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  • : Ce blog traite des causes endogènes et exogènes liées à la pauvreté de l'Afrique. Il fait par ailleurs un pont entre l'Afrique et la France: la françafrique.
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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 23:04
1. Récupération, stockage et distribution de l'eau
a. Des disponibilités en eau favorables aux Etats situés en amont 
Afin de contrôler l'eau et de l'utiliser à leur profit, les sociétés humaines ont développé des méthodes de contrôle partiel des flux. Les équipements favorisant la rétention d'eau (barrages-réservoirs) se sont développés. Dans cette logique, les territoires situés dans la partie amont des vallées et des grands bassins hydrographiques bénéficient d'un atout considérable. Les parties supérieures des vallées alpines, les grandes vallées du monde (Danube, Volga, Euphrate ou le Yangtze avec le barrage des Trois Gorges), la plupart des massifs montagneux ont permis l'établissement de barrages. L'aménagement de ces derniers afin d'établir de grands réservoirs n'est pas l'apanage des montagnes, comme le montre le barrage d'Itaipu à la frontière entre le Brésil et le Paraguay. La plupart des barrages permettent également de produire de l'énergie (hydroélectricité).
b. Les équipements de puisement et de stockage
On recense aujourd'hui dans le monde sept fois plus de barrages qu'en 1950. Ils permettent dans bien des cas la régularisation de l'écoulement et l'étalement dans le temps de la disponibilité en eau. Les réservoirs qu'ils forment constituent des stocks d'eau extraordinaires mais la déperdition est importante (évaporation, notamment dans les zones arides et semi-arides). Différents équipements et techniques existent pour accéder à l'eau : des stations de pompage dans les nappes phréatiques, des forages afin de récupérer l'eau des aquifères (terrains contenant de l'eau) fossiles et des usines de dessalement pour le « raffinage » des eaux maritimes.
c. Les moyens de distribution
Les équipements permettant la distribution des eaux sont inégaux, car les Etats ne disposent pas tous de vastes « rivières artificielles » telles que les conduites. Sur terre, plusieurs milliards d'individus n'ont pas d'accès à l'eau courante et utilisent divers moyens pour s'en procurer : quête quotidienne (Sahel-Soudan par ex.), recours aux puits ou aux fontaines municipales (Afrique, Indonésie...), transport de l'eau potable par véhicule... Les équipements (conduites, canaux de dérivation) servent souvent à alimenter des zones privilégiées de cultures irriguées (littoral nord-africain, vallées fluviales) ou à alimenter les villes (ex. : au Maroc, au moins cinq conduites alimentent Casablanca et une sixième est en construction).
2. Les grands aménagements hydrauliques et leurs effets
a. La naissance de nouveaux paysages
La construction des barrages a pour effet de créer des lacs artificiels en plein cœur des déserts (barrage d'Assouan, avec le lac Nasser et barrage Atatürk, en Turquie). L'inondation des vallées perturbe les paysages et entraîne également des recompositions spatiales qui modifient l'image des régions concernées (ex. : le paysage du vieux Tignes, dans les Alpes françaises, situé dans une vallée à fond plat ne ressemble en rien aux stations entourant l'actuel lac de Tignes).
Enfin, le stock d'eau et ses utilisations potentielles (agriculture, alimentation urbaine) favorisent un développement rapide d'activités permettant de créer artificiellement des paysages agricoles (périmètres irrigués) ou d'accroître les capacités d'accueil des villes et par conséquent leurs dimensions.
b. Les conséquences environnementales
Les conséquences sont variées : le stockage et le déplacement dans des canaux à ciel ouvert favorisent l'évaporation de l'eau, ce qui augmente la concentration des sels minéraux. L'irrigation est ainsi à l'origine de la salinisation des sols : à l'échelle mondiale, on estime que 24 % des terres irriguées (soit 60,2 millions d'hectares) sont affectées par une salinisation sérieuse pouvant nuire aux capacités de production des sols (20 millions d'hectares - 36 % des terres irriguées - en Inde, 5,2 millions - 27 % - aux Etats Unis, 2,5 millions - 12 % - dans les pays de l'ex-URSS).
c. Les enjeux politiques et stratégiques
Noyer des vallées entières dans des régions où les sociétés rurales sont implantées depuis des siècles n'est pas sans poser des problèmes à différentes échelles :
- à l'échelle de la vallée d'abord comme par exemple celle du Yangtze, le barrage des Trois Gorges va entraîner la destruction de 4 500 villages et le déplacement de 1,5 million de personnes, mais il permettra de réguler (espère-t-on) les crues du fleuve ;
- à l'échelle régionale, le contrôle des eaux par les aménagements de stockage peut également permettre d'exercer des pressions sur les Etats situés à l'aval (ex. : projet d'aménagement de trois barrages dans la partie chinoise de la vallée du Mékong, inquiétant tous les Etats de la péninsule indochinoise).
L'essentiel

Les aménagements hydrauliques se sont développés rapidement au XXe siècle avec une accélération depuis 1950. L'Egypte fait office de précurseur avec le projet du barrage d'Assouan. Aujourd'hui, les barrages-réservoirs, les équipements de pompage, de forage et de dessalement constituent les infrastructures les plus efficaces pour la production énergétique et le stockage ; ce dernier étant destiné à limiter les effets de l'irrégularité de l'approvisionnement des villes et de l'agriculture. Les effets de ces aménagements sont à la fois paysagers, environnementaux, et géopolitiques.

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Published by Brice MATINGOUT - dans COURS LYCEE
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