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Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 13:17

Il y a dix ans, sous prétexte de la lutte contre le terrorisme international, ils ont entrepris de détruire l'Irak. Je demandais alors quel serait le prochain pays sur la liste. En Afghanistan, ils sont dans le bourbier. Ils ont tenté de s'en prendre à l'Iran, mais ils n'ont pas encore trouvé le bon prétexte ou la méthode la moins dangereuse pour eux.
À Bahrein, le peuple voulait aussi la liberté. L'Arabie Saoudite a envoyé les chars, et tout le monde s'est tu. Ce ne sont pas les dictatures sanglantes qui manquent, à travers le monde, souvent soutenues par les "grandes nations" de la "communauté internationale". Ce ne sont pas les régimes éternels qui manquent en Afrique et ailleurs, et qui prospèrent avec la bénédiction de qui nous savons.
En Libye, on a parlé de protéger le peuple, sous mandat de lONU, et brusquement l'OTAN est devenue "sous-traitant" d'une guerre qui n'oppose pas l'alliance atlantique à la Libye. Tout le monde a applaudi ou s'est tu.
Dans quelques semaines, ils vont encore célébrer en fanfare le 11 septembre (celui de la puissante Amérique, car il y a aussi le 11 septembre que Pinochet avait fomenté au Chili, avec le visa des USA, contre un président démocratiquement élu) ; ils vont nous bassiner de discours sur la démocratie et la lutte contre le Mal.
Tout ce qui émerge hors de leur contrôle doit être réduit à néant, surtout si le pétrole passe par-là. Déjà, la France et l'Italie se battent pour avoir la haute main sur la "nouvelle" Libye. Leurs économies énergivores s'essoufflent ; ils ont besoin de nouvelles ressources. Que meurent 10.000 Arabes ou Nègres, quel mal y a-t-il à cela ?
Bonne lecture,

 

C. Ruffaï

Par Brice MATINGOUT - Publié dans : POLITIQUE - Communauté : AFRIQUE - MONDE
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Mardi 16 août 2011 2 16 /08 /Août /2011 21:03

Photob 001La révolution des pauvres aura t-elle lieu ?

Après les émeutes des banlieues parisiennes en 2007, les révoltes des indignés grecs et espagnols, la Grande Bretagne vient de vivre quatre nuits d'émeutes marqués par des pillages et des saccages des biens. Les jeunes révoltés ont brûlé des bâtiments et les maisons. Ces violences des jeunes envers la société soulèvent une question : qu'elle est l'origine de ces révoltes ?

 

Certains comme David Cameron pointe du doigt l'effondrement de l'ordre moral dans les sociétés occidentales. Il met en cause la faiblesse du système éducatif qui a tourné le dos à l'autorité des parents et des enseignants. Le manque d'autorité dans la société  a eu pour conséquence de fabriquer des enfants rois qui échappent à tous les types de contrôle.

La situation de ces enfants s'aggrave quand ceux-ci viennent des familles monoparentales. Il faut le dire, c'est dans ces familles qu'on trouve la majorité des enfants en difficultés, des révoltés qui s'en prennent à la société toute entière.

 

Pour pallier à ces violences, David Cameron propose le rétablissement de l'ordre moral par le moyen de l'école. Selon lui, Il suffit de remettre l'autorité à l'ordre du jour pour que les pauvres en révolte acceptent agréablement leur condition de vie sans risque de s'indigner. Et, au cas où certains  d'entre eux tenteraient de se révolter, il suffirait de dresser contre eux les forces de l'ordre dont la mission est le maintien de l'ordre et la discipline utiles aux paisibles citoyens.

 

On remet au centre du débat la place de l'école dans les sociétés occidentales. Pour tout dire, l'école a échoué dans sa mission de transmission des valeurs.

Des quelles valeurs parle t-on ?

Pour les riches, la mission de l'école consistait à inculquer aux pauvres et à leurs enfants l'ordre, la discipline et l'obéissance à l'autorité. Qu'ils admettent comme relevant de la volonté divine les inégalités sociales. 267492-le-ticket-de-la-fraude-est-l-unique-coupable

 

Cependant pour les pauvres, l'école a une autre mission, celle de jouer la mission d'ascenseur social. En effet, en considérant à tort que l'école est le socle de l'égalité des chances pour tous sans distinction de la condition de naissance, les pauvres et leurs enfants  croyaient ou voulaient croire que les diplômes permettaient de changer de conditions de vie. Aujourd'hui, ceux  qui ont fondé leurs espoirs sur l'école constatent que les simples diplômes ne suffisent pas. Ils sont toujours pauvres et exposés à la précarité malgré des nombreuses années passées à l'école avec succès pour certains.

 

L'école a échoué n'ont seulement parce que les pauvres et leurs enfants refusent la soumission, l'obéissance et l'autorité d'une société dirigée par les riches mais aussi parce que les enfants des pauvres héritent la pauvreté de leurs parents. Ce qui maintien et dans certains cas accroît les inégalités sociales.

 

Tout compte fait, les inégalités de naissance subsistent après les études et prennent d'autres formes qui rendent la vie des pauvres, soit 80% de la population mondiale, aussi difficile que celles de leurs parents. Pendant ce temps, en face d'eux, toute une caste privilégiée par les conditions de naissance font et défont à volonté des crises financières et économiques. Cette minorité possède 90% de la richesse mondiale et fait plier tous les politiques à leurs causes.

