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  • : Ce blog traite des causes endogènes et exogènes liées à la pauvreté de l'Afrique. Il fait par ailleurs un pont entre l'Afrique et la France: la françafrique.
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9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 17:38
Au nom du peuple congolais, je vous remercie d’être venus nous honorer. Vous m’offrez ainsi l’occasion d’exprimer la particulière considération que le peuple congolais vous porte. Acceptez, en même temps que notre gratitude, nos hommages ainsi que nos souhaits d’agréable séjour à Brazzaville.

Mes chers compatriotes,

Contre le flot des promesses par trop aguichantes et au fond chimériques, contre les invectives toujours excessives, contre les velléités de déstabilisation et les prévisions les plus sinistres, vous avez élu, le Président de la République dans la paix, la liberté et la transparence, déjouant ainsi tous les pronostics pessimistes.

En me renouvelant votre estime et votre confiance par vos suffrages quasi unanimes, vous avez voulu confirmer le régime de paix, de stabilité et de sécurité que nous avons ensemble rétabli, au moment où notre pays courait vers l’abîme. Par votre vote franc et sans équivoque, vous avez voulu affermir nos aspirations communes au progrès et à la prospérité.

Vous avez pris vos responsabilités de façon remarquable. C’est à moi, maintenant, à prendre les miennes. Je le ferai  sans atermoiement, sans hésitation.

Parce que, à la faveur de mes nombreuses rencontres avec vous, durant le septennat écoulé, et particulièrement pendant les derniers jours qui ont précédé l’élection présidentielle, j’ai pris directement la mesure de vos attentes renouvelées.

Vous m’avez dit votre profonde satisfaction d’avoir recouvré la paix, la sécurité et la quiétude qui vous avaient tant manquées dans les années 90. La restauration de ces fondamentaux nous a permis, de faire redémarrer, entre autres, l’économie nationale, la reconstruction de l’unité nationale et la démocratie.

Vous m’avez aussi dit votre désir profond de voir les secteurs de la santé et de l’éducation bénéficier davantage d’attention de la part des pouvoirs publics.

Vous avez insisté sur le fait que ayant fini leurs études ou leur formation professionnelle, nos enfants devraient trouver assez aisément un emploi décent au Congo.

En famille, avez-vous ajouté, les Congolais devront vivre avec des revenus suffisants pour faire face aussi bien à leurs besoins physiologiques qu’à leurs besoins de culture et de loisirs.

Ils devront vivre aussi en sécurité, dans un environnement sain, avec des infrastructures collectives de bonne qualité, sous l’empire d’une bonne justice et en jouissant de tous leurs droits et libertés garantis par des lois appropriées.

Mes Chers Compatriotes,

Vos souhaits et exigences ainsi exprimés constituent, sans aucun doute, les principaux enjeux du septennat qui s’ouvre ce jour.

Ayant bien pris la mesure de ces enjeux, en décidant de me porter candidat à la présidence de la République, j’ai élaboré le projet de société, le «Chemin d’Avenir », en réponse à votre forte demande.

En ces instants solennels, nous pouvons réaffirmer que le chemin qui mène au Congo de demain, au Congo nouveau, a déjà été tracé. Et vous, vous l’avez massivement approuvé dans les urnes le 12 juillet dernier.

Les solutions que je préconise pour donner suite à vos nouvelles attentes sont donc connues.

Je voudrais toutefois insister ici sur la portée de quelques-unes d’entre elles.

Chacun sait que le combat supérieur, en ces temps de paix, consiste en la lutte contre la pauvreté, contre le sous-développement en général. C’est pour cela qu’à la pauvreté et au sous-développement, j’entends opposer la modernisation et l’industrialisation du pays.

Moderniser le Congo, c’est le libérer des contraintes de tous genres qui l’empêchent d’avancer au bon rythme sur le chemin du mieux-vivre et du mieux-être de ses citoyens.

