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  • : Ce blog traite des causes endogènes et exogènes liées à la pauvreté de l'Afrique. Il fait par ailleurs un pont entre l'Afrique et la France: la françafrique.
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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 18:12

 

 

 Photob 001 Je voudrai aborder un sujet relatif à la responsabilité de la France  dans le déclenchement et le déroulement du génocide au Rwanda. Question sensible tant on sait  que la France a un rapport tendu avec son passé.

 

Cela se vérifie et se confirme sur la question de la colonisation et celle de la traite des nègres. Ce refus systématique de nier son passé se traduit aujourd'hui par un manque de confiance en soi quand il s'agit d'aborder l'avenir.

Ce n'est donc pas étonnant si la France, notre France, est en manque d'ambition et que l'avenir du pays ne fait plus rêver.

 

Le génocide du Rwanda oppose deux ethnies, les Tutsi et les Hutus, montés les uns contre les autres par les colonialistes allemands (1894) puis Belges (1918) dans le cadre de la politique du diviser pour mieux régner. 

Les Hutus sont agriculteurs alors que les Tutsi sont des éleveurs. Sur la base de l'alimentation des uns et des autres, les morphologies vont se dessiner. Cette différenciation sera pour les colonialistes un  élément d'appréciation et d'exclusion.

 

Ainsi, sous la colonisation, les Belges auront pour partenaires des Tutsi tandis que les Hutus sont tout bonnement écartés. Ainsi, l'élite politique, les dirigeants économiques, les cadres de l'armée seront  Tutsi sous la colonisation.

 

Mais en 1962,  lorsque le pays accède à l'indépendance, par un revirement de situation, les Belges confient la direction du Rwanda aux Hutus. Les Tutsi sont la proie de la Haine du pouvoir Hutu.

 

Cette oppression connaîtra une accalmie en 1973 avec l'arrivée au pouvoir de Juvenil Habyarimana à la faveur d'un coup d'état militaire. Les Tutsi, toujours écartés du pouvoir, tenteront plusieurs actions militaires contre le pouvoir des Hutus.

 

 

Ainsi, le président Rwandais, Hutu, est assassiné le 6 Avril 1994 au moment où son avion atterrissait à Kigali par les chefs militaires tutsi  dont Paul Kagamé, Tutsi, soutenu par les Américains.  

 

Les Hutus extrémistes, qui voulaient en découdre avec les Tutsi, saisirent l'occasion de passer à l'acte, c'est -à- dire réaliser le projet longtemps préparé d'éliminer tous les Tutsi à l'intérieur du Rwanda. Du 6avril 1994 au 4 juillet 1994, soit 100 jours, il eu  800 000 tués. Ce qui fait dire que c'est le génocide le plus rapide de l'Histoire. Triste record.

 

Ainsi présenté, d'où vient la responsabilité de la France ?

  ossements_04.jpg

Le Rwanda, par sa position géographique est un petit pays au coeur des enjeux géostratégiques entre la France et Les U.S.A.

 

Ce pays à lui seul pouvait être la porte d'entrée des Américains dans la sphère d'influence française et ainsi avoir la main mise sur la richesse de l'Afrique Centrale.

 

Le Rwanda est la limite entre les pays anglophones de l'est et les pays francophones de l'ouest. Toute la stratégie du président français, F. Mitterrand était d'avoir le  contrôle de ce pays. Les Tutsi étaient à la solde des U.S.A. pour Mitterrand, les Hutus étaient donc des alliés qu'il fallait avoir dans son camp. Et Habyarimana était donc très important dans le dispositif de l'Elysée.

 

Dans cette optique, même si la position de la France officielle se voulait neutre dans la lutte qui opposait Hutus et Tutsi, la position de l'élysée était claire: défendre les Hutus contre les Tutsi, amis des Américains qui représentaient une menace pour le fonctionnement de la françafrique.

 

Pour y arriver, la France à longtemps aidé à la formation de l'armée rwandaise (celle des Hutus). Du matériel militaire fut donné et toute la logistique qui va avec.

Ces cadres militaires formés par la France seront les meneurs du génocide au lendemain  du 6 avril 1994.  Par ailleurs, l'armée française installée au Rwanda n'avait aménagé aucun effort pour empêcher tant soit peu la violence qui a généré le génocide. Aussi, lorsque 2500 soldats français arrivent à Kigali officiellement pour s'interposer entre les deux ennemis, c'est en alliés qu'ils ont été accueillis par les Hutus car ces derniers savaient le pourquoi de cette présence.

 

Enfin, les Hutus ont commis le génocide sous la participation indirecte de F. Mitterrand qui en avait fait une affaire personnelle, une question d'honneur après son échec en Yougoslavie.

 

A cause de lui, de lui seul et non de la France, 90% des Tutsi furent massacrés.  Malgré cet acharnement contre les Tutsi, les Hutus perdirent la guerre militaire contre les unités dirigées par P. Kagamé. Il deviendra  Vice- Président et Ministre de la défense de 1994 à 2000 et enfin Président du Rwanda jusqu'à nos jours.

 

A la faveur du génocide, la minorité Tutsi est revenue au pouvoir dans ce pays fait de milles collines que le monde n'a connu qu'à cause du génocide.

 

Pour revenir au génocide, faut-il juger F. corps.jpgMitterrand pour son implication directe ou indirecte dans cette barbarie ? 

Je suis certain d'une chose, la France déteste son Histoire. Cette interrogation ne sera jamais abordée. Pour de nombreux français, le mieux serait d'oublier.

 

L'oubli, une façon très lâche de faire l'histoire de la France. Mais la stratégie n'est pas nouvelle. Des millions de jeunes français à la peau blanche côtoient tous les jours des centaines de jeunes aux peaux multicolores sans qu'on leur   explique l'origine de ce contact subit par le fait de la traite des nègres et de la colonisation.

 

La seule explication qui circule, la plus ridicule, les immigrés seraient venus en France parce qu' il y a à manger alors que chez eux, ils mourraient de faim.  Comble du ridicule devant une histoire falsifiée.

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Published by Brice MATINGOUT - dans FRANCAFRIQUE
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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 17:33

 

 

 

 

 


Il est presque possible que l'homme soit un ange.

Un ange qui s'élève au plus haut des niveaux qui

éloignent des animaux terrestres.

les signes visibles d'une telle condition sont la paix,

l'amour, le dépassement de soi, le sacrifice ultime de soi, le courage

humanisé, la force de la volonté, la beauté de l'âme, l'esprit saint,

les paroles d'amour, l'humanité divine. 

Nelson Mandela est cette présence née comme l'étoile du matin.

Lui, en qui, toute l'histoire réunie ne trouve aucune trace d'animalité.

Il est le modèle d'ange terrestre du XXIe siècle.

Lui, que les dieux heureux chantent en mélodie.

Il est un mirroir pour l'homme que l'homme sera.

Il est cet homme que la majorité ne sera pas.

Il est un jardin pour les fleurs du paradis.

Il est un coeur qui chatie sans haine.

Il est la paix faite sans guerre.

Il est un silence chanté.

Il est une histoire racontée au fond du coeur.

personalities-politics-nelson.mandela7 ab yIl est l'oiseau suspendu au zénith.

Il est la sagesse dans toute son intelligence.

Il est l'intelligence dans toute sa sagesse.

Il est un mystère sur terre.

Il est cet homme de Ghandy et de Mrtin luther King. 

Il est la somme des hommages des dieux faite à l'amour.

Il est la paix devenue homme.

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Published by Brice MATINGOUT - dans LITTERATURE
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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 12:56

Photob 001J'en viens à penser à toutes ces vies brisées, des vies de ces milliers d'êtres fragiles, filles et garçons mineurs, à qui l'horreur de certains pédophiles a volé leur enfance.

 

La force de la violence est telle que toute la vie ne saurait effacer les traumatismes subis, traumatismes qui ont affecté l' être entier. Et pourtant chaque jour, des bourreaux masqués ou dévoilés avancent à pas lents vers ces petits anges pour leur faire subir un châtiment dont le seul mobile est de calmer la pulsion sexuelle sans penser un seul instant aux conséquences d'un tel acte.

 

Ces actes de viols dépassent l'horrible terreur surtout quand ils sont commis par ceux qui, à la base, devaient protéger et éduquer. il s'agit de parents, d' éducateurs et de prêtres.

Le viol brise une vie toute entière. On ne peut pas se remettre d'un tel acte. Toute sa vie, la victime porte des stigmates d'une telle barbarie.

