DATES IMPORTANTES
DANS L'HISTOIRE DES DROITS DES FEMMES EN FRANCE
L'idée que les
femmes ont les mêmes droits que les hommes est toute récente. Auparavant, comme pour toute discrimination, on s'appuyait sur leurs différences, de nature, de fonction, pour justifier le fait
qu'elles étaient privées d'un certain nombre de droits. De plus, on les a le plus souvent considérées comme inférieures, incapables de réflexion, de logique, de maturité. Éternelles mineures,
elles devaient se cantonner aux charges du foyer. Sauf lorsqu'elles étaient pauvres : on les exploitait alors autant et même plus que les hommes...
Aujourd'hui, si dans
les textes, les femmes ont les mêmes droits que les hommes, dans la réalité bien des inégalités subsistent : elles occupent encore majoritairement les emplois subalternes, donc moins bien
payés; elles sont, plus que les hommes, victimes du chômage et de la précarité; et elles sont, encore aujourd'hui, souvent systématiquement écartées du pouvoir, dans les partis politiques, au
Parlement, au gouvernement...
1790
1804
Le
Code
Napoléon consacre l'incapacité
juridique de la femme mariée :
. la femme, considérée comme mineure, est entièrement
sous la tutelle de ses parents, puis de son époux ;
. restrictions sévères au droit de divorcer.
1816
Suppression totale du
divorce.
1850
La loi
Falloux oblige les communes de plus de 800 habitants à ouvrir une école primaire spéciale pour les filles.
1848
: instauration du "suffrage universel" masculin
1863
Victor
Duruy, ministre de l'Instruction publique, crée les cours secondaires pour jeunes filles, jusque-là interdits.
1861
: Julie Daubié première femme bachelière
1874
Première
loi tentant de protéger les femmes au travail : les femmes ne peuvent travailler dans les mines, ni travailler le dimanche.
1871
: Louise Michel, communarde, est déportée à Nouméa
1880
La loi
Camille Sée organise l'enseignement secondaire féminin (il est différent de celui dispensé aux garçons).
1881
Loi
autorisant les femmes à ouvrir un livret de Caisse d'épargne sans l'autorisation de leur époux
1882
Lois Jules
Ferry : l'école primaire est obligatoire et gratuite pour les filles comme pour les garçons.
1884
Loi
autorisant le divorce, aux mêmes conditions qu'en 1804.
1892
Loi
limitant la journée de travail à 11 heures pour les femmes . Il est interdit de les faire travailler la nuit (loi mal appliquée).
1900
: Jeanne Chauvin première femme avocate.
1903 : Marie Curie reçoit le prix Nobel de Physique
1906
Repos
hebdomadaire pour tous les travailleurs.
1907
La femme
mariée qui travaille a le droit de disposer de son salaire (mais pas de gérer ses autres biens).
1908
Libéralisation du
droit au divorce : il est autorisé, à la demande des deux époux, après 3 ans de séparation de corps.
1908
: Madeleine Brès, première femme à exercer la médecine
1909
Loi
instituant un congé de maternité de 8 semaines, sans traitement.
1915
Les femmes
disposent de l'autorité paternelle en l'absence du mari, et pour la durée de la guerre.
1920
Loi
faisant de la contraception et de l'avortement un délit pénal.
Les institutrices obtiennent l'égalité de rémunération avec les hommes.
1924
L'enseignement
secondaire est le même pour les filles que pour les garçons.
1928
Loi
instituant le congé de maternité.
1932
Création
des Allocations Familiales.
1936
: le gouvernement Léon Blum compte 3 femmes sous-secrétaires d'État
1938
Loi
reconnaissant à la femme une "capacité juridique" restreinte : droit d'"ester en justice", de témoigner, etc...
1941
Le divorce
est interdit pendant les trois première années suivant le mariage; ensuite aussi, sauf en cas de sévices graves et répétés.
1941
: officialisation de la fête des mères
1942
L'avortement est
considéré comme un crime contre l'État, passible de la peine de mort.
1944
Une
ordonnance d'Alger accorde aux femmes le droit de vote et le droit d'éligibilité.
Les femmes sont admises dans les jurys d'assises
1945
Rétablissement du
divorce aux conditions de 1908.
Loi instituant le congé de maternité obligatoire et indemnisé à 50%.
34
femmes sont élues députées
1946
Le
préambule de la Constitution pose le principe de l'égalité des droits entre hommes et femmes.
