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  • : Ce blog traite des causes endogènes et exogènes liées à la pauvreté de l'Afrique. Il fait par ailleurs un pont entre l'Afrique et la France: la françafrique.
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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 22:45
1. Le « Pétrole bleu »
a. Un potentiel dépassé par l'utilisation des sociétés moyen-orientales
Les ressources globales estimées à 17 000 m3/hab./an en 1950 passent à  7 000 en 2000 et les projections pour 2025 sont  estimées à 5 000 m3/hab./an . 

En 1985 la région comptait encore 2 pays excédentaires en eau mais en 2000, tous les Etats de la région sont menacés de pénurie ou sont fortement déficitaires.
b. Une ressource recherchée et rare
L'eau est une préoccupation essentielle pour les Etats de cette région. L'Arabie Saoudite puise dans des nappes fossiles 82,5 % de son eau (forages en plein désert). Le dessalement engendre des coûts élevés puisque la production d'un litre d'eau douce vaut entre 1,8 et 2,7 $. A cela, il faut ajouter une fragilité stratégique de ces sites de production. La politique de recherche et de production de l'eau de l'Arabie Saoudite lui a permis de devenir autosuffisante en 1985 (légumes, fruits, produits laitiers, poulets et blé, qui est même exporté vers d'autres pays de la région).
2. Une ressource au cœur des programmes d'aménagement
a. La multiplication des aménagements de stockage
Dans les régions arides et semi-arides du Moyen-Orient, les Etats cherchent à retenir l'eau sur leur territoire national. Tous les Etats ont élaboré des politiques de grands aménagements (barrage d'Assouan et lac Nasser en Egypte, plusieurs dizaines de barrages contrôlent l'écoulement des eaux du Tigre et de l'Euphrate en Turquie, Syrie et Irak d'amont en aval). Les barrages sont nécessaires au développement agricole mais peuvent être à l'origine de tensions politiques régionales. La multiplication des barrages en Turquie (barrage Atatürk et projet GAP) a pour effet de réduire le débit de l'Euphrate de 37 % à son entrée en Syrie, tandis que celui du Tigre a diminué de 24 % à son entrée en Irak.
b. Les aménagements de production
La production est réalisée par les usines de dessalement de l'eau de mer. Vingt-deux grandes usines de dessalement sont situées le long du golfe Persique ou de la mer Rouge. Les usines ont pour mission d'alimenter les grandes villes et des systèmes de conduites alimentent les villes de Riyad, Médine, La Mecque et Taëf en Arabie Saoudite.
c. Les conséquences des aménagements sur les paysages
Le stockage (barrages-réservoirs) et la redistribution des eaux (transfert ou dérivation) ont pour effet de faire « reverdir le désert ». Les périmètres irrigués circulaires, les vallées de culture forment des oasis étonnantes par leur taille. Ainsi, le canal « parallèle » au Nil (canal de Touchka) et la « Nouvelle Vallée » permettent de développer les productions agricoles. Toutefois, les problèmes naissent lorsque les cours d'eau alimentent plusieurs Etats.
3. L'eau : un enjeu géostratégique dans les conflits de la région 
a. L'importance des considérations hydrauliques
En Palestine également, les revendications territoriales sont liées aux conditions d'accès à l'eau. Depuis 1967, l'occupation du Golan, de la Cisjordanie et de Gaza donne à Israël toute latitude quant à l'utilisation des eaux (pompage des eaux du Golan, utilisation des ressources venant de la nappe phréatique de Cisjordanie et de la nappe littorale). Depuis la guerre du Liban et l'établissement d'une zone de sécurité dans le Sud-Liban, un projet s'est développé pour détourner une partie des eaux du Litani vers le Jourdain, ce qui provoque de vives oppositions à l'échelle régionale.
b. Les déséquilibres de prélèvement
Sur un prélèvement total de 710 millions de m3/an (le potentiel se limite à 740 millions de m3/an), Israël et les implantations israéliennes puisent 530 millions de m3/an et les Palestiniens seulement 180 millions de m3/an. Le partage des eaux est inégal et Israël intègre 80 % des eaux de Cisjordanie dans son réseau national et surexploite la nappe littorale (en cours de salinisation). Israël absorbe 86 % des ressources en eau, les colons des territoires occupés 4 % et les palestiniens 10 %. Ces prélèvements ont permis à Israël de développer une agriculture irriguée puissante et fortement exportatrice (agrumes notamment) qui absorbe à elle seule 62 % des eaux consommées dans le pays.
L'essentiel 

A l'échelle planétaire, les ressources en eau disponibles par habitant diminuent de manière alarmante. L'approvisionnement en eau est devenue d'autant plus essentielle pour les Etats du Moyen-Orient que la population des Etats a augmenté, s'est urbanisée et que les pays ont diversifié leurs activités de production. Pour répondre à ces besoins, les Etats mettent en place des politiques nationales de stockage et d'utilisation de l'eau pour leur propre économie, ce qui n'est pas du goût des Etats situés dans les régions à l'aval des bassins-versants. Les conflits d'usages ont provoqué des tensions vives entre la Turquie, la Syrie et l'Irak, mais c'est en Palestine que les conflits concernant l'usage et les ponctions sur les nappes phréatiques atteignent une acuité dramatique dans la mesure où ils accentuent les tensions politiques qui trouvent de nouvelles raisons de cristalliser les antagonismes.

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Published by Brice MATINGOUT - dans COURS LYCEE
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