 

J'ai rencontré une jeune femme âgée de 63 ans en pleine dépression alors que son viol remonte à l'âge  de 8 ans. Toute sa vie, elle a voulu oublier, ne pas y penser, pour mieux avancer. Mais, à sa grande surprise, le traumatisme l'a rattrapée après 55 ans d'une vie qu'elle voulait tranquille.

 

Les histoires  de viols  perpétrés par des prêtres auprès de mineurs attirent  mon attention sur un fait: si en Europe dans des sociétés régies par des lois, des pédophiles prêtres arrivent à agir durant de nombreuses années, combien  se vautrent-ils autour des mineurs en Afrique quand on sait la situation de "sans lois"  qui y prévaut  et toute la confiance sans réserve que leur témoigne les familles  ?  Est-ce trop faire que de monter des commissions d'enquêtes relatives à ces interrogations ?

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Published by Brice MATINGOUT - dans MES PENSEES
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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 18:19

140px-BLAKE10

Toute l’histoire de la France esclavagiste et coloniale est une histoire  d’aliénation des peuples non-occidentaux par le canal d’agressions et de violences dont l’objectif inavoué est l’expropriation et la spoliation ; en dépit des valeurs reconnues mondialement que ce pays véhicule qui se résument dans cet article célèbre : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits … », mais aussi celles de la République qui se résument en ces trois mots: Liberté-Egalité-Fraternité.

Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, article 1

 

10 mai 2010

L'esclavage et son abolition : une histoire partagée, des valeurs universelles

 

 

Chères amies, chers amis,


La lourdeur de l'actualité, la crise financière européenne, la marée noire sur les côtes américaines, la politique de rigueur annoncée par le gouvernement, le grave recul du Grenelle de l'environnement, les menaces sur les retraites et bien d'autres sujets graves d'inquiétudes et de colère – dont je vous parlerai demain – vont sans doute rejeter au second plan ce qu'il faudrait activement commémorer en ce 10 mai 2010 : non pas seulement l'élection de François Mitterrand en 1981, ce jour d'espoir si cher à notre coeur, mais la « journée nationale des mémoires de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions ». Je voudrais toutefois vous en parler un peu car c'est un jour important et une page de notre histoire.

Cette date a été choisie car c'est le 10 mai 2001 que fut définitivement adoptée par le Parlement la loi proposée par Christiane Taubira, députée de la Guyane, et soutenue par la gauche, reconnaissant la traite et l'esclavage pour ce qu'ils furent : un crime contre l'humanité.

La République, ce jour-là, assuma avec lucidité un passé constitutif de notre histoire commune et décida de rendre hommage à ceux, noirs et blancs, esclaves et abolitionnistes, qui se dressèrent contre « l'infâme commerce ».

La France, ce jour-là, fut digne de ses valeurs.

Loin, très loin de ceux qui, sous prétexte de pourfendre je ne sais quelle repentance imaginaire, la voudrait amnésique, oublieuse de ses combats fondateurs, frileusement crispée sur une identité au rabais.

A l'opposé de ceux qui tentèrent, en 2005, de donner force de loi aux « bienfaits de la colonisation » et de ces 40 députés UMP qui, à la veille du 10 mai 2006, voulaient empêcher que, conformément à l'article 2 de la loi de 2001, les programmes scolaires et de recherche accordent à la traite et à l'esclavage la place qu'ils méritent.

Je l'ai dit souvent car je le crois profondément : notre pays s'honore d'avoir été le premier à caractériser clairement l'esclavage non pas comme un crime inhumain mais comme crime contre l'humanité. La France a tout à perdre d'une lecture révisionniste de son passé et tout à gagner d'une histoire partagée qui l'arme pour les combats d'aujourd'hui et de demain.

Je me souviens d'en avoir parlé avec Aimé Césaire, à Fort de France, lui qui affirmait en 1982 à la tribune de l'Assemblée nationale, combien il est important pour tous les Français « de se rappeler que le combat, le séculaire combat pour la liberté, l'égalité et la fraternité, n'est jamais entièrement gagné et que c'est tous les jours qu'il vaut la peine d'être livré ».

Il rendit à cette occasion un bel hommage à Victor Schoelcher, artisan majeur de l'abolition définitive de l'esclavage en 1848, soulignant que le même mouvement l'avait porté, sa vie durant, à vouloir l'émancipation des esclaves et celle des ouvriers « victimes désignées d'un capitalisme sauvage ».

Mais nous voulons aussi, ajoutait Césaire, que soit célébré le souvenir de ceux qui ne se résignèrent jamais et se levèrent périodiquement contre l'asservissement esclavagiste.

En ce 10 mai 2010, souvenons-nous qu'ils étaient nos frères et nos soeurs ces esclaves déportés d'Afrique qui, par tous les moyens, résistèrent à leur déshumanisation et à leur marchandisation. Ces hommes et ces femmes qui se jetèrent à la mer durant la traversée des bateaux négriers, Ces « marrons » qui s'évadèrent des plantations pour vivre libres. Ces esclaves révoltés qui s'emparèrent des idéaux de 1789 et anticipèrent la première abolition de 1794.

Et aussi Louis Delgrès et les siens, dressés en 1802 contre le rétablissement par Bonaparte de l'esclavage en Guadeloupe. Dans la belle Proclamation de Basse Terre publiée le 10 mai 1802, Delgrès en appelle « à l'univers entier » et rappelle à ceux qui trahissent la République que « la résistance à l'oppression est un droit naturel ». Encerclés par les troupes venues les remettre dans les fers, ils choisirent la mort plutôt que la servitude.

A leurs côtés, des femmes. Parmi elles, la Mûlatresse Solitude, exécutée après la naissance de son enfant, et Marthe-Rose, blessée au combat, qu'on conduisit à la mort sur un brancard.

La répression de cette insurrection républicaine fut sanglante.

Il fallut bien des luttes encore et le développement du mouvement abolitionniste pour que la République issue de la Révolution de 1848 abolisse définitivement l'esclavage.

Si j'évoque la mémoire des résistants d'alors, c'est pour rappeler que l'abolition ne fut pas un cadeau octroyé mais une conquête, fruit d'une double lutte menée, dans les outre-mers et dans l'Hexagone, par les esclaves eux-mêmes et par les ennemis de l'esclavage.

Nous savons qu'après la fin de l'esclavage vinrent d'autres formes de domination : le travail forcé, la citoyenneté inachevée car prise dans le carcan colonial, les espoirs déçus de la départementalisation outre-mer et, de nos jours encore, ces discriminations qui défigurent la République.

Mais il ne faut pas, comme le disait sagement Césaire, demander « aux hommes du siècle dernier de résoudre des problèmes qui ne se posaient pas encore à eux ». Ils firent, en leur temps, les choix courageux qui permirent à l'émancipation d'aller de l'avant. D'autres, ensuite, prirent le relais. A nous, aujourd'hui, d'approfondir le chemin qu'ils ont ouvert.

Voilà pourquoi il est important de garder vive la mémoire d'un crime dont Frantz Fanon, dans « Peau noire, masques blancs » a admirablement décrit les ravages sur ses victimes et sur ses auteurs : « Le malheur de l'homme de couleur est d'avoir été esclavagisé. Le malheur et l'inhumanité du Blanc sont d'avoir tué l'homme quelque part ». Il disait aussi : « je ne suis pas esclave de l'esclavage qui déshumanisa mes pères » car « moi, l'homme de couleur, je ne veux qu'une chose : que jamais l'instrument ne domine l'homme. Que cesse à jamais l'asservissement de l'homme par l'homme ».

Voilà pourquoi il est important de transmettre aux jeunes générations les repères solides d'un récit partagé et citoyen qui ne gomme pas les blessures profondes laissées par quatre siècles de traite et d'esclavage mais rende, dans le même temps, pleinement justice aux combattants et combattantes passés des droits humains et à la richesse actuelle d'une culture française forte de tous ses métissages. L'école et les programmes scolaires ont, ici, le premier rôle. Car il ne s'agit pas de concurrence des mémoires mais de valeurs universelles.

Voilà pourquoi, aussi, nous avons quelques raisons supplémentaires d'assumer à l'égard du peuple haïtien, si durement frappé par le terrible séisme de janvier dernier, un devoir de solidarité qui n'oublie pas la contribution apportée à l'histoire de l'humanité par ce pays qui se dressa, à l'appel de Toussaint Louverture, pour « déraciner l'arbre de l'esclavage » et où, comme l'écrit Césaire dans le Cahier d'un retour au pays natal, « la négritude se mit debout pour la première fois et dit qu'elle croyait à son humanité ».