 

Ces riches vivent dans l'insouciance. Ils spéculent et détruisent tout le système économique en manipulant des chiffres et des lettres. Je parle des agences de notation qui nous prennent en otage. Ces spéculateurs devant qui nos gouvernements sont dépourvus de moyens de défense sont les maîtres du monde. De ce point de vue, rien n'a changé. 

Ainsi, nos dirigeants au lieu de gouverner dans le sens du développement social, prennent des lois qui enfoncent  les pauvres tout en accordant des avantages fiscaux aux riches.

 

Où est l'ordre moral ?  De quel côté se situe- t-il ?

 

De celui qui sait que la société ne lui donne aucune chance de s'en sortir et qui utilise tous les moyens à sa disposition (même la violence) pour faire valoir son droit à une vie digne ou de celui qui met en place des mesures qui limitent des solidarités financières dont dépendent des milliers des familles sous couvert des crises financières  et économiques fabriquées de toutes pièces par des spéculateurs sans foi ni loi sous la haute protection des politiques  ?

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En France, les sociétés du CAC 40 réalisent plus des bénéfices qu'au paravent. On le sait depuis peu, qu'elles ne payent presque pas d'impôt grâce aux paradis fiscaux et autres choses de ce genre. En même temps, le gouvernement français a décidé de réduire les aides pour l'hébergement d'urgence des pauvres afin de réaliser des économies. Où est la morale ?

 

Nous vivons maintenant dans des sociétés qui dérivent par la seule faute des gens ni foi ni loi. Au lieu de s'interroger sur les malaises qu'ils infligent aux pauvres qui n'ont peuvent plus, ils décident sans gène de s'interroger sur les révoltes que les pauvres opposent à leurs politiques désastreuses.

Les riches et les politiques n'arrivent plus à diriger la société. Ils n'arrivent plus à faire vivre la société en harmonie. Ils détruisent toute espérance et toutes les solidarités. On n'arrive plus à vivre entre les jeunes et les vieux, entre les élèves et les enseignants, entre les étrangers et les autochtones etc. Chacun se méfie de chacun comme les français et les allemands au temps de la grande guerre. 

Toutes leurs mesures anti-sociales exposent les pauvres aux puissants. Les pauvres ne se sentent plus protégés. Ainsi, ils se révoltent par mécanisme de survie. C'est la nouvelle forme de la lutte des classes. Emeutes-Londres-aout-2011-640x378.jpg

 

Les puissants qui soutiennent toutes ces lois immorales sont tous immoraux.  Loin d'être les garants de la morale, ils s'en prennent avec virulence aux révoltés qui expriment leur désarroi. On voit bien que les puissants n'ont que les intérêts économiques à défendre. C'est dire qu'ils sont mal placés pour parler de l'ordre moral, car ils représentent la classe des corrompus. Les politiques ne représentent plus le peuple qui les a élu, bien au contraire, ils font les jeux des grands patrons qui rapinent des pauvres et les enfoncent dans la boue.  Ils défendent des forts au détriment des faibles. Ils prennent partis pour des patrons au lieu des salariés.

 

Au lieu de moraliser des pauvres, il  vaut mieux vous moraliser.  Au lieu de spolier des pauvres, il vaut mieux leur donner du pain.  Tant que cela ne sera pas compris, des pauvres se révolteront toujours. Et si rien ne change, ils feront leur propre révolution. Oui, c'est le prix de la survie. Braver l'interdit, braver l'ordre, braver la discipline, braver l'autorité, braver l'état et les symboles de l'état est la nouvelle lutte pour la vie pour des indignés. Il s'agit d'une question de vie ou de mort.   

 

 

Par Brice MATINGOUT - Publié dans : PAUVRETE - Communauté : AFRIQUE - MONDE
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Jeudi 4 août 2011 4 04 /08 /Août /2011 19:37

Photob 001La pauvreté est avant tout le manque de nourriture qui se traduit par la famine. Mais, une famine prolongée devient vite une crise humanitaire. C'est le cas actuellement en Afrique de l'est plus précisément dans la Corne de l'Afrique. Il s'agit des pays comme le Kenya, l’Ethiopie, Djibouti, le nord de l’Ouganda , l’Erythrée, la Somalie, le pays le plus affecté par cette crise humanitaire.

 

Plus de 12 millions de vies sont en danger ce qui fait dire :  «La situation actuelle représente la plus sévère crise humanitaire dans le monde aujourd’hui et la pire crise de sécurité alimentaire depuis la famine de 1991-1992 en Somalie», selon l’ONU.

Si la sécheresse est en grande partie responsable de cette crise, il n'en demeure pas moins que d'autres facteurs ont aggravé la situation de famine. Il s'agit entre autres des milices armées qui prennent des régions entières en otage limitant ainsi l'action des humanitaires. 

 

Toutefois, le manque de politique de prévention des crises alimentaires étonne plus d'un. Comment dans un monde que nous croyons évolué par tous les systèmes de communications, la famine continue-t-elle à sévir de manière surprenante ?

