, et affecté un peu plus tard comme officier de liaison auprès d'une unité britannique, est évacué de Bray-Dunes, près de Dunkerque, en 1940.

En Angleterre, désireux de continuer le combat, il s'adresse aux autorités britanniques qui l'envoient aux « free french ». Engagé dans les Forces Françaises Libres, il fait sur le bateau qui l'emmène vers Dakar, la connaissance des frères Desjardins ( ), se joint à eux et à quelques autres pour aller à Brazzaville donner une voix et une radio indépendantes à la France Libre.


Jusqu'en septembre 1944 il vit l'aventure de Radio-Brazzaville, le seul poste qui, ignorant les vicissitudes et les servitudes que les rapports entre la France Libre et les alliés imposent aux ondes françaises, à Londres, Alger ou ailleurs, reste le porte-parole du général de Gaulle.


C'est cette aventure qu'a fait revivre Pierre Bernard dans l'entretien qui suit et qu'il a eu avec Bruno Leroux et Olivier Delorme, à l'Institut Charles-de-Gaulle, le 9 juillet 1985.


Question : Pierre Bernard, pouvez-vous nous indiquer dans quelles circonstances la petite équipe d'hommes qui fondèrent Radio-Brazzaville s'est constituée, et comment vous y êtes-vous joint ?


Pierre Bernard : Incorporé dans les Forces Françaises Libres à Londres le 13 juillet 1940, agent de liaison auprès du Q.G. du général de Gaulle, je me suis embarqué en août, sur le « Westerland », qui devait nous conduire de Liverpool à Dakar, pour rallier à la France Libre la capitale de l'A.O.F. C'est au cours de la traversée que j'ai fait connaissance des frères Desjardins, et que j'ai appris l'existence d'un très récent projet, de constituer à Dakar, un service d'information et un poste de radio international de la France Libre, qui fussent essentiellement français et en dehors de tout contrôle britannique.
Pour le reste c'est l'improvisation la plus complète qui présida à la mise sur pied de ce projet, et notamment au recrutement, sur le bateau, de l'équipe qui serait chargée de le mettre en œuvre. Plusieurs des « élus » avaient eu, avant la guerre, des rapports plus ou moins éloignés avec le journalisme, notamment l'agence Havas ; d'autres, comme moi qui étais antiquaire, et qui le suis redevenu après la guerre, ont été recrutés pour leur connaissance des langues étrangères, et pour leur enthousiasme.
C'est seulement après l'échec devant Dakar que nous nous sommes dirigés sur Brazzaville : il faut dire que le choix n'était alors pas bien grand, d'endroits sous l'administration de la France Libre qui disposaient des installations nécessaires à la mise en marche de notre projet, sans moyens techniques ni financiers amenés de l'extérieur.


Q. : Comment s'est passé votre installation à Brazzaville ? Qu'avez-vous trouvé à votre arrivée ?


P.B. : Un premier bateau nous a amenés de Freetown, en Sierra Leone britannique où nous avait débarqué le « Westerland », jusqu'au Cameroun. A Douala l'accueil a été brillant puis nous avons pris la route assez rapidement pour Bangui, avec une vingtaine de véhicules, contournant le Gabon non encore rallié et emportant tous les matériels disponibles susceptibles de nous être utiles. Moi-même, devant m'occuper des programmes musicaux, j'ai ramassé tous les disques que j'ai pu trouver, des colons me donnant, au fil du voyage, des disques qu'ils possédaient.
Arrivés à Bangui, nous avons embarqué sur de pittoresques bateaux à roue et à vapeur, tendus de larges bâches, qui nous ont emmenés en quatre jours à Brazzaville — c'était la période des hautes eaux — c'est là que nous avons dressé nos premiers plans d'installation.
L'accueil à Brazzaville a été plutôt frais, le ralliement des autorités civiles et militaires avait eu lieu d'assez mauvaise grâce et essentiellement à cause de l'autorité et de l'engagement personnel du gouverneur Eboué. Le commandant de la garnison de qui nous dépendions puisque nous étions militaires, après avoir examiné les papiers de quelques-uns d'entre nous a lancé un « Mais combien y en a-t-il de ces aventuriers ? » qui en disait long sur la manière dont il nous considérait.
Les contacts avec la société locale ont été longs à établir. Les colons de l'endroit n'étaient finalement pas très favorables au général de Gaulle et pendant quelque temps, nous qui étions ses porte-parole « purs et durs » avons été en quelque sorte tenus à l'écart.


Q. : Il existait sur place deux postes, l'un tenu par des broussards, le Radio- Club, et le poste de radio télégraphie, destiné aux communications P.T.T. Comment, techniquement, avez-vous utilisé les installations existantes ?


P.B. : Desjardins avait un plan qui consistait à augmenter la puissance des stations existantes pour couvrir d'abord l'A.E.F. et les pays limitrophes à partir du poste local pour en faire finalement une station internationale. L'homme qui dirigeait le Radio- Club, M. Boileau, qui avait déjà un certain âge, nous a considérablement facilité la tâche et nous avons installé quatre émet teurs dans un local minuscule, couvert de chaume, et dont les portes restaient ouver tes : c'était le seul moyen d'aération qui permettait aussi à nos auditeurs d'entendre chanter les coqs ou coasser les crapauds selon l'heure. Nous étions à la limite de la ville blanche, alors que le poste technique de retransmission se trouvait à plusieurs kilomètres de là, en bordure de la ville noire. Le renforcement de la puissance s'est effectué petit à petit grâce à de nouveaux matériels et aux techniciens, de la marine notamment : il s'agissait quand même largement de bricolage, ce qui n'a pas empêché qu'un mois après notre installation, le 11 novembre 1940, de passage à Brazzaville, rapide comme tous ses passages, et après le « ralliement » du Gabon, le Général a pu enregistrer un discours diffusé dans toute l'A.E.F.
Ensuite notre puissance d'émission n'a cessé de croître jusqu'à l'installation d'un grand émetteur en 1943. Parallèlement l'équipe, d'une demi-douzaine au départ, a augmenté jusqu'à la trentaine en 1943 et doublé ensuite avec des apports massifs de personnels venus du Proche-Orient, de la Réunion, des U.S.A. et du Canada, recrutés par les missions de la France Libre de ces régions, alors que le recrutement local a été tout à fait négligeable.