En Poitou-Charentes et tout particulièrement à La Rochelle qui fut un grand port négrier, le 10 mai est un moment fort où l'on peut prendre la mesure du rôle que joua le système esclavagiste dans l'économie du territoire et l'édification des fortunes locales des armateurs et des industriel du sucre. Durant sept mois, de mars à septembre 2010, des débats, des conférences, des expositions, des publications permettent aux habitants de la région de s'approprier cette histoire et aux scientifiques de faire un bilan des connaissances disponibles tout en promouvant de nouvelles recherches.

Ce capitalisme négrier dont la région porte l'empreinte eut ses dissidents : au 18ème siècle, Léon-Robert de l'Astran, humaniste et savant naturaliste mais également fils d'un armateur rochellais qui s'adonnait à la traité, refusa que les bateaux qu'il héritait de son père continuent de servir un trafic qu'il réprouvait.

En ce 10 mai 2010, je tiens à faire le lien entre ces deux émancipations que furent, à plus d'un siècle de distance, l'abolition définitive de l'esclavage et les indépendances africaines dont on célèbre cette année le cinquantenaire.

Nous savons bien, et les Africains mieux que nous, que ces affranchissements de la tutelle coloniale française n'ont, comme le pressentait lucidement Frantz Fanon, pas exaucé toutes les espérances de ceux qui combattirent pour la libération de leur pays. D'autres sujétions prirent le relais. Economiques, politiques et sociales. Le Nord, en général, et la France, en particulier, en portent une part de responsabilité. Ce ne fut pas la fin de l'histoire mais le commencement d'une autre et, avec elle, d'autres combats.

Mais je n'ai pas, vous le savez, de l'Afrique une vision misérabiliste car je sais combien elle recèle de talents, d'énergies, d'intelligences, de solidarités pour tracer son propre chemin et construire, à égalité, ce monde nouveau dont nous ressentons l'urgence.

J'ai dit à Dakar, le 7 avril 2009, combien nos destins étaient liés, pour le pire, parfois, dont témoigne notre passé mais surtout pour le meilleur, à bâtir ensemble.

J'ai dit, à Dakar, que nous avions le devoir de poser des mots justes sur ce qui fut, un devoir de vérité. C'est pourquoi elles n'auraient jamais dû être prononcées au nom de la France, ces paroles humiliantes d'un Président aveugle à l'histoire de l'Afrique et à sa contribution de longue date à l'histoire du monde.

J'ai dit, à Dakar, ma conviction que ce siècle serait celui du continent africain.

La mondialisation esclavagiste a été défaite.

La mondialisation colonialiste a été défaite.

La mondialisation de la finance prédatrice le sera à son tour si nous en avons le courage, à commencer par celui d'aller contre les idées reçues, les modèles éculés et les égoïsmes dépassés.

 

 

Amitiés fidèles, 

Ségolène Royal

Présidente de "Désirs d'Avenir"

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Published by Brice MATINGOUT - dans FRANCE
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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 15:43

         Photob 001 L'itinéraire de la betterave. La première référence à la famille des plantes appelée Beta se trouve dans la littérature grecque vers 420 av. J.C. Elles sont décrites comme étant "des plantes de potager aux divers usages" ; des variétés claires et foncées sont mentionnées.
La culture de la betterave s'est étendue en France et en Espagne, souvent dans les monastères, mais aussi dans les fermes. Au 15ème siècle, la betterave était présente dans l'Europe entière. A l'origine, on cultivait la betterave pour ses feuilles, qui étaient probablement les "épinards" de cette époque. Plus tard, la racine est devenue un légume populaire, en particulier le type connu sous le nom de betterave rouge. En 1600, l'agronome français Olivier de Serres indiquait que "ce mets de choix donne du jus qui ressemble à du sucre lorsqu'il est cuit".
          A cette époque, personne n'avait prêté attention à la cause de ce phénomène. Découverte au goût de sucre. La première pierre blanche ayant marqué l'histoire du sucre européen fut la remarquable découverte d'un scientifique allemand nommé Andreas Margraaf. En 1747, il démontra que les cristaux sucrés obtenus à partir de la betterave étaient les mêmes que ceux de la canne à sucre.
En 1801, la première sucrerie industrielle était construite à Cunern, en Basse Silésie. Napoléon attiré par la douceur. Malgré la découverte de Margraaf, la canne à sucre restait la principale source de sucre au début du 19ème siècle. C'est le Blocus Continental qui devait donner une impulsion déterminante au sucre de betterave. Dès 1806, le sucre de canne avait pratiquement disparu des échoppes européennes. En 1811, des scientifiques français présentaient deux pains de sucre issus de la betterave. Napoléon fut si impressionné qu'il décréta que 32 000 hectares de terres devaient immédiatement être dédiés à la betterave et qu'il subventionna la construction de sucreries. Quarante sucreries virent ainsi le jour en quelques années, essentiellement dans le nord de la France, mais aussi en Allemagne, en Autriche, en Russie et au Danemark. A la fin du Blocus Continental, le sucre de canne réapparut et plusieurs pays stoppèrent la production de betterave. Le gouvernement français, au contraire, soutint le développement de meilleures variétés et de meilleures techniques d'extraction. C'est ainsi que le sucre de betterave devint une culture rentable. La maîtrise du raffinage de la betterave sucrière ôta toute nécessité à l'esclavage dans les champs de canne à sucre à partir du début du XIXe siècle.
           140px-BLAKE10 Ainsi les esclavagistes français qui se repliaient   derrière des arguments économiques: sans l'esclavage, affirmaient-ils, la prospérité de la France ainsi que sa position dans le concert des nations serait mise en danger étaient contraint d'envisager la libération des noirs qui devenaient de moins en moins rentables comparés à la betterave. Il faut ajouter à cela la condamnation morale de l'esclavagisme qui se généralisa au XIXe siècle. Nous l'allons montrer, toutes ces condamnations à tous les niveaux, les révoltes d'esclaves (sauf pour les Etats-Unis face aux anglais et l'Haiti face à la France), les abolitions multiples  n'eurent pas d'effet tant que les intérêts économiques en jeu étaient importants et énormes. Les contrebandiers soutenus par des groupes puissants et même certains politiques qui avaient investi dans ce commerce, poursuivent clandestinement l'esclavage.   Par ailleurs, la colonisation doit être  comprise comme un substitut   à la traite des noirs. En effet, il devenait économiquement plus rentable d'exploiter les populations sur place d'où la formation des colonies.

Biard Abolition de l%27esclavage 1849


L'intensification des révoltes d'esclaves
[modifier]

Le XVIIIe siècle se caractérise par une recrudescence des révoltes d'esclaves dont le nom des leaders connut une postérité importante dans toute l'Europe. Makandal, chef des insurgés de 1748 à Saint-Domingue, Orookono, leader des marrons de Surinam ou Moses Bom Saamp en Jamaïque sont autant de figures qui ont nourri le mythe du Spartacus dont Raynal se fit l'écho dans son Histoire philosophique et politique des établissemens & du commerce des européens dans les deux Indes.

Le point d'orgue de cette « chaîne des insurrections » constitue la révolution haïtienne (1791 à 1804), première révolution anti-esclavagiste du continent américain. Les noirs libres et les esclaves de la colonie française de Saint-Domingue se sont rebellés sous la direction de François Dominique Toussaint Louverture puis de Jean-Jacques Dessalines, tous deux anciens esclaves émancipés. La République d'Haïti, proclamée en 1804, devient alors le deuxième État indépendant du continent après les États-Unis.

Réaliste dans ses objectifs, elle vise non à abolir l'esclavage en tant que tel dans les colonies britanniques, mais à en tarir la source en mettant fin à la traite négrière dans le cadre du commerce triangulaire[13]. Cet « abolitionnisme pragmatique » ne détourne pas la société de son objectif ultime, à savoir abolir la condition d'esclave elle-même : elle espère simplement « qu'en tarissant l'esclavage à la source, on obligera les maîtres à mieux traiter leurs esclaves puis à les affranchir, afin de combler le déficit de main-d'œuvre provoqué par l'arrêt de la traite »[14].

Son action se manifeste par un travail de mobilisation de l'opinion publique britannique, doublé d'une action politique au sein même du Parlement. Elle multiplie à cet effet les campagnes de distribution de tracts, récolte les témoignages des esclaves et met en avant les atrocités commises à leur encontre. Elle s'appuie ainsi sur la publication du témoignage d'Olaudah Equiano, un ancien esclave calviniste connu sous le nom de baptême de Gustavus Vassa[15], un des rares livres de témoignage sur la traite vue du côté des Africains déportés[16]. La sensibilisation et la propagande trouve son aboutissement dans l'élaboration de pétitions qui sont régulièrement déposées devant les parlementaires de la Chambre des Communes et des Lords.