 

L'hypermédiatisation de l'affaire de Strauss-Kann, la guerre en Lybie, la guerre en Côte- d'Ivoire et autres ont déconcentré notre attention sur le sort des millions d'enfants qui vont certainement mourir si d'ici là  les humanitaires ne collectent pas 3 milliards de dollars nécessaires pour les sauver.

 

3 milliards de dollars voilà ce qu'il faut pour sauver 12 millions de vies de la famine. La solidarité internationale va - t - elle faire preuve d'humanité ou d'égoïsme ?

 

Pour l'heure, les princes africains connus pour leur gabegie financière du continent ne semblent pas se préoccuper de cette crise. Une fois de plus, c'est d'Occident que viendront les fonds. C'est encore la preuve de l'enfantillage des Africains incapables de faire face aux crises par eux - mêmes. 

 

Et comme le ridicule ne tue pas, les princes africains qui devaient se réunir pour aider la Corne de l'Afrique ont décidé de reporter la Conférence de plus de deux semaines. Une décision prise malgré l’extension de la famine.
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«Une conférence sur la situation dans la Corne de l’Afrique qui était initialement prévue le 9 août est à présent fixée au 25 août à Addis Abeba», a annoncé l’UA dans un communiqué, sans fournir d’explication à ce report.

L’annonce de ce report intervient au lendemain de l’annonce par l’ONU de la propagation de la famine, déjà déclarée La conférence de l’UA devrait réunir des princes d’Etat africains, des représentants des blocs économiques régionaux et d’autres partenaires internationaux. 

A ce jour, l’Union africaine a débloqué 500’000 dollars de fonds d’urgence pour cette crise.
Ironie du sort ? Denis-Sassou Nguesso, le prince congolais avait fait don le mardi 19 avril 2011 (Télé Congo) d’une enveloppe de 500.000 dollars à l’Etat japonais victime d’un terrible tremblement de terre suivi d’un tsunami . Oui, vous avez bien lu. Sassou_et_le_japon.jpg
Le Japon avait-il réellement besoin de cet argent ? Officiellement les autorités japonaises n'avaient jamais sollicité l'aide financière internationale.

 

Une première conférence internationale d’urgence s’est réunie la semaine dernière à Rome mais les ONG ont critiqué les donateurs pour la faiblesse de leur engagement. La France qui rapine l'Afrique a promis 10 millions de dollars contre 50 millions pour la Grande Bretagne et 53 millions pour la Norvège.

 

 

Par Brice MATINGOUT - Publié dans : ACTUALITE - Communauté : AFRIQUE - MONDE
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Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 16:48

Photob 001Être malheureuse peut se comprendre comme une non satisfaction relative à une situation, une espérance déçue. Il est humain d'avoir des attentes, des projets qui laissent à espérer, des amours qu'on voudrait éternelles. C'est une situation normale d'avoir des rêves même en amour. On rêve  rencontrer le prince charmant qui remplirait le petit coeur de tendresse, d'affection et d'amour. Mais, le lendemain, sinon pour celles qui ont la chance, quelques années après, on se retrouve avec un démon, un monstre, un menteur qualifié. Cet homme chargé, on ne sait par qui, de répandre le malheur parmi les femmes de la terre. Ainsi, toutes les femmes qui ont vécu ce traumatisme, nous diront que tous les hommes sont pareils, donc des menteurs. 

 

La question ne se pose plus quand à savoir le ou les responsables des malheurs des femmes. La réponses toute simple est le mensonge des hommes d'après elles.  Posons nous légitimement la question de savoir pourquoi les hommes mentent-ils à leurs femmes ?

 

Après  maintes discutions avec des femmes mariées ou non mariées : célibataires, divorcées ou séparées, j'en suis arrivé à la conclusion suivante : 70 pour cent d'entre elles ont souffert ou souffrent ou s'attendent à souffrir du mensonge d'un homme ou des hommes. Il est clairement établi que le mensonge est la cause de tout leur malheur.

 

Pourquoi donc les hommes mentent-ils aux femmes ? je ne parle  pas seulement du mensonge qui consisterait pour celui-ci d'avoir des relations extra conjugales. Je parle bien sûr de tous types de mensonges susceptibles de rendre une femme malheureuse.  

 

Pour répondre à cette question, il serait intéressant de revenir sur ce que cherche les femmes et qui les conduit inéluctablement au désastre.

 

La question que j'ai posée aux femmes est la suivante : quels sont selon vous les critères d'un bon mari ? Autrement dit,  que cherchez vous auprès d'un homme ? Qu'elles sont vos attentes ?

 

La liste des réponses est longue et confuse parfois. Cela ne m'a pas empêché de retenir entre autres:

- un homme beau

- un homme riche

- un homme élégant

- un homme compréhensif

- un homme  attentionné

- un homme complice

- un homme qui sache me rendre heureuse au lit

- un homme musclé, un sportif

- un homme intelligent

- un homme qui aime mes parents

- un homme ouvert et tolérant

- un homme fidèle

- un homme protecteur

- etc 

 

La liste fut si longue. Mais presque toutes les femmes consultées étaient unanimes sur les critères cités. Les moins exigeantes d'entre elles ont retenu au moins cinq critères indispensables même très indispensable pour qu'un homme soit un bon époux. k1797690

 

Interrogeons- nous est -ce possible qu'un homme possède toutes ces qualités demandées par les femmes ? Cet homme irréprochable du pied à la tête, du cerveau à l'esprit existe-t-il vraiment ?

