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  • : Ce blog traite des causes endogènes et exogènes liées à la pauvreté de l'Afrique. Il fait par ailleurs un pont entre l'Afrique et la France: la françafrique.
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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 13:01

 LA COLONISATION

 

Photob 001Ces trois objectifs définis entre abolitionnistes et négriers devaient donner naissance à un autre système d’exploitation. Il est clair, au vu des éléments exposés ci-dessus, que les abolitionnistes ont été à l’origine du développement de la domination occidentale sur l'Afrique, par le biais du colonialisme. Dans cette perspective, la colonisation doit être  comprise comme un substitut   à la traite des Noirs. Elle a donc ouvert la voie à de nouvelles formes de domination, compte tenu de l’inégalité des rapports de forces européennes et africaines. Je parle de l’organisation politique, économique, sociale mais aussi culturelle, mentale et spirituelle du fait de la domination, la soumission absolue, qui crée la dépendance via l’aliénation imposée.

Ou bien, les abolitionnistes luttaient, ou voulaient lutter, contre la traite par la diffusion des principes évangéliques (en Grande-Bretagne), ou inspirés par le dynamisme des Droits de l’homme (en France). Mais, la puissance des intérêts économiques des Etats européens ont englouti les Africains, noyés dans la nouvelle forme de domination de l’ Occident sur l’Afrique.

Ou bien, ils jouaient le jeu et par conséquent étaient conscients de participer à la domination des Occidentaux sur les non-Occidentaux en substituant un mode de domination à un autre.

La transition entre ces deux modes de commerces, fut sans doute facile. Pour le négrier, devenu colon, l’activité légalisée, les affaires se relancent. Dans tous les cas, il s’agissait d’une réorientation des besoins.

Pour le colonisé, si on lui épargne les atrocités de la traversée, la terreur est la même. Les Africains pratiqueront des corvées et ils subiront les violences, l’humiliation, le mépris quotidien proche du bannissement, la christianisation ou islamisation à outrance. Mais le plus grave c’est le ‘’lavage de cerveau,’’ l’effacement identitaire qui entraîne la déchirure et la destruction morale et sociale de l’Etre africain. L’innommable fut commis, l’indicible, le broyage des Koongos et leur chosification. Les révoltés, inspirés par Kimpa Nvita sont capturés, ligotés parfois brûlés vifs ou disséqués, ce fut le cas de Mabiala Ma-Nganga. Ils moururent souvent en prison comme Bouéta Mbongo, André Matwua1, Simon Kimbangu2. Les exécutions publiques se sont multipliées pour décourager toute remise en cause du système basé sur la suprématie de l’Eurpéen.

Et pour être plus humilié, le Nègre doit apprendre et répéter qu’il est un être inférieur dans l’ordre de la création (voir, par exemple, l’enfant maudit de Noé d’après la Bible hébraïque3). Et admettre à la même occasion que « la race blanche, est la plus parfaite des races humaines. »4 La théorie de la race supérieure, teintée de xénophobie a engendré Hitler qui à son tour a précipité le monde dans la guerre la plus effroyable de l’Histoire.  

Le comble a été poussé presque jusqu’à l’extrême, quand il a s'est agi d’établir une corrélation entre l’intelligence, la beauté et la couleur de la peau. Quelle misère ! C’est le Blanc, seul, qui est intelligent et beau. Il y a encore des millions d'imbéciles qui pensent comme cela, et ils ont trouvé en face d’eux des Noirs assez faibles d’esprit pour blanchir leur peau.

Tant que l’on a conçu l’existence de races inférieures, il était indispensable de les civiliser. Les civilisateurs étaient ceux qui avaient reçu de la nature le don de rendre les autres plus ou moins humains. C’est le début de la politique de l’assimilation.

De la colonisation, comme exploitation économique, on basculait dans l’assimilation comprise comme signe de domination culturelle : l’aliénation. Or, ôter à l’homme sa culture, c’est effacer son identité, lui faire perdre tous ses repères. Aujourd’hui, l’Africain à force d’assimiler, volontairement ou involontairement l’Européen, a cessé d’exister par lui-même. Il a perdu tout simplement son identité. Par conséquent, il ne lui reste qu’à s’intégrer. S’intégrer à quoi ? En France, l’intégration d’un non-Occidental est réussie quand il cesse de vivre par lui-même pour vivre comme les autres à condition que les autres soient des Français, j’allais dire les « Français blancs. » Peut-on encore résister quand on n’a plus de repères où s’accrocher ?

Il est clair que la colonisation n’était pas une action civilisatrice, mais bien l’exploitation et la domination dans tous les sens du terme de l’Africain noir et ses terres.

Comment, pouvait-il en être autrement, dès l’instant que l’on sait que la majorité des colons étaient d’anciens oppresseurs, restés sur le continent africain.

A Berlin, en 1885, le partage du royaume des Koongos fut officialisé entre les trois pays colonisateurs : le Portugal, la Belgique et la France. En agissant de la sorte, les Occidentaux sont à l’origine de la dislocation et de la disparition du royaume qui s’ensuivit.

Ils condamnaient un peuple, uni, à ne plus vivre soudé, car chaque partie devait s’intégrer dans ce qui deviendra les Républiques actuelles avec tous les problèmes liés au conglomérat d’ethnies.

Mais, les colonisateurs qui avaient leurs propres historiens s’acharnent à donner une image positive de la colonisation.5 C’est ce qui ressort de l’intervention de l’un des ParticipantS n°11 : « Il revient aux Blancs, que cela vous plaise ou non, d’avoir mis fin à l’esclavage, sauf dans les pays arabo-musulmans, entre autres grâce à la colonisation, suivant des modalités diverses liées aux contingences indigènes locales. La seule faiblesse des Blancs est d’être de culture catho et donc empreinte d’un instinct de culpabilité, le péché originel n’est-ce pas !!! Ce qui fait que seul un certain nombre de Blancs se culpabilisent du fait de la politique de leurs aïeux, comme si les mentalités d’hier étaient celles d’aujourd’hui ou comme si le fait d’avoir eu un descendant peut-être esclavagiste était une faute héréditaire impardonnable transmise par les gènes de génération en génération, comme le péché originel en raison de la pomme qu’aurait fait dévorer à un certain Adam et une certaine Eve. Chez les Noirs, seul le président du Bénin a dû prononcer des mots d’excuse envers ses frères noirs pour la traite exercée par le passé par ce pays. Les Asiatiques s’en fichent et l’on a oublié, les Arabo-musulmans qui nient simplement la réalité de l’implication de l’Islam dans ces actes perpétrés par leurs frères de religion et qui perdurent encore aujourd’hui en Mauritanie (abolition de l’esclavage en 1981 seulement), dans les pays du Golf, en Somalie etc. bref partout ou l’Islam est implanté dans ses formes les plus frustes. »

J’ai jugé utile de reproduire ce texte dans la mesure où il constitue la thèse des défenseurs de la colonisation en Afrique, en Asie, en Amérique et ailleurs.

La vérité est que la colonisation en Afrique est avant tout un commerce né sur les cendres de l’esclavage. En resumé « …entre colonisateur et colonisé, il n’y a de place que pour le travail forcé, l’intimidation, la pression, la police, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance. Aucun contact humain, mais des rapports de domination et de soumission…de sociétés vidées d’elles-mêmes, de cultures piétinées, de terres confisquées, de religions assassinées…des milliers d’hommes sacrifiés au Congo, de millions d’hommes arrachés à leurs dieux, à leurs terres, à leurs habitudes, à leur vie, à la danse, à la sagesse…de millions d’hommes à qui on a inculqué la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir…d’économies naturelles à la mesure de l’homme indigène désorganisées, de cultures vivrières détruites, de sous-alimentation installée.»6 

Dans ces conditions, les dés étaient jetés d’avance. Le sort de milliers d’Africains était scellé et leur identité nationale gommée, tout simplement. Affaiblis, presque anéantis, c’est dans ces conditions qu’ils devaient aborder l’avenir. La suite sera sans équivoque : « En transformant l'homme-marchandise en homme marchand, les Occidentaux ont intégré les peuples africains et d'autres peuples non-Occidentaux dans le marché mondial dont ils étaient les maîtres. C'est pourquoi l'analyse des phénomènes actuels de recolonisation, de sous-développement et d'appauvrissement peut être située dans la stricte continuité de phénomènes plus anciens et permanents » 7

Les Koongos ne feront pas exception à la règle. Comme tous les Africains, ils divinisaient la nature. Chez eux, l’homme ne dominait pas la nature car il vivait à ses dépens et la respectait. Il est lui-même partie intégrante de la nature. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la présence des exploitations à taille humaine, simplement pour répondre aux besoins alimentaires de la famille, ce que j’appelle le travail de subsistance.

Les Koongos étaient solidaires de tous les membres de leur clan d’abord, de l’ethnie ensuite. De toute façon, dès qu’un individu avait le sang de l’ethnie, il était immédiatement adopté dans le clan. A la tête du clan, il y avait un Mfumu nkanda (chef de clan), gérant des biens de tous les vivants et des ancêtres, mais, il n’était que le gérant et non le propriétaire, et veillait au bien-être de tous. Au nom de la solidarité, tous les membres du clan venaient en aide aux plus faibles de telle sorte qu’il n’y avait pas de pauvres. Chacun travaillait pour tous. Ce que d’aucuns ont appelé le socialisme Bantou8, ce qui d’emblée exclut toute tentative d’enrichissement personnel par accumulation de biens ou par accession à la propriété. La vie est limitée au groupe et l’économie est un système de cueillette et de subsistance. On ne travaille que pour satisfaire les besoins fondamentaux. Ce qui n’exclut pas la constitution des réserves, mais gérées de façon rationnelle par l’ensemble du groupe. Ainsi compris, le travail n’était pas au centre des préoccupations des Africains, si bien qu’il n’y avait jamais de pénuries ou de crises alimentaires. On ne cherchait pas à devenir riche, au sens que l’Occident donne à ce mot. Etre riche, c’était avant tout être en harmonie avec les autres membres du clan et surtout avoir des enfants si possible nombreux, car ils étaient la richesse du clan.

En aucun cas, l’individualisme n’était toléré. Ce qui nous éloigne de la vision occidentale, plus préoccupée par l’individu que par le groupe. En effet, la vision que donne l’Européen de la réussite personnelle permet de penser que c’est ‘’ la’’ question, quoi qu’il en soit des dégâts consécutifs. La fin justifie les moyens. C’est ce dont Rousseau a voulu témoigner. Il explique qu'au début de l'humanité, dans « l'état de nature », l'homme vivait heureux en harmonie avec la nature. Un jour, l’imposteur trouva des gens assez faibles pour le croire et leur déclara : - « Ceci est à moi ». Ce fut l'origine de la propriété privée. Il devenait propriétaire des terres et de tous les biens qui s'y trouvaient, l’homme compris. Ces derniers devenus ses sujets lui devaient soumission, obéissance, taxes et impôts. C'est « l'état de société», l'homme  perdit son bonheur.

C'est le début d'une chaîne de malheurs pour la majorité d'entre nous. L'imposteur-spoliateur, devenu plus tard propriétaire et reconnu comme tel, imposa des lois pour se protéger et mit des gardiens à son service pour arrêter toute tentative de remise en cause de son autorité et de sa propriété. Les tribunaux devaient juger en sa faveur. Rousseau dira « les lois sont faites pour les fripouilles. » Les sujets devenaient des machines de production des biens du chef Roi ou Seigneur. Il a le droit de vie ou de mort sur eux. C'est ce que Marx appellera « l'exploitation de l'homme par l'homme.» Cet acharnement à toujours plus de profit expliquerait aussi la traite des Noirs, le colonialisme et la françafrique.

Cette image n’a presque pas évolué, l’imposteur-spoliateur, c’est l’ensemble des capitalistes voyous de nos jours. Ils ont réduit les salariés au rang de gros producteurs et petits consommateurs par l’attribution d’un salaire minimum pour des besoins minima. Ils ont soumis la nature à leurs caprices devenant « maîtres et possesseurs »  selon les mots de Francis Bacon. Il faut à tout prix transformer la nature, peu importe le résultat, et la dominer. Ils détruisent autour d’eux et loin d’eux. La forêt de la cuvette congolaise va disparaître et l'Amazonie connaît le même sort. L’exploitation à outrance avec arrogance est aujourd’hui responsable dans une certaine mesure des problèmes environnementaux. C'est la puissance de la vision utilitariste qui gouverne le monde. Tout doit rapporter. Le but est clair : amasser, et encore amasser les trésors de la terre. Devenir riche. La richesse à leurs yeux  confère la puissance. La puissance à son tour confère le bonheur. L'argent passe avant l'homme.

Ce schéma est l’opposé du monde tel qu’il doit être dans la tradition koongo en particulier et dans la tradition africaine dans l’ensemble. Et pourtant, c’est ce modèle qui se présente et s’impose aux Africains dans le nouveau monde où ils ont été placés contre leur gré. Soit, ils avancent tête baissée, pieds et mains liés, dans ce cas, une chose est sûre ils seront toujours les dominés ; soit ils reculent vers le monde qui était le leur, mais dont plus personne ne se souvient.

C’est dans cette condition où ne manque pas les d’ambiguïtés de multiples tractations, que les Africains arrachent leur ‘’autonomie’’ auprès des puissances colonialistes. Autour des années 1960, les Africains proclament leur indépendance, théoriquement seulement, car, l’élite, est culturellement perdue. Ces « nouveaux Blancs » remplacent inexorablement les Européens dans la dynamique de l’africanisation des hauts postes. Dans beaucoup de cas, en exigeant l’indépendance, ils étaient certains de devenir les nouveaux maîtres. Ils étaient quasiment unanimes à croire que l’indépendance serait synonyme de liberté, d’émancipation et de développement du continent ; ils avaient la certitude d’en posséder les codes. Ils ignoraient le poids de l’héritage d’un passé fait de plus de cinq siècles de domination européenne.

 

1 Le Matswaniste était un groupe aux revendications politiques avant de devenir une religion

 

2 Fondateur de la religion kimbanguiste

 

3 Genèse 9, 26-27. p 40

 

4 G. Bruno

 

5 A ce sujet, il faut rappeler que J. Chirac voulait imposer aux enseignants d’insister sur les aspects positifs de la colonisation. Par ailleurs, les Autorités algériennes voudraient porter plainte contre la France pour les massacres commis lors de la colonisation en Algérie.

 

6 Césaire A.

 

7 Buxton

 

8 Par comparaison au socialisme scientifique

 

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Published by Brice MATINGOUT - dans HISTOIRE
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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 19:53

 

 

 

 

L’AFRICAIN : ENTRE NEGATION ET AFFIRMATION IDENTITAIRE

 

 

 

« Dans l’affection que je vous porte il y a trop de passé pour qu’il n’y ait pas beaucoup d’avenir »

 Gérard de Nerval1









III-1 : DE L’ESCLAVAGE

Il est certain que l’arrivée des Européens dans différents coins du monde a largement bouleversé et détruit les autochtones. Ainsi, en Afrique tout comme en Asie et en Amérique, ils ont modifié la nature des rapports que ces peuples entretenaient entre eux d’abord, et entre eux et la nature ensuite. Dans la plupart des cas, ces bouleversements destructifs ont décimé des peuples entiers et des sociétés entières. Aujourd’hui, ces peuples ne se sont jamais remis et sont asphyxiés à tous points de vue. C’est la conséquence de l’occidentalisation imposée par les Français, les Portugais…

Toute l’histoire de la France esclavagiste et coloniale est une histoire d’aliénation des peuples non-occidentaux par le canal d’agressions et de violences dont l’objectif inavoué est l’expropriation et la spoliation ; en dépit des valeurs reconnues mondialement que ce pays véhicule qui se résument dans cet article célèbre : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits2 … », mais aussi celles de la République qui se résument en ces trois mots: Liberté-Egalité-Fraternité.

