Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : AFRIQUE-PAUVRETE-AVENIR
  • AFRIQUE-PAUVRETE-AVENIR
  • : Ce blog traite des causes endogènes et exogènes liées à la pauvreté de l'Afrique. Il fait par ailleurs un pont entre l'Afrique et la France: la françafrique.
  • Contact

Recherche

Archives

28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 12:38

Photob 001Le royaume Songhaï (ou Songhay) existe depuis le VIIe siècle autour de sa capitale Koukia, sur le Niger. Il semble avoir cherché longtemps à se forger une identité. Dirigé par la dynastie des Dia, il est vassal tour à tour du Ghana et du Mali.
Vers 1010, les rois du Songhaï se convertissent à l’Islam et déplacent leur capitale à Gao, sans doute pour mieux
profiter du commerce transsaharien et le détourner au détriment du Ghana. Au XIIIe siècle, ils tombent cependant sous
la coupe du Mali.
Ce n’est qu’au milieu du XIVe siècle, qu’un roi de Gao, Ali Kolon, profite des troubles de succession au Mali pour
accéder à l’indépendance. Il est le premier à prendre le titre de « Sunni » ou « Sonni » (roi). En 1400, les Songhaïs
osent attaquer et piller Niani, la capitale du Mali, tout en restant théoriquement leur vassal.
C’est finalement Sonni Ali Ber qui donne une indépendance réelle au royaume Songhaï en 1464. Il remplace les razzias par la conquête territoriale et crée un empire structuré par le Niger, dont l’organisation reprend celle du Mali.
Musulman, il prend cependant le contre-pieds des rois du Mali en s’appuyant sur l’animisme et en mettant l’Islam au
second plan, n’hésitant pas à combattre la ville de Tombouctou et à prendre Djenné pour mieux contrôler le commerce.
C’est sous son règne qu’ont lieu les premiers contacts avec les européens sur la côte Atlantique, en 1472.


2) L’apogée de l’empire
Arrivé sur le trône grâce à un coup d’Etat en 1493, Sarakollé Mohamed Touré (ou Askia Mohamed) adopte une politique
inverse et islamise le royaume brutalement. Après son pèlerinage à la Mecque, en 1496, il obtient au Caire le titre de
Calife du Soudan, qui légitime son pouvoir et ses conquêtes. Il fait donc du Songhay un champion de l’Islam et fonde
la dynastie des Askia (1493 – 1592). C’est sous son règne que l’empire atteint son apogée.
Malgré l’affichage d’une pureté islamique, le système de gouvernement mis en place par Askia Mohamed respecte
certaines traditions païennes se combinant avantageusement avec la Charia. L’Askia lance des Djihad contre les peuples animistes, mais reste le « père du peuple » et le garant de la fécondité. Il réduit les Mosis razziés en esclavage parce qu’ils ne sont pas musulmans, mais son peuple croit encore aux Hole (doubles), à l’animisme ( dieu du fleuve Harake Dikko, dieu de la foudre Dongo) et aux magiciens (Sonanke), en lutte permanente contre les sorciers (Tierke).
Le gouvernement semble néanmoins moderne, rationnel, avec un partage des compétences bien déterminé entresonghai_askia_tombeau.jpg
conseil, chancelier et différents ministres : Hi Koy (maitre de l’eau), Monjo (agriculture) et kalisa farma (finances).
L’empire est divisé en deux provinces (est et Ouest), dirigée chacune par un gouverneur, souvent un prince du sang.
Douze provinces plus petites ou des villes sont confiées à des gouverneurs (fari ou koy), à la tête d’une administration
efficace, militarisée. Les royaumes vassaux ou tributaires conservent une indépendance théorique, mais l’Askia impose toujours son candidat lors des successions. Askia Mohamed crée également une armée et une flotte permanente encadrée par des officiers professionnels. A l’inverse des rois du Ghana et du Mali, Askia Mohamed tente de dépasser la structure clanique traditionnelle en s’appuyant sur l’islam comme moteur d’unification, même avec les royaumes vassaux.
En ce début du Début du XVIe siècle, le commerce demeure l’activité la plus lucrative, Or et sel avant tout, même si la
traite des esclaves prend une place de plus en plus grande. Malgré des permanences, on constate deux grands
changements socio-économiques : La première différence par rapport aux deux empires antérieurs est le
développement d’une société urbaine stable, fondée sur le commerce et la religion musulmane. Les trois principales
villes de l’empire ont un rayonnement international : Tombouctou rassemble 80 000 habitants. C’est à la fois une ville
sainte (université Sankoré, 180 écoles coraniques spécialisées dans le droit malékite) et la capitale économique de
l’empire. Djenné (40 000 habitants) domine le commerce avec l’Afrique équatoriale alors que Gao (100 000 habitants),
la capitale politique, est plus orientée vers l’Egypte et l’Arabie. Ces villes cosmopolites où les Songhay sont très
minoritaires n’influencent néanmoins que très peu le monde rural qui s’islamise beaucoup plus lentement.
La seconde différence est l’importance croissante des européens, et notamment des Portugais, dans les échanges
commerciaux. Le fleuve Gambie devient donc une voie commerciale importante qui commence lentement à détourner
le trafic transsaharien.
Cette prospérité est menacée à partir de 1510 par les royaumes maghrébins qui craignent que la puissance du Songhaï ne débouche sur une mainmise de sa part sur les mines de sel du Sahara. Le commerce transsaharien est gêné par ces tensions, interrompues par la mort d’Askia Mohamed en 1528.


3) Le déclin et la disparition de l’empire
Après la mort d’Askia Mohamed, une guerre de succession affaiblit l’empire : A plusieurs reprises deux Askias
s’opposent. En outre, les chefs de l’armée rentrent en conflit avec la famille des Askias. Comme pour son lointain
prédécesseur le Ghana, c’est le contrôle des routes commerciales et des ressources du désert qui va provoquer la chute du Songhaï. L’empire entre en conflit ouvert avec les Saadiens (Souverains du Maroc) pour le contrôle des mines de sel du Sahara occidental. En 1591, suite à la défaite de ses armées face au sultan marocain Ahmed Al Mansur Saadi lors de la bataille de Tondibi (première utilisation massive d’armes à feu en Afrique Subsaharienne), l’empire Songhaï éclate en douze principautés. Dès lors, l’absence d’une autorité forte garante de la sécurité accélère le déclin du commerce transsaharien déjà concurrencé par les routes maritimes ouvertes par les européens.

Partager cet article

Repost 0
Published by Brice MATINGOUT - dans HISTOIRE
commenter cet article

commentaires

sarifou diallo 16/06/2015 11:25

mon chère afrique!

Clovis Simard 14/07/2012 13:43


Blog(fermaton.over-blog.com),No-21. -THÉORÈME HISTORIA. - La chute des empires.

Articles Récents