Q. : Et les émissions, de quoi se composaient-elles ?


P.B. : L'essentiel était constitué par les bulletins d'information. Assez vite nous avons eu des émissions en anglais, espagnol, italien et même portugais et jusqu 'en six langues étrangères, ceci avec l'aide de volontaires étrangers : une Anglaise, Jean Hughes, une Américaine, Helen Scott, qui est devenue plus tard à Paris l'assistante de François Truffaut, un Grec... En mai 1942, nous émettions chaque soir en anglais de 19 h 45 à 20 heures G.M.T., après quoi venait une demi-heure de musique. Mais dès la fin de ce même mois, installés dans de nouveaux locaux avec plus de moyens, nos émissions sont devenues plus nourries.
J'étais plus particulièrement chargé de la programmation musicale — presque uniquement de musique enregistrée. La petite discothèque constituée au long du voyage avait fini par atteindre les 2 000 disques ; à partir de 1942 nous avons pu passer des commandes pour arriver assez vite à un fonds de 6 000 disques environ : concerts classiques, variétés françaises et aussi américaines.
Un jour, le Général est passé dans mon bureau et m'a dit : « C'est très bien Bernard, tous ces bons concerts que vous nous faites, de musique classique et moderne, mais est-ce que vous ne croyez pas qu'un peu de musique militaire ne serait pas appropriée?» Fin 1941 j'avais déjà reçu unie note me demandant de passer régulièrement la marche lorraine et la Marseillaise. Ce que nous avons fait.
Mais l'essentiel était, bien sûr, composé des bulletins d'information, qui ont été de plus en plus nombreux et complets. Les sources que nous utilisions étaient d'abord les télégrammes d'agences, d'origines variées, neutre, alliée mais aussi ennemie. Notre service d'écoute était tout à fait remarquable et nous a permis très souvent de donner des informations de grande importance en toute première exclusivité, grâce aux recoupements et synthèses que nous faisions à partir d'éléments reçus de sources différentes.
Nous avons ainsi pu établir, les premiers, et avec une grande précision, le moment où le tonnage de bateaux construits par les alliés dépassait le tonnage des bateaux coulés. Cette écoute systématique a été rendue possible par la collaboration d'Africains recrutés sur place et formés en un temps record par des radiotélégraphistes de la marine, François Le Boulanger, Kermarec et Briere. Ce personnel, à qui on avait appris l'écoute en morse et la dactylographie, s'est d'ailleurs remarquablement adapté aux perfectionnements techniques intervenus pendant la guerre, lorsque sont apparus les ondulateurs qui ont remplacé l'écoute directe par des bandes où s'inscrivaient des traits et des points.


Q. : Les structures ont-elles aussi évolué entre le début et 1943 ?


P.B. : Bien entendu, au niveau administratif tout cela s'est structuré petit à petit. Au directeur, s'est ajouté un secrétaire général, puis des chefs de service pour les émissions vers l'étranger, l'Afrique, la France...
Au début chacun faisait un peu n'importe quoi puis, au fur et à mesure, les fonctions se sont spécialisées. Pour ma part, en dehors des programmes musicaux, je parlais au micro un grand nombre d'heures par jour et étais chargé de reportages sur notre environnement africain proche et plus lointain.


Q. : Disposiez-vous de correspondants de guerre qui couvraient les opérations militaires sur le terrain ?


P.B. : Pendant longtemps les autorités militaires ont été très réticentes à nous voir donner de la publicité à des opérations qui, comme celles de Leclerc dans le sud saharien, étaient largement fondées sur le secret et la surprise. Avec Leclerc, les choses ont été particulièrement diffici les et nous n'avons pu avoir aucun correspondant affecté auprès de lui jusqu'en janvier 1943. Il n'avait guère conscience de l'importance de la propagande et ce qui commandait avant tout son attitude, c'est qu'un homme de plus, non combattant, c'était deux litres d'eau en moins pour les autres : le sous-officier qu'il avait affecté aux rapports avec nous, et qui devait nous fournir les données, était astreint à toutes les obligations et corvées des autres sous- officiers de son unité.


Q. : Le contenu des bulletins d'information était-il donné brut, par la lecture de dépêches ou, étant conscient d'être la voix de la France Libre, donniez-vous des commentaires spécifiques qui, par exemple, ne pouvaient pas passer sur la B.B.C. en raison de désaccords entre le général de Gaulle et les Britanniques ?


P.B. : Chaque bulletin commençait par un sommaire, avec les informations marquantes — telle victoire soviétique, tel désastre naval, telle colonie britannique tombée aux mains des Japonais — mais ensuite, chaque rédacteur donnait son commentaire des événements. Le choix des informa tions dépendait largement du public auquel il était destiné et le contenu changeait sui vant qu'on s'adressait à la Résistance française ou aux Nords-Américains.
De plus, nous avions absolument cons cience d'être la seule radio française qui défendait intégralement les intérêts de la France. Contrairement à d'autres radios en français, notre attitude vis-à-vis de Vichy par exemple n'a jamais varié, celle d'une opposition la plus catégorique, sans aucune indulgence, ce qui n'a pas toujours été le cas de ceux qui utilisaient, sous son contrôle, un instrument prêté par la Grande-Bretagne. A Brazzaville, nous étions chez nous et, par conséquent, nous avions la liberté d'exprimer complètement notre sentiment.
Au moment du débarquement américain en Afrique du Nord, de l'imbroglio Darlan, puis de Giraud à Alger, nous sommes toujours restés d'une seule voix derrière le général de Gaulle. Parfois même nous y allions un peu fort.
Loin de Paris, vivant en vase clos et dans un esprit ardent de conviction nous avions tendance à forcer l'événement, et plusieurs fois, des amis dévoués sont venus nous calmer un peu, nous dire qu'il fallait ménager les Espagnols parce que beaucoup de Français passaient par là pour rejoindre l'Angleterre ou l'Afrique du Nord, ou les Américains, parce que, sans leur puissance industrielle, nous ne pourrions pas grand-chose.
Nous avons même reçu un jour un émissaire de la Résistance intérieure que nous avons d'abord considéré comme un tiède, tellement il bousculait les idées que nous avions sur la Résistance en France. Nous voulions croire et faire croire que la grande majorité des Français était dans la résistance active et nous avions beaucoup de difficultés à admettre ce qu'il nous disait, qu'elle n'en rassemblait qu'une infime minorité.
Nous étions tout à fait persuadés d'être en étroite liaison de pensée avec le Général et d'être les seuls interprètes intransigeants de ses convictions ; nous avons d'ailleurs rarement été démentis, les consignes de modération venant parfois de Londres, mais trouvant le plus souvent leur origine chez les distingués représentants diplomatiques ou militaires de nos alliés, à Brazzaville même.


Q. : Avez-vous personnellement rencontré le général de Gaulle à cette époque ?


P.B. : J'ai eu très souvent à lui passer la parole au micro, il n'avait devant lui qu'un minimum de notes mais possédait à fond son sujet : un jour que je le conduisais en voiture du bureau de la rédaction, en ville, au studio d'émission à Poto Poto, il m'a ainsi exposé presque intégralement le discours qu'il allait prononcer.
Si nous le voyions plus souvent dans les périodes de crises avec les alliés, après l'armistice de Saint-Jean-d'Acre, ou lors de la crise de Madagascar, c'est parce qu'à ce moment-là il ne pouvait compter que sur nous et nous avons toujours eu l'impression d'avoir une place à part dans son cœur. J'ai retrouvé une lettre de février 44 où j'écrivais ceci : « Vous êtes certainement au courant de la dernière visite à Brazzaville du général de Gaulle. En 48 heures, il a ouvert la confé rence africaine, passé des revues, remis des décorations, inauguré le monument Savorgnan-de-Brazza et le stade Félix- Eboué, prononcé des discours, c'est le moins qu'on pouvait attendre de lui.
Pour moi, j'attendais quelque chose de plus, une émotion passagère, une exaltation durable. J'étais étonné de ne l'avoir pas ressentie dès l'arrivée de l'avion, comme à chacune de ses précédentes visites. Gui de nous avait changé ?
Ce n'est qu'à la fin du deuxième jour, après une journée particulièrement épui sante, de cérémonies particulièrement ennuyeuses, que je me suis aperçu avec joie que le changement était seulement superficiel. De Gaulle est arrivé à 18 h 30 pour visiter le service de l'information ; on l'attendait depuis 17 heures et les petits nouveaux du service, qui ne le connaissaient pas encore, déploraient le contre temps et leurs frais de toilette : enfin puisque les clairons ont sonné, on le verra tout de même et peut-être nous serrera-t-il la main.
Le Général est resté jusqu'à 22 h 45, non seulement on l'a vu et il a serré toutes les mains, mais encore il paraissait rensei gné sur le compte de chacun à qui il a pu dire un mot personnel, puis il nous a rassemblés dans la grande salle de la popote après avoir visité minutieusement toutes les parties du service et nous a expliqué longuement, posément, sur le ton d'une causerie amicale ce qu'il pensait du service et de son organisation, de ses membres, de tout ce qui avait été fait et de ce qui restait encore à faire. Et les nouveaux ont très bien compris ce que les anciens savaient déjà : pourquoi de Gaulle chérit l'information de Brazzaville plus que tout autre organisme officiel ou privé de la France Libre. »