Pour les peuples non-occidentaux, la France d’avant et d’après la Révolution, est une France qui, en bafouant la dignité humaine, a donné aux opprimés, notamment aux Koongos3, une image dévalorisante d’elle-même.

 

Le cas du peuple Koongo

Les Koongos, habitants de l’Afrique centrale, sont répartis entre le sud-ouest de la République démocratique du Congo, le sud du Congo-Brazzaville, l’Angola et le sud du Gabon. A cause de l’esclavage, les Koongos sont également présents en Jamaïque, en Haïti, au Brésil, à Cuba etc. Aujourd’hui, il est presque impossible d’estimer leur nombre.

Les Koongos pré-Diégo Cao, avant le XVe siècle, avaient un royaume alors à son apogée, dont l’organisation sociale et politique, et surtout le raffinement de la cour du roi, seduisirent les premiers Européens. Administrativement, ce royaume comptait six provinces avec un représentant du Ntinu Koongo,4 Nzinga Nkuvu à leur tête. On estime à plus de 2 500 000 km2 la superficie du royaume. En effet, la première pénétration portugaise au royaume des Koongos remonte à 1482. La vie européenne allait s’introduire dans ce royaume et y subsister jusqu’en 1975, au moment où le Portugal se retirerait.

Quand on songe aux conséquences des contacts entre les Koongos et les Occidentaux dans leur ensemble on conclut que l’étoile du royaume a pâli à cause des souffrances que ces derniers ont infligées aux Africains. Ces souffrances sont responsables d’une crise vitale qui a précipité la décadence du royaume des Koongos en particulier, et de l’Afrique en général.

A leur arrivée, les Portugais disaient que leurs actions étaient strictement humanitaires. Une mission humanitaire à cette époque consistait à « christianiser » au sens second du terme, c’est-à-dire, modifier radicalement l’Etre. Or, modifier radicalement l’être, c’est lui ôter toute son existence,5 son identité et en l’occurrence sa négritude.6

Il en ressort très clairement que chez les Européens il y a eu la volonté manifeste d’occidentaliser l’Africain, de l’intégrer dans la ‘’civilisation supérieure’’ en l’arrachant à la ‘’sauvagerie’’7 dans laquelle il baignait. Pour arriver à leurs fins, la religion fut l’arme la plus efficace. Elle condamnait des valeurs chères au peuple Koongo tout en recommandant d’autres, qui le bannissaient. C’est ainsi qu’à partir de 1491, il y eut des conversions en masse. Des centaines des Koongos furent tentés par la nouvelle religion des Européens. Le roi des Koongos, Nzinga Nkuvu fut baptisé et prit le nom de Ndo Nzuawu.8

D’autres, par contre, seront sceptiques à la religion des Blancs ainsi qu’à leurs réelles intentions. Ils comprirent que le catholicisme aliène les Koongos en les détournant de leur identité pour une autre dont ils ne maîtrisent pas les données. Ils étaient sûrs que ces étrangers dépouillaient l’Africain de son identité, ce qui n’est pas différent de la négation de leur humanité.

Il y eu deux groupes d’hommes, deux conceptions, deux vissions du Monde : ceux qui acceptent les Occidentaux et deviennent catholiques, les ‘’collaborateurs’’ et ceux qui résistent et tiennent à leur ‘’identité nationale.’’ Ceux-là refusent tout mélange susceptible de cautionner la supériorité des Européens sur les Africains.

Ces querelles relatives à l’identité fragilisent l’unité du royaume. Aujourd’hui, cette problématique est encore au centre de toutes les questions liées au développement du continent africain. Il faut dire que l’Afrique noire était « mal partie »9 dès le premier contact avec l’Etranger. L’attitude ambiguë des uns et des autres face à cette question a creusé le fossé dans lequel l’Européen s’est introduit afin de mieux parvenir à ses fins : l’expropriation et la spoliation du continent africain. Ambiguë, telle fut aussi l’attitude de Nzinga Nkuvu qui malgré sa conversion, ne renonça pas à ses six femmes (soit une femme par province)10, ses croyances en Nzambi-a-mpungu11 et aux pouvoirs ancestraux. Les Occidentaux ne manqueront pas de lui reprocher son refus des valeurs véhiculées par le christianisme. Cette remarque sera à l’origine d’un incident qui obligera le roi à les expulser hors du royaume avec le soutien de son fils aîné, Mpanzu-a-Nzinga prétendant favori à la succession. Tous les Etrangers furent chassés du royaume. Tous trouveront l’asile dans la province dirigée par le fervent chrétien Mvemba Nzinga, baptisé Afonso 1er, deuxième fils du roi, en dépit du mécontentement de Nzinga Nkuvu.

En 1518, à la mort du Ntinu Nzinga, les Portugais assassinent le fils aîné hostile à toute forme de relations avec le Portugal. Mvemba Nzinga, largement influencé dès son enfance par le christianisme, devint roi. Ce complot renforça la division du royaume et l’affaiblissement des pouvoirs du Mani Koongo. Face à la menace des groupes opposés à l’Eglise catholique et à la présence missionnaires, Nvemba Nzinga trouve protection parmi les prêtres commerçants qui deviennent de plus en plus nombreux à la cour du roi. Afonso 1erperd alors le contrôle du pouvoir et du vaste royaume au profit des missionnaires qui s’attribuent des postes importants au détriment des autochtones. Dès lors, le royaume était sous administration des étrangers.

C’est à cette époque que les Portugais imposent le christianisme au peuple Koongo. Au nom du christianisme, les Occidentaux détruisent les coutumes ancestrales : les enseignements divins transmis par des ancêtres depuis des siècles. Cette pratique met au jour leurs réelles intentions : détruire l’identité des Koongos en premier lieu et les « chosifier », et même les réduire au rang des bêtes. Ils s’acharnaient à faire des Africains ce qu’ils n’étaient pas. Ainsi, les Occidentaux se sont-ils octroyé le droit de disposer des Koongos et de leur liberté, de faire d’eux un objet de commerce, de les vendre. Tandis que d’autres Occidentaux Outre-Atlantique s’octroyaient aussi le droit de les acheter pour disposer d’eux et les réduire en esclavage : le commerce de la chair humaine prenait naissance.

Afonso 1ertentera de résister en écrivant au roi Jean III du Portugal pour lui demander de mettre fin à cette pratique. Il reçut une réponse cynique et les relations entre les deux royaumes s’envenimèrent. Tous les ingrédients étaient réunis pour que le commerce des Koongos vers les Amériques prenne de l’ampleur. Derrière un missionnaire qui était venu apprendre aux Africains qu’ils étaient tous frères en humanité pouvait se cacher un commerçant d’hommes, de la même façon que peut se cacher un pédophile derrière un prêtre.

En somme, la christianisation et l’esclavage du peuple Koongo sont à l’origine de la dislocation du royaume. Mais, au-delà de ces deux aspects, il y a la question de l’identité, de l’ensemble des valeurs. Quand un peuple perd son identité, il devient manipulable et donc exploitable au gré du puissant. Et cela, les esclavagistes l’avaient compris. Les différents rois qui vont se succéder à Mbanza Koongo,12 tous catholiques, seront intronisés par des Occidentaux. Ce sont aussi les Occidentaux qui se chargent d’assurer leur sécurité, car au sein du royaume certains groupes ne tolèrent pas ces rois complices.

Le Koongo restera le plus important comptoir portugais. Les sujets koongos étaient très cotés sur le marché. Au début, Mpinda13 vendait entre 10 à 20000 hommes par an ; il faut ajouter à ceux-là les 5 à 10000 qui succombaient à la suite des maltraitances. Grâce à ce trafic qui viole tous les droits de l’homme, le Portugal va connaître un essor économique important, et ce succès attisera la convoitise des Français, Anglais et Hollandais.

Ainsi, en 1602, Mpinda fut attaqué par la flottille française. En 1606, les Hollandais essaient de s’y établir. Mais, les Portugais réussiront à repousser Français et Hollandais. Ils conserveront le monopole de la traite jusqu’à la fin du XVIIe siècle.

En 1648, le Portugal est en déclin, ainsi les Hollandais obtiennent-ils le droit de s’y installer et de pratiquer le trafic des Koongos après avoir rasé Mpinda. Ils seront suivis par les Anglais.

Fortement affaibli par la dépopulation, le royaume des Koongos se disloqua, chaque province sous tutelle portugaise, britannique, ou libre, devenant indépendante.

C’est dans ce contexte que l’impudence des Portugais a atteint un degré extrême en livrant la bataille d’Ambuila14 en 1665. En effet, les forces portugaises en provenance de l’actuelle Angola, c’est-à-dire des zones conquises, accompagnées des troupes soumises furent en mesure de vaincre les forces du roi Antoine Ier, l’animiste, non soumis à l’Eglise catholique et à l’Occident. Cette bataille a fait des milliers de morts, à la suite d’une épuration des résistants au catholicisme. La tyrannie monstrueuse des esclavagistes venait de décimer le peu qui restait des défenseurs des valeurs Koongos. Tous les polygames et tous les féticheurs ainsi que leurs enfants furent tout tués et leurs maisons incendiées. 1665 marque le pic de la violence et de la décadence du royaume. Le désarroi fut total jusqu’à l’arrivée des Français qui étendent leur influence vers Louango (actuelle Pointe-Noire) et Malemba. Cette bataille a réduit à un état de misère accablant qui a mis les Koongos dans l’incapacité de se relever. La cause de cette malheureuse position vient du non- respect de l’humanité et de l’identité des Africains.

Le début du XVIIIe siècle, sous le règne du roi Pedro IV, connaîtra une tentative de restauration du royaume grâce aux Antoniens.15 En effet, le retour des résistants, sur la scène politique du royaume répond au souci de rebâtir l’unité du royaume. Dona Béatrice connue sous le nom de Kimpa Nvita,16 âgée à peine de vingt ans, « entendit la voix de Saint Antoine » lui recommandant de rétablir le royaume ainsi que l’autorité du roi afin de sauver les Koongos du joug des étrangers. Ainsi, à partir de 1704, plus de 80 000 Koongos venus de toutes les provinces fédèrent autour d’elle à Mbanza Koongo longtemps déserté. Elle prêche sur l’identité des Koongos. Des milliers des personnes converties au catholicisme rejoignent son groupe. Pour la première fois depuis bien longtemps, le peuple, sans distinction de province, criait et acclamait, chantait et dansait, riait et pleurait joyeusement. L’enthousiasme général les gagna. La foule scandait les cris de liberté. Kimpa Nvita était devenue une menace qui pouvait conduire à la chute de l’Eglise et mettre en péril la traite négrière. Les Portugais sentant grandir la menace liée aux revendications identitaires des opposants, capturent Kimpa Nvita. Elle fut brûlée vive sur un bûcher le 2 juillet 1706. Mais, ses nombreux adeptes trouveront dans son action un motif de continuer le combat pour la libération de l’Africain. Dorénavant, confiant dans le soutient spirituel de Kimpa Nvita, ils lutteront pour briser l’ordre établit afin de redorer le blason terni de la négritude. A partir de 1706, les nouveaux esclaves Koongos – dans tous les lieux où ils sont vendus - se révoltent et revendiquent leur liberté. La question de la liberté des peuples s’associe avec force à celle de la reconnaissance de leurs valeurs et de leur dignité.

En France depuis 1751, Montesquieu, d’Alembert et de Jaucourt créent l’Encyclopédie, où les idées des « Lumières » sont exprimées. Diderot par exemple écrira : « La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison». Ces idées circulent dans toute la France et traversent les frontières. Au nom de la liberté, les Français soutiendront les treize colonies d’Amérique du Nord qui revendiquent leur indépendance contre la couronne britannique. C’est grâce à la France qu’elles sont devenues indépendantes par le traité de Versailles en 1783.

Malgré la diffusion des idées de liberté dont les Français sont porteurs, dans les colonies et dans les comptoirs les conditions se durcissent, car les Français devenus maîtres dans le royaume des Koongos, exporteront près de 40000 esclaves en 1778.

En France, en 1789, les ‘’Misérables,’’17 ceux qui sont nés pour la peine, les plus vils du bas peuple, après d’âpres luttes renversent la monarchie absolue fondée sur la privation des droits et de liberté pour la majorité des Français. La Révolution de 1789 hisse la France au rang des nations où la liberté, l’égalité et la fraternité deviennent des valeurs autours desquelles l’homme s’affirme et s’épanouit.

Le respect des valeurs des uns et des autres sur la base de la liberté et de l’égalité de tous devient le leitmotiv de certains révolutionnaires. En effet, l’esclavage est officiellement aboli en Février 179418 sur tous les territoires français. En procédant de la sorte on reconnaissait chez les peuples africains humanité et identité. Malheureusement cette abolition n’a pas été effective dans plusieurs colonies comme la Réunion et la Martinique. Par ailleurs, en 1802, Napoléon rétablit l’esclavage ;19  ce qui occasionnera la mort de plus 4000 esclaves en Guadeloupe révoltés contre le retour à l’asservissement qui bannit jusqu’au droit à l’existence. Ce recul peut être compris comme signant la suprématie des intérêts économiques sur les droits humains, ce qui, au fond, replongeait les Africains au rang des sans-droits.

Dès lors, les esclaves comprirent que ce n’est pas par les discours et les votes que la question de leur liberté sera résolue, mais par le fer et le sang. Cette certitude contraint les esclaves émancipés à recourir à la violence. Il y eu une recrudescence des révoltes d'esclaves dont le nom des leaders connut une éclatante postérité. Parmi ces révoltés un fils Koongo adepte de Kimpa Nvita, Makandala,20 chef des insurgés à Saint-Domingue. En effet, des nombreux Koongos furent vendus au Nord d’Haïti. Les révoltés21 infligèrent une défaite cuisante à l’armée napoléonienne, la plus puissante de l’époque. Cette révolution donna naissance à la première République noire de l’Histoire. Pour la première fois, les Africains bravent la France, pourtant partisan de la « Liberté-Egalité-Fraternité », afin d’être tout simplement libres, comme le stipulait l’article I des Droits de l’homme,22 écrit par ces mêmes Français, que les meneurs haïtiens comme Toussaint Louverture connaissaient certainement. La République d'Haïti, proclamée en 1804, devient alors le deuxième État indépendant du continent après les Etats-Unis, et les conséquences d’une telle initiative, les Haïtiens les paient encore aujourd’hui. Il est certain qu’ils gardent encore les séquelles d’un tel traumatisme comme tous les peuples opprimés d’ailleurs. Ce sont aussi les Koongos haïtiens qui ont aidé Simon Bolivar dans sa lutte contre les Espagnols. Ces troupes s’élancèrent en 1816 à partir du port de Jacmel. Elles renversèrent le joug colonial espagnol des cinq pays d’Amérique latine.

A Cuba, 300 né-Koongos sont vendus en 1513. Dès 1520, les Quilombos23(communautés indépendantes des Noirs) se rebellent contre l’ordre esclavagiste. Pendant la guerre d’indépendance de Cuba, guerre hispano-américaine, ce sont des Koongos qui se sont illustrés, tels le légendaire « Grito24 de Yara », Mariano Ganga, Domingo Macua, Felipe Macua, Mayimbé José Dolores, Ambrosia Congo, Felipe Ganga, Lorenzo Ganga et Ma Dolores Inzaga. C’est aussi là qu’est né le Palo Moyombe, une cérémonie où les Tatas, adeptes mâles et les Yaya, adeptes femelles côtoient les esprits, en présence de Tata Nganga.25

C’est aussi pour tenter de ‘’rétablir’’ leur identité bafouée que les Koongos arrivés à l’Est de la Jamaïque26 au XVIIIe siècle ont conservé leur rythme musical qui s’appelle Kumina ou Kodongo, dont l’instrument principal est le Ngoma27, utilisé pour invoquer les esprits des ancêtres proches de Kimpa Nvita. Le musicien jamaïcain Natty Kongo28 incarne l’âme vivante de cette culture.