A moins que cet homme soit un dieu ou un héros grec, il est évident que le commun des hommes sur terre n'est pas pourvu de toutes ces qualités. 

 

Comment font-ils en face d'une femmes très ou trop exigeante sur ces critères ?

Neuf hommes sur dix font du mieux qu'ils peuvent pour se fabriquer un masque qu'ils se donnent ensuite la peine de porter au moins le temps de la conquête. Ils s'inventent une personnalité pleine de capacités et de talents. Ils s'inventent un coeur débordant d'amour et d'attention prêt à charmer même les anges. Il s'invente des diplômes, des parents, de nationalité, de carrières, de curriculum vitae bref, il devient celui que la femme veut qu'il soit.

 

Une fois la femme séduite, l'homme s'installe dans la vie de celle-ci. Elle se croit la plus heureuse des femmes au monde. Mais, cela ne dure qu'un temps car l'homme ne peut pas rester surhumain trop longtemps. On le sait, le naturel est plus fort que l'artificiel. Ainsi, avec le temps, le masque finit par tomber. L'ange que la femme avait cru rencontrer n'était qu'un homme comme tous les autres. Ces défauts longtemps masqués par des qualités qu'il s'était approprié reprennent leur droit. C'est le temps des désillusions, le temps des espérances déçues. Le réel a gagné comme d'habitude. Les critères, les meilleurs possibles dont cet homme était détenteur sont repartis d'où il les avait loués.

 

La déception est telle que des milliers des femmes se sentent trahies. Nombreuses ne se remettent pas de ces mésaventures. Leurs coeurs brisés précipitent leur décadence. Ainsi, le malheur s'installe dans leur vie comme toutes les autres  femmes malheureuses qui  avaient cru trouver la perle rare. Photo-023.jpg

 

Ces femmes désabusées, pour tout dire, ne sont pas victimes des hommes. Elles sont victimes de leurs illusions.  Elles ignorent tout de la nature humaine et se perdent à la recherche d'un mec parfait. Mais, les femmes sensées le savent, trois critères c'est le maximum qu'on peut demander chez  un mec. Dans cette condition, cet homme  ne se sentira pas dans la nécessité de porter le masque et de jouer la comédie de la conquête. Il sera naturel en harmonie avec ses qualités de naissance et ses défauts de la vie. Puisqu'une telle femme n'attend pas la perfection de sa part, l'homme n'a pas d'effort surhumain à fournir, donc, il n'a pas des mensonges à servir à la femme.Dans ce cas, comme, il n'a pas assez d'occasions de mentir, le mensonges n'a lieu que lorsqu'il y a non respect aux engagements de départ,  il est presque possible qu'une telle femme  ne soit pas trahie. Et on n'est presque certain qu'une telle femme sera heureuse.

Par Brice MATINGOUT - Publié dans : MES PENSEES - Communauté : AFRIQUE - MONDE
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Jeudi 28 juillet 2011 4 28 /07 /Juil /2011 13:49

Alice Miller décrit dans cet article comment les pires maltraitances subies par les enfants qui créent des lésions dans leurs cerveaux dans l’enfance sont à l’origine de la violence et de l’horreur des tyrans et des dictateurs et comme l’enfant fut accusé d’être génétiquement mauvais, porteur de "gènes du mal" pour servir en réalité de bouc émissaire (comme cible) aux parents qui en avaient encore besoin pour décharger sur lui leur propre violence issue de leur propre enfance.




Texte


D’où vient le mal dans le monde et comment se génère-t-il ?
 
Il n’est plus possible de mettre en doute, aujourd’hui, que le Mal existe et que certains individus sont capables d’une extrême destructivité. Chacun peut s’en faire une idée grâce à la télévision. Mais ce constat n’entérine nullement l’idée fort répandue que certains êtres humains naissent "mauvais". Tout dépend, bien au contraire, de la façon dont ces personnes ont été accueillies à leur naissance et traitées par la suite. Les enfants qui font dès le début de leur vie l’expérience de l’amour, du respect, de la compréhension, de la gentillesse et d’un soutien affectueux, développent évidemment d’autres traits de caractère qu’un enfant qui se heurte dès le départ à l’abandon, la négligence, la violence ou la maltraitance, sans avoir près de lui une personne bienveillante qui lui permette de croire à l’amour. Quand manque cet élément - ce qui est le cas dans l’enfance de tous les dictateurs que j’ai étudiés - l’enfant aura tendance à glorifier la violence qu’il a subie et à l’exercer lui-même plus tard, sans limite, chaque fois qu’il le pourra. Car chaque enfant se forme par l’imitation. Son corps n’apprend pas ce que nous voulons lui inculquer par des mots, mais ce qu’il vit par lui-même. De ce fait, un enfant battu et maltraité apprend à battre et à maltraiter, alors qu’un enfant protégé et respecté apprend à respecter et à protéger les plus faibles que lui. Parce qu’ils ne connaissent l’un et l’autre que cette expérience.