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William Wilberforce


Son principal relais au niveau parlementaire est William Wilberforce, un jeune député méthodiste qui s'est fait connaître par son implication dans la lutte contre le travail des enfants. Cependant, confronté à la violente opposition des planteurs, il n'obtient pas des Communes la loi d'abolition de la traite en 1788. L'autre personnalité marquante du mouvement est le quaker Thomas Clarkson qui joue un rôle de propagandiste efficace auprès de la population britannique : diffusion d'information, organisation de comités abolitionnistes locaux ou de conférences, et plus largement élaboration d'un argumentaire bien huilé. Pris comme modèle pendant un demi-siècle par tous les abolitionnistes d'Europe, ce bréviaire de l'anti-esclavagiste réunissait des considérations morales et religieuses à des arguments d'ordre économique : l'augmentation de la productivité attendue des affranchis rendraient l'abolition bénéfique d'un point de vue économique pour les planteurs[17].

Les campagnes pétitionnaires se multiplient dès lors fortement : en 1792, 500 pétitions réunissent 390 000 signatures[13]. En réaction à cette revendication, le Conseil privé de la Couronne diligente en 1788 une enquête sur les conditions de la traite. En 1796, sous l'impulsion de Wilberforce, la Chambre des communes vote l'abolition de la traite négrière, différée, du fait de l'opposition de la Chambre des Lords[13], au 23 février 1807 lorsque Wilberforce obtient un vote favorable des Communes à une large majorité[18].

L'interdiction de la traite obtenue pour la Grande-Bretagne, les abolitionnistes britanniques, menés par l' African Institution continuent leur travail de propagande pour étendre l'interdiction du commerce triangulaire à l'ensemble des nations.
                   L'État britannique se fait désormais champion de la lutte contre la traite. Il obtient le 8 février 1815 au congrès de Vienne que les belligérants approuvent une « déclaration sur l'abolition de la traite des Nègres », contraignant ainsi Louis XVIII à intégrer cette interdiction au droit français, « malgré l'opposition persistante des armateurs qui continuaient la traite clandestinement »[19]. Le zèle britannique était d'autant plus important que la chasse aux bateaux négriers dans laquelle était engagée la Royal Navy lui permettait de s'assurer plus facilement des points d'appuis sur la côte africaine[20].

En 1823, la création de la Society for the Mitigation and Gradual Abolition of Slavery, plus connue sous le nom d' Anti-slavery society, marque le passage vers la revendication de l'abolition graduelle de l'esclavage[17]. Ce parti pris d'une abolition progressive s'appuie sur la conviction largement répandue, même au sein du mouvement anti-esclavagiste, que les esclaves doivent être préparés à la liberté, notamment par l'apprentissage des principes élémentaires la chrétienté. Elle entend aussi, dans une perspective cette fois plus stratégique, se rallier la part des élites économiques la plus réticente, en laissant la possibilité aux planteurs d'obtenir une période transitoire vers l'organisation du travail libre des esclaves. Après le retrait de Wilberforce en 1825, Thomas Fowell Buxton est le principal défenseur de cette position au Parlement[17].

En 1833, le flot des pétitions réclamant l'abolition de l'esclavage devient particulièrement spectaculaire : le gouvernement en reçoit cette année-là plus de 5000 réunissant au total plus d'un million et demi de signatures[21]. Le 28 août 1833, le roi Guillaume IV sanctionne l'abolition bill voté par le Parlement britannique[17]. Le texte prévoit une abolition graduelle : un délai de sept ans est accordé pour les esclaves des plantations et de cinq ans pour les esclaves domestiques ou urbains. Elle comporte aussi une clause d'indemnisation des propriétaires. Le 1er janvier 1838, l’émancipation des deux catégories d'esclaves, urbains et agricoles, est proclamée, avant l'échéance prévue par le texte de 1833 pour les esclaves des plantations.

Comme après l'abolition de la traite, l'élan des abolitionnistes britanniques n'est pas brisé par l'obtention d'une législation nationale. La British and foreign anti-slavery society succède en 1839 à l'Anti-slavery society : elle joue un rôle d'expertise, envoyant des émissaires dans le monde entier pour vérifier les conditions d'application des décrets anti-esclavagistes et informer le Parlement britannique des persistances de la traite illégale. Elle tient aussi une place prépondérante au sein du mouvement anti-esclavagiste international, participant même au financement de sociétés étrangères comparables, notamment en France[22].

Le rétablissement napoléonien [modifier]

Par la loi du 20 mai 1802, Napoléon maintient l'esclavage dans les territoires restitués comme la Martinique à la suite du traité d’Amiens. La loi de 1802, si elle ne prévoit pas le rétablissement de l'esclavage dans toutes les colonies françaises, laisse à travers son article IV toute latitude au gouvernement pour légiférer en faveur de son rétablissement général.

En Guadeloupe, en mai 1802, une partie des soldats de couleur se rebelle. L'insurrection est écrasée. On estime que près de 4 000 personnes ont été tuées entre mai et décembre 1802, dont un millier de soldats réguliers[26]. L'esclavage est progressivement rétabli. Le 17 juillet 1802, Richepance publie un arrêté qui refuse aux gens de couleur de porter le titre de citoyens[27], qui replace les cultivateurs dans une servitude complète et qui supprime les salaires aux cultivateurs[28]. Par contre, l'arrêté consulaire du 16 juillet 1802 n'a jamais été publié[29]. Le rétablissement légal de l'esclavage est publié le 14 mai 1803. Le 26 mai 1803, la Guadeloupe revient au régime antérieur à 1789[30].

En Guyane, Victor Hugues rétablit l'esclavage par le règlement général du 25 avril 1803.

Napoléon Ier, de retour de l'île d'Elbe lors des Cent-Jours, décrète l'abolition de la traite négrière pour se concilier la Grande-Bretagne[31]. Sa décision sera confirmée par le traité de Paris le 20 novembre 1815 et par une ordonnance de Louis XVIII le 8 janvier 1817[31]. Mais la traite de contrebande se poursuit malgré les sanctions prévues.

L'abolition révolutionnaire [modifier]

En France, l'article « traite des nègres » de L’Encyclopédie rédigé en 1766 par Louis de Jaucourt condamne l'esclavage et la traite : « Cet achat de nègres, pour les réduire en esclavage, est un négoce qui viole la religion, la morale, les lois naturelles, et tous les droits de la nature humaine. »

Plusieurs mesures visant à l'abolition de l'esclavage sont prises sous la Monarchie de Juillet : par exemple, les esclaves reçoivent un état civil en 1839[31]. ; l'esclavage est supprimé à Mayotte en 1843[32].

Victor Schoelcher, nommé dans le Gouvernement provisoire de 1848 sous-secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies par le ministre François Arago, contribue à faire adopter le décret sur l'abolition de l'esclavage dans les Colonies. Le Décret d'abolition du 27 avril, signé par tous les membres du gouvernement paraît au Moniteur, le 5 mars. 250 000 esclaves des colonies françaises doivent être émancipés[33].

Aux États-Unis [modifier]

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Texte de Benjamin Franklin en faveur de l'abolition de l'esclavage


Les premiers abolitionnistes américains se trouvent d'abord dans les sociétés Quakers de Pennsylvanie : dès 1688, ils rédigent et publient la Protestation de Germantown qui proteste contre l'esclavage[45]. En 1759, les Quakers pennsylvaniens s'interdisent toutes pratiques esclavagistes[46]. En 1761, la colonie lève une taxe sur tout esclave importé à l'intérieur de ses limites[45]. En 1767, le livre d'Anthony Benezet connaît un certain succès jusqu'en Angleterre.

Dans les années 1770, la Société d’émancipation des Noirs libres et illégalement réduits à la servilité est fondée à Philadelphie[47]. Pendant la Révolution américaine, plusieurs intellectuels ont défendu les droits des Noirs comme Thomas Paine, l'auteur du Sens commun (1776)[47]. Durant ses dernières années, Benjamin Franklin (1706-1790) fut un fervent défenseur de l'abolition de l'esclavage (il libéra ses esclaves dès 1772). Thomas Jefferson, George Washington, James Madison et Patrick Henry militèrent au Congrès américain pour la suppression de l'esclavage[48]. Le premier président américain, George Washington, affranchit ses esclaves par testament[49].