En 1705, les Koongos furent les premiers esclaves noirs du Brésil où ils ont donné naissance à la samba avec comme fondateur Dongo connu sous le non de Ernesto Joaquim. Un autre koongo, Zumbi sera le premier leader du mouvement de lutte pour la liberté des Noirs au Brésil. Il faut associer à cette lutte Manganga et Bimba, adeptes de Kimpa Nvita. Par ailleurs, les religions Quinbanda et Macumba sont teintées des influences de la négritude Koongo.

Dans la Caroline du Sud en 1670, 60% d’esclaves étaient des né-Koongos qui vont plus tard se convertir à la religion de Kimpa Nvita afin de mieux se réapproprier leur identité. Ils auront des qualités mystiques.29 Un esclave Koongo nommé Jemmy fut à la tête d’un mouvement « The stono rebellion of 9 September 1739.» Ce soulèvement est considéré comme le plus grand soulèvement d’esclaves dans toute l’Histoire de l’Amérique du Nord. Ces esclaves, afin de recouvrir leur liberté, avaient attaqué une cache d’armes. Il y avait parmi eux bon nombre qui s’étaient battus durant la guerre de Mbamba.30 Ils semèrent la terreur, brulèrent des maisons.31 Ces esclaves se rendirent en Floride, lieu de refuge, où les colons espagnols leur donnèrent des terres. Ce fut la naissance de Santa Teresa de Mose, la première ville des Noirs libres dans toute l’Histoire de l’Amérique du Nord. Plus tard, les Espagnols utiliseront, ces nés-Koongos, comme gardes-frontières de la Floride.

C’est à partir de la révolution de Stono que les colons de l’Amérique de Nord cessèrent d’importer des esclaves Koongo, et décidèrent qu’ils seront compensés par des esclaves de l’Afrique de l’Ouest. Cela durant une dizaine d’années. Ce sont les Français qui reprendront l’importation des esclaves Koongos pour le compte de la Louisiane.

D’autres Koongos, mèneront leurs luttes de libération au Mexique, Pérou, Venezuela, Colombie, Argentine, Surinam avec une détermination héritée de la source, le mont Kibangou32.  

Les éléments d’identification et fédérateurs de tous les Koongos, se rapportent à la doctrine de Kimpa Nvita, défenseur des valeurs des Koongos, et des Africains. C’est à juste titre qu’elle est considérée comme l’âme des luttes pour la libération des Koongos, elle a allumé le feu jamais éteint de l’espérance et de la lutte contre la domination des Occidentaux sur l’Africain.

Toutes les luttes de libération sont l’expression d’affirmations, de revendications, de reconnaissance d’identitaire. Un peuple opprimé est un peuple frustré et privé des ses éléments culturels, ses fondamentaux. Dès l’instant où celui-ci prend conscience de son état, il cesse de se conformer à l’ordre soit par la violence contre ses usurpateurs soit de façon pacifique. Dans les deux cas, l’usurpateur d’identité n’a jamais la sympathie du groupe. Il est l’ennemi, car la liberté est une valeur intrinsèque à l’homme, elle est ce que « l’homme acquiert par la nature et qu’on estime le plus précieux de tous les bien qu’il puisse posséder.»33

Par ailleurs, la soif de justice sociale oblige à voir l’autre, dans sa dimension culturelle, et la continuité de sa propre existence. En ce sens, les nations évoluées sont celles qui sont intransigeantes sur la liberté.

Il est un fait indéniable : la France a dépensé beaucoup d’énergie dans l’acte de contaminer ou de tenter d’influencer ses voisins européens à propos des Droits de l’homme. C’est en partie le sens des guerres napoléoniennes qui se terminaient en cas de victoire par la mise en place du Code civil français dans les territoires occupés.34 Et pourtant, c’est l’Angleterre qui abolit la première l’esclavage en 1807, en faveur des valeurs véhiculées par la Révolution française. Elle sera suivie par les Etats du Nord des Etats-Unis en 1808, même si les contrebandiers la poursuivent clandestinement pendant plusieurs années.

C’est tout le paradoxe de la Révolution française qui marque les peuples occidentaux et exclut les non-Occidentaux du droit de jouir de la liberté et de la justice.

En 1815, après la guerre de Cent-Jours, Napoléon pour se concilier les Anglais accepta par la contrainte l’idée d’abolir l’esclavage des Noirs. Sa décision fut confirmée par le traité de Paris le 20 Novembre 1815 et par une ordonnance de Louis XVIII,  le 8 janvier 1817. Cette démarche ne connaîtra aucun succès, car l’opposition des armateurs et contrebandiers, soutenus par des groupes puissants et même certains politiques qui avaient investi dans ce commerce, était trop vive.

Dans les colonies anglaises, l’abolition est effective en 1833 et en 1835 dans les colonies Portugaises.

Il y a pourtant une découverte spectaculaire qui va changer le cours des choses en France principalement. Il s’agit de la découverte de la betterave en 1747 par le scientifique allemand, Andreas Marggraf qui démontra que les cristaux sucrés obtenus à partir de cette plante étaient les mêmes que ceux de la canne à sucre. A partir de 1801, les premières sucreries industrielles étaient construites en Europe. Les différents gouvernements français qui cherchaient une alternative au sucre de canne ont soutenu le développement des meilleures variétés et des meilleures techniques d'extraction. C'est ainsi que le sucre de betterave devint une culture rentable. La maîtrise du raffinage de la betterave sucrière supprima le recours à l'esclavage dans les champs de canne à sucre. Ainsi, les esclavagistes français qui se repliaient   derrière des arguments économiques, la prospérité de la France ainsi que sa position dans le concert des nations étaient contraints d'envisager la libération des Noirs qui devenaient de moins en moins rentables par rapport à la betterave.35

C’est dans ces conditions que la France a aboli officiellement l’esclavage dans ses colonies en 1848, sous la deuxième République, par un décret de Victor Schœlcher.

Officiellement seulement, car en 1850, plus de 50 000 Koongos sont stockés dans des entrepôts le long de l’embouchure. Ce qui attire l’attention, c’est le fait de constater le peu d’écart entre 1848 et 1865, date pendant laquelle les États du Sud des Etats-Unis abolissaient l’esclavage, suite à la guerre de Sécession.

Si pour l’Etat français, le problème lié au sucre était résolu, ce ne fut pas le cas pour certains propriétaires de plantations pour qui l'affranchissement entraînait des faillites. Nombre d’entre eux seront obligés de se convertir dans d’autres domaines économiques. Certains encore, vont tout simplement développer la traite clandestine par le Brésil en relation avec des négriers toujours présents en Afrique avec leurs lots d’esclaves. En 1877, 20 000 esclaves, ligotés furent trouvés morts par noyade après que le bateau eut échoué. Il est presque sûr que ce bateau devait se rendre sur les côtes brésiliennes.

Je ne suis pas en mesure de prouver que ces clandestins travaillaient pour le compte de leurs Etats. Ce dont je suis sûr, c’est que de nombreux hommes politiques y étaient actionnaires. Et tant qu’il y avait pas d’alternative pour les négriers qui refusaient de revenir en Europe, ce commerce n’était pas près de s’arrêter quelle que soit la nature des contraintes.

Ces abolitions multiples  n'eurent donc pas d'effet, tant que les intérêts économiques en jeu restaient importants, voire énormes.

Mettre fin à l’esclavage, c’est trouver des alternatives pour des nombreux commerçants présents sur le continent comme le témoigne les propos de Thomas Fowell Buxton en 1840 : « Rien ne m'ôtera la ferme conviction que l'Afrique peut trouver dans ses ressources propres de quoi compenser largement la perte du commerce des esclaves… Un commerce légitime ferait tomber le commerce des esclaves en démontrant combien la valeur de l'homme, ouvrier agricole, l'emporte sur celle de l'homme marchandise ; conduit d'après des principes de sagesse et d'équité, ce commerce pourrait être le précieux ou plutôt le fidèle ministre de la civilisation, de la paix et du christianisme.»36

C’est, forts de cette conviction, que les abolitionnistes se rendent sur le continent africain.

 La lutte contre l'esclavage permit aux puissances coloniales, le Royaume-Uni et la France, auxquelles s’adjoindront d’autres pays comme l’Allemagne ou la Belgique, de justifier leur pénétration en Afrique. Avec trois objectifs :

  • Convaincre les négriers que le commerce de la chair humaine n’est plus rentable, comparé aux risques encourus : la colonisation serait un meilleur substitut. En effet, la lutte contre les négriers entraîna le développement de relations plus grandes des marines britanniques et françaises sur les côtes africaines pour débusquer les sites et navires négriers, qui poursuivaient clandestinement la traite à destination du Brésil.

  • Convaincre les royautés africaines de placer leurs territoires sous la protection des puissances européennes contre les négriers toujours aussi forts et puissants.37 Certaines d’entre elles acceptèrent librement. Mais, d’autres opposèrent une résistance, elles y seront contraintes au prix du sang. Ainsi, cela ouvrit-il la voie à la ruée des grandes puissances européennes, durant le dernier tiers du XIXe siècle pour s’accaparer le maximum de territoires et de richesses sur le continent africain. L’acharnement sera tel qu’il a provoqué des conflits entre Européens. Heureusement la conférence de Berlin sera organisée en 1884 pour fixer les règles du jeu colonial en Afrique. C’est aussi à la même occasion que l’Afrique sera morcelée entre diverses puissances européennes. Et c’est de ces frontières que l’Afrique indépendante va hériter.

  • Instaurer la colonisation, un autre commerce qui, d’après les mots de T.F. Buxton, pourrait être le précieux ou plutôt le fidèle ministre de la civilisation, de la paix et du christianisme. 

 

1 Cité par Colas I.

 

2 Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, article 1

 

3 Groupe ethnique du peuple Bantu. L’orthographe kongo est couramment utilisée, mais du point de vue linguistique, koongo est mieux indiqué

 

4 Roi des Koongos

 

5 Ce qui compte pour son existence

 

6 Ensemble des valeurs culturelles et spirituelles propres aux Noirs

 

7 Celui qui vit en dehors des règles européennes

 

8 Qui signifie les Portugais sont chez eux

 

9 Titre d’un ouvrage de R. Dumont, l’Afrique noire est mal partie

 

10 Pour assurer l’égalité de traitement des provinces, le roi prenait une femme dans chacune qui plaidait en faveur de sa province auprès du roi

 

11 Les Koongo croient en un Dieu unique avant l’arrivée du christianisme

 

12 Capitale du royaume que les Occidentaux nommeront San Salvador

 

13 Comptoir installé le long de l’embouchure Kongo

 

14 Province indépendante non contrôlé par les Blancs

 

15 Adeptes de Kimpa Nvita

 

16 Cette jeune dame dont les exploits rappellent ceux de J. D’Arc fut brûlée au XVIIe siècle par les Occidentaux à cause de sa rébellion. Son nom signifie « celle qui délivre des forces du mal » : la sorcellerie et les Blancs. Sa religion prêche le Jésus noir et les saints Kongos

 

17 Victor Hugo

 

18 Lors du débat à la Convention des Montagnards, décret abolissant l’esclavage le 4 février 1794

 

19 Décret rétablissant l’esclavage des Noirs dans les colonies (20 mai 1802) signé par Abrial, ministre de la Justice

 

20 Ce nom a été déformé en Mack dal par les Occidentaux

 

21 Les témoins ont entendu les révolutionnaires haïtiens chanter en kikongo « KANGA MUNDELE, KANGA NDOKI » (brise la puissance des Blancs, brise la puissance des sorciers), une prière de Kimpa Nvita.

 

22 Les Droits de l’homme, 1789

 

23 Est un mot koongo traduction village

 

24 Cri de Yara

 

25 Grand connaisseurs des esprits

 

26 Il s’agit des Kongos nations ou Bongo nation

 

27 Tam-tam

 

28 www.congonattymusic.com

 

29 John Thornton, the Congolese saint antony, chap 9, Cambridge University, press 1998

 

30 Province du royaume des Koongos

 

31 Ils furent identifiés Koongos à partir de leurs cris « lukangu » (enchaîner ou libérer). Cf. Maegaret Washington stono révolution

 

32 Le mont Kibangou arrosé par 5 rivières est le village originaire de Kimpa Nvita. Cet endroit était sacré à cause des rivières car il constitue la frontière entre le monde réel et le monde invisible. C’est là que Kimpa Nvita fut visitée par Saint Antoine.

 

33 De Jaucourt

 

34 Lettre de Napoléon 1er à son frère Jérôme, 15 novembre 1807

 

35 Chapman

 

36 Buxton T.F.

 

37 Savorgnan de Brazza P.

 

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 19:46

 

 

 

Photob 001II-5 : IDENTITE NATIONALE A LA CROISEE DES IMMIGRES

Il aurait été intéressant de parler de l’immigration des Gaulois considérés comme ancêtres des « Français traditionnels continentaux » : mais, je n’en ai pas les moyens. On sait du moins que, par stratégie de survie, ils viennent de quelque part avant de se fixer dans la Gaule. On sait aussi qu’ils sont de culture indo-européenne (Celtes). Ce que l’on sait aussi c’est qu’après leur défaite devant les Romains en 52 avant J-C, les Gaulois seront sous la domination romaine. Pour plusieurs raisons, et par effet de romanisation, certains devinrent citoyens romains. Ils porteront des noms romains et grecs, car certains Romains par effet d’hellénisation portaient des noms grecs. A la place du dieu Cernunnos,1 les Gaulois priaient les dieux romains et grecs. Je ne saurais dire s’ils étaient malheureux du fait de la (perte ?) de leur identité nationale. Il n’y a pas de doute que des unions étaient possibles et que des enfants en sont issus. Dès lors, l’existence des ‘’Gaulois purs’’ était remise en cause par effet du métissage. Et l’effondrement de l’empire romain entraînera le déclin des Gaulois. Il n’y a aucun doute que nombre d’entre eux, nés et grandis sous l’emprise romaine, ne savaient plus rien de leur ancienne culture, car leur identité au contact de l’identité romaine n’a pas pu résister. De ce fait, leur identité était modifiée tout simplement. C’est la loi de toute identité, au contact d’une autre plus forte qu’elle.

Il faut attendre, l’arrivée des Francs, peuple germanique, un peuple étranger, (immigré) pour entamer des conquêtes en vue de la formation de la France actuelle. Il faudrait ajouter à cela, les invasions des Vikings, des Hongrois… entre le IXe et le Xe siècle. Ces peuples s’installèrent définitivement en France.

Je suis aussi certain que ces peuples étrangers, établis définitivement en France (le pays ne porte pas encore ce nom), prenaient des femmes parmi les Gallo-Romaines, et inversement.

Ainsi, de la romanisation à la germanisation durant plusieurs siècles de domination, il devenait de plus en plus rare de rencontrer des Gaulois culturellement homogènes. Au contact d’autres peuples différents, l’identité nationale gauloise devait, soit résister, soit se modifier, c’est-à-dire s’adapter, soit disparaître. Pour ma part, je pense qu’elle a subi des chocs très violents, par conséquent l’identité gauloise - culture et valeurs - devait se modifier c’est-à-dire que les Gaulois de façon volontaire ou involontaire, durent adopter des valeurs, des cultures, des noms des peuples étrangers, par stratégie d’adaptation et de survie. D’une culture homogène, leur culture devint hétérogène.

