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  • : Ce blog traite des causes endogènes et exogènes liées à la pauvreté de l'Afrique. Il fait par ailleurs un pont entre l'Afrique et la France: la françafrique.
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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 18:09

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 LE REFUS DE LA MIXITE COMME SIGNE EXTERIEUR

         D’EXCLUSION

La mixité est une réponse imaginée par les hommes politiques afin d’éviter la « ghettoïsation»[1] du pays. Il s’agit de donner une image de la France telle qu’elle apparaît au quotidien afin de la rendre acceptable et moins critiquable. A vrai dire, il s’agit (de faire croire) à tous que chacun à sa place dans la République, du moins en théorie. Mais, les faits sont têtus.

Par ailleurs nous savons que le changement de mentalité n’est pas imposé, mais voulu. C’est là où la France rétrograde de façon générale. Il suffit d’aller dans en Angleterre pour se rendre compte que les mentalités en France sont plus figées. Le refus de l’autre est caractérisé par son rejet. Certainement, c’est parmi les xénophobes qu’on trouve le plus grand nombre de gens qui n’ont jamais voyagé hors du territoire national.  Ils refusent d’aller vers l’autre par peur de l’inconnu. Les racistes sont des citoyens du terroir par opposition au citoyen du Monde. Ces citoyens ethniques vivent par reflexe naturel, ce repli sur soi qui conduit à l’enfermement absolu. Point n’ait besoin de rappeler que l’enfermement absolu est plus dangereux que l’ouverture à l’autre. Dans ces conditions, le rejet de l’autre est le signe visible des esprits non évolués.

 Enfin, prenons quelques exemples personnels pour illustrer ces propos. Quand je suis à Londres, c'est avec un réel plaisir que je salue des Français que j'y croise, par sentiment inavoué d'appartenance à une même communauté. Tout de suite, les conversations s'engagent parce qu'on se sent proche sans pourtant se connaître. Les mêmes Français, croisés en France, je ne les aurais sans doute pas salués spontanément ; eux non plus ne m’auraient pas salué sans difficulté. 

 Je ne fête le 14 juillet que lorsque je suis à l'étranger. La même fête en France, me laisse indifférent. Le drapeau français, en France, je ne le regarde  presque pas. Et pourtant à l'étranger je prends le temps d’apprécier ses belles couleurs. Dans le même registre, je ne me rappelle pas avoir chanté La Marseillaise en France. Mais, quand je suis à l'étranger, il m'arrive de façon très volontaire de la chanter mais, aussi de l'apprécier, l'espace d'un séjour. Je pourrais multiplier des exemples.

Il ressort de cela un sentiment paradoxal qui se manifeste par mon appartenance et mon attachement à la France quand je suis hors de la métropole et un sentiment d'indifférence lorsque je suis en France. Cette indifférence peut s'expliquer par les regards de ceux qui se disent « vrais Français,» un regard de rejet à mon égard. Et mon inconscient, réagit par une indifférence totale à tout ce qui touche à la France en France. Ce sentiment est partagé par  le Participant 9 : « Vivant à l’étranger depuis plusieurs années, je partage votre sentiment : on se sent beaucoup plus Français à l’étranger qu’en France.»

Ce sentiment peut aussi expliquer le fait que de nombreux jeunes Français « issus de l’immigration»[2], s’expatrient à l’étranger, au départ pour trouver un simple stage, après, ils ne reviennent plus, car là-bas, ils ont des opportunités qu’ils n’auraient pas eues ici à cause de leurs origines. Le gros souci est que la France a investi énormément dans la formation de ces jeunes mais elle ne réalise aucun retour sur investissement. Qui perd ? Qui gagne ?   