Le nouveau-né est innocent

Le Dr Brazelton, pédiatre américain bien connu, a filmé un groupe de mères en train de tenir et de nourrir leur bébé, chacune d’une façon qui lui était propre. Plus de 20 ans après, il a reproduit cette expérience avec les femmes issues de ces bébés, qui étaient devenues mères à leur tour. Il était stupéfiant de constater qu’elles se comportaient avec leur enfant d’une manière absolument identique à celle que leur mère avait eue avec elles, bien qu’elles n’aient évidemment gardé aucun souvenir conscient de cette toute première époque de leur vie. Ce que Brazelton a prouvé par là, entre autres choses, c’est que nous sommes guidés dans notre comportement par des souvenirs inconscients qui peuvent être soit positifs et agréables, soit traumatiques et destructeurs.

L’obstétricien français Frédéric Leboyer a montré dans les années 70 que les enfants mis au monde sans violence et accueillis avec amour ne poussent pas des cris désespérés, mais qu’ils peuvent même sourire quelques minutes après la naissance, sans montrer le moindre signe d’une quelconque destructivité. Lorsqu’on ne sépare pas un bébé de sa mère, comme c’était encore courant dans les cliniques des années 50, il se crée entre la mère et l’enfant une relation de confiance qui aura des effets positifs sur sa vie entière. Car, en présence de son nouveau-né, la mère sécrète une hormone appelée "hormone de l’amour", l’ocytocine, qui lui permet de comprendre intuitivement les signaux de l’enfant et de répondre par empathie à ses besoins. Michel Odent décrit ce phénomène dans son dernier livre, L’amour scientifié (Ed. Jouvence, 2001).

Pourquoi ces notions capitales, qui ouvrent de nouvelles voies dans la connaissance de la nature humaine, ne sont-elles pas répandues dans le grand public ? Les travaux de Leboyer ont certes modifié l’image de l’accouchement ; mais la société ne semble pas encore avoir pris conscience des conséquences philosophiques, sociologiques, psychologiques et même, dernièrement, théologiques, qu’implique sa découverte de l’innocence du nouveau-né. Cela peut se constater dans de nombreux domaines, à l’école, dans le système pénitentiaire, en politique. Tous ces domaines sont gouvernés par l’idée que les punitions, en particulier les punitions corporelles, que l’on désigne par le terme de "corrections", sont efficaces et inoffensives. Ce qui se sait encore trop peu, c’est que l’on génère par les châtiments corporels le Mal que l’on essaie par la suite - plus ou moins vainement - de réprimer par des coups redoublés.

Le Mal se reproduit à chaque génération

Il était courant, au Moyen Age, de croire à l’enfant "de substitution" - le changelon, fils du Diable que ce dernier plaçait dans le berceau de mères bien intentionnées après leur avoir volé leur bébé. L’histoire ne dit pas avec qui le Malin avait pu avoir ces rejetons méchants et diaboliques, ni ce qu’il faisait des gentils enfants volés ; mais le fait est que les mères en question étaient tenues d’élever ces enfants "à la dure", c’est-à-dire d’une façon particulièrement cruelle, pour en faire des êtres humains convenables.

Aujourd’hui nous ne croyons plus à ces échanges d’enfants. Mais la croyance en l’efficacité des châtiments, l’idée que l’on peut rendre un enfant difficile "raisonnable" en le punissant, semblent encore irréfutables à la plupart des gens. Sigmund Freud lui-même pensait que si un sadique éprouve du plaisir à tourmenter autrui, c’est parce qu’il n’a pas réussi à sublimer suffisamment sa "pulsion de mort" - une pulsion que nous posséderions tous en naissant.

La génétique, elle, propose une version entièrement nouvelle du Mal inné. Il existerait, dit-on, des gènes qui pousseraient certains individus à faire du mal - même s’ils ont reçu "beaucoup d’amour" durant leur enfance. Pour ma part, jusqu’à aujourd’hui, je n’ai encore jamais rencontré une telle personne. L’enfance de tous les criminels en série et de tous les dictateurs dont j’ai étudié l’histoire fait apparaître sans exception des éléments d’une extrême cruauté ; en règle générale, cependant, les intéressés eux-mêmes dénient ces faits. Et pas seulement eux. Une bonne partie de la société semble vouloir nier ou ignorer de telles corrélations.

L’apprentissage de la violence

Si l’on prend la théorie génique au sérieux, on devrait être en mesure, alors, d’expliquer la chose suivante : pourquoi, 30 ans environ avant le Troisième Reich, de si nombreux enfants (des millions) seraient-ils nés avec de "mauvais gènes" précisément en Allemagne ? Des enfants qui plus tard, sans autre raison, auraient été prêts à exécuter les ordres barbares d’Hitler ? Pourquoi cela se serait-il produit à l’époque, alors que l’apparition massive de tels gènes n’est plus constatée aujourd’hui dans ce pays ? Je ne cesse de poser cette question, mais je ne reçois jamais de réponse, car on ne peut y répondre. Ce qui est établi, en revanche, c’est que les subordonnés d’Hitler ont tous été des enfants dressés de bonne heure à l’obéissance. Eduqués par des moyens brutaux, humiliés, ils se sont ensuite défoulés sur des innocents de leurs sentiments réprimés de colère et de rage impuissante - parce qu’ils pouvaient enfin, avec la bénédiction d’Hitler, le faire sans risquer d’être punis. Aujourd’hui, l’éducation donnée en Allemagne est généralement différente. Mais là où la brutalité de l’éducation subsiste toujours, l’emploi de telles méthodes se manifeste par trop clairement dans le comportement des jeunes : ils dénient à leur tour les souffrances liées aux humiliations qu’ils ont subies, s’en prennent à des boucs émissaires et font de leur attitude une idéologie.