Mais ils ne sont pas nombreux au XXIe siècle ceux qui se réclament de la descendance des Francs, ainsi que d’autres peuples germaniques. Et si certains « jeunes Gaulois » étaient tout simplement descendants de Clovis ? Pourquoi cette volonté d’afficher Vercingétorix ? La raison soupçonnée est que Clovis n’était pas « Français de souche.» Et pourtant Vercingétorix non plus n’était pas «Français de souche.»

Et quel est l’héritage culturel des Gaulois ? Comment donc, l’identité (nationale) gauloise déjà affaiblie, pouvait-elle ressusciter au contact d’autres peuples, certainement plus puissants ? Il aura fallu un miracle.

Dans tous les cas, en 1789, la population française était déjà assez métissée du fait des différentes invasions et des apports des différents peuples, issus des différentes régions rattachées au territoire national. Je pense aussi que cela ne devait pas poser problème, du moins, n’ai-je pas vu un article mentionnant l’identité nationale en danger à cette époque de notre Histoire.

Ce que nous savons, c’est que des peuples différents vont continuer de venir en France avec leurs valeurs et leurs cultures, leurs différences, leurs beautés, leurs religions, leurs dieux, mais aussi leurs démons.

Vers 1900, arrivée des Belges

Vers 1920, arrivée des Polonais

Vers 1935, arrivée des Italiens

Vers 1935, arrivée des Espagnols

Vers 1950, arrivée des Maghrébins et des Africains

Vers 1970, arrivée des Asiatiques

Vers 1974, arrivée des portugais

Vers 1989, arrivée des ressortissants des pays de l’Est

 

Cette liste2 est loin d’être exhaustive. Mais, elle nous apprend que « les peuples ne sont presque jamais constitués d’après leur origine primitive »3, dans la mesure où, dans leurs contacts avec les autres, ils se modifient et changent volontairement ou involontairement.

Ainsi, la France de 1789 et celle d’aujourd’hui est une France métissée tant du point de vue territorial que du point de vue démographique. Les différentes vagues d’immigration depuis les Francs et les différents liens, rendent la notion « Français de souche » aléatoire et abusive.

Dans la majorité des cas, il s’agit des imposteurs qui nous prennent pour des faibles et voudraient nous faire croire que la France est à eux. Et, à supposer que ces propriétaires aient pu exister, ils oublient que les privilèges avaient été abolis depuis la nuit du 4 Août 1789. A compter de cette date, les terres de ce pays relevaient de propriétés exclusives de la Nation, donc du peuple. Le peuple, c’est la somme des Français dans notre unité complexe et notre complexité unie. C’est ce qui fait la particularité de notre pays.

 La France à ceci de particulier, très particulier : personne n'est pas plus Français que l’autre, même pas les Gaulois (nous l’avons montré). La nationalité française héritée de parents français ne trouve aucune justification dans la couleur de peau des uns ou des autres. La différence vient du fait qu'il y a des gens qui savent d'où ils sont venus, tandis que d'autres l’ignorent ou feignent de l’ignorer. Mais, l'ignorance n'est pas un prétexte pour prétendre être un « vrai Français ». Il s'agit d'une ignorance contre laquelle il faut lutter. Par ailleurs, c'est parmi ces imposteurs que l’on trouve le nombre le plus élevé de racistes qui ont la certitude que ce pays est à « eux » exclusivement. Ils voudraient empêcher les « autres » de participer à la vie de ce pays, ou tout simplement de l'aimer.  

Toute la question  se résume en l'appartenance et l'attachement à la France. Le débat teinté de xénophobie se résume à peu près à ceci : un Français  non conforme au « corps traditionnel »4 restera toujours un étranger et un immigré, même s’il fournit en tout lieux et en tout temps les preuves de sa « françalité».5 Pour y répondre, nos jeunes des banlieues, issus des deuxième, troisième et quatrième générations de l’immigration6 brandissent leurs cartes nationales d'identité. Mais la preuve étant trop insuffisante, ils chantent aussi, depuis peu, La Marseillaise7 qui devait faire la gloire des enfants de la Patrie. Mais, la gloire de la Patrie, comment y croire tant que persistent les barrières mentales et physiques des uns dressées contre les autres. Dans ces conditions, les « immigrés » et/ou les « étrangers » sont fatigués de croire, de rêver, d'aimer ce pays, les barricades sont trop hautes ; car aux yeux de nos imposteurs et de nos jeunes Gaulois, la douce France est en danger à cause de l’immigration. Ils veulent la nettoyer, la rendre propre, blanche. Pour y arriver, ils trient : à leur entendement, il y a de « vrais » et de « faux » Français, selon des critères qu’ils sont bien les seuls à maîtriser.  « Quand on naît con, on est con pour a vie, » disait Brassens.8

De tout temps, les Français non occidentaux sont condamnés à  justifier leur nationalité, car celle-ci choque encore certains compatriotes.

- Depuis quand es-tu Français ? 

- Pourquoi as-tu changé  de nationalité ?

- Pourquoi  es-tu venu en France ?9  Des questions trop basses et trop honteuses ne méritant que des réponses aussi basses.

En 2010, certains ignorent encore que les traités internationaux reconnaissent et garantissent la mobilité des personnes, et que chacun a le droit de prendre la nationalité du pays dans lequel il réside, s'il le souhaite  et s'il correspond aux critères.

Etre Français, c’est croire aux valeurs de Liberté, d’Egalité et de Fraternité, acquises depuis 1789. Mais, le simple fait de croire aux valeurs de la République est largement insuffisant, il faut encore les défendre contre les nostalgiques d’un temps révolu.

L’Egalité de tous les français en tout lieux et en tout temps est un héritage considérable de la Révolution, « la République des Egaux » selon les mots de G. Babeuf.10 Ainsi, la remise en cause de ce principe, d’une manière ou d’autre, sera à l’origine de la fracture du pacte républicain. Par conséquent, on s’autoproclamant « Français de souche», par opposition au « Français de feuille » ou « Français de papier », on s’octroie sournoisement des privilèges sur la base de la « préférence nationale » chère à Le Pen qui se traduit dans ce cas : « préférence blanche».

Agir dans ce sens, c’est remettre à jour le principe d’inégalité de traitement, avec tous les risques qui en découlent chez les victimes. Mais, c’est aussi en finir avec les acquis de 1789, dans ce cas, les opprimés feront une nouvelle Révolution. Enfin, c’est mettre la Nation en périr, car une Nation ne tient que si tous ses fils partagent le même rêve.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 dieu gaulois

 

2 Simon G.

 

3 Fustel de Coulanges

 

4 Même sens que Français de souche

 

5 Produire toutes les preuves de sa nationalité française, il s’agit d’un néologisme

 

6 Souvent, il s’agit des enfants qui ne connaissent rien du pays d’origine de leurs parents, grands parents ou arrières grands-parents. La France est leur seul cadre spatial et le français la seule langue héritée

 

7 Chant révolutionnaire composé à Strasbourg en Avril 1792 par Rouget de Lisle, devenu l’hymne national français

 

8 Musicien français

 

9 C’est la forme du questionnaire auquel il faut répondre à chaque contrôle de police. Le vouvoiement est très rare quand on s’adresse à un immigré ou supposé tel

 

10 Le Manifeste des Egaux, printemps an V (1797)

 

 

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 19:42

 

 

Photob 001II-4 : IDENTITE  NATIONALE ENTRE OUVERTURE ET

SOUMISSION DU TERRITOIRE

Je n’ai pas l’intention de réécrire l’histoire de la France, je n’ai aucun talent pour cela. Bien que l’Histoire ne soit pas une science sacrée, les faits connus et éclairés par la lumière des historiens dans le cadre de notre Histoire de France sont plus importants que les parts d’ombres. C’est donc sur ces données historiques que je m’appuie, quand j’affirme que la France du XXIe siècle, considérée comme espace physique, est le résultat d’un long processus d’acquisition des terres continentales et extracontinentales.

En effet, la Gaule désigne le territoire occupé par les Gaulois qui ne correspond pas à la France actuelle. Il y a dans l’actuelle France, des terres qui n’appartenaient pas à la Gaule, notamment dans le Sud-Est. En revanche, il y a des terres gauloises qui nous ont échappé dans le Nord-Est.

En 52 avant J-C, les Gaulois perdent leur autonomie, car les Romains les intègrent dans leur empire, l’Empire romain.1 Les terres gauloises deviennent propriétés romaines jusqu’au déclin de l’empire sous le coup des invasions germaniques2, à partir du IVe siècle.

Il ressort de là qu’à partir du IVe siècle, les Gallo-Romains affaiblis par des siècles de domination romaine assistent impuissants à la répartition de la Gaule par les germaniques. L’ancien territoire gaulois est partagé entre trois principaux peuples étrangers : royaume des Burgondes dans la vallée du Rhône, royaume des Wisigoths en Aquitaine, royaume des Francs établis dans la région du Rhin. D’après les statistiques, Tous ces ‘’immigrés’’ ne représentaient pas plus de 5% de la population totale de la Gaule.

Seul Syagrius, chef gallo-romain résiste et gouverne l’étroit territoire que les Romains possédaient encore en Gaule, entre la Somme à la Loire.

Mais, en 486, grâce à la victoire de Clovis sur Syagrius à Soissons, le royaume des Francs s’étend jusqu’à la Loire, au détriment du royaume de Syagrius.3

Il est certain que Clovis, roi des Francs et son peuple, avaient séduit les Gallo-Romains par leur conversion au catholicisme,4 religion introduites par les troupes romaines. Grâce à ce lien, Clovis obtient leur soutien dans la conquête de l’Aquitaine contre les Wisigoths en 507.

Il est certain aussi que l’expansion du royaume des Francs s’est faite au détriment de la Gaule ; de la même façon l’affirmation de la puissance des Francs confirme l’affaiblissement des Gallo-Romains.

D’après l’histoire, les Mérovingiens, tous Francs, règnent jusqu’au VIIIe siècle en se faisant des guerres incessantes, soit pour protéger des terres du royaume, soit pour conquérir d’autres terres.  Ainsi, les frontières du royaume ont été souvent contestées, effacées, repoussées, avancées, etc.

Ces modifications territoriales s’accentuent avec les Carolingiens car en 843, l’unité royale formée par Charlemagne « s’est brisée, tirée au sort en trois morceaux… au lieu d’un royaume, il n’y a plus que des débris de royaume.» 5 Pour la première fois, le territoire qui correspond à peu près à la France actuelle est nommé Francie occidentale, c’est aussi à la même époque que les Vikings venus de la Scandinavie s’installent en Normandie. Dans tous les cas, la Francie occidentale ne résistera pas devant des multiples attaques de l’extérieur et les appétits des grands propriétaires, seigneurs de l’intérieur.

Ainsi, au XIe siècle, les rois sont de moins en moins puissants devant les seigneurs qui se repartissent des terres du royaume et s’octroient des pouvoirs dans leurs seigneuries.6 C’est l’époque de ‘’chacun sa France.’’ C’est dans cette perspective que les rois capétiens peu à peu agrandissent leur domaine en rachetant des terres, en épousant de riches héritières ou en faisant les guerres aux seigneurs7 et en confisquant des fiefs : ce fut le cas de la Normandie, fief du roi d’Angleterre. En 1204, le mot « Francia » désigne, pour la première fois, le territoire sur lequel s'exerce l'autorité du roi. Cette autorité se limite encore à celle qu'autorise le lien de vassalité et ne porte donc que sur les seigneurs, ce qui exclut leurs seigneuries, habitants y compris. Ceci témoigne toutefois de l’existence d'une autorité civile du roi par le biais d’une ‘’administration du territoire.’’

Au fil des siècles, cette autorité se renforce notamment avec la création d’une armée permanente au XIVe siècle. Ce qui permet aux différents rois de s’emparer des terres et de reconquérir progressivement le territoire, malgré l’influence encore présente des seigneurs. A la même époque, Paris devient capitale du royaume et joue le rôle de centre politique, économique, culturel et religieux.

Jusqu’au XVIe siècle, la France actuelle n’est pas constituée. En effet, certains territoires échappent encore au contrôle du roi. François Ier développe encore plus son autorité : il continue d’agrandir le domaine royal. Par ailleurs, il n’y a plus de grands seigneurs dans le royaume capables de résister au roi. Ainsi, grâce à l’article 111 de l’ordonnance de Villers-Cotterêts, François Ier impose le français dans les actes administratifs, afin de renforcer l’unité du royaume, au détriment des langues locales.

Au début du XVIIe siècle, la politique étrangère de la France commence à se substituer aux seules agressions militaires directes. Richelieu introduit la diplomatie comme moyen de régler les conflits entre royaumes en lieu et place de la guerre.

C’est à peu près dans ce contexte que la France de ‘’chacun sa France,’’ celle des privilégiés8, sera contrainte par le peuple et d’abolir les privilèges pour constituer la Nation, une et indivisible, dans laquelle tous deviennent égaux, « la République des Egaux.»9 La Révolution française de 1789 constitue donc l'acte de naissance de la Nation française, la France de tous et du peuple français en tant qu'acteur politique.

Il ne s'agit alors pourtant encore que de concepts théoriques. Ce sont les guerres napoléoniennes, et surtout les grandes guerres de 1870, 1914 et 1939 qui vont donner aux Français le sens de la Nation. Et ce sont les craintes et les peurs nées lors de la Guerre froide, de l’Union européenne (avec l’euro) et de la mondialisation mais aussi, l’espérance suscitée par les Trente glorieuses et la victoire des ‘’ bleus’’10, lors du mondial de 1998, qui ont cimenté ce sentiment national en un nationalisme.

Voyons avec le recul du temps, les dates importantes de la constitution progressive de la France. Des Francs dirigés par Clovis (considéré comme le fondateur de la France) à nos jours.

 

Quelques dates clefs:

En 843, le Traité de Verdun fixe les limites du Royaume

En 887, le rattachement de l’Ile de France

En 987, le rattachement de l’Orléanais

En 1101, le rattachement de Berry

En 1204, le rattachement de la Normandie

En 1204, le rattachement de la Touraine

En 1204, le rattachement du Poitou

En 1204, le rattachement de l’Anjou

En 1271, le rattachement du Languedoc

En 1284, Le rattachement de la Champagne

En 1261, le rattachement de Toulouse par héritage

En 1308, le rattachement de l’Angoumois

En 1312, le rattachement de Lyon

En 1349, le rattachement du Dauphiné

En 1371, le rattachement d’Aunis

En 1371, le rattachement de Saintonge

En 1453, le rattachement de la Gascogne

En 1453, le rattachement de la Guyenne

En 1477, le rattachement de la Bourgogne

En 1481, le rattachement du Maine

En 1481 le rattachement de la Picardie

En 1486, le rattachement de la Provence

En 1527, le rattachement de la Bourdonne

En 1527, le rattachement de l’Auvergne

En 1527, le rattachement de la Marche

En 1532, le rattachement de la Bretagne

En 1607, le rattachement du Comté de Foix

En 1607, le rattachement de la Navarre

En 1607, le rattachement du Limousin

En 1620, le rattachement du Béarn

En 1648, le rattachement de l’Alsace

En 1659, le rattachement de l’Artois

En 1659, le rattachement du Roussillon

En 1659, le rattachement du Nivernais

En 1668, le rattachement de Flandres

En 1678, le rattachement de la Franche-Comté

En 1766, le rattachement de la Lorraine

En 1768, le rattachement de la Corse

En 1791, le rattachement de Comtat -Venaissin

En 1860, le rattachement du Comté de Nice

En 1860, le rattachement de la Savoie

En 1870, La France perd l’Alsace et la Lorraine

En 1918, l’Alsace et la Lorraine sont rattachées à la France

En 1962, la France perd l’Algérie

 

Cette liste11, non exhaustive, permet de comprendre que la France dans sa forme actuelle est une suite d’acquisitions et de rattachements de terroirs. Ces différentes régions ne devenaient partie intégrante du royaume, de l’Empire ou de la République, qu’à la date de leur connexion à l’ensemble du pays. Pour illustrer cela, il suffit de prendre un exemple, entre autres, celui de la Savoie. La Savoie ainsi que ses habitants sont Français depuis 1860, donc après la Révolution. Dans ce cas, l’expression «Français de souche » est employée de façon abusive. Il en ressort que la connaissance des faits historiques est capitale pour dater l’appartenance des uns et des autres à la France. Dans tous les cas, il ne s’agit pas de mesurer le degré d’attachement aux valeurs de la République, il ne s’agit pas de conclure que la Savoie ou ses habitants sont moins Français que l’Orléanais et ses habitants, Français depuis 987. Cette liste peut être utile aussi pour comprendre que la France n’est constituée que par la volonté des uns et des autres de vivre ensemble. Parfois cela s’est fait dans la terreur (guerres), souvent par consentement (mariage et héritage). C’est ce qui me permet d’affirmer que la France est une idée volontairement acceptée.