L'esclavage est aboli en 1777 dans le Vermont[46],[50], en 1780 en Pennsylvanie[51], en 1783 dans le Massachusetts[52] et le New Hampshire[49]. Une loi de 1782 votée en Virginie entraîne la libération de 10 000 Noirs en dix ans[53]. En 1794 est créée la Convention des sociétés abolitionnistes à Philadelphie[54]. En 1783, le Maryland interdit l'importation d'esclaves[55]. En 1786, la Caroline du Nord augmente fortement les droits sur l’importation des esclaves ; l’esclavage disparaît au nord des États-Unis au début du 19e siècle[55]. La Caroline du Sud interdit la traite en 1803[53].

L'Ordonnance du Nord-Ouest (1787) interdit l'esclavage dans le territoire du Nord-Ouest[56],[57],[49] et établit de fait la limite entre les états esclavagistes et les autres sur l'Ohio. La traite négrière est abolie officiellement en 1808, même si les contrebandiers la poursuivent clandestinement pendant plusieurs années[58].

Lorsque la Constitution américaine entre en vigueur le 4 mars 1789, elle ne remet pas en cause l'esclavage pratiqué dans les États du Sud, afin de garantir l'union de la jeune nation. Si les esclaves sont exclus de la citoyenneté, les États du Sud réclament qu'ils soient comptabilisés dans le recensement qui doit permettre la répartition des sièges à la Chambre des représentants. Cette revendication qui avantagerait considérablement les États-Unis du Sud aboutit à un compromis connu sous le nom de « clause des trois cinquièmes » ; cette disposition ajoute au total de la population libre des différents États « les trois cinquièmes de toutes autres personnes » vivant sur le territoire, c'est-à-dire les esclaves qui, comme dans l'ensemble de la Constitution, ne sont pas désignés directement[59]. L’attorney général du Maryland Luther Martin, représentant de son État à la convention de Philadelphie, refusa la Constitution parce qu’elle ne condamnait pas l’esclavage explicitement. La Société de Pennsylvanie pour l'abolition de l'esclavage fit circuler une pétition, signée notamment par Benjamin Franklin en 1790[60].

Dans les années 1820, la Female Anti-slavery Society dénonce l'esclavage. L'esclavage dans les États Unis d'Amérique est aboli en 1865 suite à la guerre de Sécession qui opposa les États du Nord aux États du Sud.

Conséquences de l'abolition

Impacts économiques [modifier]

Bien souvent les nouveaux affranchis quittent les habitations pour développer leurs propres cultures. L'affranchissement entraîne alors la faillite des économies de plantation. Par exemple la production de sucre est divisée par quatre en Guyane entre 1847 et 1851. Beaucoup de planteurs doivent se reconvertir dans des cultures moins exigeantes en main-d'œuvre ou cesser leur activité.

Malgré ces épiphénomènes, l'impact de l'abolition sur l'économie mondiale, alors en pleine révolution industrielle, a été très limité contrairement aux prévisions des anti-abolitionnistes.

Le système esclavagiste avait entraîné un grand retard dans le développement technique. Ce retard est particulièrement flagrant aux États-Unis entre les États du Sud et ceux du Nord à la fin de la guerre de Sécession.


L'abolition de l'esclavage ne fut pas synonyme de libération des noirs et d'égalité pour tous : la condition prolétarienne induite par l'économie libérale s'avère, particulièrement au XIXe siècle, porteuse de misère, de paupérisme, de chômage et d'exploitation.

La traite des asiatiques et l’engagisme [modifier]

Pour remplacer les esclaves, les planteurs firent appel à des « engagés volontaires » d'origine asiatique, indienne notamment, voire locale (aux Comores). Cette pratique dégénéra très rapidement en une forme d'exploitation, la clause de retour du contrat des coolies ne fut notamment pas respectée à l'issue de leur période d'engagement et beaucoup durent rester sur place car il n'avaient pas été rémunérés suffisamment pour pouvoir payer le trajet retour.

Colonisation de l'Afrique [modifier]

La lutte contre l'esclavage permit aux puissances coloniales de justifier leur pénétration du continent noir. Le Royaume-Uni, pointe avancée de l'abolitionnisme en Europe dès lors qu'il avait choisi d'interdire la traite dans les territoires qu'il contrôlait, signa, entre 1807 et 1840, une trentaine de traités avec d'autres États européens et des royautés africaines pour tarir les sources d'approvisionnement des négriers[13]. La lutte contre les négriers entraîna ainsi le développement de relations toujours plus étroites entre les Européens et les souverains africains, tout comme une présence toujours plus grande des marines britanniques et françaises sur les côtes africaines pour débusquer les sites et navires négriers, notamment portugais, qui poursuivaient clandestinement la traite à destination du Brésil[62].

En outre, les abolitionnistes européens, tout au souci de fournir une activité alternative au commerce des esclaves aux communautés africaines qui en vivaient pour une part depuis deux siècles, cherchèrent à établir avec elles des relations commerciales « classiques », comme l'illustre bien les propos de l'abolitionniste britannique Thomas Fowell Buxton en 1840 : « Rien ne m'ôtera la ferme conviction que l'Afrique peut trouver dans ses ressources propres de quoi compenser largement la perte du commerce des esclaves… Un commerce légitime ferait tomber le commerce des esclaves en démontrant combien la valeur de l'homme, ouvrier agricole, l'emporte sur celle de l'homme marchandise ; conduit d'après des principes de sagesse et d'équité, ce commerce pourrait être le précieux ou plutôt le fidèle ministre de la civilisation, de la paix et du christianisme »[63]. Comme le montre le propos de Buxton, cette pénétration commerciale s'accompagnait de visées missionnaires[62]. La London Missionary Society, créée dans ce but en 1795 envoya ses premiers missionnaires en Sierra Leone dès 1797. Les activités missionnaires se multiplièrent sur les côtes dans le premier tiers du XIXe siècle, puis à l'intérieur des terres à partir de 1840[62]. L'expédition sur le fleuve Niger entreprise par Buxton en 1840 illustre bien le caractère entremêlé, dans un but avant tout abolitionniste et « civilisateur », de l'élan missionnaire et de visées scientifiques et commerciales dans le cadre d'une théorie économique coloniale[64].

Même si tous les Européens à intervenir auprès des Africains pour des raisons publiquement philanthropiques ne se caractérisaient pas nécessairement par le caractère très pur de leurs intentions, la bonne foi de nombreux abolitionnistes qui, par leurs initiatives, ouvrirent la voie à la ruée des grandes puissances européennes dans le dernier tiers du XIXe pour s'accaparer le maximum de territoires et de richesses sur le continent africain doit être soulignée. Il est à cet égard symptomatique que la conférence de Berlin de 1884, réunie pour fixer les règles du jeu colonial en Afrique, réaffirme avec force, dans les articles 6 et 9 de son Acte final, la condamnation, par les Européens, de la traite et de l'esclavage qu'ils avaient pratiqué pendant deux siècles et demi, ainsi que leur volonté d'accorder « leur protection aux entreprises philantropiques, scientifiques et chrétiennes appelées à concourir à cette œuvre dite de civilisation »[65].

La traite contre laquelle les attendus de la conférence de Berlin s'élèvent est celle assurée par les marchands arabes à destination des pays d'Orient. Face à cette traite, « rendue possible par un esclavage domestique africain qui d'ailleurs avait déjà rendue possible la traite occidentale »[66] Cette fois l'Église catholique se retrouve elle aussi à la pointe du combat, représentée notamment par l'évêque d'Alger Charles Lavigerie. Les protestants restent cette fois à l'écart, considérant que la traite arabo-musulmane disparaîtra en même temps que l'esclavage domestique africain, lorsque les actions humanitaires et évangélisatrices menées auront porté tous leurs fruits[67].


Le fait que le combat abolitionniste a facilité le développement de la domination occidentale sur l'Afrique via le colonialisme est acquis[68]. Mais les individus luttant pour la disparition de la traite, guidés par des principes évangéliques (en Grande-Bretagne) ou inspirés par la mystique des Droits de l'homme (en France) étaient-ils conscients qu'ils ne faisaient que substituer un mode de domination à un autre ? Ont ils délibérément choisi de sophistiquer, sans l'abattre, un système de domination de l'homme par l'homme[68] ? D'après Jean-François Zorn, ni naïfs, ni cyniques, les abolitionnistes ne pouvaient espérer objectivement mettre fin à la domination de l'Occident sur ces territoires et ces populations. Dès lors que le combat abolitionniste était le fait des anciens oppresseurs et que ceux-ci s'abstenaient de quitter le territoire africain, il ne pouvait qu'ouvrir la voie à de nouvelles formes de domination compte tenu du déséquilibre considérable entre les deux ensembles, aussi bien d'un point de vue économique que militaire et diplomatique[68].
« En transformant l'homme-marchandise en homme marchand, les Occidentaux ont intégré les peuples africains et d'autres peuples non occidentaux dans le marché mondial dont ils étaient les maîtres. C'est pourquoi l'analyse des phénomènes actuels de recolonisation, de sous-développement et d'appauvrissement peut être située dans la stricte continuité de phénomènes plus anciens et permanents »[69].