La théorie génique, en fait, nous aide aussi peu à comprendre le Mal que le conte du changelon et la théorie de la pulsion de mort. D’après des enquêtes statistiques (Olivier Maurel, La Fessée, Editions La Plage, 2001), la population mondiale reste encore convaincue à plus de 90% que les enfants ont besoin d’être frappés. Nous devons enfin admettre la vérité que le Mal existe, certes, mais qu’il n’est pas inné et qu’il est au contraire produit par la société, chaque jour, chaque heure, sans interruption, dans le monde entier. Cela arrive aussi bien dans la pratique de l’accouchement que dans l’éducation des jeunes enfants, qui plus tard pourront ETRE AMENES à commettre des méfaits s’ils n’ont pas auprès d’eux un témoin secourable. Dans l’enfance des criminels en série et des dictateurs, on ne trouve aucun témoin secourable.

La dynamique de l’horreur à travers l’exemple des dictateurs

Tout dictateur fait subir à son peuple des sévices identiques à ceux qu’il a subis autrefois, quand il était enfant. Les humiliations qu’il a vécues plus tard, en tant qu’adulte, ont sur ses actions une influence beaucoup moins grande que les expériences émotionnelles des premières années ; celles-ci restent à tout jamais codées dans son cerveau, mais la plupart du temps elles ne sont pas accessibles. Comme chaque dictateur ou presque dénie sa souffrance (son immense impuissance d’autrefois face à la brutalité), il ne peut la décoder et a toujours besoin de nouveaux boucs émissaires, afin de venger cette ancienne terreur qui remonte à son enfance et ne plus avoir à la ressentir. Des exemples le montrent clairement :

Le père d’Adolf Hitler, Alois, était un enfant naturel. On fit peser sur lui le soupçon qu’il était le fils d’un commerçant juif de Graz, au service duquel sa mère Maria Schickelgruber se trouvait lorsqu’elle est tombée enceinte. Un soupçon pas facile à écarter, car la grand-mère d’Adolf Hitler a perçu pour son fils, pendant 14 ans, une pension de ce commerçant. Sans doute Alois a-t-il beaucoup souffert de ce soupçon, comme le prouvent d’innombrables modifications de son patronyme (Heidler, Hydler, etc.) A ses yeux, être né illégitimement et taxé de surcroît d’une origine juive constituait une honte intolérable, une humiliation impossible à effacer. Le moyen le plus simple pour lui de se défaire de cette rage refoulée, il le trouva dans les châtiments quotidiens de son fils Adolf. J’ai raconté cette histoire en détails dans mon livre C’est pour ton bien et l’ai reprise dans mes deux derniers ouvrages, Chemins de vie et Libres de savoir, pour illustrer la façon dont la haine se constitue et mettre en évidence le rôle de l’enfance dans ce processus. Dans toute l’histoire de l’antisémitisme et de la persécution des Juifs, aucun dirigeant encore n’avait eu l’idée que tout citoyen de son pays devrait prouver sur trois générations qu’il n’était pas juif, sous peine d’être mis à mort. Ce fut la folie toute personnelle d’Hitler, celle qui remontait à l’insécurité de son existence quand il était un enfant constamment menacé et humilié dans sa propre famille. Des millions de personnes ont payé de leur vie pour que cet enfant, devenu plus tard un adulte sans descendance, puisse se venger en projetant inconsciemment le scénario de son enfance sur la scène politique.

Reconnaître que notre mémoire corporelle et émotionnelle agit en nous, indépendamment de notre conscience, ne nous est pas facile. Que cela nous contrarie se comprend, d’abord parce que ces découvertes sont nouvelles et encore peu familières, mais surtout parce que le contrôle de cette mémoire nous échappe. Pourtant, c’est justement la prise de conscience de ce phénomène qui peut nous permettre de mieux la contrôler et de mieux nous protéger contre ses effets. Une mère dont la main "dérape" contre sa volonté ignore, en général, qu’elle frappe son enfant uniquement parce qu’elle y est poussée par son propre corps et par les souvenirs inscrits dans ce dernier (les mères qui n’ont pas été frappées quand elles étaient enfants ont rarement la main qui dérape). Mais lorsqu’elle le sait, elle est mieux à même de l’éviter, de se dominer et d’épargner de la souffrance à son enfant aussi bien qu’à elle-même.