Par ailleurs, nous parlons de la France comme si l’Outre-Mer n’était plus française, n’en déplaise aux partisans de la France blanche, gréco-latine et catholique. La France traîne avec elle son lourd passé de pays esclavagiste. Et les DOM-TOM12 témoignent encore de ce passé pas tout à fait reculé.

Jusqu’à preuve du contraire la France comprend:13

La Guadeloupe, possession de la France depuis 1635

La Martinique, possession de la France depuis 1635

La Réunion, possession de la France depuis 1642

La Guyane, possession de la France depuis 1664

La Mayotte, possession de la France depuis 1842

La Nouvelle-Calédonie, possession depuis 1853-1866

La Polynésie française, possession de la France depuis 1642 et 1900

St-Pierre-et-Miquelon, possession de la France depuis 1553

La Guadeloupe, possession de la France depuis 1635

Wallis-et-Futuna, possessions de la France depuis 1842 et 1888

T.A.A.F.14 , possessions de la France de la fin du XVIIIe à 1843

Les Iles éparses de l’Océan indien, possession de la France depuis 1865

Atoll de Clipperton, possession de la France depuis 1858

 

La France d’aujourd’hui ne correspond pas à celle des Mérovingiens. Elle-même ne correspond pas à celle des Carolingiens. La France des Carolingiens, ne correspond pas non plus à celle des Capétiens. Elle-même ne correspond pas à celle de l’Empire français. Elle non plus ne correspond pas à la France de nos jours. La dernière modification date de 1962 avec le détachement de l’Algérie de la France. Ces multiples bouleversements ont à plusieurs reprises modifié l’espace géographique de la France. Ainsi, tantôt certains étaient Français, tantôt ils cessaient de l’être pour le redevenir, selon que la région était conquise et occupée par les uns ou les autres, la région d’Alsace à ce titre est un bel exemple.

1 Plutarque

 

2 Grégoire de Tours (1)

 

3 Grégoire de Tours (2)

 

4 Grégoire de Tours (1)

 

5 Florus

 

6 Raoul

 

7 Teulet

 

8 Duc d’Aiguillon voir bibliographie

 

9 Manifeste des Egaux, 1789

 

10 Equipe de France de football

 

11 Adoumié V. et Ivernel M.

 

12 Départements d’Outre-mer et Territoires d’Outre-mer

 

13 Didier Benjamin et Henry Godard voir bibliographie

 

14 Terres australes et antarctiques françaises

 

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Published by Brice MATINGOUT - dans HISTOIRE
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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 16:31

 

 

 

MA LETTRE OUVERTE A SARKOZY OU

 

COMMENT CONVERTIR SARKOZY ET

 

LES

 

RACISTES DE LA FRANCE ENTIERE A LA

 

FRANCE POSITIVE

 

 

suivi de la condition africaine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hommage à Françoise MAFFRE- CASTELlANI

et à tous les citoyens du Monde

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

INTRODUCTION

Monsieur le Président de la République française.

Je viens par la présente apporter ma modeste contribution au débat sur l’identité nationale française. Débat que vous avez eu le courage de lancer par l’entremise du ministre de l’intégration, Monsieur Eric Besson. Par ailleurs, j'ai appris que votre goût pour ce débat est tel que vous serez très heureux en le relançant sous un autre angle. Pour la petite histoire, ce débat est l’aboutissement d’un long processus qui a commencé avec la création d’un Ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Co-développement1 avec Brice Hortefeux,2 puis Eric Besson. Le deuxième moment est le lancement du grand débat sur l’identité nationale par Eric Besson sur le site du ministère de l’immigration dédié au débat3.

Comment définir l’identité nationale française dans le contexte de l’européanisation de la France et de la mondialisation ? Qui est Français dans un monde où aucune frontière ne résiste devant la circulation des idées, des pensées, des cultures et des valeurs quelles qu’elles soient ? On a résumé l’ensemble de la question à ceci : qu’est ce qu’être Français au XXIe siècle ?

Vous comprenez, Monsieur le Président, en immigré que je suis, dans quelle situation je me trouve au moment où je vous écris. Certaines questions, beaucoup de questions même, traversent mon esprit.  Ma première contribution a t'elle été lue par ceux-là mêmes qui ont initié ce débat ? J’avais noyé ma réflexion dans la multitude d’autres sur le site du ministère,  mais, quelle a été sa place ? Qui a osé s’arrêter cinq minutes, trois minutes ou deux minutes pour lire, simplement lire ce qui m'avait pris beaucoup d'énergie à écrire ?

 

Aujourd'hui, alors qu'une certaine opinion attend le lancement officiel de la deuxième phase de ce  débat, je suis encore envahi des questions.  Est-il utile et / ou important d’intervenir afin de donner son avis sur un sujet qui fait peur et choque certaines sensibilités ? D’ailleurs pourquoi la question choque-t-elle ? Il est évident qu’il n’est pas habituel de se poser des questions de ce genre au quotidien. Toutefois, se poser la question de son identité serait-ce un recul pour la République initiatrice des Droits de l’homme et du citoyen, comme le pensent certains ?

 

Monsieur le Président, pour apporter une nouvelle fois ma contribution, j'ai pris une partie du temps de mes vacances pour vous rélater ce que mon esprit confus me dit d'écrire. J'espère, par ailleur que, vous aurez encore envie de lire lorsque ces pages s'afficheront devant vous.

 

Je sais, par expérience, que les pays qui avancent ou aimeraient avancer se posent des questions et n’hésitent pas à se remettre en cause pour fixer les nouvelles bases et définir de nouvelles perspectives. L’Histoire nous fournit de nombreux exemples ; la Révolution française de 1789, par nature, est une remise en cause de l’absolutisme. Toute Révolution est une remise en question de la société telle qu’elle est, pour une société telle qu’elle devrait être. L’évolution est donc la somme d’un ensemble de réponses sur des questions généralement enfouies ou taboues que les hommes armés d’un courage certain ont soulevées à un moment ou un autre de leur vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PREMIERE PARTIE 

 

IDENTITE NATIONALE, UN DEBAT NECESSAIRE 

 

 

 

 

« Il est plus important de considérer l’avenir que le présent, et il est des maux comme des ennemis d’un Etat au-devant desquels il vaut mieux s’avancer, que de se réserver à les chasser après leur arrivée. »

Cardinal de Richelieu4





I-1 : POURQUOI BOYCOTTE- T- ON CE DEBAT ?

 

Monsieur le Président, vous voudriez sans doute un débat serein et sans passion au départ. Mais à l’arrivée, il fait couler tant d’encre et tant de salive que certains (minoritaires ou majoritaires peu importe) s’interrogent sur l’utilité d’un tel débat en France. Pourtant est-il choquant de déterminer la nature des liens qui attachent ou rattachent un individu à la République ? Ces liens sont-ils superficiels, ou solides et en quoi sont-ils déterminants dans la relation avec l’autre ? Ces deux questions devaient nous aider à nous interroger de façon réfléchie sur le regard que nous portons sur la France, considérée comme l’expression de tous les espaces, car la République n’est pas un conglomérat de « moi » isolés, mais une réelle communauté qui a une histoire, qui cimente le sentiment du vivre ensemble et qui aspire à bâtir un même avenir.

Nous pouvons bien sûr construire un même avenir malgré le fait que le passé ne nous rapproche pas vraiment. Pour être plus clair, dans le cas de la France, le passé5 des uns et des autres ne sert pas la cause de la Nation, car il est trop différent. Mais, toute différence n’est pas négation. Est-il possible d’avoir un même futur quand on n’a pas eu le même passé ? Je réponds à cette question par l’affirmative, quoi qu’il y ait des conditions à cela. Le cas le plus connu et le plus frappant est celui des Etats-Unis. En effet, l’actualité de ces dernières années nous permet de constater que les fils des anciens propriétaires d’esclaves6 et les fils des anciens esclaves7 sont ensemble assis autour d’une même table pour servir une même cause : la Nation américaine. Bien évidemment, il y a encore des montagnes à gravir, des victoires à remporter sur des esprits non encore assez évolués. Pour y arriver, il faut une farouche volonté des uns et des autres.

Pour ce qui concerne les Français, à mon avis, la volonté de s’interroger et l’envie de débattre, pouvait être comprise comme signe d’ouverture. Dans ce cas, j’appelle les uns, les Français par le droit du sang, et les autres, les Français par naturalisation. Le problème une fois posé, les questions deviennent simples et s’enchaînent : comment les uns et les autres vont-ils se situer si personne ne connaît sa place dans la République ? La France a-t-elle une identité ? Si oui, est-elle en perdition ?

Répondre à ces questions, est-ce lamentable au point d’exiger l’arrêt du débat dans un pays qui prône la liberté de pensée ? Ces questions pourraient nous ouvrir une porte vers d’autres, plus philosophiques, (Qui suis-je ? Qui est l’autre ?). Si ces questions sont philosophiques, il n’est pas nécessaire d’être philosophe pour y répondre car à mon avis, elles sont pleines de sens, ont tout leur intérêt et rendent le débat relativement aisé.

En outre, un débat d’une telle ampleur ne devrait être que public. Il n’y a aucune raison de l’enfermer dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale ou dans des Préfectures. Le mal vient de ce qu’il y a encore des gens - ceux-là qu’on nomme les « voix autorisées » - qui continuent de penser qu’ils ont la certitude d’avoir raison sur tout. Ils se méfient du peuple au prétexte que le peuple est émotif. Ils sont mal à l’aise à l’idée d’un débat public. Or devenu public, ce débat serait une vraie occasion pour le peuple de s’exprimer, quelle que soit la douleur. C’est à ces gens-là que répond en quelque sorte René Descartes dans son Discours de la méthode : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée; car chacun pense en être si bien pourvu que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont. En quoi il n'est pas vraisemblable que tous se trompent: mais plutôt cela témoigne que la puissance de bien juger et distinguer le vrai d'avec le faux, qui est proprement ce qu'on nomme le bon sens ou la raison, est naturellement égale en tous les hommes; et ainsi que la diversité de nos opinions ne vient pas de ce que les uns sont plus raisonnables que les autres, mais seulement de ce que nous conduisons nos pensées par diverses voies, et ne considérons pas les mêmes choses. Car ce n'est pas assez d'avoir l'esprit bon, mais le principal est de l'appliquer bien. Les plus grandes âmes sont capables des plus grands vices aussi bien que des plus grandes vertus; et ceux qui ne marchent que fort lentement peuvent avancer beaucoup davantage, s'ils suivent toujours le droit chemin, que ne font ceux qui courent et qui s'en éloignent. »

Sur des sujets comme l’identité nationale, chacun devrait avoir une opinion et pouvoir l’exprimer puisqu’il ne s’agit pas de fuir le débat, mais d’écouter l’autre dans sa différence même si cela demande évidemment beaucoup de tolérance. Mais n’est-ce pas cela la base de la démocratie  qui elle admet le débat contradictoire. Sur un sujet comme celui-ci, dont le fondement est de s’interroger sur son identité afin de mieux se définir soi-même, la contradiction ne peut qu’être admise. Et la célèbre injonction de Socrate, « Connais-toi, toi-même »8, nous y invite.

Qui a peur de faire un travail introspectif, dans le sens de se regarder dans un miroir ? Cette question soulève un autre sujet sur l’affirmation de son existence. Comment peut-on exister sans se définir, car l’affirmation de soi précède l’existence de soi. Qui a peur de débattre avec soi-même ? Qui veut étouffer ce débat ? Quels sont leurs réels mobiles ?

En y réfléchissant, j’en suis arrivé à la conclusion que le refus de se donner l’exigence de se poser cette question, au moins une fois dans sa vie, peut témoigner d’un malaise dont les causes sont plus inavouées qu’avouées. Dans certains cas, il y a la peur de se découvrir soi-même tel quel, peur relative à la connaissance de ses origines aussi lointaines soient-elles. La réponse à cette question serait pourtant déterminante pour répondre à une autre, certainement choquante : A quand remonte notre attachement ou rattachement à la France ? Il s’agit alors, de se situer dans le temps, et l’Histoire pouvait y aider. Et neuf fois sur dix l’individu se serait rendu compte qu’il n’a jamais été ‘’Français de souche 9‘’. C’est en cela que cette question est intéressante, car elle ferait tomber ce que l’individu a toujours considéré comme évident. De la même façon, les ‘’jeunes Gaulois’’10 auraient été heureux de découvrir que Vercingétorix11 n’était pas Français12. Dans ces conditions, on bâtit son identité sur des certitudes sans fondement véridique et historique, donc sur l’ignorance. Et Platon l’a déjà montré : ceux qui ont la certitude d’avoir raison sont plus dangereux que les ignorants, car un ignorant, du moment qu’il sait qu’il ne sait rien, apprend ; ce qui n’est pas le cas de ceux qui pensent qu’ils savent tout. Ils prennent leurs théories pour des certitudes. Ils refusent tout ce qui ne correspond pas à leurs schémas. C’est parmi eux aussi qu’on trouve le plus grand nombre de xénophobes, d’où il ressort que le refus du débat répond au besoin de se protéger contre soi-même par le biais des certitudes infondées.

Dans d’autres cas, il y a la peur de se dévoiler. L’individu connaît ses origines mais refuse de dire simplement : - je suis Français et mes origines sont…. Ici, l’individu a tout bonnement peur de voir contester son identité, qu’il voudrait française d’origine gauloise. Cette dissimulation est rendue facile si la connotation de la peau a des similitudes avec celle de Vercingétorix ! Il y a, alors, volonté manifeste de ne pas débattre pour se protéger de l’autre. 

Les uns comme les autres peuvent avoir des attitudes similaires qui se traduisent par la contestation identitaire de ceux qui ne correspondraient pas à leurs critères. Le critère le plus visible étant la couleur de la peau. Elle devient un élément de différenciation, d’acceptation, et/ou de refus de l’autre. Ce qui nous renvoie au refus de la différence. Ce refus peut être fondé sur la peur de l’autre, l’inconnu, l’envahisseur.

A mon avis, ces deux raisons inavouées peuvent être des éléments explicatifs qui pourraient nous aider à comprendre les débordements relevés ici et là dans le cadre de ce débat. Par ailleurs, ces raisons inavouées pourraient aussi expliquer l’attitude consciente ou inconsciente de certains qui militent pour boycotter le débat.