SOURCES:

wikipedia.org 

The Beet Sugar Crop (1993) Edited by Cooke DA & Scott RK. Chapman and Hall London 

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 11:21

 

   

                                                                                                                                   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photob 001Brazzaville, une ville qui se meurt.              La création de Brazzaville remonte au 3 octobre 1880 après la signature à Kuna du traité  De Brazza - Makoko, roi des Tékés.  Selon ce traité, « DE BRAZZA prenait possession au nom de la France du territoire situé entre Impila et la rivière Djoué » (Brazzaville, 1980). Il fut ratifié par le parlement français en 1882. Une copie fut remise au Makoko lors du troisième voyage de DE BRAZZA. « Sa délégation était composée de DECHAVANNES, Jacques DE BRAZZA, BALLAY, DOLISIE, DELASTOURS, Monseigneur AUGOUARD… » (BICKOUTA., 1997). Elle avait la mission de créer des postes administratifs.

A partir de 1884, DE CHAVANNES va entreprendre pour la première fois la construction d’une  maison à Brazzaville : « DECHAVANNES se dirigea vers le village Mfoa, situé sur un plateau peu élevé, mais assez étendu; Le Congo en était distant de deux à trois cent mètres, le terrain était sablonneux…Il en fut rendu compte à DE BRAZZA. Le chef NGUIA fut convoqué. Il y eut une courte palabre. Les paillotes et plantations situées sur ce village furent indemnisées aux occupants environ 150 francs. Ainsi, l’emplacement de Brazzaville fut décidé » (GAVACHE P., 1949).

            Par sa position, Brazzaville devait servir de relais entre les régions septentrionales de l’Afrique équatoriale française et l’océan. Peu à peu, ce site va connaître sa première forme d’urbanisation. « Par arrêté du 5 Octobre 1910, la ville est érigée en commune mixte » (Brazzaville, 1980). La ville européenne compte près de 500 européens et les autochtones sont repartis dans les agglomérations urbaines de Poto-poto et Bacongo où commence le tracé de quelques rues en damier. Jusqu’en 1917, la ville comptait près  de 10 000 habitants. Mais, l’afflux des ruraux et l’accroissement naturel de la population feront que progressivement la ville dépasse ses limites spatiales initiales. Aussi, compte-t-elle de nos jours sept arrondissements :         

1- Makélékélé             2- Bacongo                3-Poto-poto
4- Moungali                 5- Ouenzé                   6- Talangai                  7- Mfilou.


           Sur le plan démographique, Brazzaville comptait près de 850 000 habitants en 1996 (C.N.S.E.E., 1996) et en 2002 sa population a été estimée à 1 004 000 habitants, soit 1/3 de la population totale du pays. Et, d’après les projections des Nations-Unies, évidemment tributaires des incertitudes statistiques, Brazzaville comptera plus de 3 millions d’habitants en 2025 alors que le Congo en comptera près de 6 300 000  la même année.

 

 Tableau 1 : Évolution de la population de Brazzaville : 1910-2025

 

 

Années

 

 

Population

 

 

1910

 

 

6000

 

 

1917

 

 

10000

 

 

1937

 

 

20000

 

 

1945

 

 

50200

 

 

1955

 

 

92250

 

 

1961

 

 

127964

 

 

1970

 

 

200000

 

 

1974

 

 

289700

 

 

1978

 

 

                   400000     

 

 

1984

 

 

 584682

 

 

1996

 

 

  850000

 

 

               2002

 

 

                    1004000

 

 

 

 

 

               2025

 

 

             3000000

 

 

 

 

 


Source :Publi-Congo, C.N.S.E.E. et LE FORT C.

 

 

              Depuis les années quatre vingt, ses habitants paient le prix fort de cette croissance démographique. Leurs revenus, auparavant bien supérieurs ceux des ruraux, ont été laminés, ce qui généralise la paupérisation.

Brazzaville,  comme toutes les villes d’Afrique noire, traverse une phase de rupture  d’équilibre entre grandeurs économiques, notamment entre  production et consommation.  Cette situation est liée à plusieurs facteurs :

Sur le plan socio-économique, « la dévaluation du franc C.F.A., monnaie utilisée dans la sous région, survenue le 12 janvier 1994, a aggravé l’état socio-économique de ce pays » (CAUDERT K., 1996).

Ensuite, le désengagement de l’État qui pourvoyait les emplois et assurait le travail aux jeunes diplômés.

En plus, les réductions de 30 % des traitements des fonctionnaires  dans le cadre des programmes d’ajustement structurel sont venues aggraver la situation. « Dans l’ensemble, l’État emploi 81,8 % du monde salarié du secteur moderne » (R.P.S.A/OC, 1998).

 

             Par ailleurs, certains fonctionnaires  ont perdu leur emploi suite à l’application des mesures  d’ajustement structurel.

 Aussi, le payement irrégulier et tardif des fonctionnaires et des retraités rend-il difficile toute planification au niveau des ménages. Dans ces conditions, ils éprouvent des difficultés pour joindre les deux bouts du mois. Ils sont obligés de s’endetter pour survivre.

L’augmentation continuelle du coût de la vie est aussi un élément déterminant de la pauvreté, presque un  drame pour les ménages pauvres.

Les guerres civiles (celle de 1993-1994; celle de juin 1997; celle de décembre 1998...) ont eu pour conséquences les départs  des opérateurs économiques étrangers causant ainsi la fermeture des entreprises et sociétés industrielles dont ils étaient propriétaires. Par conséquent, cela a entraîné la perte des nombreux emplois pour ceux qui y étaient employés.

Les pillages des biens mobiliers et immobiliers dans les quartiers situés dans la zone sud de la ville (1998-1999) ont appauvri les ménages expropriés.

De même, l’insécurité généralisée qui règne dans la capitale politique n’est pas prête à arranger les choses : les investisseurs ne sont pas attirés, les ménages sont traumatisés, les initiatives populaires sont étouffées, les jeunes sont découragés, les braqueurs deviennent des héros.   

 

               Enfin, la mauvaise gouvernance, caractérisée par la règle de trois V: villas luxueuses, voyages en Suisse pour cacher les fonds publics détournés, voitures (dernières marques), a conduit au désarroi. A cela s’ajoutent des politiques socio-économiques inadaptées,  appliquées par l’État en inadéquation avec les besoins réels des populations..

 L’or noir semble être une « malédiction » pour Brazzaville, et les populations n’ont jamais bénéficié de la manne (SMITH S., 2003).

Le rejet du dossier présenté  en vue d’être classé sur la liste des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) fait qu’il n’attend plus rien du nouveau programme soutenu par le FMI. Il ne peut plus bénéficier de l’allégement de sa dette extérieur. Près de la moitié de cet endettement est constitué d’arriérés. Le montant total de la dette est estimé à 5 Md de dollars. Une grande partie de cette dernière est gagée sur les ressources pétrolières, représentant la gestion par anticipation des redevances pétrolières. Ce pétrole, à lui seul représente 95 % des recettes d’exportation et contribue pour 60 % au PIB. La croissance estimée à 2,9 % en 2001  est descendue à 2, 6 % en 2002.(LE FORT C., 2004)

L’imprévoyance et la faillite de l’État expliquent la prolifération de la pauvreté. Les ménages touchés ne bénéficient d’aucune stabilité d’emploi, de logement, de revenus … La précarité ne permet plus aux chefs des ménages vulnérables  de couvrir les besoins vitaux du groupe : manger, se soigner, se loger, s’habiller et assurer l’éducation des enfants.

Face à l’incapacité de l’État de résoudre de manière satisfaisante les problèmes liés à la crise, les chefs des ménages se débrouillent : c’est la loi du sauve-qui-peut.

 

Brazzaville a tout donc  des caractéristiques des villes du sud :

·        Nous y trouvons une pauvreté majoritaire, soit 44% selon l’étude réalisée par R.P.S.A./OC  en 1998 et  47,6 % dans une étude menée au quartier Total.

·        ‘’L’informalité’’ et l’illégalité: à Brazzaville, plus de la moitié de la population en âge de travailler survit grâce aux petits boulots ou aux commerces d’opportunité, ce que d’aucuns appellent secteur informel, et, souvent en inconformité  avec les règles et lois en vigueur quand elles existent.

