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  • : Ce blog traite des causes endogènes et exogènes liées à la pauvreté de l'Afrique. Il fait par ailleurs un pont entre l'Afrique et la France: la françafrique.
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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 19:46

 

 

 

Photob 001II-5 : IDENTITE NATIONALE A LA CROISEE DES IMMIGRES

Il aurait été intéressant de parler de l’immigration des Gaulois considérés comme ancêtres des « Français traditionnels continentaux » : mais, je n’en ai pas les moyens. On sait du moins que, par stratégie de survie, ils viennent de quelque part avant de se fixer dans la Gaule. On sait aussi qu’ils sont de culture indo-européenne (Celtes). Ce que l’on sait aussi c’est qu’après leur défaite devant les Romains en 52 avant J-C, les Gaulois seront sous la domination romaine. Pour plusieurs raisons, et par effet de romanisation, certains devinrent citoyens romains. Ils porteront des noms romains et grecs, car certains Romains par effet d’hellénisation portaient des noms grecs. A la place du dieu Cernunnos,1 les Gaulois priaient les dieux romains et grecs. Je ne saurais dire s’ils étaient malheureux du fait de la (perte ?) de leur identité nationale. Il n’y a pas de doute que des unions étaient possibles et que des enfants en sont issus. Dès lors, l’existence des ‘’Gaulois purs’’ était remise en cause par effet du métissage. Et l’effondrement de l’empire romain entraînera le déclin des Gaulois. Il n’y a aucun doute que nombre d’entre eux, nés et grandis sous l’emprise romaine, ne savaient plus rien de leur ancienne culture, car leur identité au contact de l’identité romaine n’a pas pu résister. De ce fait, leur identité était modifiée tout simplement. C’est la loi de toute identité, au contact d’une autre plus forte qu’elle.

Il faut attendre, l’arrivée des Francs, peuple germanique, un peuple étranger, (immigré) pour entamer des conquêtes en vue de la formation de la France actuelle. Il faudrait ajouter à cela, les invasions des Vikings, des Hongrois… entre le IXe et le Xe siècle. Ces peuples s’installèrent définitivement en France.

Je suis aussi certain que ces peuples étrangers, établis définitivement en France (le pays ne porte pas encore ce nom), prenaient des femmes parmi les Gallo-Romaines, et inversement.

Ainsi, de la romanisation à la germanisation durant plusieurs siècles de domination, il devenait de plus en plus rare de rencontrer des Gaulois culturellement homogènes. Au contact d’autres peuples différents, l’identité nationale gauloise devait, soit résister, soit se modifier, c’est-à-dire s’adapter, soit disparaître. Pour ma part, je pense qu’elle a subi des chocs très violents, par conséquent l’identité gauloise - culture et valeurs - devait se modifier c’est-à-dire que les Gaulois de façon volontaire ou involontaire, durent adopter des valeurs, des cultures, des noms des peuples étrangers, par stratégie d’adaptation et de survie. D’une culture homogène, leur culture devint hétérogène.

Mais ils ne sont pas nombreux au XXIe siècle ceux qui se réclament de la descendance des Francs, ainsi que d’autres peuples germaniques. Et si certains « jeunes Gaulois » étaient tout simplement descendants de Clovis ? Pourquoi cette volonté d’afficher Vercingétorix ? La raison soupçonnée est que Clovis n’était pas « Français de souche.» Et pourtant Vercingétorix non plus n’était pas «Français de souche.»

Et quel est l’héritage culturel des Gaulois ? Comment donc, l’identité (nationale) gauloise déjà affaiblie, pouvait-elle ressusciter au contact d’autres peuples, certainement plus puissants ? Il aura fallu un miracle.

Dans tous les cas, en 1789, la population française était déjà assez métissée du fait des différentes invasions et des apports des différents peuples, issus des différentes régions rattachées au territoire national. Je pense aussi que cela ne devait pas poser problème, du moins, n’ai-je pas vu un article mentionnant l’identité nationale en danger à cette époque de notre Histoire.

Ce que nous savons, c’est que des peuples différents vont continuer de venir en France avec leurs valeurs et leurs cultures, leurs différences, leurs beautés, leurs religions, leurs dieux, mais aussi leurs démons.

Vers 1900, arrivée des Belges

Vers 1920, arrivée des Polonais

Vers 1935, arrivée des Italiens

Vers 1935, arrivée des Espagnols

Vers 1950, arrivée des Maghrébins et des Africains

Vers 1970, arrivée des Asiatiques

Vers 1974, arrivée des portugais

Vers 1989, arrivée des ressortissants des pays de l’Est

 

Cette liste2 est loin d’être exhaustive. Mais, elle nous apprend que « les peuples ne sont presque jamais constitués d’après leur origine primitive »3, dans la mesure où, dans leurs contacts avec les autres, ils se modifient et changent volontairement ou involontairement.

Ainsi, la France de 1789 et celle d’aujourd’hui est une France métissée tant du point de vue territorial que du point de vue démographique. Les différentes vagues d’immigration depuis les Francs et les différents liens, rendent la notion « Français de souche » aléatoire et abusive.

