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  • : Ce blog traite des causes endogènes et exogènes liées à la pauvreté de l'Afrique. Il fait par ailleurs un pont entre l'Afrique et la France: la françafrique.
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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 17:39

Photob 001POUR UNE IDENTITE ACCEPTABLE ET  RESPECTABLE

 

 

 

« Nous prétendons désormais vivre et mourir égaux comme nous sommes nés : nous voulons l’égalité réelle ou la mort [] Peuple, ouvre les yeux : reconnais et proclame avec nous la République des Egaux. »

                                                                                Manifeste des Egaux

  Comment rendre la France  acceptable et respectable aux Français d'aujourd'hui et à ceux de demain, d'où qu'ils viennent ? C’est la seule question qui vaille la peine d'être posée et qui devrait être la préoccupation centrale des politiques. Vivre en France, c’est vivre dans un pays qui s’est donné des exigences de liberté, d’égalité et de fraternité. Dans ce cas, les individus, Français et étrangers, sont exigeants envers la République au titre de ses valeurs et de son idéal. C’est aussi au nom de ces principes que la France est critiquable au-delà de ses frontières. Il y a trois domaines d’action dans lesquels la France choque.

 

1-D’abord quand elle développe des inégalités et des injustices sur son territoire même.

Lors de la première et la deuxième guerre mondiale, il a fallu mobiliser des milliers d'Africains pour sauver la métropole contre l'Allemagne, l'ennemie de l’époque. Aujourd'hui, au nom de l'amitié franco-allemande soutenue par l'Union européenne, le Président Sarkozy fait surveiller les frontières européennes contre les Africains qui seraient tentés d’immigrer en Europe. L'Histoire a-t-elle un sens ?

 A la faveur des trente glorieuses, la France a fait venir des milliers d’immigrés africains en vue de contribuer à la reconstruction du pays. Et pourtant, ils ont été les premiers à payer le prix des crises économiques des années 1980 par le biais des expulsions massives.

L’image de l’Africain véhiculée par les politiques est celui d’un exilé de la famine africaine échoué en France, qui vit aux dépens des salariés français, blancs en l’occurrence. C’est à juste titre que l’Africain est traqué afin d’être expulsé. La morale la plus élémentaire voudrait qu’on leur fasse amende honorable plutôt que de les traiter en criminels. Les criminels,  en l’occurrence c’est la françafrique, qui pillent leurs terres, y mettent le feu et la guerre, les rendant de la sorte inhabitables par ceux-là mêmes qui ne souhaitent rien tant que d’y trouver  un peu de dignité, à défaut des petits boulots étant donné que la migration africaine, « ce n’est plus une migration de travail mais plutôt de désespoir.»[1] 

C’est aussi le même type de discours qui est formulé contre les Arabes, un discours qui renforce les préjugés et alimente l’amalgame entre terroristes, musulmans, voile, burqa etc.  

La conséquence, à n’en point en douter, est le rejet de l’autre, ce qui est toujours source de frustration.

De nombreux étrangers vivants en France depuis des années, - certains qui y sont nés - qui paient des taxes d'habitation, donc, qui participent au bon fonctionnement des mairies et des communes - sont tout simplement privés de droit de choisir  leurs élus. On leur refuse le droit de voter, un geste pourtant démocratique dans un pays démocratique. On leur refuse ainsi le droit de savoir ce qu’on fait ou ne fera pas de leur argent. A ce sujet, le président de l'assemblée, Bernard Accoyer[2]  a déclaré: « les Français ne sont pas encore prêts».Je fus abasourdi et je me suis posé la question : Qui a peur du vote des étrangers les Français ou les hommes politiques ? Chaque homme politique parle au nom du peuple français.  Or le peuple, c’est nous ! Et pourtant chacun parle en notre nom sans réellement solliciter notre avis. C’est l’effet de la peur de l’opinion. Or, un homme politique est celui qui ose, qui prend les risques qui propulsent la cité vers un idéal. Pour y arriver, il ne doit pas être prisonnier de l’opinion. Effectivement, si François Mitterrand avait eu peur de l’opinion, la peine de mort n’aurait jamais été abolie en France.

 

Chez les victimes de ces inégalités, il y a sans doute le rejet du pays à leur égard, ce qui peut se traduire chez l’individu par diverses réactions affichées ou masquées envers les symboles de la République, car l’homme n’aime que lorsqu’il se sent aimé.

La République prône l’égalité de traitement et devait se donner les moyens d’y parvenir dans tous les domaines de la vie, tant dans l’accès au logement que dans l’accès au travail. Par ailleurs, l’accès aux grandes écoles devait être possible pour tous les enfants de la République. Le fait de dévier ou de contourner le problème, n’arrange pas des choses. Il ne s’agit pas non plus de trouver des solutions sous le coup d’un fait divers  médiatique. Mais bien au contraire, de résoudre une fois pour toutes le problème d‘inégalité de chances. L’égalité des chances devrait être une réalité et non un discours ; car de nombreux jeunes sont condamnés d’avance à l’échec. Or le courage politique et de vrais moyens sont indispensables pour les sortir du cercle infernal de l’échec. 

Par ailleurs il faut une politique de contraintes envers toute la société afin de créer des structures mixte dans lesquelles chacun peut se réaliser.

A cet égard, l’exemple des États-Unis devrait nous inspirer. En effet, grâce à la politique de l’«affirmation action », plus de 50% d’Afro-Américains ont un niveau de vie moyen, tandis qu’au moins 20% d’entre eux sont dans la haute sphère de la société américaine. L’élection de Barack Obama n’est donc pas un hasard. Par ailleurs, des nombreuses populations minoritaires qui se sentaient exclues se sont approprié les symboles de la République par le biais de cette élection.

La réussite des politiques de mixité devait favoriser la réconciliation et l’affirmation de la Nation française car il n’y a pas de nation sans fraternité.

 

 



[1]Catherine Wihtol de Wenden, Directeur de recherche au CNRS(CERI)

[2] Invité sur LCI le 12/01/10

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Published by Brice MATINGOUT - dans FRANCE
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