·        Le manque de frontières : une urbanisation en expansion, dévoreuse d’espace.

·        Une démographie galopante où les moins de 15 ans représentent plus 35% de la population totale.

·        Enfin, sur le plan financier : Brazzaville bénéficie d’un financement extraverti contrôlé par des grands groupes financiers chercheurs de profits souvent au détriment des citoyens qui sont privés de la continuité, la qualité, et l’égalité de traitement et de services.

 

              Le choix d’étudier la pauvreté et la fécondité à Brazzaville a été en priorité dicté par sa situation privilégiée qui fait d’elle la seule ville du Congo à posséder une aussi importante croissance démographique. C’est aussi là que la pauvreté sévit le plus. Car, nous y trouvons une proportion importante  des jeunes sans situation professionnelle stable.

A première vue donc, Brazzaville  répond aux critères  d’un bon terrain d’investigation pour notre étude que nous avons choisie de mener dans un milieu urbain. 

Enfin, l’étude de la pauvreté à Brazzaville nous permettra  aussi de faire une  comparaison des résultats que nous allons obtenir à ceux déjà obtenus  en 1998 par le R.P.S.A. /O.C. et ainsi de mesurer le degré d’aggravation de ce fléau.  

Étant donné que nous ne disposons pas des moyens financiers importants nous avons choisi de délimiter notre étude dans un quartier sud de Brazzaville, Bacongo.

Il faut dire que la pauvreté des ménages, l’instabilité sociétale, l’incertitude politique sont autant des facteurs qui peuvent favoriser le désir de ne pas avoir plusieurs enfants. Il est vrai que durant les conflits armés les gens ont plus les soucis de survie alimentaire et sanitaire que celui de procréer. Et, dans notre contexte guerres  successives et crises financières fusionnées donnent une bonne explication de la profondeur de la pauvreté plus dans le sud de la ville où se situe Bacongo que dans l’ensemble de Brazzaville. En effet, notre quartier d’étude a connu tous les conflits armés qui ont eu lieu à Brazzaville ce qui n’est pas le cas de la partie nord de la ville. Par conséquent, nous supposons dans ce quartier la pauvreté sévit plus que dans les quartiers situés au nord.

Parmi d’autres motivations de cette sélection figure celle de repartir à Total, huit ans après nos investigations sur la pauvreté dans ce secteur de Bacongo. Nous y mesurerons aussi la profondeur de ce fléau dans la période post conflits de décembre 1998 en comparaison avec nos résultats datant de la période pré - conflits (mars 1998). La référence à ce conflit armé du 18 décembre 1998 est importante. Car, il constitue par son ampleur et ses conséquences destructibles l’apogée de la paupérisation des ménages, une paupérisation presque organisée.

 



                                                                                      Brice MATINGOU, Publié in Inégalité des revenus et fécondité
                                                                                       des ménagess entre 1994 et 2004: cas du quartier Bacongo
                                                                                       mémoire DEA, Université paris1 Sorbonne, 2004   


 

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Published by Brice MATINGOUT - dans PAUVRETE
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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 17:41

Photob 001Il se trouve que les hommes se plaignent sans cesse de la qualité de la vie qu'ils subissent sans possibilité de l'influencer et de la modifier.

 

 Ainsi, certains, se réfugient dans un monde imaginé où la vie est presqu' immobilisée. On se réveille tôt et on se couche tard parfois victime de toutes les peines du Monde.

 

On croit alors, que demain sera meilleur qu'aujourd'hui; ainsi de suite; sans changement réel sinon qu'une suite de frustrations.

 

 D'autres, sont obligés de constater avec force que leur vie est passée et n'attendent plus que la mort sous une forme de résignation. On baisse le moral et en attend Dieu ou les dieux.  Dans l'un ou dans l'autre cas, la vie en question nous échappe.

A vrai dire, la vie n'est ni derrière, ni devant nous. Elle passe d'après les mots de Simone de Beauvoir.   On ne râte pas sa vie, comme, aussi, on ne gagne pas sa vie. Nous sommes juste en vie, dans la vie qui passe pour nous effacer.

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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 13:01


             Photob 001 Pourquoi tant de souffrances et des pauvres ici et ailleurs ? Qui est responsables de nos malheurs ? Sans nul doute, il s'agit de l'homme dit blanc. Pour nous en rendre compte un recul historique est indispensable afin d'éclairer notre pensée.

 

 L'homme occidental contrairement à l'homme oriental ou austral est arrivé à mettre en place un système  planétaire dont lui seul est le dominant et tous les autres les dominés. C'est lui qui fixe toutes les règles selon son humeurs et ses  intérêts. Ses intérêts priment. Le resultat d'une telle entreprise est la destruction, si on n' y prend pas garde, de notre planète.

 

Aujourd'hui, il est plus qu' impérieux de trouver des solutions durables pour sortir notre planète du chaos écologique dans lequel elle est plongée. Il s'agit aussi de mobiliser toutes les énergies planétaires comme si nous étions tous responsables de la destruction de la terre. Certainement, l'heure n'est plus au jugement. Certes.  Mais, comment mobiliser les efforts de tous  si nous ne comprenons  pas comment nous  en sommes  arrivés là ? 

 Pour la petite histoire J.J. Rousseau dans son ouvrage, Principe du contrat social,  nous fournit des éléments de réponses. En effet, il explique qu'au début de l'humanité, qui correspond à l'état de nature, l'homme vivait en harmonie avec la nature. Et, il vivait heureux. Un jour, un imposteur s'est présenté devant les gens assez faibles pour le croire et leur déclara " ceci est à moi" . C'est l'origine de la propriété privée. Il devenait propriétaire des terres et de tous les biens qui s'y trouvaient, les hommes y compris. Ces derniers devenus ses sujets lui devaient soumission, obéissance, taxes et impôts. C'est l'état de société. L'homme  perdit son bonheur. C'est le début d'une chaîne de malheurs pour la majorité d'entre nous.

 L'imposteur-spoliateur, devenu propriétaire et reconnu comme tel, imposa des lois pour le protéger et mit toute l'armée et la police à son service pour arrêter toute tentative de remise en cause de son autorité et de sa propriété. Les tribunaux devaient juger en sa faveur. Rousseau dira "les lois sont faites pour les fripouilles". Les sujets devenaient des machines de production des biens du chef ROI ou Seigneur. Il a le droit de vie ou de mort sur les autres. C'est ce que K. Marx appellera "l'exploitation de l'homme par l'homme". C'est la naissance de l'esclavagisme. L'homme fut privé de tous ses droits et liberté sauf celui de respirer, une bête de somme dont la seule mission est de travailler, toujours travailler. Et, quand les Indiens ne pouvaient accomplir la tâche, il n'hésita pas à aller chercher de robustes hommes en  Afrique pour un voyage sans retour vers les Amériques. La satisfaction tirée de cette exploitation par le despote devenu impérialiste est totale. Car le bénéfice dépasse toute estimation. Le Nègre, sa femme, leurs enfants nés et à naître sont propriétés exclusives du maître. 140px-BLAKE10

 

Dans les sociétés beaucoup plus anciennes comme la Grèce antique, les archéologues ont retrouvé les traces de l'existence des esclaves, plusieurs siècles avant J. Christ. Nous ne citerons pas les Hébreux en Egypte tant qu' aucune de leurs traces ne seront trouvées par les archéologues. Dans tous les cas, partout l'homme est dans les fers au profit de son propriétaire dont la seule motivation est d'accumuler des biens. L' impérialiste devenait cupide.
                  Dans sa cupidité, il a détruit en lui ce qu'il y avait de précieux en l'homme: L'énergie d'amour. Il a réduit les autres en producteurs. Lui affectant un salaire minimum pour des besoins minima. Partout où l'impérialiste est passé, il a modifié les rapports que l'humanité avait avec la nature. Il a soumis la nature à ses caprices devenant maître et possesseur  selon les mots de F. Bacon. Il faut à tous prix transformer la nature peu importe sa forme finale. La dominer. Le but est claire. Amasser, encore amasser les trésors de la terre. Devenir riche. La richesse à ses yeux  confère la puissance. La puissance à son tour confère le bonheur. Le bonheur. Pour y arriver, la fin justifie les moyens. Pour faire de l'Allemagne-Europe une grande nation, Hitler n'hésita pas à massacrer les juifs pour leur soutirer toutes leurs richesses. C'était, pensait-il le moyen le plus efficace. Dans la vision du cupide, l'argent passe avant l'homme. Or, en faisant du mal à l'homme, on fait du mal à la nature, à l'environnement car l'homme est une partie de la nature.