 

I-2 : DU DEBAT AUX DEBORDEMENTS

 

Le moyen le plus efficace pour que le débat n’ait pas lieu, c’est de le noyer dans une vague de débordements qui le conduisent à de dangereuses dérives. Le piège ainsi ouvert devient un alibi pour déclarer ce débat nul et non avenu. Malgré tout, les partisans de la majorité présidentielle, sans trop de convictions ni d’arguments s’acharnent à défendre le bien-fondé du débat. Certains, à la solde de Nicolas Sarkozy, sont obligés, malgré eux, de le défendre parce que ce débat émane de la volonté du Président. Ils sont condamnés à ne pas réfléchir par eux-mêmes. C’est à juste titre qu’on les nomme les « valets de la cour du roi.» 13 Ils ont conscience que leur existence politique dépend de la fidélité aux idées du chef. Quelles que soient ces idées. Au fond, ils voudraient que ce débat prenne fin. Si le Président de la République agissait dans ce sens, ce serait presqu’un soulagement pour certains d’entre eux. Dans l’immédiat, seul Eric Besson a saisi l’occasion de se démarquer. Il sait que ce débat le rend important, même très important dans certains milieux.14

D’autres par contre, partisans de l’opposition,15 répètent à l’envi que ce débat est un échec et réclament, son arrêt. On peut signaler que Ségolène Royal était la première des socialistes qui jugeait ce débat utile et important. A vrai dire, à gauche, nombreux sont gênés. Ils voudraient tout simplement que la question soit taboue. En examinant de plus près, bon nombre parmi ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas débattre, évoquent comme principaux arguments la forme du débat et des débordements enregistrés.

La « forme », parlons-en. Les détracteurs de ce débat reprochent sa connotation électoraliste16 pour satisfaire un certain électorat ou mieux un électorat certain. Par ailleurs, en confiant l’initiative du débat au Ministre de l’intérieur et de l’immigration,17 le doute s’installait sur sa neutralité : les esprits qui ne sont pas mûrs seraient tentés de penser que, si l’identité nationale est menacée, c’est à cause de l’immigration.

La deuxième raison serait que les Français mêlent immigration, Islam, burqa, voile intégral, banlieues chaudes et autres choses de ce genre. Par conséquent, il y a lieu de couper court au débat. C’est en ce sens qu’il faut comprendre l’appel en ligne sous le titre : « Nous exigeons la suppression du Ministère de l’Identité Nationale de l’Immigration.»18

Il y a pourtant une chose vraie dans tous ces arguments : ces débordements passionnés proches de la haine de l’autre discréditent le débat. Pour m’en rendre compte, j’ai été l’auteur d’un texte19 sur l’identité nationale que j’ai publié sur un site qui organise des forums20 en ligne afin de mieux m’imprégner des avis sur la question. Et voici quelques commentaires des uns et des autres.

-Participant21 1 écrit : « Ce débat réveille de vieux démons. Avant les élections, on prend les risques bien calculés de stigmatiser encore les immigrés, on oppose implicitement et sournoisement identité nationale et immigration dans l’esprit déjà confus des pauvres Cons-Citoyens que nous sommes, manipulés sans cesse. On attend tranquillement à ce que les Français se soulèvent les uns contre les autres et cette mascarade à laquelle nous assistons n’est qu’une action populiste, un acte de propagande.»

D’autres encore, les xénophobes de tout acabit, les protecteurs de la République, du moins, c’est le titre qu’ils se sont attribués, les partisans d’une République pure, les passionnés, les nouveaux éclairés, les restaurateurs de la « Gaule », trouvent l’occasion tout indiquée de cracher leur haine sur les étrangers et les immigrés. C’est aussi, parmi eux qu’on trouve un grand nombre de ceux qui ont réussi à faire éclater le sujet en l’entrainant sur une voie de confusion totale. En participant à ce débat de façon très passionnée, ils donnent une image impitoyable des Français. Par leurs contributions, le sujet perd toute sa beauté et nous renvoie à des terrains volcaniques. Voici les vérités auxquelles ils croient :

- Participant22 2 :«  La France est blanche et de culture gréco-latine, c’est tout. Elle est aussi de religion chrétienne, les athées français sont des « athées chrétiens » au sens où ils ne renient pas la religion de leurs ancêtres même s’ils ne croient plus à ces élucubrations. Que la politique ait décidé arbitrairement de donner les droits civiques aux extracontinentaux d’origine, ne concerne que la politique, et non le peuple qui n’a pas prit part à ses décisions. Vous savez très bien que si un référendum était organisé sur ces questions en ne faisant voter que les Français de souche, c’est-à-dire les Européens de souche de nationalité française, le résultat serait catastrophique pour les très fameuses « chances pour la France » ! Quant à savoir pourquoi les « chances pour la France » ne sont pas des « chances pour l’Afrique », nous ne le saurons jamais. Ceux qui se disent Français parce qu’on leur a donné des papiers confondent le verbe « avoir » et le verbe « être » : c’est comme si vous donniez un diplôme de violon à une personne qui n’en a jamais joué, elle pourra dire « j’ai un diplôme de violon » mais elle ne pourra pas dire « je suis violoniste ».

-Participant 3 répond à Participant 2:

« Historiquement, c’est largement vrai jusqu’à la colonisation débutée au milieu du XIXe siècle, encore que Joséphine de Beauharnais ou Alexandre Dumas démontrent que le métissage, grâce aux Antilles, avait commencé bien avant, sans que cela pose problème. Bien entendu, la colonisation, puis la décolonisation, puis la mondialisation, ont bouleversé tout cela. La France est, "ethniquement", totalement métissée (elle l’était bien sûr avant, mais effectivement entre ethnies majoritairement blanches, si on excepte la venue des Huns et des Sarrasins au Ve et VIIIe siècle).

« De culture gréco-latine », Même historiquement, c’est plus difficile à défendre : d’influence majoritaire gréco-latine sans doute, mais difficile d’être absolu. Après la domination romaine, qui a effectivement durablement influencé la culture française, les invasions et installation des francs, d’origine germanique, ont eu une influence très importante, y compris dans notre droit. Et bien sûr les particularités des différents peuples non soumis à la domination romaine se sont toujours fait sentir (basques, flamands …). Donc, même avant les événements de colonisation/décolonisation/mondialisation, la France avait une "culture" très mélangée, qui est bien sûr devenue totalement métissée, même avant la venue nombreuse d’immigrants d’Asie et d’Afrique (avec des vagues d’Arméniens, de Russes, d’Espagnols, d’Italiens, de Polonais, de Portugais, très importantes au XXe siècle.

"De religion chrétienne"... là aussi, je dirais plutôt d’influence chrétienne majoritaire, tellement la religion a été combattue en France depuis le XVIIe et à la fin du XIXe siècle, puis bien sûr fissurée avec les vagues d’immigration non chrétienne.

En démocratie représentative, le peuple délègue à ses représentants le pouvoir exécutif et législatif. Le fait que 55% des Français, malgré la situation économique, acceptent l’idée d’un vote des étrangers aux élections locales, suggère qu’en réalité, une majorité d’entre eux, même d’origine européenne est à l’aise avec l’idée de la nationalisation d’immigrés non-européens, et seule une minorité de français (votant largement pour les partis "nationalistes", soit peut-être 20%) apparaît comme hostile à cette idée. En réalité, la mixité, aussi bien génétique que culturelle de la France est une chance exceptionnelle, si on se réfère à l’Histoire comme à la science. Elle permet un brassage très enrichissant et productif (le succès des Etats-Unis par exemple en est une belle illustration). Mais en situation de conflit l’immigration a toujours été source de tensions, par un mécanisme classique de protection. Pour en revenir au texte de l’auteur23, celui-ci pointe parfaitement le ridicule de la situation actuelle: alors que la France a bâti sa force et sa richesse sur un mécanisme d’intégration de ses immigrés, elle pratique actuellement une exclusion de ses propres nationaux d’origine étrangère (et pas seulement africaine ; il suffit de constater les tracasseries administratives subies par des Français d’origine européenne).

Enfin, il convient peut-être de rappeler que la notion de patrie française date de la Révolution, et donc se trouve, par conséquent, assez récente. Tout cela pour suggérer que par ces politiques tatillonnes et frustrantes, on passe à côté de bien des richesses : l’intégration ne peut commencer par la vexation. »

-Participant 4 :« Les immigrés pauvres que l’on a fait venir en France on le doit particulièrement aux amis RPR24 puis UMP,25 non pas par bonté d’âme, ni parce que les Français ne voulaient pas de certains métiers mais tout bonnement par calcul financier. Le but était de baisser le coût du travail et de passer outre les législations trop favorables aux salariés français, […] c’est là que nos amis capitalistes ont eu l’idée de génie d’importer le Tiers-Monde en France et de faire passer ça pour de l’humanisme. Après s’en être mis plein les poches, après avoir atomisé le droit du travail, après avoir urbanisé comme des malpropres pour "loger" ces malheureux, tout ceci ayant eu pour conséquences de déstabiliser la société française, c’est bien du foutage de gueule de venir faire porter le chapeau aux étrangers, voire d’aller jusqu’à organiser un débat sur l’identité nationale peu de temps avant les élections. »

-Participant 5: « Dix millions de pauvres cons  qui vident vos poubelles, creusent vos tranchées qu’il pleuve, vente ou neige, s’usent dans les boulots ingrats. La France est en train de se réconcilier avec ses vieux démons, c’était bien la peine de mettre en sourdine le discours de Le Pen pendant trente ans pour se lâcher comme des fauves aujourd’hui, certainement que la mafia sioniste qui entoure Sarkozy n’est pas étrangère à la promotion du conflit de civilisations, ces derniers sentant une perte d’influence grandissante et l’usure manifeste de leur propagande. »

-Participant 6 :« Les minorités visibles ont quand même moins de problèmes en France qu’ils n’en auraient dans leurs pays d’origine. Pour ces catégories, l’ascenseur social a fonctionné. »

-Participant 7: « Les Français sollicités n’ont rien à reprocher aux musulmans français ordinaires. Néanmoins le F.N.26 surfe sur une ambiguïté du discours ambiant et sur des confusions entretenues par les idéologues identitaires. Toute entreprise de clarification même brève brise son audience. Le pays n’était pas nationaliste. L’apologie d’une France éternelle, bleu blanc rouge n’était plus guère portée quelque soit d’ailleurs la couche sociale. Du bas de la société française jusqu’au plus riche le coq français gonflé d’orgueil ne faisait plus recette. Les valeurs et les identités étaient investies ailleurs dans le travail, dans le sport, dans les loisirs. On a même théorisé " la crise des identités " et la montée des appartenances multiples. Il faut bien avouer que cela plaise ou non, des déplacements se sont opérés. Cela a commencé à mon sens avec la mise en place de la commission Stasi l’été 2003. Ce n’est qu’après que l’on peut parler de processus de reconstruction identitaire nationale sur une base laïque. Pour parler de cristallisation identitaire il faut un processus relativement durable et soutenu avec un élément fondateur fort. Le débat sur les signes religieux discrets ou ostentatoires a duré plusieurs mois. Internet a beaucoup participé à la diffusion des débats sur la question du voile islamique et de la kippa juive. La loi du 15 mars 2004 a renforcé les positionnements pris par les uns et les autres…Le MRAP27 applique la législation française qui a étendu les motifs de discrimination condamnables et défend en conséquence l’idée que " le racisme n’est pas une opinion " mais un délit. Position qui reconnaît le principe de la libre expression qui comprend aussi le droit du blasphème mais qui a comme exception la sanction des propos racistes. En l’état du droit et des débats, il est désormais entendu que la racisation de l’autre ne se fait pas sur la vieille base biologique. Il suffit de globaliser l’autre, de l’appréhender comme groupe indistinct et de façon négative pour tomber dans le racisme condamnable. C’est ce qu’a fait dernièrement Mme Morano28 en "essentialisant" le jeune musulman type.

La cristallisation identitaire a pris un sens national-républicain avec l’arrivée du voile intégral sur la scène nationale. Tout le reste n’est que longue préparation. En ce sens c’est la décision du Conseil d’Etat du 28 juin 2008 qui a relancé le débat du voile islamique mais avec "trop c’est trop" construisant alors un sentiment d’un " nous " et "eux". Ce "nous" national n’a rien à voir avec l’Etat-nation. Il diffère aussi de la formule des identitaires en référence à une "France de 1500 ans". Cela est apparu patent dans certains débats. Cette cristallisation s’est réalisée fin 2009. En ce sens, elle a été construite puisque c’est en 2009 que s’installe la commission Guérin sur le port de la burqa en France, sorte d’alter égo de la commission Stasi. C’est surtout fin 2009 que fut lancé le "grand débat" sur l’identité nationale d’Eric Besson ; débat couplé avec l’affaire suisse des minarets. Il y a une conjonction d’événements fortuits et d’événements voulus qui ont participé à souder un sentiment national, une identité française puisée plus dans une mixité de laïcité ambiguë et de féminisme sélectif que dans la subculture chrétienne.

Il semble bien qu’il faille raison garder. Tous les musulmans ne sont pas visés par cette cristallisation identitaire. Sous le "nous" national-républicain il semble – ce sera à confirmer – que ce ne soit pas une musulmanophobie indistincte mais bien un refus de l’islam intégriste qui soit rejeté. Tout comme de nombreux français abhorrent le christianisme intégriste. Le "eux" trop différent, est plus qu’une différence qui interpelle comme toute différence mais qui néanmoins est jugée acceptable, intégrable dans la diversité de la société. Ici le "eux" signifie différence radicale et inacceptable mais ce rejet ne vaut pas pour tous les musulmans mais uniquement pour la petite minorité qui fait une "interprétation radicale" de la religion. Mon propos vise donc à souligner qu’il faut bien mesurer "l’avantage de l’inconvénient" de tout ce processus périlleux. Auparavant la critique acerbe portait contre les musulmanes voilées mais pas les autres, plus intégrées, moins portées sur un affichage ostensible de la religion. Désormais, avec l’apparition du débat sur la burqa et le niqab la critique porte sur les musulmans extrémistes. Les musulmans ordinaires sont donc des nationaux comme les autres. C’est évidemment mieux que de vouer à l’enfer tous les musulmans de France.

Si cette hypothèse est prochainement avérée théoriquement et surtout confortée par la pratique alors c’est le prisme du "Choc des civilisations" de Bush-Huntington qui perd ici en crédibilité. Ce qui signifie qu’au plan international la solidarité avec le sud notamment avec sa composante islamique puisse se faire- en refus de la domination des peuples du sud sur plusieurs plans - sans que cela constitue une quelconque approbation des pratiques répressives des musulmans radicaux. Mais il y a une ombre au tableau. Tous les problèmes ici et maintenant ne sont pas résolus. En effet, la création du Ministère de l’immigration et de l’identité nationale avec sa politique honteuse du chiffre mène à une dangereuse xénophobie. C’est un fait avéré, souligné par plusieurs auteurs. D’ou la revendication déterminante pour l’avenir de suppression de ce ministère. »

-Participant 8 :« Alors que l’on partage une même monnaie, un même parlement, que nos frontières ont physiquement disparu, ce même Sarkozy, plus contradictoire que jamais, nous impose de nous demander qui est réellement français, alors qu’il fait partie de ceux qui ont vendu la France à ce projet exclusivement américain, que l’on appelle l’Europe !  La vraie question ne devrait donc pas être, qu’est ce qui fait que l’on est français, mais qu’est ce qui fait que l’on est européen ? Pensez-vous ! Bien entendu, tout ceci n’est que le faux pas supplémentaire d’une élite servant misérablement les intérêts américano-sionistes dans leur lutte anti musulmane, et rien de plus ! »

Tous ces débordements et bien d’autres font qu’en France, le climat devient, d’après les mots d’Olivier Besancenot, porte-parole du NPA,29 sur iTélé30 « … nauséabond, islamophobe … insupportable.» Pour certains, c’est un débat des goûts des plus détestables drogues.

