Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : AFRIQUE-PAUVRETE-AVENIR
  • AFRIQUE-PAUVRETE-AVENIR
  • : Ce blog traite des causes endogènes et exogènes liées à la pauvreté de l'Afrique. Il fait par ailleurs un pont entre l'Afrique et la France: la françafrique.
  • Contact

Recherche

Archives

1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 13:25

 

 

Photob 001En définitive, les causes endogènes et exogènes des maux divers et variés qui accablent les Africains ont attiré mon attention car ils peuvent avoir une même origine qui se rapporte à la spoliation de leur l’identité. J’ai évité d’en faire un travail considérable puisque ce n’est pas l’objet de cette étude. Reste une remarque : cette analyse permet de comprendre que le mal africain est bien profond et c’est en profondeur qu’il faut chercher à le résoudre, au moins un peu. Trouver des réponses superficielles, isolées et discontinues comme cela a toujours été le cas enfonce davantage ce continent. Aujourd’hui, le problème est plus ardu et il se pose en termes de modèle de développement culturellement identifiable, ayant localement un sens. Pour y arriver, un travail énorme doit être effectué dans l’être lui-même. La réponse est en effet dans l’être africain lui-même, dans son essence, détruit au contact de la violence extrême, faite de spoliation, d’expropriation, d’humiliation, et d’actes déshumanisants. Mais le plus grave, c’est l’effacement de son identité que les Occidentaux ont produit sur l’Africain, depuis près de six siècles. L’identité, c’est ce qui caractérise l’homme, le distingue des autres, sa spécificité, ce qui le particularise. En perdant son identité, l’Africain a perdu son monde tel qu’il devait être. Il a besoin de se retrouver, se définir, se rencontrer, se réapproprier son monde et ses représentations. Il a besoin de récupérer sa culture, ses dieux, son âme, son être, sa spiritualité, en un mot son identité. Cela passe par un retour dans le passé : revenir quelque peu sur nos pas, par une sorte de révolution mentale, une reconquête de notre mémoire afin de nous rebaptiser. Cela est possible et réalisable. L’objectif est de permettre à l’Africain de tracer sa propre voie avec ses propres outils. Ceci n’est pas un acte de lâcheté, bien au contraire ; il s’agit d’un acte de courage qui mettra un terme à toutes sortes de fuites en avant.

Il faut dire que c’est grâce aux « Lumières » que la Révolution française a été possible. C’est aussi grâce à elle que les Droits de l’homme ont été proclamés. Les Lumières ont libéré l’être et la pensée occidentale. Elles sont à l’origine du mouvement intellectuel, culturel et scientifique aux multiples manifestations connues sous le nom de Lumières. Le mot est souvent utilisé dans la littérature historique comme synonyme de XVIIIe siècle européen. La libération de la mémoire de l’Africain a grandement besoin des lumières de la raison, celle qui jaillira de l’intérieur de son être.

L’Afrique a connu le passage de l’âge de la pierre taillée à l’âge de la pierre polie. L’Afrique a connu l’écriture notamment avec le tubing chez les Berbères, avec les différents systèmes d’écriture, éthiopienne, avec le système hiéroglyphique égyptien qui est l’ancêtre de l’alphabet protosinaïtique et proto-cananéen et l’alphabet phénicien ancêtre de l’alphabet latin. Elle a connu l’éclosion de systèmes philosophiques complexes. Mais, l’Afrique n’a pas connu les Lumières. Si donc, les Lumières n’ont pas encore traversé ce continent, il n’est pas absurde de situer l’Afrique actuelle dans ce qui ressemblerait au Moyen-Age européen, dans ses aspects les plus sombres caractérisés par l'obscurantisme, le despotisme, la haine, la sorcellerie, les croyances qui réfutent la réflexion et la science et l’affirmation des ethnies. Il n'est pas étonnant que l'obscurité dans la pensée liée à son identité effacée se traduise par la pauvreté spirituelle et, par réciprocité mathématique par la pauvreté dans tous les actes de la vie.

Il faut une révolution culturelle africaine pour sauver l’Africain de son « écartement douloureux entre la civilisation des Blancs à laquelle elle s’acclimate mal, et les débris méconnaissables de la sienne propre.»1 Cette situation explique que l’Afrique cherche dans l’angoisse des repères à partir desquels se définir. Ces deux postulations contraires placent l’Afrique et l’Africain dans une sorte d’impasse.

Pour tout dire, la Négritude2 avait posé les jalons susceptibles de conduire l’Africain à son développement intégral mais, les peuples n’avaient pas suivi car ce mouvement fut trop intellectuel donc loin de la foule africaine. Aujourd’hui, il s’agit de se hisser à la hauteur technologique et sociopolitique des Occidentaux /Asiatiques et s’imprégner de leurs cultures tout en demeurant profondément enraciné dans la culture africaine pour que les Occidentaux reconnaissent la part d’humanité de l’Africain et ne s’emploient pas à le façonner à leur propre image sans que soit, un seul instant, prise en compte l’identité de l’Africain.  De cet examen sortira un homme positif et décomplexé assumant son passé tel qu’il est et en harmonie avec le monde tel qu’il est, mais aussi comme acteur et responsable des actes politiques, économiques, sociaux, constructeur, en définitive, d’humanité accomplie.  

1 Ngoïe-Ngalla D. (2)

 

2 Mouvement littéraire des années 50 basé sur la culture et la spiritualité des Noirs

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Brice MATINGOUT - dans MES PENSEES
commenter cet article

commentaires

Articles Récents