Q. : Parmi les rares archives sonores de Radio-Brazzaville on a trace de cette visite et de Gaulle, s'adressant à votre équipe dit : « Vous êtes véritablement la « voix de la France », parce qu'à Alger, il y a des difficultés techniques et il y a aussi (et il hésite sur le mot) des servitudes. » C'est bien là que l'on ressent toute la valeur de disposer d'un poste en territoire français, en dehors de tout contrôle ou pression alliés, ce qui n'était le cas ni à Londres ni à Alger. Et avec les radios de Vichy ou d'Afrique du Nord, quels étaient vos rapports ?


P.B. : Nous les écoutions très régulièrement et mettions en garde nos auditeurs contre toute propagande provenant de cette source, sans pour autant essayer de répondre à tous les mensonges qu'elles déversaient : il y en avait trop ! Avec le poste de Dakar, il y a eu des tentatives réciproques de brouillage ; quant au poste pirate, monté par les Allemands et intitulé Radio-Brazzaville II, je ne me rappelle pas en avoir jamais eu connaissance.
De France et à condition de le vouloir, on nous entendait d'ailleurs très bien. Nous diffusions en clair des messages personnels aux familles ; moi-même, j'adressais à ma famille un message tous les 25 du mois, et nous avons eu un grand nombre de témoignages que nous étions entendus et écoutés non seulement en Afrique, mais en France et même aux U.S.A. J'ai gardé une lettre datée du 23- 12-42 m'indiquant qu'au sud d'une ligne passant par le Maryland, le Kansas, le Texas et le Tennessee, on ne nous entendait pas; ce qui veut dire qu'au nord de cette ligne on nous entendait.


Q. : Un nouvel émetteur, beaucoup plus puissant, est donc installé en juin 1943...


P.B. : Oui, en fait ce nouveau matériel avait été prévu dès notre installation, mais il coûtait cher et devait venir des U.S.A. par mer, en plusieurs livraisons. Au terme de longues négociations, Desjardins avait réussi à passer commande ; la France Libre n'était pas très riche, les Américains pas très empressés et le transport mari¬time peu sûr, ce qui fait que l'équipement en question s'est plusieurs fois retrouvé au fond avec la nécessité de reprendre tout à zéro.
La construction du bâtiment qui devait correspondre à l'augmentation de puissance de notre émetteur et donc à la diversification de nos émissions a été terminée bien avant que l'émetteur lui-même ne soit installé. Long d'une centaine de mètres, tout en rez-de-chaussée, surplombant le Congo, il était prévu pour le travail d'une centaine de personnes et nous nous sommes retrouvés, à trente, très à l'aise à l'intérieur : la grande innovation était que, désormais, les locaux administratifs, ceux de la rédaction et les studios d'émission se trouveraient au même endroit et que nous n'avions plus besoin de courir, sous les intempéries, au studio rudimentaire du Radio-Club et à celui de Poto Poto.
L'installation de l'émetteur a entraîné un renouvellement de l'équipe, une augmentation des effectifs et un regain d'activité : pour le débarquement en Normandie nous émettons sans interruption 18 heures sur 24. Desjardins parti, il est remplacé par Daniel Schlumberger, l'archéologue du Proche-Orient, puis par Géraud Jouve et enfin Max Clos venu de Beyrouth, ce qui s'est insensiblement traduit par un changement d'atmosphère certains membres de la première équipe ont demandé à se rapprocher de la France, je l'ai demandé aussi mais j'ai compris assez vite qu'on me garderait encore un moment. L'ambiance est devenue administrative avec un grand A, il était maintenant question d'heures supplémentaires, d'obligations de service... J'ai retrouvé une lettre où je disais qu'à cette époque je me sentais moralement démissionnaire.
Enfin, mon état de santé nécessita mon rapatriement par Pointe-Noire et Toulon, en septembre 1944 et, pour Radio-Brazzaville, la période de l'après-guerre était déjà entamée.

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Published by Brice MATINGOUT
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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 22:32

                          Comment sommes nous manipulés? Le cas de la guerre d'Irak 


Les 

                    Photob 001L’attaque du Word Trader Center le 11 Septembre 2001 par Al-Qaïda devait à tous les coups  pousser les Américains à attaquer l’Afghanistan, pays d’où sont venus les terroristes et, où se cache encore Ben Laden. Comment dans ce cas, Georges Bush s’est-il retrouvé en Irak ? Y avait-il un lien entre Al-Qaïda et Saddam Husein? Tous les gens serieux savent que les deux avaient des relations tendues. Comment dans ces conditions Bush a-t-il procédé pour vendre une guerre qu’il voulait bien avant les attentats du 11 Septembre ?

                    A l’origine, certains républicains avaient besoin de terminer le travail  commencé par Georges Bush père. En effet, durant son mandat, il avait engagé une guerre contre Saddam suite à l’invasion du Koweit par l’Irak.

                    Le retour des Républicains au pouvoir par le billet de Georges Bush Jr est une occasion longtemps rêvée pour  déclencher des hostilités. Il reste donc à trouver des alibis. Il faut trouver à tous les prix des motifs quitte à mentir l'opinion. Puis, vient le 11 Septembre. C'est le soulagement. En effet, il faut prouver que Saddam est impliqué dans cette attaque.

                    La CIA fut donc chargée de trouver des preuves qui l'impliqueraient. Mais hélas, aucun fait ni de près ni de loin ne lui fut reproché. Au contraire, Saddam était même sur le point de normaliser ses relations avec les USA car, lui comme eux venaient de se decouvrir un ennemi commun, Ben Laden. 

                    Et pourtant Bush tient à sa guerre. Il lui faut donc l’opinion publique. Pour cela, il faut monter l'opinion contre Saddam. Il s'agit de montrer qu'il chercherait à s'attaquer au peuple américain par le moyen d'une arme de destruction massive. Dans ce cas, il est plus dangereux que Ben Laden. Le discours est martelé dans les grands médias  matin et soir. La manipulation  gagne du terrain. Ainsi 70% de l’opinion publique américaine prise de panique devient favorable pour l’invasion de l’Irak.  Au fond, tout se passe comme si lors de l’attaque du Pearl Harbor par les Japonais en 1939, les USA avaient décidé d’attaquer l’Argentine.

                    Une fois l’opinion publique acquise à sa fausse cause, il reste à convaincre l’opinion internationale. On sait que le conseil de Sécurité ne va pas mordre à l’hameçon grâce à l’opposition farouche de la France. Mais peu importe, Bush la veut il lui faut sa guerre. Tony Blair soutien indéfectible de Bush va de son coté mentir les Britaniques afin de leur faire avaler la guerre de Bush.

                              Ainsi, en Mars 2003, la guerre est déclarée contre l’Irak. Une guerre de 10   ans et des milliers de  morts. Le pays n’est pas encore sorti du traumatisme. Pour Bush, grâce à la guerre il sera réélu  en 2004.