Tous ces motifs justifient-ils la réaction de monsieur Vincent Peillon31 ? En effet, invité par Arlette Chabot32, afin de débattre sur l’identité nationale contre Eric Besson, celui-ci a préféré boycotter l’émission. En voici les raisons évoquées : «  on m'a demandé, en tant que responsable socialiste, de venir cautionner cet exercice d'abaissement national en voulant bien jouer les idiots utiles…» Par ailleurs, il a qualifié ce débat « indigne et inacceptable.» Raisons on ne peut plus confuses. Des raisons obscures. J’avoue avoir été choqué de constater qu’on puisse se permettre de refuser de débattre devant des millions de Français quelle que soit sa sensibilité sur la question. Au fond, je voulais savoir en quoi il se démarque de Ségolène Royal, qui n’est pas contre ce débat. La déception née de la confusion fut totale.

Il s’agit là sans nul doute du comportement de nombreux démocrates. J’ai su alors que ce ne devait pas être facile pour des Grecs, fondateurs de la démocratie ! Peut-être étaient -ils plus évolués que nous dans l’acceptation du débat sur la place publique.33  Mais, pouvaient-ils faire autrement ? C’était le prix à payer. Etre démocrate, suppose une dose infinie d’adaptation, de tolérance et d’ouverture d’esprit. On devrait discuter de tout, quel que soit l’adversaire politique. C’est là l’exigence démocratique qui nous rend forts par la puissance de nos idées. L’inverse n’est pas vrai.

Tout bien considéré, faut-il pour cela nous interdire de nous questionner sur notre identité ? L’échec à mon avis, serait le refus de réfléchir. Chaque fois que nous refusons de réfléchir, c’est un échec. De tout temps, l’homme a fait usage de ses facultés intellectuelles pour avancer dans les méandres de la vie. Il est plus qu’étonnant qu’on s’interdise de raisonner sur une question aussi centrale que notre identité.

 

 

 

 

DEUXIEME PARTIE

 

LA FRANCE : ENTRE UNITE COMPLEXE ET COMPLEXITE UNIE

 

 

 

 

 

« La population française est un tissu composé de plusieurs ethnies, de plusieurs peuples régionaux rassemblés, auxquels se sont joints par les différentes immigrations depuis plus d’un siècle, des étrangers d’Europe et de pays plus lointains. Tant d’immigrés depuis notre Préhistoire jusqu’à l’Histoire très récente, ont réussi à faire un naufrage sans trop de bruit dans la masse française que l’on pourrait dire, en s’amusant, que tous les Français, si le regard se porte aux siècles et aux millénaires qui ont précédé notre temps, sont fils d’immigrés. »

F. Braudel

 

 

 

 

II-1: FAUT-IL CONTINUER CE DEBAT ?

La question était pourtant claire à la base. Qui est Français ? Répondre à cette question permet de se déterminer et de s’orienter. Se déterminer par rapport à sa relation avec son pays. S’orienter dans la dynamique et l’idéal de la République c’est–à-dire s’intégrer et aspirer à la Nation française qui se dessine.

Ce débat devait aussi aider à répondre à une autre question : comment devient-on Français ou mieux par quel mécanisme suis-je devenu Français ? La deuxième question renferme des éléments nécessaires pour répondre à la première. Il faut souligner, qu’il s’agit avant tout d’une invitation à soi-même. Il s’agit de sa propre image telle qu’elle se dessine sur le miroir de la Nation. La question s’adresse d’abord à soi-même avant de s’orienter vers l’autre. C’est là que le bât blesse. Car, nous ne sommes pas tous en mesure de nous poser les mêmes questions. Et même si, par miracle, nous y parvenions, nous n’aurions pas tous la même réponse. Se poser la question, bien plus y répondre, nécessite un effort qui peut selon les cas engendrer biens des tourments. Ce qui arrive souvent chez les êtres très faibles d’esprit, même si tout le monde est pourvu du bon sens selon Descartes.

Il est évident qu’un nouveau-né ne s’interroge pas sur sa nationalité, son pays, sa famille et toute autre chose qu’il n’a pas choisie. Mais, une fois devenu adulte, rien ne le dispense de se poser les questions sur son identité. A mon avis, c’est le début de son acceptation, de son affirmation et de son existence. Surtout, il faut le dire, il n’est pas obligé de rester Français. Car, le droit international permet à quiconque le souhaitant, s’il en correspond aux critères, de prendre la nationalité du pays dans lequel il vit à condition, bien sûr, que ce pays reconnaisse le droit du sol. Il aurait été important que ce droit soit affiché sur la place publique, c’est-à-dire porté à la connaissance de tous. Cela pourrait aider à comprendre certaines réalités qui dans certains cas dépassent le cadre français, car la France est signataire de plusieurs traités internationaux,34 ce qui l’engage à les respecter. Par conséquent, si certains étrangers ont choisi la France comme terre d’exil, ce n’est pas parce que les autorités françaises étaient mieux disposées que les autres, c’est au contraire, parce que ces autorités sont obligées, j’ai envie de dire, condamnées, à le faire.

 

II-2 : COMMENT DEVIENT-ON FRANÇAIS ?

En France on distingue aisément deux droits pour devenir Français le droit du sang et le droit du sol. Toutefois, il est important de noter que dans ce domaine, les textes changent à une vitesse qui dépasse la compétence des agents des Préfectures, qui parfois ne sont pas informés des dernières modifications. Par conséquent, je prends le risque de parler ici des derniers textes connus.

-Le droit du sang: c’est le droit qui confère à l’individu la nationalité française parce qu’il est issu d’un ou des deux parents biologiques français (cela n’a rien à voir avec la couleur de leur peau ou leur origine). Pendant l’année 2000 il y a eu 52 900 naissances des Français de naissance, parmi eux, 1560 étaient nés à l’étranger. Tout se fait sans le consentement de l’enfant. Ce n’est nullement son choix. Par ailleurs, il n’a aucun préalable, aucun devoir à remplir pour jouir de sa nationalité. Une chose est sûre, le nouveau-né ignore son identité et de celle de ses parents. Il a juste envie de vivre et de grandir heureux. Le vivre ensemble n’a pas de sens à son niveau. Les seuls qui comptent à ses yeux, ce sont ses parents. C'est l’école, si elle y arrive, qui va lui inculquer le sentiment d'appartenance à une communauté et qui pourrait développer en lui, s’il le souhaite par ailleurs, le sentiment du vivre ensemble. C’est là la mission la plus noble de l’école, former des Hommes, des bons Citoyens, des Français. Dans ce domaine, il n’y a aucune économie à réaliser.

De la même façon, ce sont les autres qui lui diront plus tard :

- Tu es Français.  Et, il répondra  sans doute,

- Cela veut dire quoi être Français ?

-Tes parents sont Français, tu es Français, donc, la France est ton pays.

-Ah bon, et Mamadou35 et Rachid36 aussi sont-ils Français? Les parents sans réfléchir répondent:

-Non, ce sont des étrangers, des immigrés, la France n’est pas leur pays. Ils ont quitté chez eux pour venir vivre chez nous.

Ce qui est intéressant dans cette attitude c’est le fait que le seul critère d’exclusion de Rachid et Mamadou soit la visibilité de leurs origines. C'est le cheminement de toutes les balivernes qui fabriquent des racistes.

Cet état de fait m’incite à considérer qu’une partie des Français jouissant du droit du sang ne se posent pas des questions sur les racines ou les fondements de leur appartenance à la France, bien moins sur ceux qui sont considérés, à tort, comme des étrangers ou des immigrés. C’est aussi pour cette raison que le débat choque ; car il ne s’agit plus d’être « Français d’origine », mais de se définir par rapport aux valeurs de la République.

 

-La naturalisation : ici, on distingue plusieurs cas. Mais quel que le soit le cas, il s’agit toujours des étrangers nés ici ou ailleurs (ce qui n’a rien à voir avec la couleur de la peau et les origines). En 2000, il y a eu 2 360 Français par acquisition parmi eux 1 560 étaient nés à l’étranger et 800 nés en France. Devenus Français, ils ne sont plus étrangers mais ils font toujours partie, statistiquement, de la population immigrée. Qui peut devenir Français ?

1-Un individu né en France de parents étrangers peut devenir français automatiquement à sa majorité, s’il est resté en France entre l’âge de 13 et 18 ans.

2-Un individu né à l’étranger de parents étrangers peut devenir Français suite à une adoption par des parents français.

3-Un individu né à l’étranger de parents étrangers peut devenir Français par suite d’un mariage avec un conjoint français.

4-Un individu né à l’étranger de parents étrangers peut devenir Français en s’engageant dans l’armée française.

5-Un individu né à l’étranger de parents étrangers peut devenir Français s’il le demande aux autorités françaises au bout de cinq ans de présence effective en France.

Il faut dire que dans le cas du droit de sol, la durée de cinq ans d’attente avant d’être candidat à la nationalité française ne commence qu’en tenant compte de la date de la régularisation de l’individu par la Préfecture et non de la date d’arrivée effective sur le sol français. Il se trouve que certains immigrés vivent dans la clandestinité, les sans-papiers, parfois depuis plus d’une dizaine d’années. C’est le temps nécessaire à certains, afin de remplir les critères indispensables pour être régularisés, c’est-à-dire être autorisés par les autorités françaises à résider en France. Dans ce cas, l’expression utilisée est « avoir des papiers » : porte de sortie de la clandestinité et du labyrinthe, qui pour beaucoup a la forme d’un ‘’chemin de croix’’.

Mais, la procédure de la naturalisation peut être exigeante et longue car il faut prouver son attachement à la France à partir de plusieurs critères. En somme, une vraie enquête de police. Si l’individu est ‘’sans défaut,’’ l’Etat lui accorde le droit d'être / de devenir Français. Il cesse dès lors d’être étranger et devient citoyen français de plein droit. 

Durant cette phase, devenir Français est un choix et confère à l'individu déjà mature et conscient de sa démarche (exception faite pour des enfants adoptés), un sentiment d'appartenance à la communauté française.

C’est, forts de la connaissance de droits internationaux et des droits nationaux que les individus décident de devenir Français. Cela est loin d’être un cadeau de la République, n’en déplaise à certains, mais un droit inaliénable dans la mesure où ces étrangers remplissent les critères fixés par le droit international et le droit français.

Pour tous ceux qui deviennent Français par ce canal, la nécessité de se poser la question relative à l’identité nationale est urgente. D’abord, il s’agit de (renoncer ?) à l’ancienne identité. Pour cela, il faut y évoquer des raisons qui appuient cette démarche. Après, cela s’enchaîne une autre question : pourquoi devenir Français, pourquoi pas Anglais ou Belge… ?

Dans tous les cas, une fois devenu Français, une autre question survient : doit-on rester Français ? Les questions se suivent et se succèdent. Quelles sont les valeurs qu’on perd et quelles sont les valeurs qu’on gagne dans l’un ou l’autre cas ? Autrement dit, quelles sont les opportunités qui s’offrent ou qu’il faut saisir en tant que Français ? Les motivations sont multiples et variées selon les contextes.

Il ressort que les questions autour de l’identité nationale ne sont ni récentes ni choquantes pour ceux qui deviennent Français : elles sont au contraire permanentes.

Si donc ce débat étonne et choque au point d’attiser les passions et les tensions, c’est avant tout parmi les « Français aux corps traditionnels »37  et cela pour les deux raisons entre autres invoquées dans la première partie.

 

En somme, il y a des Français par héritage, ceux qui sont nés Français, indépendamment de leurs origines et ceux qui sont devenus Français, indépendamment de leurs origines. Être Français ou devenir Français ne confère pas plus de droits aux uns, que moins de droits aux autres. Les Droits de l'homme et du citoyen garantissent l'égalité en la matière.

L’individu devenu citoyen Français a les mêmes droits et les mêmes devoirs que tout autre Français. Dans un cas comme dans l’autre, il n’y a pas de Français inférieurs et de Français supérieurs. Cette vérité doit certainement choquer ceux qui considèrent toujours les non-Occidentaux (Africains, Asiatiques, Sud-Américains…) comme des étrangers et des immigrés au seul critère de leur différence. Pour ceux-là, même avec leurs cartes d’identité française, les non-Occidentaux resteraient des étrangers et des immigrés. En réfléchissant, j’en ai conclu que les esprits mettent du temps à évoluer. Par conséquent, on refuse de s’adapter, ce qui se traduit par l’exclusion des différences.

Il est urgent d’insister sur le fait qu’un étranger cesse d’être étranger dès l’acquisition de la citoyenneté française. La deuxième ambiguïté à lever porte sur le terme de droit de sang. Certains esprits rétrogrades seront tentés de comparer ce terme à toute connotation de couleur de peau ou toute affinité avec Vercingétorix ! Or, le sang français n’existe pas. On est Français, un point c’est tout.

 

II-3 : LE REFUS DE LA MIXITE COMME SIGNE EXTERIEUR

D’EXCLUSION

La mixité est une réponse imaginée par les hommes politiques afin d’éviter la « ghettoïsation»38 du pays. Il s’agit de donner une image de la France telle qu’elle apparaît au quotidien afin de la rendre acceptable et moins critiquable. A vrai dire, il s’agit (de faire croire) à tous que chacun à sa place dans la République, du moins en théorie. Mais, les faits sont têtus.

Par ailleurs nous savons que le changement de mentalité n’est pas imposé, mais voulu. C’est là où la France rétrograde de façon générale. Il suffit d’aller dans en Angleterre pour se rendre compte que les mentalités en France sont plus figées. Le refus de l’autre est caractérisé par son rejet. Certainement, c’est parmi les xénophobes qu’on trouve le plus grand nombre de gens qui n’ont jamais voyagé hors du territoire national. Ils refusent d’aller vers l’autre par peur de l’inconnu. Les racistes sont des citoyens du terroir par opposition au citoyen du Monde. Ces citoyens ethniques vivent par reflexe naturel, ce repli sur soi qui conduit à l’enfermement absolu. Point n’ait besoin de rappeler que l’enfermement absolu est plus dangereux que l’ouverture à l’autre. Dans ces conditions, le rejet de l’autre est le signe visible des esprits non évolués.

Enfin, prenons quelques exemples personnels pour illustrer ces propos. Quand je suis à Londres, c'est avec un réel plaisir que je salue des Français que j'y croise, par sentiment inavoué d'appartenance à une même communauté. Tout de suite, les conversations s'engagent parce qu'on se sent proche sans pourtant se connaître. Les mêmes Français, croisés en France, je ne les aurais sans doute pas salués spontanément ; eux non plus ne m’auraient pas salué sans difficulté. 

 Je ne fête le 14 juillet que lorsque je suis à l'étranger. La même fête en France, me laisse indifférent. Le drapeau français, en France, je ne le regarde presque pas. Et pourtant à l'étranger je prends le temps d’apprécier ses belles couleurs. Dans le même registre, je ne me rappelle pas avoir chanté La Marseillaise en France. Mais, quand je suis à l'étranger, il m'arrive de façon très volontaire de la chanter mais, aussi de l'apprécier, l'espace d'un séjour. Je pourrais multiplier des exemples.