Comme Hitler, Staline ignorait que sa mémoire corporelle le poussait à projeter sur la scène de la vaste Union soviétique son histoire personnelle d’enfant cruellement menacé, dépourvu de témoin secourable. S’il l’avait su, il aurait pu mieux contrôle ses angoisses, ce qui eût évité des millions de morts. Et si ce savoir avait été du domaine public, à l’époque, les gouvernements auraient peut-être mis en place, au cours des cinquante années qui ont suivi, des stratégies adaptées susceptibles d’empêcher la dangereuse accumulation de pouvoir entre les mains d’un seul individu, et ce dans le but de combattre ses propres peurs. Rien, durant cette longue période, n’a eu lieu dans ce sens.

Staline, enfant unique, né comme Hitler après trois enfants morts, fut battu dès son plus jeune âge par un père irascible et presque toujours ivre. Jusqu’à la fin de sa vie, et malgré d’importants succès, il souffrit d’une manie de la persécution qui le poussa à supprimer des millions d’innocents. De même que l’enfant Staline, autrefois, devait craindre à tout moment d’être tué par un père imprévisible, l’adulte Staline, plus tard, redoutait jusqu’à ses plus proches collaborateurs. Mais il disposait alors du pouvoir, ce qui lui permettait d’écarter cette terreur par l’humiliation d’autres personnes.

Mao était le fils d’un professeur "à poigne", qui a voulu lui inculquer l’obéissance et le savoir au moyen d’une discipline de fer. Nous savons quelles connaissances Mao a voulu inculquer plus tard à son immense peuple, sans doute avec de meilleures intentions, mais par la violence et au prix de 35 millions de morts. Ceausescu, lui, avait grandi dans une seule pièce avec dix frères et sœurs ; plus tard, il obligea les femmes roumaines à avoir des enfants qu’elles ne désiraient pas.

La liste d’exemples est infinie. Malheureusement, nous nous refusons à prendre de tels faits en considération. Nous pourrions pourtant en apprendre comment la haine se constitue et nous serions moins à sa merci, dans l’avenir, si nous prenions au sérieux la façon dont elle se forme.

La constitution de la haine

Pourquoi recherchons-nous si activement le Mal inné dans les gènes ? Pour la simple raison que la plupart d’entre nous avons été des enfants corrigés qui redoutent la résurgence de ce qu’ils ont refoulé, à savoir la souffrance liée aux humiliations subies autrefois. Comme nous recevions simultanément le message "C’est pour ton bien", nous avons appris à réprimer ces souffrances ; mais le souvenir des dites humiliations est resté emmagasiné dans notre cerveau et dans notre corps. Parce que nous aimions nos parents, nous croyions ce qu’ils affirmaient _ que les corrections étaient bonnes pour nous. La plupart des gens le croient encore et soutiennent que l’on ne peut élever les enfants sans les frapper, c’est à dire sans les humilier. Ils restent de ce fait dans le cercle vicieux de la violence et du déni des anciennes humiliations, autrement dit dans la nécessité de la vengeance, des représailles, de la punition. Les émotions liées à la colère, réprimées dans l’enfance, se transforment chez les adultes en une haine meurtrière, laquelle est récupérée idéologiquement par des groupes religieux et ethniques. L’humiliation est une toxine difficile à éliminer, parce qu’elle est utilisée à son tour pour éliminer et produit de nouvelles humiliations, qui ne font qu’entraîner une spirale de la violence et une occultation des problèmes.

Pour sortir de cet engrenage, nous devons nous confronter à notre propre vérité. Nous AVONS ETE autrefois des enfants humiliés, victimes de l’ignorance de nos parents, eux-mêmes victimes de leur propre histoire et de leur enfance non digérée. Mais aujourd’hui, adultes, nous ne sommes plus obligés de le rester. Nous avons la possibilité de regarder notre histoire en face, de reconnaître que frapper des enfants est inutile et même dangereux - parce que l’emploi de tels procédés engendre la haine et des désirs de revanche qui se retourneront contre nous et contre la société tout entière, inévitablement, si nous persistons dans l’ignorance et le refus de savoir. Enfants, nous n’avions pas d’autre choix que de dénier la vérité, sans quoi nous n’aurions pu supporter cette souffrance et y survivre. C’est le déni de sa souffrance qui permet à un enfant battu de survivre dans une situation intolérable pour lui, et peut-être minimisera-t-il cette douleur toute sa vie. En fait, le prix qu’il aura à payer pour cela sera très haut, parce que son corps connaît la vérité et que la mémoire émotionnelle ne trouve parfois à s’extérioriser que dans des symptômes de maladie. Mais elle s’extériorise surtout dans l’opinion inébranlable que les enfants ont besoin de coups.

Contrairement à l’enfant, nous, adultes, disposons d’options plus saines que le déni. Nous pouvons choisir de savoir et de nous connaître nous-mêmes, au lieu de nous laisser conduire uniquement par le savoir émotionnel et inconscient de notre corps, lequel nous maintient dans la peur de la vérité. Peut-être qu’en beaucoup d’entre nous vit un petit Staline, qui en dépit de son immense pouvoir avait toujours peur de son père et se cramponnait au déni. Comme Hitler, il croyait que la destruction de millions de personnes finirait par le délivrer de cette terreur qui le tourmentait. Il n’en a rien été. Une telle illusion conduit au crime de nombreux enfants autrefois humiliés.