 

                               Voilà comment on  crée des événements afin de nous faire croire ce qu’ils ont envie de nous faire croire et ce n'est pas le dernier cas malheureusement.

L

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 11:04

Photob 001L'Afrique  est un gigantesque reservoir de matières premières, un grand marché de plus d'un milliard d'habitants et pourtant elle est peu productrice. D'ici l'an 2050, ce continent comptera plus de deux millards d'habitants. A vrai dire, il y aura plus de Nigerians sur terre que des Américains. Or, des Nigerians sont majoritairement pauvres comparés aux Américains. On peut on conclure d'emblée que la pauvreté a des beaux jours devant elle. Ce qui complique la chose, c'est qu' il y a plus de 60 milliards d'investissements étrangers. Les grandes entreprises sont presqu' entre les mains des étrangers: d'abord la France et maintenant la Chine. 

Ce continent compte plus de 65% de population  jeune; ces jeunes qui malgré tout prennent certaines responsabiltés politiques pour assumer leur destin. Ils ont chassé Wade  et Compaoré au pouvoir, ces oligarques qui geraient leurs pays comme si c'étaient leurs familles. Mais, le continent est peins des gens de leur espèce.

Les opportunités présentent en Afrique se transformeront-elles en création d'emplois? Encore, il faut que les dirigeants du continent évoluent mentalement afin de faire la vraie politique, celle qui investie dans les générations futures faute de quoi, des milliers des bras valides et des cerveaux des jeunes africains prendront de plus en plus le chemin de l'exil économique au profit d'autres continents. 

Aujourd'ui, dans un contexte de mondialisation, 7 jeunes sur 10 possedent un portable alors que 3 maisons sur 10 seulement ont un branchement électrique dans des centres urbains. Cette forte exposition à la mondialisation des informations permet aux jeunes africains d'en savoir un peu plus sur le retard du continent mais aussi  savoir qui sont les responsables de la pauvreté dont-ils sont les premières victimes.  Mais par dessus tout, il s"agit pour ces jeunes potentiellement pauvres d'étudier les mecanismes les plus efficaces afin de renverser tous les pouvoirs qui  rendent les pauvres plus pauvres.

Doit-on se ressigner dans sa condition de pauvre quand on  vit dans un pays producteur du petrole? Une chose est sure plus de 70% de la population africaine est scolarisée. Or être scolarisé, c'est être armé. Le tout est de savoir sur qui doit -on brandir l'arme. Certainement plus sur les exclavagistes et colonialistes.  Bien au contraire, les responsables qui profitent de la situation chaotique du continent restent à bien d'égard les dirigeants africains. Ces hommes politiques, loin de mettre en place des vraies politiques qui prônent la justice sociale? Ils ont erigé un système qui capte l'argent du peuple pour le cacher dans  des paradis fiscaux.

Pour l'Afrique, il s'agit dorenavant, d'inventer un avenir où  la jeunesse ne doit plus laisser les hommes politiques faire ce qu'ils veulent. De toutes les façons, ils ne font rien pour la jeunesse. Dans ces conditions, il faut plus que des révolutionnaires de la taille de Che. Y'a t -il des Che ?

A quoi pensez-vous à l'instant? A une action militaire du type coup d'Etat?  Pensez-vous que je sois devenu si petit esprit au point de faire l'apologie de la violence?

Qu'on se détrompe. Le développpement de l'Afrique dépend avant tout de l'apropriation par les clans de leurs terres volées par les Etats modernes composés d'une minorités des oligarques éthnitisés. Ces politiques ont bradé les terres et les matières premières qu'elles renferment. En echange, ils ont remplis leurs poches des billets de banques sans que le peuple ne voit la couleur de cette richesse. Les hommes au pouvoir, gèrent les richesses de l'Afrique à leur guise au lieu de les transformer en richesses redistribuées directement ou indirectement au peuple. 

Il est donc temps de comprendre que la Terre ne doit plus appartenir à l'Etat. Les clans ont l'obligation de récupérer toutes les terres que l'Etat s'est apropriée. Si donc les clans recupèrent leurs terres, ils prendront directement possession de toutes les richesses du sol et du sous sol. Dès cet instant, faisant usage de la loi de la redistribution naturelle des richesses du plus grand au plus petit.qu'anime chaque clan, le peuple,verra son niveau de vie augmenté. 

Vous avez compris que la terre est le premier bien d'une communanté. Et si cette terre contient des richesses comme le petrole, l'uranium...elles reviennent de droit au clan propriétaire de cette terre.

Quel est donc le role de l'Etat dans ce contexte?  Il a le devoir de protéger les individus et leurs biens. Il joue aussi le rôle de médiateur entre les clans et les investisseurs internationaux. L'Etat  incite les clans propriétaires à investir dans les infrastructures utliles pour les pays.  En échange, l'Etat prélève les impôts et autres taxes. Il a donc tout à gagner car, il a moins de charges en rendant la terre aux ayants droits. Dans ce contexte, aucun clan n'est privilégié car, chacun devenant autonome avec ses terres à développer. On assistera ainsi à une société d'entrepreneurs où les initiatives privées seront la règles de vie.

Je n'ai pas la prétention ici d'annoncer une nouvelle théorie du développement du continent. Je m'inspire tout simplement de la société africaine traditionnelle. Dans cette société, aucune personne n'était dépourvue de tout, comme dans nos sociétés actuelles où l'Etat est devenu maitre et possesseur des terres. Or qui dit l'Etat, dit les hommes au pouvoir. Ils sont donc devenus une caste qui a le droit sur toutes les terres et les richesses qu'elles contiennent en dépouillant les clans, donc le peuple.

Partout les clans, les peuples doivent récupérer ce qui leur revient de droit, leurs terres entre les mains des carapaces, égoistes devenus millionnaires sur un bien qui ne leur appartient nullement si non par une magouille des textes fonciers; Donc pour exemple, les Vilis de Pointe-Noire en République du Congo, doivent par tous les moyens reprendre le contrôle de leur petrole. Cest une question de survie sinon, ils disparaitront dans un avenir très proche. Je parle de la disparition qui fait qu'un peuple qui n'a plus rien, ne compte plus. C'est vraiment un scandale inqualifiable de constater que les Vilis  s'appauvrissent chaque jour un peu plus pendant ce temps, Oyo, la ville située à plus de 1000km s'enrichit de plus en plus avec les revenus tirés du petrole  des Vilis de Pointe-Noire. Et les exemples de ce genre, on peut en trouver par millier. Est- ce que l'Etat congolais va-t-il indemniser les Vilis pour le vol de leur petrole?

Je reviens à ma première interrogation, qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu?  Tout ce que nous savons c'est que le bon Dieu a donné la terre aux clans. Mais les clans ont subi l'expropriation de leurs terres par l'Etat, un groupuscule devenu propriétaire de toutes les terres de chaque pays et de ce fait, ils sont devenus excessivement riches au détriment des clans, d'où la paupérisation sans fin des populations africaines.