Cette attitude qui consiste à critiquer l’hypocrisie française choque certains qui ne comprennent pas qu’on puisse vivre et aimer un pays, et, en même temps, le critiquer. C’est le cas d'un Participant à un de mes forums : « Contradiction de haïr le pays mais d’y vivre, contradiction d’accepter une nationalité qui n’est pas la leur et ne peut pas l’être; contradiction d’arborer le drapeau algérien à certaines occasions (si leur Algérie était si belle, que foutent-ils en France ?); contradiction de semer la zizanie quasi systématique à toute réunion autochtone qui se voulait festive ; contradiction d’essayer de nier à toutes forces l’existence des Européens de souche, contradiction de se reconnaître entre eux immédiatement (« je suis allé au bled, pas un seul Français dans l’avion), bref toutes les contradictions liées au déracinement.»

Il y a une autre réalité que j’observe dans certaines villes. Il s’agit des villes à deux visages : un ‘’visage blanc’’ et un ‘’visage immigré’’. Dans certains cas, il peut juste s’agir d’un partage entre habitats collectifs réservés aux ‘’Gaulois’’ et ceux réservés aux ‘’autres’’, les immigrés. La distinction est claire entre ces deux espaces.

Il est intéressant de comprendre le mécanisme du fonctionnement et d’implantation de ce système. Au départ, il ya un premier ‘’Gaulois’’ qui déménage pour des raisons diverses et variées. Une raison ne sera jamais avouée : le refus du mélange, la proximité avec les ‘’autres, ‘’ les immigrés. L’appartement resté vide est attribué à une ‘’famille d’immigrés’’ en l’occurrence africaine ou asiatique. Ainsi, un immigré remplace un ‘’Gaulois’’ dans cet immeuble. L’aménagement de ces immigrés étouffant devient la cause du déménagement d’un deuxième ‘’Gaulois’’ qui va rejoindre le premier soit dans le même immeuble, soit dans un même espace. L’appartement devenu libre, est attribué à une autre famille d’immigrés, ainsi de suite. A l’arrivée, on se retrouve avec  des bâtiments pour ‘’Gaulois’’ et bâtiments pour les ‘’autres’’ ou encore ‘’ville gauloise’’ et ‘’ville d’immigrés’’.

Ce phénomène est très flagrant dans des villes comme Sarcelles, Grigny, Goussainville…

Tous comptes faits, ces différents comportements témoignent du malaise de nombreux  ‘’ vrais Français’’ de vivre ensemble avec les ‘’immigrés.’’

Il faut dire que l’exemple devrait venir de la France d’en haut. Car, en observant une photographie de l’équipe de France de football ou même une photographie de l’équipe de France de hand-ball en même temps qu’une photographie du gouvernement de la République, on constate que le contraste est énorme. Il dessine  le fossé entre le monde de la pensée réservé aux ‘’ vrais Français’’ et le monde qui amuse la galerie, réservé aux autres, Arabes et Blacks. Est-ce une coïncidence que Rama Yade[3] soit placée aux sports ?

Le politiquement correct voudrait que le mot ‘’black’’ remplace le mot noir. Il paraît que c’est mieux pour ne pas retrouver les thèses des anciens ethnologues racistes qui opposaient le noir au blanc. Sur cette base, ils catégorisaient et hiérarchisaient. C’est la naissance de toutes sortes de préjugés. C’est ainsi qu’on dit les « Noirs » ou les « hommes de couleur » pour parler des Africains au lieu de dire tout simplement les Africains. C’est aussi pour cette raison que les métis issus de l’union entre « Noirs » et  « Blancs » sont classés au rang de Noirs, car, selon les racistes, les métis sont trop noirs pour être blancs.

Pourquoi ne pas comprendre, une fois pour toutes qu’il n’y a qu’une seule race : la race humaine. Depuis pourtant longtemps pourtant, les préjugés ont été battus en brèche par Claude Lévi-Strauss.[4] Pourquoi refuser de comprendre que la couleur de peau est une adaptation naturelle aux conditions climatiques selon les milieux où vivaient les uns et les autres. Il est certain que les racistes ont encore de beaux jours devant eux, car ils pervertissent, à une allure accélérée, les esprits faibles qui ont peur, peur des crises économiques mais aussi peur des autres. Les autres, ces immigrés. Je pose la question plus clairement : qui n’est pas immigré en France ?