Moderniser le Congo, c’est faire admettre et adopter par les Congolais des comportements plaçant le travail au cœur des priorités collectives et individuelles ; des comportements articulant liberté et responsabilité, propriété privée et solidarité ; des comportements de bon esprit civique et patriotique, d’acceptation de l’autorité impartiale de l’Etat et de lutte contre l’injustice, l’arbitraire et autres favoritismes.

Moderniser le Congo, c’est augmenter et mieux équiper les structures éducatives à tous les niveaux (primaire, secondaire et supérieur), multiplier les écoles d’excellence pour former des élites, généraliser l’usage des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement supérieur et les introduire dans les cycles primaire et secondaire, promouvoir la formation qualifiante et l’apprentissage.

Moderniser le Congo, c’est également faire passer le taux des enfants ayant accès à l’enseignement primaire de 80% aujourd’hui à quasiment 100% en 2016.

Moderniser le Congo, c’est renforcer l’offre de santé en construisant et en équipant, comme il se doit, des hôpitaux, des dispensaires et autres centres de soins intégrés partout où besoin est; c’est refonder la sécurité sociale pour qu’elle profite à tous, notamment dans les circonstances de la maladie et de la perte du revenu principal; c’est apporter l’eau et l’électricité à l’ensemble de la population; c’est protéger l’environnement, améliorer le cadre de vie et les lieux des activités collectives en rénovant et en assainissant nos villes et villages.

Moderniser le Congo, c’est le doter de très bonnes infrastructures nouvelles : routes nationales et départementales, routes d’intégration régionale, nouveaux ports et aéroports, voies ferrées et voies navigables. C’est la poursuite de la «municipalisation accélérée» et des grands travaux structurants entrepris lors du précédent septennat.

Moderniser le Congo, c’est améliorer sans cesse sa gouvernance et tous les instruments de sa puissance publique notamment la justice, la force publique et la diplomatie ; c’est rénover en profondeur l’administration publique, la décentraliser effectivement et au mieux afin qu’elle devienne le catalyseur du développement local.

Les préfets, les présidents des conseils départementaux et les sous-préfets doivent désormais jouer effectivement leur rôle conformément aux lois et règlements de la République. Dans cette optique, ils doivent faire évoluer leur action du confort des bureaux à l’activité de terrain afin de mieux impulser le développement.

Mes Chers Compatriotes,

Je lie la modernisation à l’industrialisation parce qu’industrialiser le pays c’est la solution appropriée à l’épineux problème du chômage avec son corollaire la pauvreté ; c’est la plus sûre garantie de création des emplois.

Industrialiser le Congo, c’est l’assurance de la croissance renouvelée s’accompagnant de changements quantitatifs et qualitatifs pour le pays et ses habitants.

Industrialiser le Congo, c’est tout simplement assurer son développement. Ne dit-on pas des pays fortement industrialisés qu’ils sont aussi les pays les plus développés du monde?

Je vous propose, mes chers compatriotes, que nous travaillions ensemble à industrialiser notre pays principalement par:

-premièrement, la mécanisation de l’agriculture, la mise en production de kilomètres carrés des terres arables avec des techniques modernes et la création des industries agro-alimentaires;

-deuxièmement, la création, dans le pays, des filières industrielles de transformation de ses principales ressources naturelles notamment le pétrole et le bois;

-troisièmement, la production nationale des biens dits manufacturés comme les ustensiles, les textiles, les médicaments génériques, les différents objets de toilette et autres produits couramment consommés dans notre pays;

-et quatrièmement, enfin, la création des zones économiques industrielles qui se spécialiseront dans des exportations diverses.

Mes Chers Compatriotes,

Ainsi vous est restitué, dans les grandes lignes, le «Chemin d’Avenir», qui est appelé à faire passer le Congo de l’espérance retrouvée à la prospérité soutenue. C’était la vision d’un candidat. C’est désormais le projet de tout le pays. C’est votre projet.