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Published by Brice MATINGOUT - dans MES PENSEES
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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 20:11

Elle est lourde cette élection qui place le parti de Marine Lepen à la tête des partis politiques français. Le P.S. de François Hollande et l'UMP, jadis, premier parti de l'opposition ont essuyé une sévère défaite électorale. Mais, plus que ça, cette victoire a un gout très amère en ce que le Front national de M. Lepen est reputé, même très reputé pour être un parti raciste, xénophobe, anti-européen et autre chose de ce genre. Ectac Caricatures-Marine-et-Jean-Marie-Le-Pen 03

Dans cette élection, on a l'impression que les racistes et les xénophobes ne votent plus pour protester mais plutot pour affirmer leurs convictions politiques et leur idéal sociétal. Bien sûr, il ne s'agit pas de croire que 25% des français sont devenus du jour au lendemain depourvus de bon sens. Il reste vrai qu'un bon nombre parmi les électeurs de Marine sont des cons et ils utilisent les urnes pour le dire.

 

Dans ce cas, la France qui donne des leçons de démocratie, de fraternité, de solidarité à la la terre entière est soumise à revoir ses intentions. En effet, il n'y a pas des doutes sur les intentions racialistes des dirigeants du front national. Déjà, dans les villes dirigées pas ceux-ci, la comémoration de la journée de l'esclavage n'a pas eu lieu. En plus, les permis de construction des mosquées ont été gélés. Les associations humanitaires aux services des étrangés sont menacées etc.

 

On peut d'or et déjà s'attendre à ce que l'avenir soit plus sombre pour tous ceux que jusque là  voyaient la France en blanc-black-  beur.

 

L'histoire est donc en marche de façon plus accélérée car, en 2017, pour les élections présidentielles, les surprises sont permises en favaur des partisans de la haine. Ils savent que la démocratie est le moyen le plus efficace pour arriver au pouvoir pour réaliser quelques projets qui les tiennent à coeur. Le premier qui l'avait compris, c'était Hitler. Mais, nous étions au XXème siècle.

Vive la démocratie, libre expression  des uns et des  autres. Si les uns sont majoritaires aux autres, la démocratie triomphe. Mais si ces majoritaires sont une bande des cons, la démocratie chie des conneries.

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 20:08

V

oilà une pensée pour ceux d’entre nous qui sont encore à la bourre et ne sont pas prêts pour les fêtes de Noël: fut un temps, certains esprits bien informés estimaient qu’il fallait fêter Noël au printemps. Imaginez ça: trois mois supplémentaires pour faire votre shopping!

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Pour la plupart d’entre nous, le fait que Noël tombe un 25 décembre ne soulève pas la moindre question. Mais au cours des 2.000 années (et quelque) qui se sont écoulées, la date de naissance de Jésus a provoqué d’innombrables controverses. En fait, l’incertitude concernant la date de naissance exacte de Jésus est telle que certains Chrétiens ont choisi de ne tout simplement pas la célébrer.

Rien dans la Bible

La Bible ne nous offre qu’assez peu de solutions pour répondre à cette question: les Evangiles ne nous donnent en effet aucune date précise. Il n’y a pas même la moindre référence à la saison à laquelle cette naissance aurait eu lieu. Certains lecteurs croient déceler un indice dans l’Evangile selon Saint Luc, où celui-ci mentionne le fait que des bergers passent la nuit dans leurs champs pour garder leurs troupeaux quand ils apprennent la naissance de Jésus.

Pour certains, cette mention suggère une naissance au printemps plutôt qu’en décembre, à l’époque de l’agnelage, quand les animaux paissent librement dans les champs et sont hors de leurs bergeries. Oui, mais… Les partisans d’une naissance au mois de décembre répondent que les moutons destinés à des sacrifices religieux avaient l’habitude de paître sans surveillance, en dehors des enclos, même lorsqu’il gèle à pierre fendre.

Il est clair qu’une dispute portant sur les connaissances des pratiques d’élevage au Proche-Orient antique n’est pas de celle qui se résolvent facilement.

Et quelle importance, après tout? Les premiers auteurs chrétiens s’intéressaient bien davantage à la mort de Jésus et à sa résurrection qu’à sa naissance. Le plus ancien des Evangiles, celui de Marc, ne parle même pas de la naissance de Jésus. Ceux plus tardifs de Matthieu et de Luc mentionnent un luxe de détails – étoiles, rois mages, crèche – mais rien de précis sur l’époque de sa naissance.

Un «coup marketing antique»

Ce qui n’a pas empêché d’autres personnes de faire des spéculations. Le théologien Clément d’Alexandrie, qui écrit vers 200 après J.-C., mentionne certaines des dates qui ont déjà été proposées comme la date authentique de la naissance de Jésus Christ. Les nativités printanières étaient les plus populaires, avec de nombreuses dates en mars, en avril ou en mai. Le 25 décembre n’est pas mentionné.

Alors comment se fait-il que l’on célèbre finalement la naissance de Jésus dans le froid de l’hiver? L’Eglise n’a fixé cette date qu’au IVe siècle de notre ère. L’explication la plus courante de ce fait est que l’Eglise des premiers temps avait souhaité faire coïncider la célébration de la Nativité avec des fêtes païennes déjà existantes. Les Romains avaient leurs Saturnales, l’ancienne fête du solstice d’hiver, et les peuples du Nord avaient eux aussi leurs propres fêtes du solstice. Au menu des réjouissances: repas, dons de cadeaux et maisons décorées de branches de sapin ou de houx.

Le raisonnement est le suivant: l’Eglise en pleine expansion, ayant pris la juste mesure de la popularité des fêtes hivernales, a décidé d’y rattacher les célébrations de Noël pour encourager l’essor du Christianisme. John Steele Gordon, historien des affaires, a décrit l’implantation des fêtes de la Nativité en hiver comme une sorte de «coup marketing antique

Calculs complexes

Mais d’autres mettent en avant une explication moins connue du choix du 25 décembre –et qui ne manque pas de séduire tous ceux qui trouvent tirée par les cheveux cette connexion faite entre Noël et les anciennes fêtes du solstice d’hiver. Selon certains chercheurs, en effet, Noël a été fixé à cette date non en raison de sa proximité avec des traditions païennes, mais par suite d’une série de calculs complexes de calendrier. L’argument se fonde sur une ancienne tradition judaïque, qui voulait que les grands prophètes mourraient à la même date que leur anniversaire ou, autre alternative, de leur conception.

Ainsi, pour suivre ce raisonnement précis, la première étape pour tenter de fixer la date de naissance de Jésus consistait à déterminer la date de sa mort, que les Evangiles fixent à Pâques. Tertullien, auteur chrétien né vers 150 après J.-C., calculait ainsi que la date donnée pour la mort de Jésus dans l’Evangile de Saint Jean correspondait au 25 mars dans le calendrier romain.

De nombreuses Eglises chrétiennes célèbrent l’Annonciation, qui marque la visite de l’archange Gabriel à la Vierge Marie pour lui annoncer qu’elle va devenir la mère de Jésus, à cette date. Si l’on ajoute neuf mois au 25 mars, on tombe donc sur le 25 décembre.

Cette explication alternative est parfois avancée pour nier l’idée que cette fête a des origines païennes. Dans un article de 2003 publié dans le journal Touchstone, l’historien William Tighe présente ainsi les origines païennes de Noël comme «un mythe sans fondement historique.»

Les Chrétiens anti-Noël

Il avance même qu’au moins une fête païenne, le Natalis Solis Invictus des Romains, institué par l’empereur Aurélien le 25 décembre 274, a été introduite comme une réponse aux célébrations des Chrétiens. Cette fête païenne «était très certainement une tentative de proposer une alternative païenne à une célébration qui était déjà importante pour les Chrétiens romains.» A en croire Tighe, ce sont donc les païens qui ont tenté de contrer une fête chrétienne, pas l’inverse.