1965
Réforme du
régime matrimonial de 1804 : la femme peut gérer ses biens, ouvrir un compte en banque,
exercer une profession sans l'autorisation de son mari.
1965
L'enseignement
technique est ouvert aux filles.
1967
Loi
Neuwirth autorisant la contraception ; celle-ci sera remboursée en 1974.
1970
La mère
devient l'égale du père en matière d'autorité parentale.
1971
Loi
rendant obligatoire l'égalité des salaires entre les hommes et les femmes pour un même
travail.
1974
Loi Veil
autorisant l'IVG, sous certaines conditions.
1975
1980
Marguerite Yourcenar, première femme à l'Académie française
1983
Loi Roudy,
qui interdit toute discrimination professionnelle en raison du sexe.
1986
Circulaire
légalisant l'emploi du féminin pour les noms de métier.
1990
Arrêt de
la Cour de cassation condamnant le viol entre époux.
1992
Loi
réprimant les violences conjugales, et loi sanctionnant le harcèlement sexuel au travail.
1999
2000
Réforme de
la Constitution : la loi "favorise" l'égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives.
Loi en
faveur de la parité hommes/femmes en politique.
à
l'Assemblée nationale élue en 1997, les femmes représentent moins de 11% des députés
SOUS L'ANCIEN
RÉGIME
-
Les fils seuls ont
le droit à l'héritage. Les filles sont seulement "dotées", selon le bon vouloir des parents.
-
Le mariage, acte
religieux, est soumis à l'autorisation du père, quel que soit l'âge des futurs époux.
-
Le mariage est
indissoluble; le divorce et même la séparation de corps sont impossibles.
-
Le mari seul a le
droit de gérer les biens du couple et les biens de sa femme (mais il n'a pas le droit de dilapider la dot de sa femme).
LES LOIS DE LA
RÉVOLUTION
-
Les filles ont le
même droit à l'héritage que les fils.
-
Le mariage, acte
civil, n'est plus soumis à l'autorisation parentale.
-
Le divorce est
autorisé dans les cas suivants :
-
par simple
consentement mutuel des deux époux ;
-
sur la demande
de l'un des époux : pour incompatibilité d'humeur, démence, fureur, condamnation infamante, crime, sévices, injures graves, abandon du domicile conjugal pendant deux ans, dérèglement des
moeurs notoires.
-
La femme a le droit
d'accomplir certains actes juridiques, mais le mari garde " la suprématie" dans l'administration des biens.
LE CODE
NAPOLÉON
-
le mariage est
soumis au consentement du père :
-
pour le fils,
jusqu'à 25 ans ;
-
pour la fille,
toujours.
-
La femme passe par
son mariage de la tutelle de ses parents à celle de son mari :
-
elle doit suivre
son mari à son domicile; (jusqu'en 1975)
-
elle n'a aucun
droit sur l'administration des bien communs; (jusqu'en 1965)
-
elle ne peut
disposer de ses biens personnels, ni les gérer sans l'autorisation de son époux, même en cas de séparation de corps; (jusqu'en 1965)
-
elle ne peut
sans autorisation de son mari exercer une profession; (jusqu'en 1965)
-
elle ne peut
accomplir aucun acte juridique. (abrogé partiellement en 1938, définitivement en 1965)
-
Les époux se doivent
fidélité, mais pas au même degré : (jusqu'en 1975)
-
la femme
adultère est passible d'un emprisonnement de 3 mois à 2 ans ;
-
l'homme adultère
est passible d'une simple amende, et seulement s'il amène sa concubine au domicile conjugal.
-
Le divorce n'est
autorisé que dans trois cas :(jusqu'en 1975)
-
adultère
;
-
condamnation à
une peine infamante;
-
sévices et
injure grave.
LA LOI DE 1975 SUR
LE DIVORCE
-
La femme n'est plus
obligée de vivre au domicile de son mari.
-
L'adultère est
dépénalisé.
-
Le divorce par
simple consentement mutuel devient possible.
-
La rupture de la vie
commune devient un cas de divorce, même sans le consentement de l'un des époux.
Sources
L'essentiel de cette
page a été réalisé par la section LDH d'Aix en Provence.
Vous trouverez un dossier historique dans le numéro spécial de L'Histoire consacré aux Femmes - juillet/août 2000.
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