L’avènement du nouveau Congo auquel nous aspirons tous dépend, sachez-le, de votre engagement et de votre détermination à accompagner la mise en œuvre des ambitions révélées dans le Chemin d’Avenir. Le Congo de la deuxième décennie du troisième millénaire sera ce que vous voudrez qu’il soit.  De par votre comportement, votre intelligence et votre effort, vous engendrerez ce nouveau Congo, havre de paix et de prospérité pour tous.

Mais alors, pour qu’il en soit ainsi, changez donc de mentalités. Laissez choir à jamais les mentalités d’assistés, de profiteurs, de personnes en quête perpétuelle de passe-droits et autres facilités. Adoptez des comportements nouveaux et dignes. Adonnez-vous désormais à la rigueur du gain mérité et non aux délices trop faciles et honteux de la magouille. Convertissez-vous à la religion du travail bien fait. Visez tous et pour tout l’excellence. Jetez bas la médiocrité, la tricherie et toutes les autres anti-valeurs.

Je ne surprends personne en affirmant qu’en dépit de nos efforts multiformes, notre pays n’est pas encore, hélas, exempt de corruption, de concussion, de fraude, de détournement de deniers publics et d’autres actes tout autant répréhensibles que néfastes à l’accomplissement du bonheur collectif.

Ici, ce sont les gouvernants qui sont

interpellés. Qu’il soit clair pour tous que le peuple ne veut pas et ne doit pas être conduit sur le «Chemin d’Avenir» par des dirigeants sans scrupule ni vertu. De même que le peuple ne veut plus et ne doit plus être mené par des hommes qui ne donnent pas le meilleur d’eux-mêmes pour le servir. Parmi les premières attentes de notre peuple, il y a l’espoir que s’arrête rapidement la dérive morale qui est en train de gangrener notre société.

Je veillerai, donc, avec davantage de rigueur à ce que les personnes que je nomme aux différentes fonctions d’Etat soient exemplaires et de bonne éthique, capables de faire respecter, au nom de l’autorité impartiale de l’Etat qu’elles incarnent, les lois et les règlements de notre pays. Tout manquement, toute faiblesse m’amènera à en tirer les conséquences. Telles sont aussi les exigences du Chemin d’Avenir.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, maintenant, à l’endroit des peuples d’Afrique, dont certains sont ici représentés au plus haut niveau, redire la foi du Congo en l’Union africaine, la conviction du Congo sur la nécessité de l’intégration physique et économique africaine, le soutien du Congo au NEPAD et aux autres initiatives communes de développement de l’ensemble de l’Afrique. Ces propos, prononcés au moment où je prête serment pour servir mon peuple, valent engagements irréversibles de mon pays. Je redis ici aussi l’aversion totale du Congo à l’infantilisation des Africains et au traitement candide de l’Afrique.

L’Afrique n’est pas condamnée à dépérir. L’Afrique vivra des lendemains meilleurs si elle se prend résolument en mains dès à présent.

Mieux nous serons organisés pour subvenir efficacement à tous nos besoins, moins nous serons vilipendés par quelques moralisateurs et autres donneurs de leçons.

Il dépend de nous de changer complètement le sort de notre continent. En ayant raison gardée, je suis optimiste au regard de ce qui émerge, depuis plus d’une décennie, de notre chère Afrique.

Mes Chers Compatriotes,

Demain, nous célébrons la fête nationale. A la veille de cette commémoration historique, je voudrais dire, ici, l’hommage unanime de la nation aux pères de l’indépendance de notre pays, artisans de notre liberté.

Eux avaient compris, comme l’avait souligné fort à propos, un célèbre écrivain du siècle des lumières, que « la liberté [est ce] sentiment des âmes élevées [qui] produit les grandes actions, crée les grandes patries et fonde les institutions durables ».

En quarante neuf ans, nous nous sommes inscrits dans cette dynamique sur un parcours où tout n’a pas été que rose. Nous avons enregistré des déboires et des désillusions. Nous avons aussi remporté de bonnes victoires et accumulé de précieux acquis.