Mais même pour certains chrétiens, Noël est toujours apparu comme une adaptation d’une fête païenne – et il n’est donc pas digne de le fêter. Origène, un des premiers pères de l’Eglise, s’est prononcé contre la célébration de la naissance de jésus:

«Il n’y a que des pêcheurs comme le Pharaon ou Hérode qui célèbrent le jour où ils sont apparus dans ce monde.»

Au Massachusetts, les Puritains du XVIIe siècle avaient interdit cette célébration, essentiellement parce que rien dans la Bible ne pointait vers cette date du 25 décembre. Ils se méfiaient également des désordres des Saturnales et des possibles débordements de cette fête.

Un instrument de prosélytisme

Les Quakers, eux aussi, refusaient de la célébrer. En 1878, dans un roman de Harriet Beecher Stowe (auteur de La Case de l’Oncle Tom) intitulé Poganuc People, un des personnages explique pourquoi sa famille ne fête pas Noël:

«Personne ne sait quand le Christ est né, et rien dans la Bible ne nous indique quand il faut célébrer Noël.»

Toutes ces anciennes querelles autour de la date de Noël ont quelque chose de familier. Les périodes de fêtes sont propices aux disputes. En cette période de l’année, plus qu’en toute autre, le sacré et le profane se heurtent en permanence pour prendre le plus d’espace possible et finissent généralement par s’accommoder l’un de l’autre. Les croyants ne doivent pas se sentir menacés par les éventuelles origines païennes de Noël. Si l’Eglise a peut-être recyclé d’anciennes fêtes païennes, ce n’était que pour se greffer sur les anciennes cultures existantes à des fins prosélytes.

Andrew Santella
Auteur, notamment d'essais et de critiques pour la New York Times Book Review et GQ

Traduit par Antoine Bourguilleau

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 01:29

 

405 img1Faut-il dire que toutes les preuves l'attestent, les Africains une fois arrivés en Europe de -100 000 jusqu'à - 40 000 devaient s'adapter aux conditions climatiques. Par conséquent, durant 20 000 ans, ils perdent leur mélanine et blanchissent pour s"adapter aux nouvelles conditions de vie, dans un milieu froid. Les premières traces sont l'Homme de Grilmaldi, le premier africain, nègre arrivé sur le sol européen. Cette question largement démontrée par le Professeur Cheick Anta Diop est une vérité incontestée. Ainsi, l'Homme n'a qu'une origine, l'Afrique. En effet, le berceau de l'humanité est donc à situer en Afrique nègre, où pour la première fois furent inventées la civilisation, l'écriture, les mathématiques, la science politique, la science militaire, la science de la production et la science des affaires, le monothéisme. Tous les Grecs anciens ont reconnu aux noirs cette primauté sur le reste de l'humanité.  Ces batisseurs des pyramides aujourd'hui reconnu par l'Histoire après l'esclavage, la colonisation et le lavage de cerveaux sont à l'origine de la vérité scientifique dans toute sa grandeur, laquelle vérité qu'il faut réécrire après des siècles de falsification de l'Histoire, l'archéologie et la spiritualité africaine fortement liée à Kibangou et par la mère de l'Homme, Kimpa-Nvinta 

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 23:28
1. La hiérarchie urbaine à l'échelle de la planète
a. Le poids relatif du « Nord »
En 1950, l'urbanisation est le fait des Etats d'Europe de l'Ouest, d'Amérique du Nord, d'Océanie (Australie et Nouvelle-Zélande) et quelques Etats d'Amérique latine où la population urbaine dépasse 50 % de la population totale. A cette date, deux villes comptent plus de 10 millions d'habitants (New York et Tokyo). L'Amérique du Nord et l'Europe regroupent 20 villes bimillionnaires. Depuis lors, les choses ont changé. L'Asie et l'Amérique latine deviennent les continents où l'on trouve les principales méga-cités. En 2000, 17 agglomérations regroupent 10 millions de personnes (Moscou) ou plus (jusqu'à Tokyo, 29,9 millions de personnes) : 2 en Amérique du Nord, 4 en Amérique latine, 9 en Asie, 1 en Afrique (Le Caire), aucune en Europe. Les rythmes d'urbanisation sont élevés pour la plupart des pays (4 %/an).
b. L'émergence des villes du « Sud »
Dans les pays du Sud, les taux de croissance de la population urbaine sont très élevés (plus de 4 %), notamment dans les continents et les pays en développement : Afrique, Amérique centrale et du Sud, Moyen-Orient, quelques pays d'Asie (Philippines, Malaisie, Thaïlande, Indonésie, Pakistan). Selon les projections, en 2015, les pays du Sud devraient regrouper 29 villes de plus de 8 millions d'habitants sur les 39 projetées. L'urbanisation des PED est encore modérée (34 % pour l'Afrique, 25 % pour l'Asie du Sud, 40 % pour l'Asie du SE). Les taux annuels de croissance urbaine sont élevés (plus de 3,2 % par an en moyenne) et permettent d'envisager un rattrapage à l'échelle mondiale. L'évolution observée depuis 1950 traduit un glissement des centres de gravité vers des aires géographiques nouvelles (vers les PED et vers L'Asie). La carte des très grandes villes se réorganise au profit des régions d'Asie (Est chinois, Japon, Corée) et du sous-continent indien.
2. La hiérarchie ne se fonde pas uniquement sur des critères démographiques
a. L'accélération de la concentration urbaine, facteur principal de l'évolution
Entre 1950 et 1995, la croissance de la population urbaine dans le monde est de 243 %. Le taux moyen d'urbanisation (29,7 %) atteint 45,3 %. Les 326 villes millionnaires (83 en 1950) représentent une population qui a augmenté de 378 %. Pendant la même période, les villes de plus de 2 millions d'individus ont connu une croissance de 428 % et celles de plus de 5 millions de personnes ont connu une augmentation de 573 %. Ainsi, le nombre des villes augmente, mais c'est surtout le nombre des très grandes villes qui connaît une croissance considérable.
b. L'affirmation des grandes mégalopoles, centres de commandements mondiaux
Dans cet ensemble, des hiérarchies se renforcent : trois mégalopoles, régions très vastes, fortement urbanisées, regroupent des métropoles dont l'influence financière, économique et culturelle (et diplomatique) s'exerce à l'échelle mondiale. Centres d'impulsion du monde, elles influent sur la politique mondiale : la mégalopolis américaine (de Boston à Washington), la mégalopole japonaise (de Tokyo à Fukuoka) et la nébuleuse urbaine d'Europe occidentale (de Londres à Milan) sont à la tête de la hiérarchie urbaine mondiale. Les mégapoles exercent leur position de métropole sur un territoire plus limité.
c. De la ville à la métropole
Les villes ne sont plus seulement de simples lieux de regroupement des populations et des activités. En raison de leur taille, de leurs fonctions, de leurs équipements, elles deviennent des métropoles qui occupent une fonction principale à la tête d'un réseau urbain. Elles disposent enfin d'un fort pouvoir d'organisation des territoires (pouvoir de commandement) en raison de sa puissance. Une dernier élément de la nouvelle organisation mondiale est à signaler à travers la diffusion d'un paysage urbain répondant à des fonctions urbaines qui se développent dans toutes les grandes villes : la création d'un urbanisme vertical dans les quartiers des affaires (concentration du pouvoir de décision, du pouvoir économique et financier), le développement des équipements de communication satellitaires (téléports) et de communication rapide (aéroports).
L'essentiel

Depuis 1950, on observe un glissement du centre de gravité des grandes métropoles à l'échelle mondiale. L'Asie et le sous-continent indien deviendront à l'horizon 2015 (selon toute vraisemblance) le centre de gravité urbain de la planète après une première moitié de XXesiècle dominée par la croissance des villes occidentales. L'urbanisation croissante des PED a favorisé le développement de mégapoles qui exercent une fonction de métropole à l'échelle nationale. Toutefois, les grands centres de commandement mondiaux demeurent les trois mégalopoles (américaine, japonaise et européenne).
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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 23:25
1. L'urbanisation du monde
a. Un phénomène millénaire en accélération rapide à la fin du XXe siècle
Les villes apparaissent simultanément dans différentes régions du monde vers 3000 ans avant J.-C. (Egypte, Mésopotamie, vallée de l'Indus) et se développent par la suite sur l'ensemble de la planète. 