Dans la majorité des cas, il s’agit des imposteurs qui nous prennent pour des faibles et voudraient nous faire croire que la France est à eux. Et, à supposer que ces propriétaires aient pu exister, ils oublient que les privilèges avaient été abolis depuis la nuit du 4 Août 1789. A compter de cette date, les terres de ce pays relevaient de propriétés exclusives de la Nation, donc du peuple. Le peuple, c’est la somme des Français dans notre unité complexe et notre complexité unie. C’est ce qui fait la particularité de notre pays.

 La France à ceci de particulier, très particulier : personne n'est pas plus Français que l’autre, même pas les Gaulois (nous l’avons montré). La nationalité française héritée de parents français ne trouve aucune justification dans la couleur de peau des uns ou des autres. La différence vient du fait qu'il y a des gens qui savent d'où ils sont venus, tandis que d'autres l’ignorent ou feignent de l’ignorer. Mais, l'ignorance n'est pas un prétexte pour prétendre être un « vrai Français ». Il s'agit d'une ignorance contre laquelle il faut lutter. Par ailleurs, c'est parmi ces imposteurs que l’on trouve le nombre le plus élevé de racistes qui ont la certitude que ce pays est à « eux » exclusivement. Ils voudraient empêcher les « autres » de participer à la vie de ce pays, ou tout simplement de l'aimer.  

Toute la question  se résume en l'appartenance et l'attachement à la France. Le débat teinté de xénophobie se résume à peu près à ceci : un Français  non conforme au « corps traditionnel »4 restera toujours un étranger et un immigré, même s’il fournit en tout lieux et en tout temps les preuves de sa « françalité».5 Pour y répondre, nos jeunes des banlieues, issus des deuxième, troisième et quatrième générations de l’immigration6 brandissent leurs cartes nationales d'identité. Mais la preuve étant trop insuffisante, ils chantent aussi, depuis peu, La Marseillaise7 qui devait faire la gloire des enfants de la Patrie. Mais, la gloire de la Patrie, comment y croire tant que persistent les barrières mentales et physiques des uns dressées contre les autres. Dans ces conditions, les « immigrés » et/ou les « étrangers » sont fatigués de croire, de rêver, d'aimer ce pays, les barricades sont trop hautes ; car aux yeux de nos imposteurs et de nos jeunes Gaulois, la douce France est en danger à cause de l’immigration. Ils veulent la nettoyer, la rendre propre, blanche. Pour y arriver, ils trient : à leur entendement, il y a de « vrais » et de « faux » Français, selon des critères qu’ils sont bien les seuls à maîtriser.  « Quand on naît con, on est con pour a vie, » disait Brassens.8

De tout temps, les Français non occidentaux sont condamnés à  justifier leur nationalité, car celle-ci choque encore certains compatriotes.

- Depuis quand es-tu Français ? 

- Pourquoi as-tu changé  de nationalité ?

- Pourquoi  es-tu venu en France ?9  Des questions trop basses et trop honteuses ne méritant que des réponses aussi basses.

En 2010, certains ignorent encore que les traités internationaux reconnaissent et garantissent la mobilité des personnes, et que chacun a le droit de prendre la nationalité du pays dans lequel il réside, s'il le souhaite  et s'il correspond aux critères.

Etre Français, c’est croire aux valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, acquises depuis 1789. Mais, le simple fait de croire aux valeurs de la République est largement insuffisant, il faut encore les défendre contre les nostalgiques d’un temps révolu.

L’Egalité de tous les français en tout lieux et en tout temps est un héritage considérable de la Révolution, « la République des Egaux » selon les mots de G. Babeuf.10 Ainsi, la remise en cause de ce principe, d’une manière ou d’autre, sera à l’origine de la fracture du pacte républicain. Par conséquent, on s’autoproclamant « Français de souche», par opposition au « Français de feuille » ou « Français de papier », on s’octroie sournoisement des privilèges sur la base de la « préférence nationale » chère à Le Pen qui se traduit dans ce cas : « préférence blanche».

Agir dans ce sens, c’est remettre à jour le principe d’inégalité de traitement, avec tous les risques qui en découlent chez les victimes. Mais, c’est aussi en finir avec les acquis de 1789, dans ce cas, les opprimés feront une nouvelle Révolution. Enfin, c’est mettre la Nation en périr, car une Nation ne tient que si tous ses fils partagent le même rêve.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 dieu gaulois

 

2 Simon G.

 

3 Fustel de Coulanges

 

4 Même sens que Français de souche

 

5 Produire toutes les preuves de sa nationalité française, il s’agit d’un néologisme

 

6 Souvent, il s’agit des enfants qui ne connaissent rien du pays d’origine de leurs parents, grands parents ou arrières grands-parents. La France est leur seul cadre spatial et le français la seule langue héritée

 

7 Chant révolutionnaire composé à Strasbourg en Avril 1792 par Rouget de Lisle, devenu l’hymne national français

 

8 Musicien français

 

9 C’est la forme du questionnaire auquel il faut répondre à chaque contrôle de police. Le vouvoiement est très rare quand on s’adresse à un immigré ou supposé tel

 

10 Le Manifeste des Egaux, printemps an V (1797)

 

 

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Published by Brice MATINGOUT - dans HISTOIRE
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