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  • : Ce blog traite des causes endogènes et exogènes liées à la pauvreté de l'Afrique. Il fait par ailleurs un pont entre l'Afrique et la France: la françafrique.
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8 décembre 2006 5 08 /12 /décembre /2006 15:32

 

 

 

 

 

           Photob 001 L’élimination de la pauvreté constitue l’un des objectifs centraux des politiques contemporaines de développement. La proclamation de la première Décennie des Nations Unies pour l’élimination de la pauvreté (1997 - 2006) et la place qui a été faite à l’élimination de ce fléau dans la stratégie globale de développement exposée dans le programme d’action adopté au Sommet mondial sur le Développement Social semblent témoigner, sur le plan théorique, de la volonté de la communauté internationale d'y faire face. Mais, de façon pratique, malgré l’urgence, ce thème est plus un « slogan » (LAUTIER B.) qu‘une vraie stratégie du développement. Par conséquent, la  pauvreté continue à se développer et n’épargne plus aucun pays.

Dans les pays pauvres, ce fléau frappe une personne sur cinq. Dans les pays riches, il a fait sa réapparition au milieu de l’abondance alimentaire. En effet, 1/6 de la population mondiale dispose des ¾ de revenu mondial (20000 milliards $ US), tandis que les 5/6 n’ont accès qu’à ¼ de ce revenu. Parmi eux, 1/5 ne reçoit que 2% du revenu mondial et vit en dessous du seuil de pauvreté (Courrier, 1994). En 2000, en Asie 550 millions de personnes ont souffert de malnutrition et 250 millions en Afrique. Si leur nombre total est inférieur à celui de l’Asie, elles sont plus nombreuses rapportées à la population africaine estimée à 832 millions en 2002. Elles sont, 60 millions en Amérique latine et de 40 millions  en Afrique du nord et Moyen - Orient (BRUNEL S.,1999).

                   En Afrique subsaharienne, le nombre de pauvres a augmenté à peu près au même rythme que la population, soit 3% par an, près de 20 millions de personnes. Ce qui équivaut au taux d’accroissement le plus élevé de la planète; un record mondial.  Cette croissance n’est pas près de se ralentir. Selon le FNUAP, le continent  comptera 2 milliards d’habitants en 2050 soit  2,5 fois plus qu’en ce début de XXI e siècle.

                   Aux problèmes de croissance démographique, que les États africains ont hérité de la colonisation par l’amélioration des conditions d’hygiène qui a fait chuter le taux de mortalité infantile, s’ajoute l’inefficacité économique du continent qui se traduit par la crise économique de plus en plus grave. Elle se caractérise par une faible croissance de l’agriculture, par le déclin de la production industrielle, par les médiocres performances à l’exportation, par l’accumulation des dettes et par une dégradation des indicateurs sociaux, des institutions et de l’environnement. Tout ceci a un coût humain considérable. Dans plusieurs pays, les dépenses consacrées aux services sociaux ont fortement diminué, le taux de scolarisation est en baisse, la situation nutritionnelle empire et la mortalité infantile reste élevée. Le chômage déclaré est lui aussi en augmentation dans les villes, notamment parmi les jeunes diplômés. Le sida est devenu la troisième catastrophe africaine après la traite esclavagiste et la colonisation. Car, dans certains pays le taux de prévalence chez les adultes frôle ou dépasse 30 %. Et, pendant ce temps l’État  fait « la politique du ventre » (J-F. BAYART). 

              En Afrique le problème de croissance démographique se pose en même temps avec celui de la pauvreté. Deux conceptions circulent quant à la primauté de l’un sur l’autre. La première stipule qu’une forte pauvreté entraîne une forte fécondité. Par contre, la deuxième affirme qu’une forte fécondité engendre une pauvreté élevée par le jeu de  déséquilibre qui s’instaure lorsqu’on a trop de bouches à nourrir pour une nourriture insuffisante.

C’est la thèse du Pasteur MALTHUS qui explique: si le nombre des hommes augmente selon un taux de croissance géométrique la production des nourritures, elle ne peut suivre qu’à un rythme arithmétique. Ce qui amène  à dire que  la démographie en Afrique est « la plus grande cause de pauvreté » (DUMONT R., 1991, p.287 ). L’analyse de la pauvreté et de la fécondité doit être replacée dans le contexte actuel marqué par une forte incitation à la baisse de fécondité comme condition du développement. Cette thèse soutenue par les « nouveaux théologiens du néo-malthusianisme » (ELA J-M) fait école après les échecs successifs des programmes d‘ajustement structurel imposés aux États africains par les institutions de Bretton Woods. Ainsi, la démographie africaine n’est plus uniforme qu’il y a une génération. Jusque dans les années quatre - vingt, l’ensemble des pays affichaient des taux de fécondité record de 6 à 8 enfants par femme. Certains ont depuis connu des profonds bouleversements démographiques, caractérisés par une démographie « assagie » alors que d’autres ont renforcé leurs fécondités. Ces comportements de fécondité peuvent être compris comme des tactiques développées par les chefs des ménages pour lutter contre la pauvreté qui frappe dans les pays africains.

              Dans le cas Brazzaville, plus précisément celui de Bacongo (un quartier de Brazzaville) notre préoccupation sera de savoir si la fécondité va dans le sens d’un renforcement ou dans le sens d’un affaiblissement. Dans l’un comme dans l’autre cas, cela peut - il être interprété comme une tactique des ménages d’en bas pour lutter contre la pauvreté ?

              Jusqu’à présent, les études consacrées à la pauvreté liée à la fécondité n’ont jamais été menées ni à Brazzaville ni dans le reste du pays. La plupart de ces études concernent essentiellement les pays de l’Afrique de l’ouest. Dans la sous région Afrique centrale, seules les études menées au Cameroun et au Burundi sur la question ont attiré notre attention. Est- ce à dire que la question ne mérite pas d’être étudiée à Brazzaville ?  Le fait que les institutions financières internationales aient refusé en 2003 de classer ce pays sur la liste des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) enlève t - il un intérêt à cette étude à Brazzaville ?  

 

                                                                                       Brice MATINGOU, Publié in Inégalité des revenus et fécondité
                                                                                       des ménagess entre 1994 et 2004: cas du quartier Bacongo
                                                                                       mémoire DEA, Université paris1 Sorbonne, 2004   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Brice MATINGOUT - dans PAUVRETE
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