Munis des connaissances actuelles, nous pouvons arriver progressivement à d’autres représentations et d’autres solutions que celles qui nous ont été transmises par une tradition millénaire de violence, de répression et de représailles (avec la faiblesse, l’ignorance et la peur qui se cachent derrière). Si nous restons englués dans ces schémas, nous n’apprenons rien des faits qui s’offrent à nous en permanence. Et ceux-ci ne sont pas uniquement à chercher dans des crimes de masse, mais aussi dans les exemples positifs de l’Histoire qui sont restés ignorés, également, pendant des milliers d’années.

Comment Jésus a-t-il été élevé ?

Jésus, figure adorée par toutes les églises chrétiennes, a été élevé par des parents qui le considéraient comme l’enfant de Dieu. On peut supposer qu’ils ne l’ont jamais battu, qu’ils lui ont témoigné le plus grand respect et le plus grand amour. Nous connaissons les résultats de cette éducation, fondée sur l’amour, la tolérance et le respect : quelqu’un qui a transmis à son tour ce qu’il avait reçu, la compassion, la tolérance, l’amour, le respect. Comment se fait-il qu’en 2 000 ans aucun représentant de l’Eglise ne se soit orienté dans ce sens ? Que l’Eglise ne se soit jamais élevée contre le châtiment corporel des jeunes enfants ? Que la charité, la tolérance et le pardon soient prêchés aux adultes et pratiqués à leur encontre, mais expressément refusés aux enfants ? Que les parents de Jésus n’aient jamais été offerts en exemple aux croyants ? Que des écoles chrétiennes d’Afrique protestent, au contraire, quand le gouvernement de la République des Comores veut interdire que les enfants soient frappés dans les écoles ? Il est dit dans cette pétition que le châtiment corporel des écoliers fait partie des obligations religieuses. On ne peut donner à tout cela d’autre explication que celle-ci : les adultes qui perpétuent par leurs actions une tradition de pouvoir, de représailles et de vengeance, restent prisonniers des humiliations refoulées qu’ils transmettent inconsciemment à la génération suivante.

Conséquences

Aujourd’hui, nous pouvons voir sur un écran d’ordinateur les lésions qui subsistent dans le cerveau des enfants maltraités ou négligés. De nombreux articles de chercheurs spécialisés dans l’étude du cerveau (dont Bruce D. Perry, pédopsychiatre par ailleurs) traitent de ce sujet non seulement dans des publications scientifiques, mais aussi sur Internet. Il est grand temps de s’éveiller d’un long sommeil. Nous, adultes, n’avons plus à redouter de nulle part ce danger d’anéantissement qui a constitué de fait une menace réelle pour nombre d’entre nous durant l’enfance. Nous n’avons plus besoin de nous cuirasser contre quelque chose qui est derrière nous. Mais d’autres dangers nous menacent de l’intérieur de nous-mêmes, si nous ignorons le savoir que détient notre corps. Il peut être dangereux de ne pas saisir les vrais mobiles de nos actions, d’être incapable de les comprendre. En revanche, la connaissance de notre histoire peut nous libérer d’avoir à fuir encore, inutilement, des dangers révolus, à réemployer sans cesse des stratégies inadaptées et à rester émotionnellement "aveugles". Nous avons aujourd’hui la possibilité de tirer les leçons des expériences qui sont à notre disposition et de rechercher aux conflits des solutions neuves, créatives, qui reposent sur le respect. Nous le pouvons à partir du moment où nous prenons conscience que l’humiliation d’autrui n’apporte jamais de solution réelle ni durable, mais qu’elle génère au contraire - dans l’éducation comme en politique - de nouveaux foyers de violence. Les enfants qui apprennent chez eux, de leurs parents, des méthodes fondées sur l’humiliation et la menace, appliqueront à l’école ce qui leur a été inculqué à la maison. Et cette acquisition se fait avant l’âge de dix-huit mois, comme l’a montré une enquête, c’est-à-dire durant la période de formation du cerveau. D’où l’effet à long terme de ces "apprentissages", de cette école de violence.

Vouloir lutter contre cette vérité toute simple avec des caméras vidéo revient à se boucher les yeux. Nous devons envisager d’autres modes de fonctionnement : écouter, regarder, oser une relation honnête, empreinte de respect, au lieu de nous en remettre uniquement à la protection d’un pouvoir punitif et destructeur. Et même si nous n’avons pas appris, enfants, à avoir confiance en une communication fondée sur le respect, il n’est jamais trop tard pour le faire. Un tel apprentissage me semble constituer une alternative sensée, porteuse d’espoir, à l’illusion que seul l’usage de la force peut nous venir en aide.

 

Note : Alice Miller est malheureusement décédée en Avril 2010
 
Source :
·    http://alice-miller.com/articles_fr.php?lang=fr&nid=4&grp=11
Voir Aussi :
·    Alice Miller : Recherches sur les Maltraitances des Enfants
·    Traductions de Textes d’Alice Miller
·    Interviews et Conférences sur les Maltraitances Infantiles
·    Le Livre "Oui la Nature Humaine est Bonne", par Olivier Maurel
P.-S.

Par Brice MATINGOUT - Publié dans : CULTURE ET SOCIETE - Communauté : AFRIQUE - MONDE
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