« La population française est un tissu composé de plusieurs ethnies, de plusieurs peuples régionaux rassemblés, auxquels se sont joints par les différentes immigrations depuis plus d’un siècle, des étrangers d’Europe et de pays plus lointains. Tant d’immigrés depuis notre Préhistoire jusqu’à l’Histoire très récente, ont réussi à faire un naufrage sans trop de bruit dans la masse française que l’on pourrait dire, en s’amusant, que tous les Français, si le regard se porte aux siècles et aux millénaires qui ont précédé notre temps, sont fils d’immigrés. »

                                                                                    F. Braudel

 

 



[1] Ce mot est employé en France de façon abusive car, en France, il ne traduit pas la réalité américaine 

[2] Employé pour parler des jeunes Français qui ont le tort d’avoir des parents ou des  grands parents immigrés.

[3] Ministre des Sports sous le gouvernement Fillon

[4] Ethnologue français qui a conclu à l’égalité des peuples et à l’unicité de la race humaine

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Published by Brice MATINGOUT - dans FRANCE
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commentaires

Amici-Langi 14/10/2010 18:06



Si l'on admet que les "races" existent naturellement alors on doit admettre aussi que le "racisme" soit naturel. Cependant les esprits sensés doivent s'opposer à toutes les manifestations
négatives du comportement raciste et encourager toutes les manifestations positives du comportement antiraciste. Condamner le blamable et conseiller le bien ne devrait
pas rester l'exclusivité des seules ministères "évangéliques" mais faire intégralement parti de l'activité du gouvernement au sein d'un ministère dans tous les  pays où les Droits
de l'Homme sont explicitement (ou implicitement) reconnus. Mais que constatons-nous?  


ALT



Brice MATINGOUT 13/10/2010 13:55



Mais, les autres n'ont jamais fondé leur idéologie sur la base de la couleur de peau des uns et des autres à l'instars des Occidentaux. Ce qui continue de choquer, c'est qu'ils ont en face d'eux
des esprits très faibles qui finissent par adhérer à leurs théories raciales ou racialisées.



Brice MATINGOUT 13/10/2010 13:50



J'en connais de toutes les couleurs qui sont racistes, malheureusement. 



Joke 11/10/2010 19:46



"Il y a une seule race, la race humaine."


Comment ne pas être d'accord avec vous ?


Laissez-moi quand même vous conter une histoire que je certifie véridique. Je suis d'ailleurs persuadé que nombre de vos lecteurs
pourraient en raconter de similaire.


Dans un lycée, le professeur attend ses élèves dans la salle de classe.


Ils arrivent.


Mais il entend des cris, des insultes. Il sort à leur rencontre pour éviter qu'ils en viennent aux mains.


Le professeur refuse de discuter de quoi que ce soit tant qu'ils ne seront pas tous assis et que le calme ne sera pas rétabli.


Une fille d'environ 18 ans, d'origine algérienne est au centre de la dispute.


Le professeur lui donne la parole mais elle hoquète, sanglote, n'arrive pas à trouver ses mots.


Enfin elle parvient à dire : "Ils disent qu'il y a des Algériens racistes."


Mais bien sûr qu'il y a des Algériens racistes ! Et aussi des Congolais, des Irlandais, des Chinois, des Israéliens, des Rroms, des
Palestiniens !


Probablement la même proportion que parmi les Français, les Allemands, les Italiens ou les Iraniens !


Je ne dis pas cela pour exonérer les colonisateurs de leurs responsabilités.


Mais laisser croire que le fait d'avoir été un peuple colonisé, opprimé immunise nécessairement, automatiquement, contre cette maladie
qu'est le racisme, est pur mensonge.


Très cordialement.


 



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