Il ressort de cela un sentiment paradoxal qui se manifeste par mon appartenance et mon attachement à la France quand je suis hors de la métropole et un sentiment d'indifférence lorsque je suis en France. Cette indifférence peut s'expliquer par les regards de ceux qui se disent « vrais Français,» un regard de rejet à mon égard. Et mon inconscient, réagit par une indifférence totale à tout ce qui touche à la France en France. Ce sentiment est partagé par le Participant 9 : « Vivant à l’étranger depuis plusieurs années, je partage votre sentiment : on se sent beaucoup plus Français à l’étranger qu’en France.»

Ce sentiment peut aussi expliquer le fait que de nombreux jeunes Français « issus de l’immigration»39, s’expatrient à l’étranger, au départ pour trouver un simple stage, après, ils ne reviennent plus, car là-bas, ils ont des opportunités qu’ils n’auraient pas eues ici à cause de leurs origines. Le gros souci est que la France a investi énormément dans la formation de ces jeunes mais elle ne réalise aucun retour sur investissement. Qui perd ? Qui ga

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Published by Brice MATINGOUT - dans FRANCE
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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 05:20

Photob 001La Loufoulakari est le nom d'un cours d'eau qui traverse la région du Pool pour se jeter dans le grand fleuve congo (République du Congo). Mais, l'histoire de ce nom a plusieurs fois divisée ceux qui s'intéressent à la question.

 

Pour certains, le mot Loufoulafari serait d'origine téké comme le seraient les mots Djoué et Kinkala, deux autres rivières qui arrosent le Pool. Ils justifient leur thèse en s'appuyant sur  des recherches qui font des tékés les premiers habitants du Pool avant que ces derniers soient repoussés de façon pacifique vers le nord (actuel Plateau Batéké)  par les Koongo venus du Koongo dia ntotéla (actuel Angola).

 

Toutefois, le professeur Jean Nkounkou de l'Université de Brazzaville a une autre version sur la question. C'est au cours d'un entretien qu'il m'avait informé de ses récherches sur l'origine du mot Loufoulakari. D'après lui, le mot Loufoulakari  ne serait pas on mot téké contrairement à ce que pense la majorité.

 

 Bien au contraire, il serait un mot koongo qui a été mal retranscrit par les premiers européens venus dans le Pool. En effet, Loufoulakari viendrait d'un groupe de mots, YA FWUILA NKAADI, ou YA FWUILA NKAARI ce que nous pouvons traduire en français, lieu où s'arrête le commerce (lieu qui symbolise la mort du commerce). loufoulakari.jpg

 

 En effet, d'après les témoignages, les commerçants chargés de leurs produits devaient traverser ce fleuve au courant très prononcé. Et comme, le seul ''pont" qui existait était composé d'un assemblage de lianes qui souvent se brisaient provoquant le risque de chute de marchandises, généralement posées sur la tête, mais aussi, la noyade de quelques commerçants.

On note tout de même le nombre très limité de noyades humaines. Les plus fréquents, étaient les noyades des marchandises. De ce fait, les commerçants ne pouvaient plus se rendre au marché étant donné qu'ils venaient de perdre leurs biens et marchandises.

Ces chutes annoçaient  la fin du commerce.

La Loufoulakari est donc le nom donné à ce lieu qui causa la faillite des centaines de commerçants. 

 

Par ailleurs,  la Loufoulakari est bien connue par ses chutes de Loufoulakari où le grand résistant koongo Boueta Mbongo fut décapité et jeté à l'eau par les colonisateurs.

 

La Loufoulakari est devenue célèbre grâce  au chanteur congolais Youlou Mabiala dans sa chanson titrée  Loufoulakari ce qui a réveillé la curiosité des congolais et des étrangers pour ce lieu sauvagement touristique.

 

 

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 04:57
Source: Africamaat 
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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 04:54

 

 

En effet, l’unité africaine tant souhaitée aujourd’hui par tous ceux qui se soucient de l’avenir de ce continent, ne sera possible et ne pourra se réaliser que si les hommes politiques et les dirigeants de nos pays respectifs font preuve d’un esprit de solidarité, de concorde et de collaboration fraternelle dans la poursuite du bien commun de nos populations. C’est pourquoi l’union de tous les patriotes est indispensable, surtout pendant cette période de lutte et de libération. Les aspirations des peuples colonisés et assujettis sont les mêmes ; leur sort est également le même. D’autre part, les buts poursuivis par les mouvements nationalistes, dans n’importe quel territoire africain, sont aussi les mêmes. Ces buts, c’est la libération de l’Afrique du joug colonialiste.

Puisque nos objectifs sont les mêmes, nous atteindrons facilement et plus rapidement ceux-ci dans l’union plutôt que dans la division.

 

Patrice Lumumba

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 17:21

Photob 001L'âme soeur  appelée encore alter égo est une partie de vous-même, votre composante masculine ou votre composante féminine. C'est votre moitié. Votre âme complémentaire.

Pour faire simple, l'Homme à l'origine fut un tout, composé de ses deux polarités: féminité et masculinité. Cette conception proche de la philosophie indienne nous la retrouvons chez le peuple Bantou.

 

Mais, cet Homme se désagrège avant sa venue sur Terre. Il cesse d'être un Tout pour se scinder en deux corps dont chacun se définit dans sa polarité unique et dans sa spécificité: un corps homme et un corps femme. 

Ces deux êtres sont dès lors noyés dans le chaos que nous apèlerons l'univers. Pour être heureux, les deux âmes doivent se reconnaître afin de se reconstituer dans un Tout originel.  La littérature biblique nous enseigne que Dieu a vu que l'homme était seul et malheureux. De ce fait, il entreprit de lui créer une partie de lui même afin qu'il devienne complet, unifié, total et heureux.

Il s'agit de comprendre que dans le dessein de la nature créatrice, l'Homme ne se réalise qu' en s'associant  à  son âme soeur.

Mais, la question centrale à laquelle il faut répondre, qui est notre âme soeur ? Et  comment la reconnaître ?

 

 Pour mieux comprendre ceci, partons d'une expérience toute simple. Couper cinq oranges, chacune en deux morceaux . Placer les dix morceaux obtenus sur une surface au hasard. Enfin, reconstituer chaque orange en repérant les deux morceaux initiaux. C'est à peu près de cette façon aussi que les âmes soeurs se retrouvent.  orangess.jpg

 

Toutefois, pour aider et faciliter la rencontre entre ces deux polarités, la nature a pourvu chaque être  de ce que l'on nomme une étoile. Et comme l'étoile brille, les lumières émises pas ses deux étoiles faites pour se rencontrer deviennent un élément d'identification.

Chaque personne est donc sensée être pourvu d'une étoile. Dans la littérature chrétienne, on nous raconte que l'étoile de Jésus  fut aperçue jusqu'en Orient. Elle a attiré les trois mages. Cette lumière fut tellement irrésistible que les mages l'ont suivie jusqu'au berceau du petit Jésus.

 

Chaque nouveau-né émet une lumière dont l'intensité varie d'un enfant à un autre selon sa mission sur Terre. Dans tous les cas, les femmes brillent plus que les hommes ceci afin d'être facilement repérables.

 

Dans la tradition africaine, chez les bantous, les parents cachaient  le nouveau-né durant trois jours avant de le présenter aux membres du clan. Dans la tradition juive, l'enfant n'est visitable qu'au bout du septième jour, c'est-à-dire après qu'il ait été consacré à Dieu par le prêtre.

Dans ce cas précis, quel est le rôle du prêtre ?

La fonction essentielle du prêtre dans ce cas là est de prier pour l'enfant, c'est à dire, protéger l'étoile du nouveau-né car dans son étoile on peut y lire toute les grandes phase de la vie de cet enfant : son destin. 

 

Pourquoi doit -on  protéger systématiquement cette étoile ?  Certaines personnes de votre entourage proche ou éloigné, par leur intelligence spirituelle, arrivent à décoder les informations contenues dans chaque étoile.  Il s'en suit deux probabilités:

- soit la personne est de bonne foi, elle prie pour que le destin de l'enfant se réalise selon la propre volonté de la nature que certains assimilent à Dieu ou  inversement.

-soit, la personne est de mauvaise foi, elle s'attaque à l'enfant. Et si celui-ci n'est pas protégé, les magiciens, les marabouts, les sorciers et autres individus de la même espèce arrachent et volent l'étoile, la bonne étoile du nouveau- né. Il faut le dire, ils  ont reçu du diable, leur maître, la mission de dérober les bonnes étoiles des enfants de Dieu.

 

La conséquence ?

Une fois ce vol commis, le nouveau né se retrouve dépourvu de son destin. Et comme la nature a horreur du vide, cet enfant à la place de sa bonne étoile va recevoir en échange une mauvaise étoile du diable. Ainsi, une fille préalablement destinée à un mariage princier va basculer dans une vie de débauche et de prostitution.

C'est tout son destin qui est remis en cause. Les joies qu'elle aurait du connaître deviennent des malheurs. Les rires se changent en tristesse. Sa vie est désormais assimilable à une suite d'évènements malheureux. Des idées suicidaires remplacent le goût de vivre.

 

L'être perdu mène une vie qui ne lui ressemble pas. Il devient donc impossible pour la personne qui se trouve dans cette condition de reconnaître l'autre moitié d'elle même, son âme soeur. Faute de retrouver son âme soeur, la personne va ou peut  tout de même, si son nouveau destin ne lui condamne pas au célibat, connaître la vie conjugale, j'allais écrire, les vies conjugales, mais sans la joie du mariage. Elle peut connaître le mariage, mais sans le bonheur du mariage. On peut avoir des enfants, sans le bonheur d'avoir des enfants. Je ne voudrais pas parler de la vie professionnelle; car, je ne situe mes propos que dans le cadre de la vie à deux.

 

L'incapacité de retrouver ou de reconnaître l'âme soeur prédispose, sans aucun doute, aux ruptures conjugales dans la mesure où on ne peut pas vivre longtemps avec une personne qui n'est pas faite pour vous (dans le sens du destin). Et si par hasard, une telle union venait à durer, elle ne peut être que mécanique et mécanisée. Il n'est pas rare d'entendre dans ces couples, les époux dirent: "on fait avec" avec dépit.  Dans ces couples, le naturel à laissé place à la mécanique. Le coeur n'y est pas. Seul le hasard dirige les choses. On brave le temps en comptant des années passées ensemble et on en retire un motif de satisfaction comme si chaque nouvelle année est une épreuve de plus. 

Dans la plupart des cas, les sujets connaissent des déboires.  Ceci est valable tant pour l'homme à qui on a volé son destin que pour la femme qui pourtant a sa bonne étoile en place (ou inversement ). Mais, la personne devient incapable de reconnaître son âme soeur; car  elle ( son âme soeur) a été détournée et falsifiée. Ce qui rend toute reconnaissance impossible. On se retrouve devant deux cas de figure:

- Une personne qui souffre d'amour parce que victime des gens de mauvaise foi qui ont désorienté son destin.

- Une autre qui souffre d'amour  parce qu'elle ne reconnaît pas ou plus son âme soeur qui a eu la malchance de tomber entre les mains des adeptes du diable.

Pour l'un comme pour l'autre, il n' y a pas de bonheur possible ( je parle du bonheur que procure l'amour).

 

Voici les trois cas possibles que l'on rencontre:

  1- Les plus courants, c'est les divorcés ou ceux qui vont divorcer. Chacun, homme et femme,  a été victime d'une usurpation de son destin. Les deux perdus pour n'avoir pas eu la force d'aller à la reconquête de leur destin ( souvent par ignorance) sont condamnés à ne jamais goûter le bonheur que procure l'amour. Les gens périssent par manque de connaissance, dit Jésus dans la Bible hébraïque. Il n'est pas étonnant que l'on est de plus en plus de divorcés de nos jours.  C'est aussi de ces unions que naissent les enfants névrosés.

 

2- Ceux qui résistent malgré la douleur, mais leur  finalité est tristement connue: c'est le divorce, même s'il tarde à venir. On trouve dans cette catégorie, une personne qui a son destin initial. Sa bonne étoile  a bien été préservée. Malheureusement elle est en couple avec une âme perdue, un destin volé, une étoile effacée. Souvent, un des partenaires a conscience que l'autre n'est pas la personne de sa vie. Cela se sent par des divers signes que dégage cet homme ou cette femme. Il y a dans ces couples des émanations incompatibles qui pourrissent la vie.

 

3- Les plus rares. Il s'agit des personnes faite l'une pour l'autre. Des destins rencontrés. Les âmes soeurs en présence. Ceux qui vivent le bonheur que procure l'amour.

Pour ces personnes il y a deux possibilités. 

- soit, leurs étoiles ont ont été protégées depuis leur naissances. Elles se sont rencontrées et se sont reconnues peut être par le jeu du coup de foudre (le plus souvent) et ne se sont plus jamais quittées.

- soit, l'un ou les deux à la fois étaient victimes du vol d'étoile et par un effort de reconquête de leur destin, elles sont restaurées. Elles sont rentrées en possession de leurs destins initiaux: c'est la restauration. Ce qui est assimilable à la reconstruction de la muraille de Jérusalem. Cette démarche est individuelle.

Au bout du compte,  l'être libéré peut crier : Dieu donnes moi mon homme pas celui d'une autre ou Dieu donnes moi ma femme, pas celle d'un autre.  Et comme son étoile brille de nouveau, cette lumière servira de guide, comme un GPS de navigation, pour conduire la personne vers son amour. Et, ils ne se quitteront plus. romeo-juliette.jpg

 

En Chine, une femme âgée de 22 ans avait quatre prétendants. Devant l'embarras du choix, elle pris une photo de chacun d'eux. Les plaça devant son autel. Elle priait pour que la photo de celui qui sera son mari reste en place pendant que les autres tomberont sans  l'aide du vent. Au bout de trois jours, trois photos tombèrent, soit une par jour. Elle décida, de dire oui au quatrième homme. Le 14 février 2011, ce couple a fêté sa cinquantième année de mariage. Hasard ou destin ?

 

En Afriquedu Sud, une femme avait la réputation de consommer les hommes comme des pains. Conseillée par son seizième époux, elle partie se purifier dans une église locale qui offrait ce service. Par ce moyen, son destin fut restauré. On lui indiqua que son âme soeur était le septième homme de sa vie. Tant qu'elle était aveuglée, elle ne pouvait pas s'en rendre compte. En toute humilité, elle demanda pardon à ce monsieur qui ne s'était jamais remarié. 13 ans après leur première séparation, ils fondèrent un foyer et vécurent heureux d'après leur témoignage. Hasard ou destin ?

 

 

En France, une femme partie consulter une prophétesse d'une église kibanguiste. Elle fut malheureuse d'apprendre que son étoile ne brille pas. Par conséquent, son âme soeur ne peut nullement la reconnaître. Par ailleurs, son homme est marié mais très malheureux dans sa vie conjugale. A elle de faire briller son étoile pour que son âme soeur l'identifie et vienne vers elle. Il faut dire que la dame a 49 ans et n'a jamais connu d'homme dans sa vie, elle n'a jamais été abordé par un homme de sa jeunesse à son âge actuel. Elle a toujours accusé Dieu d' être injuste envers elle alors que Dieu était étranger dans son histoire. Le diable l'avait détourné du bonheur d'être épouse et mère.  Après avoir suivie le traitement, elle est aujourd'hui mariée. Hasard ou destin ?

 

Hasard ou destin ?

Nous ne sommes pas nés du hasard. Notre vie doit avoir un sens. Nous avons  une mission sur Terre chacun à son niveau. Pour ce fait, examinons tous les signes qui nous entourent. Examinons chaque rencontre et chaque situation. Enfin, posons nous les questions: ma vie actuelle est-elle celle qui m' était destinée  ?  Suis- je victime d'une usurpation de destin ? Ai- je le mari ou la femme que je mérite ?

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Published by Brice MATINGOUT - dans MES PENSEES
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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 10:42
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