Le XXe siècle est le siècle de l'explosion urbaine pourtant lorsqu'il commence, il n'y a que 10 % de la population mondiale vivait en ville. mais au cours du siècle, le mouvement d'urbanisation s'accélère et les effectifs urbains ne cessent de gonfler atteignant 50% de la population mondiale en 2000.
b. La concentration de la population dans de très grandes villes
La deuxième moitié du XXe siècle est marquée par une accélération de la croissance des villes. Le taux d'urbanisation est de 30 % en 1950, 45 % en 1995 et devrait atteindre 62 % en 2025. Les villes sont plus nombreuses et les très grandes villes plus peuplées : 19 villes regroupent plus de 10 millions d'habitants dont Tokyo (27,5 millions de personnes en 2000), Mexico (18,1 millions) au point que les métropoles sont parfois définies comme desmégapoles lorsqu'elles concentrent la majeure partie des effectifs urbains et des richesses produites par le pays. Près de 500 villes dépassent le million d'habitants.
2. A l'échelle de la planète, une croissance urbaine à deux vitesses
a. Un « Nord » en croissance ralentie
Dans les pays développés, les taux d'urbanisation atteignent les 75 % (74 % en Europe, 77 % en Amérique du Nord, 72 % en Australie), exprimant une urbanisation qui s'est engagée précocement, renforcée par le mouvement d'industrialisation (fin XIXe et XXesiècles). Depuis 20 ans, le mouvement s'est ralenti (0,5 % par an en Europe, en Russie et au Japon). La stabilisation de la démographie et les mesures destinées à contenir l'immigration accentuent le ralentissement. L'Amérique du Nord fait figure d'exception (1 % par an) car son taux d'urbanisation est soutenu par l'arrivée des immigrants.
b. Le rythme soutenu des villes dans les PED
L'urbanisation est très rapide dans les PED. Les taux d'urbanisation sont encore faibles (34 % pour le continent africain, 25 % pour l'Asie du Sud, 40 % pour l'Asie du Sud-Est) mais les taux annuels de croissance urbaine sont élevés (4,3 %/an en Afrique, 3,2 en Asie). Les raisons sont multiples : très fort exode rural (60 % de l'accroissement des effectifs urbains), forte natalité urbaine pour des populations qui conservent les modèles de fécondité des campagnes dans des pays en pleine transition démographique, forte attractivité urbaine sous l'impulsion de la ville, symbole de la concentration des richesses, du progrès et de meilleures conditions de vie. La concentration d'effectifs supérieurs à la capacité des villes des PED se traduit souvent par des logiques inverses.
3. Les formes du regroupement urbain
a. La progression spatiale des villes
La croissance urbaine ne se traduit pas uniquement par la concentration des populations et par l'augmentation des densités urbaines, mais aussi par une croissance spatiale. La ville s'étend au fur et à mesure de sa croissance démographique. Par exemple, Los Angeles ou Caracas (Venezuela) s'étendent sur 10 000 km2 (plus que la superficie de la Corse !). L'extension urbaine aboutit à l'intégration de villes périphériques dans le tissu urbain ou à la liaison des villes entre elles par des cordons urbains, formant des conurbations.
b. Les regroupements des villes : mégalopoles et nébuleuses
Le regroupement des populations dans les villes a créé des zones de forte densité de peuplement. L'Europe occidentale, le Nord de l'Inde, l'Est de la Chine forment aujourd'hui de vastes nébuleuses urbaines. Lorsque les banlieues de très grandes agglomérations multimillionnaires se rejoignent comme aux Etats-Unis (de New York à Boston) ou au Japon (Tokyo-Osaka), on parle plus volontiers de mégalopoles.

 

L'essentiel

La population urbaine de la planète atteint 3 milliards de personnes en 2000. Elle se regroupe dans des villes de dimensions variables mais on compte 19 très grandes villes (de plus de 10 millions d'habitants). L'accélération de l'urbanisation du monde depuis 1950 est liée à l'explosion démographique mondiale et à l'industrialisation. Le taux d'urbanisation de la planète est de 45,3 % en 1995, mais il faut noter une forte différenciation entre les continents aux taux d'urbanisation élevés (supérieurs à 70 %) et les continents en cours d'urbanisation (Afrique et Asie notamment) où les taux de croissance annuels sont particulièrement élevés (4,3 % en Afrique). L'urbanisation se manifeste également par l'extension de la ville qui aboutit à la création de très grandes villes (mégapoles) et de régions où la concentration urbaine est très forte (nébuleuses urbaines) lorsque les agglomérations ne se rejoignent pas (mégalopoles).

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 23:13
1. Les systèmes agricoles et l'environnement
a. Les agrosystèmes traditionnels
Dans les pays du Sud, pour faire face à la croissance démographique, la jachère a été abandonnée et la déforestation généralisée. Les sols sont maintenant épuisés et il faut avoir recours aux engrais et à une consommation d'eau toujours plus importante. 
Ces systèmes traditionnels dans les pays du Sud ont rompu leurs équilibres, car en Afrique comme en Amérique latine ou en Asie, la nature était ménagée avant l'intensification des cultures et leur diversification. 
En Afrique, les jachères laissaient les sols se reconstituer et les terrasses en Asie et même en Amérique latine évitaient l'érosion. Ce n'est plus le cas maintenant. 
Les pays du Sud ne sont pas les seuls dans les agricultures traditionnelles à avoir négligé l'environnement : l'usage croissant de pesticides et d'engrais provoque des pollutions qui gagnent les mers. La France en est un bon exemple car ses littoraux atlantiques sont envahis par les algues vertes. Elles sont le résultat du déversement en mer des nitrates transportés dans les rivières par le ruissellement.
b. Les systèmes productivistes
Ces systèmes sont surtout répandus dans les pays du Nord, mais on en trouve dans les pays en voie de développement. Ils sont très agressifs vis-à-vis de l'environnement. L'usage intensif des produits chimiques est dangereux mais en plus, les techniques agricoles des systèmes productivistes ont des effets pervers sur la nature : si on prend par exemple les barrages, indispensables pour répondre aux besoins en eau des paysans, ils entraînent, en aval, la baisse du niveau des nappes phréatiques et la désertification plus ou moins réversible des sols en Europe comme aux Etats-Unis. 
Le barrage d'Assouan dont on espérait de grands bienfaits, a permis l'extension des terres agricoles mais l'absence de contrôle des quantités d'eau utilisées entraîne des phénomènes de salinisation. 
Les labours suivant les courbes de niveau pour faciliter le travail agricole ont également, dans les pays du Nord, et surtout aux Etats-Unis, entraîné la perte presque définitive de terres agricoles en l'absence d'entretien régulier. Ce phénomène, dans les années 1930, a été appelé la dust bowl. Les sols n'étaient pas protégés de l'érosion par la végétation. 
Les paysages ruraux, enfin, ont été modifiés dans le sens de l'uniformisation. Que ce soit pour les Américains ou les Européens, l'environnement a changé, car il a fallu, pour cause de surproduction, réduire les surfaces cultivées. De plus, les efforts pour valoriser les terres de montagne ou les terres des hautes latitudes en Europe du Nord ont été annulés. Ces terres marginales trop coûteuses à entretenir, sont retournées à l'état de friches.