La circonstance qui nous réunit ce jour en est l’une des meilleures illustrations. Aujourd’hui, en effet, au-delà de la prestation de serment du Président de la République, le Congo, dans sa diversité, célèbre le couronnement du processus de façonnement de sa jeune démocratie.

Le mérite en revient à notre peuple dont je salue la maturité politique, le courage et la lucidité.

Je saisis cette occasion pour exprimer mon admiration à l’endroit de ceux des compatriotes qui ont contribué positivement, chacun suivant son style, au renforcement de la démocratie dans notre pays. Je pense entre autres aux acteurs de la société civile, aux professionnels des médias, aux membres de la classe politique nationale dans son ensemble.

Aux amis du Congo, à tous ceux qui, de diverses manières, nous accompagnent et nous soutiennent dans cette exaltante aventure, j’adresse la sincère gratitude du peuple congolais.

Mes chers Compatriotes,

Depuis six ans, nous avons institué la célébration tournante de la fête nationale, associant cette dernière à l’opération d’équipement et d’aménagement du territoire dite «municipalisation accélérée». Cette expérience instructive et constructive sera poursuivie au cours du prochain septennat.

Ainsi, il me plaît d’annoncer que la prochaine édition de la fête nationale et de la «municipalisation accélérée», qui correspond au cinquantenaire de l’indépendance du Congo, aura lieu, pour cette raison symbolique évidente, à Brazzaville.

Et pour nous permettre de commencer l’équipement et le désenclavement du dernier-né de nos départements, la Cuvette-Ouest, EWO abritera les festivités du 15 août 2011 et la sixième édition de la municipalisation accélérée.

Chers Compatriotes.

Le septennat qui s’ouvre aujourd’hui, nous le plaçons sous le signe de la responsabilité partagée, de l’initiative accrue et de la gouvernance par la preuve, tant les défis sont immenses et les enjeux considérables.

Président du Congo et de tous les Congolais, Je m’engage à ne laisser aucune bonne volonté au bord de la route ; Je m’engage à ne laisser aucune énergie disponible en marge du Chemin d’Avenir.

Dans une République unie, solidaire et fraternelle, comme celle que nous construisons ensemble, chacun est appelé à jouer sa partition, pour peu qu’elle contribue à la réalisation de l’harmonie et du progrès recherchés.

Pour toutes ces considérations, et pour des raisons humanitaires aussi, je chargerai le gouvernement d’élaborer et de déposer  au Parlement, avant la fin de l’année, un projet de loi d’amnistie en faveur du Président Pascal LISSOUBA.

Vivre ensemble, bâtir ensemble, dans la paix : c’est à ce prix que le Congo va gagner le pari de sa modernisation et de son industrialisation.

Vivre ensemble, bâtir ensemble, dans la paix : telle est la condition sine qua non pour assurer la promotion et le renforcement de la démocratie, de l’Etat de droit, des libertés, de toutes les libertés. Telle est la condition pour consolider les acquis de l’indépendance nationale.

Au seuil de ce nouveau mandat, et à l’occasion du 49ème anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale, je vous exhorte, vivement, mes chers compatriotes, à préserver jalousement la paix et l’unité nationale, à promouvoir les valeurs de solidarité, de fraternité ainsi que le culte du travail bien fait.

-Excellences, Messieurs les Chefs d’Etat,

-Distingués Représentants des Chefs d’Etat,

Le peuple congolais ne vous dira jamais assez sa profonde reconnaissance pour avoir bien voulu partager avec lui ces moments qui s’inscrivent dans son histoire.

Encore une fois, bon séjour parmi nous.

Vive l’Afrique ! Vive le Congo ! Bonne et heureuse fête de l’indépendance à tous !

Je vous remercie.

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Published by Brice MATINGOUT - dans AFRIQUE
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