2. Les OGM et l'environnement
a. Définition
Les OGM sont des plantes dont le patrimoine génétique a été modifié par l'insertion d'un ou plusieurs gènes provenant d'un autre organisme vivant. Ces plantes, et bientôt les animaux transgéniques, doivent résister aux maladies et s'adapter aux contraintes des milieux en offrant des rendements élevés. Le maïs transgénique est l'OGM le plus célèbre. 80 % des essais d'OGM ont été faits aux Etats-Unis.
b. Les OGM, un enjeu pour la planète
Les Etats-Unis, depuis 1994, ont commercialisé la tomate transgénique « Mac Gregor ». En 1997, 34 plantes transgéniques étaient autorisées à la vente dans le monde entier dont du coton, des endives, des pommes de terre, du tabac, du soja, etc. et commercialisées par des multinationales. Les scientifiques n'assurent pas qu'une catastrophe provoquée par une pollution génétique soit impossible à long terme. Les gènes de résistance aux herbicides et aux virus introduits dans certaines variétés risquent de passer d'une espèce à l'autre et d'envahir les champs. 
Ces aliments du futur sont entre les mains des pays riches qui ont la maîtrise de ces innovations et détiennent les moyens de les diffuser partout, sur tous les champs de la planète.

 

L'essentiel

Les systèmes agricoles des pays développés ou des pays en développement ne sont pas toujours soucieux de l'environnement. Ce dernier paie le prix fort de l'augmentation des productions sur toute la planète. Les différents types de systèmes agricoles ont donc des conséquences parfois néfastes pour la nature.
Les manipulations génétiques dans les années 1960 (OGM) constituent de nouvelles menaces pour l'environnement.

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 23:04
1. Récupération, stockage et distribution de l'eau
a. Des disponibilités en eau favorables aux Etats situés en amont 
Afin de contrôler l'eau et de l'utiliser à leur profit, les sociétés humaines ont développé des méthodes de contrôle partiel des flux. Les équipements favorisant la rétention d'eau (barrages-réservoirs) se sont développés. Dans cette logique, les territoires situés dans la partie amont des vallées et des grands bassins hydrographiques bénéficient d'un atout considérable. Les parties supérieures des vallées alpines, les grandes vallées du monde (Danube, Volga, Euphrate ou le Yangtze avec le barrage des Trois Gorges), la plupart des massifs montagneux ont permis l'établissement de barrages. L'aménagement de ces derniers afin d'établir de grands réservoirs n'est pas l'apanage des montagnes, comme le montre le barrage d'Itaipu à la frontière entre le Brésil et le Paraguay. La plupart des barrages permettent également de produire de l'énergie (hydroélectricité).
b. Les équipements de puisement et de stockage
On recense aujourd'hui dans le monde sept fois plus de barrages qu'en 1950. Ils permettent dans bien des cas la régularisation de l'écoulement et l'étalement dans le temps de la disponibilité en eau. Les réservoirs qu'ils forment constituent des stocks d'eau extraordinaires mais la déperdition est importante (évaporation, notamment dans les zones arides et semi-arides). Différents équipements et techniques existent pour accéder à l'eau : des stations de pompage dans les nappes phréatiques, des forages afin de récupérer l'eau des aquifères (terrains contenant de l'eau) fossiles et des usines de dessalement pour le « raffinage » des eaux maritimes.
c. Les moyens de distribution
Les équipements permettant la distribution des eaux sont inégaux, car les Etats ne disposent pas tous de vastes « rivières artificielles » telles que les conduites. Sur terre, plusieurs milliards d'individus n'ont pas d'accès à l'eau courante et utilisent divers moyens pour s'en procurer : quête quotidienne (Sahel-Soudan par ex.), recours aux puits ou aux fontaines municipales (Afrique, Indonésie...), transport de l'eau potable par véhicule... Les équipements (conduites, canaux de dérivation) servent souvent à alimenter des zones privilégiées de cultures irriguées (littoral nord-africain, vallées fluviales) ou à alimenter les villes (ex. : au Maroc, au moins cinq conduites alimentent Casablanca et une sixième est en construction).
2. Les grands aménagements hydrauliques et leurs effets
a. La naissance de nouveaux paysages
La construction des barrages a pour effet de créer des lacs artificiels en plein cœur des déserts (barrage d'Assouan, avec le lac Nasser et barrage Atatürk, en Turquie). L'inondation des vallées perturbe les paysages et entraîne également des recompositions spatiales qui modifient l'image des régions concernées (ex. : le paysage du vieux Tignes, dans les Alpes françaises, situé dans une vallée à fond plat ne ressemble en rien aux stations entourant l'actuel lac de Tignes).
Enfin, le stock d'eau et ses utilisations potentielles (agriculture, alimentation urbaine) favorisent un développement rapide d'activités permettant de créer artificiellement des paysages agricoles (périmètres irrigués) ou d'accroître les capacités d'accueil des villes et par conséquent leurs dimensions.
b. Les conséquences environnementales
Les conséquences sont variées : le stockage et le déplacement dans des canaux à ciel ouvert favorisent l'évaporation de l'eau, ce qui augmente la concentration des sels minéraux. L'irrigation est ainsi à l'origine de la salinisation des sols : à l'échelle mondiale, on estime que 24 % des terres irriguées (soit 60,2 millions d'hectares) sont affectées par une salinisation sérieuse pouvant nuire aux capacités de production des sols (20 millions d'hectares - 36 % des terres irriguées - en Inde, 5,2 millions - 27 % - aux Etats Unis, 2,5 millions - 12 % - dans les pays de l'ex-URSS).
c. Les enjeux politiques et stratégiques
Noyer des vallées entières dans des régions où les sociétés rurales sont implantées depuis des siècles n'est pas sans poser des problèmes à différentes échelles :
- à l'échelle de la vallée d'abord comme par exemple celle du Yangtze, le barrage des Trois Gorges va entraîner la destruction de 4 500 villages et le déplacement de 1,5 million de personnes, mais il permettra de réguler (espère-t-on) les crues du fleuve ;
- à l'échelle régionale, le contrôle des eaux par les aménagements de stockage peut également permettre d'exercer des pressions sur les Etats situés à l'aval (ex. : projet d'aménagement de trois barrages dans la partie chinoise de la vallée du Mékong, inquiétant tous les Etats de la péninsule indochinoise).
L'essentiel

Les aménagements hydrauliques se sont développés rapidement au XXe siècle avec une accélération depuis 1950. L'Egypte fait office de précurseur avec le projet du barrage d'Assouan. Aujourd'hui, les barrages-réservoirs, les équipements de pompage, de forage et de dessalement constituent les infrastructures les plus efficaces pour la production énergétique et le stockage ; ce dernier étant destiné à limiter les effets de l'irrégularité de l'approvisionnement des villes et de l'agriculture. Les effets de ces aménagements sont à la fois paysagers, environnementaux, et géopolitiques.
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