 Dans la vision orientale de l'homme, il est une partie de la nature.  Pour n'avoir pas compris cette verité, le cupide occidental a tout détruit autour de lui et loin de lui. La forêt de la cuvette congolaise va disparaître. L'Amazonie connaît le même sort. C'est la puissance de la vision utilitariste qui gouverne le monde. Tout doit rapporter. Dans les années 70, la France a besoin de la main d'oeuvre africaine, il faut aller les chercher. Les années 2000, plus besoin de la main d'oeuvre, l'homme africain devient l'immigré qu'il faut traquer comme un méchant lion au milieu des loups. Lors de la première et la deuxième guerre mondiale, il a fallu mobiliser des milliers d'africains pour sauver la métropole contre l'Allemagne,l'ennemie. Aujourd'hui, au nom de l'amitié franco-allemande soutenue par l'union européenne, Sarkozy fait surveiller les frontières européennes contre des africains, ennemis. L'histoire a t-elle un sens ? Les autres ne sont importants que s'il a besoin d'eux.


               C'est une vision égoïste qui caractérise l'impérialiste devenu colonialiste. Au centre il y a lui. Tout ce qui est meilleur est à lui. C'est tout le sens des missions civilisatrices nommées la colonisation. Il a reçu de la nature le don, le droit et le devoir de civiliser tous les autres peuples de la terre. C'est l'égoïsme poussé à l'extrême, proche de la folie. Manger, s'habiller, parler, penser, agir, réagir.... comme lui. Pas d'alternative possible. Soit on assimile la civilisation, soit on reste sauvage. Sauvage ! Personne ne veut rester sauvage au risque d'être rejeté. Quel malheur! Le sauvage est   compris comme celui qui ne fait pas comme l'homme dit blanc. A cet exercice, les Africains mieux que les Asiatique ont assimilé la léçon. Ils n'ont rien compris mais tout appris et  tout pris. En agissant de la sorte, l'Africain a perdu ce qui le caractérisait: sa personalité. Il est devenu cet homme à la "peau noire masque blanc". Il a perdu ses repères et se perd. Pour tout dire, il est perdu. En Afrique, parler la langue de Molière avec ses enfants en ville comme au village est un signe de prestige. Des milliers d'enfants grandissent ainsi sans connaître une seule langue africaine. C'est le complexe, signe extérieur de l'idiotie.


                 Si l'Asiatique, au contraire, a tout compris de l'homme blanc, sans rien perdre de lui même, il a tout pris. C'est ce qui fait sa force aujourd'hui. Ce n'est pas étonnant que le 21e siècle soit celui de la Chine. Les voilà partis pour recolonialiser l'Afrique. Arracher ce que les occidentaux preservaient pour les années futures.
              Le comble est poussé encore plus loin, presqu'à l'extrême quand il a s'agit de définir le degré d'intelligence par la couleur de la peau. Quelle misère! Plus un homme est blanc, plus il est intelligent. Aujourd'hui, diable! il y a encore des millions d'imbéciles qui pensent comme cela. Ces hommes à l'esprit non évolué ont détruit l'équilibre de la planète. Ceux qui croient à l'existence des races en dehors de la race humaine, ces racistes, pour qui l'Afrique est trop riche pour les africains. Ils ont trouvé en face des gens assez cons qui blanchissent leur peau pour être beaux. Oh misérables!
           L'homme occidental accumule les richesses de la terre pour lui seul. Ce qui appartenait à tous, pour la survie de toute l'humanité est devenu la propriété de quelques uns. En effet, 90 % de la richesse du monde est propriété exclusive des 10 % d'habitants de la terre. 95 % parmi eux  vivent en Occident. Pendant ce temps, un enfant meurt  de malnutrition  toutes les 5 minutes dans le monde. Une indifférence choquante. Ces riches et fiers de l'être à eux seuls peuvent résoudre le problème de la pauvreté dans le monde. Au lieu de cela, ils accumulent sans cesse pour faire de leurs enfants des héritiers "heureux". Encore une vision trop occidental du bonheur. Un bonheur insolent. Comment expliquer le nombre très élevé de suicidés, stressés, angoissés, névrosés et autres formes de maladies de même nature  en Occident si le bonheur était lié à la possession des biens  ?


           Aujourd'hui comme hier, rien n'a changé. Copenhague n'a rien changé. Les pollueurs continuent de polluer. Les despotes continuent de nous exploiter à la même allure qu'au 20e siècle. Mais cette fois, nous sommes producteurs et consommateurs. Consommateurs. Il a réussi à faire de nous de gros consommateurs. La formule est très simple. Il nous donne l'impression que nous pouvons aussi vivre à peu près comme lui: acheter une voiture, une maison  etc. La différence, est que, c'est lui qui nous octroie les crédits bancaires. Le capitaliste fixe ses taux à sa convenance. Il est presque sûr que nous ne pourrons pas du tout y arriver de telle sorte qu'il a toujours les moyens de tout récupérer. Il a des huissiers pour cela. De nos jours, des milliers de ménages sont tout simplement en faillite. Pour les ménages qui malgré tout ont l'illusion de s'en sortir, c'est au prix de toute leur vie. Un ménage pauvre qui accède à la propriété ne sera propriétaire de son logement qu'au bout de trente ou quarante ans soit entre 60 et 70 ans pour le monsieur et 50 à 60 ans pour la pauvre femme. On a passé toute sa vie à travailler pour le despote devenu banquier comme sous l'esclavagisme et le colonialisme. Quelqu'un disait, nous sommes toujours liés mais les chaînes sont en or, c'est toujours les chaînes. Comment il peut en être autrement ?

 

 Les pauvres que nous sommes n'avons pas de porte de salut. Nous sommes ceux que le système suce jusqu'à n'être plus que des simples épaves. Il n' y aplus de doute, nous travaillerons pour les capitalistes jusqu'à épuisement, 67 d'abord, 77 ans ensuite et 87 ans. 

                      Qui a dit que l'esclavage avait été abolie ? Quelle que soit sa forme l'esclavage existe toujours. L'homme noir n'était plus dans les champs de canne-à-sucre. Son propriétaire lui a dit "tu peux t'en aller" par ce qu'au fond la canne-à-sucre était remplacé par la betterave pour la fabrication du sucre. Cette nouvelle culture n'exigeait plus une main d'oeuvre abondante. Contrairement à ce qu'on nous fait croire, Le capitaliste n'était pas devenu bon comme par miracle au point de libérer les noirs, ses noirs. Mais, c'est grâce à la betterave que les noirs sont devenus libres. D'ailleurs, de quelle liberté parlons nous ? Où pouvait -il aller travailler ? Il ne devait retourner que dans les champs. C'était là, leur place. Et Obama? Me diriez-vous. Ce cas m'échappe. Mais, il n'échappe pas aux gros industriels et pétroliers de la planète qui ont la main mise sur sa sécurité défaillante. Et, si tout était calculé.


                  Oui, l'Occidental est calculateur. C'est un homme intéressé. Il est attiré par le gain, le profit même s'il faut détruire la planète pour cela. C'est dans la nature de son mode de développement. En plus, il appelle ça développement, un système qui detruit des milliers de vie par jour et que les dirigeants africains betement ont érrigé comme modèle.  Un modèle qui a montré ses limites et a atteint son apogée dans la destruction. Un modèle que l'homme ne peut plus contrôler, c'est le cas du nucléaire.  Comment faire avancer le désarmement nucléaire ?

 

Personne ne se préoccupe de cette question et pourtant le nucléaire pourrait être responsable des désastres au-delà du contrôle des êtres humains. L'homme est devenu dangereux pour lui-même à cause des effets qui résultent des activités humaines.

 

 

             Il n y a pas de doute sur le fait que le despote de Rousseau qui a survécu à la première et la deuxième guerre mondiale, l'héritier des négriers qui ont bâti leurs fortunes sur le sang et la sueur des millions d'africains du 12e siècle à nos jours, celui qui n'hésite pas de spolier et d'exproprier des millions de ménages pauvres dans le monde et qui malgré tout est malheureux, est seul responsable de la destruction de l'environnement qui explique chaque année des milliers d'éco-réfugiés. 

 

Aujourd'hui, il  veut imposer aux ménages pauvres de payer la taxe carbonne. Comble d'injustice! Tant que c'est lui qui fera des lois, elles seront toujours en sa faveur.

 

Oh malheureux que je suis, où sont les révolutionnaires ? Excusez, ils ont tous été tués. Par qui ? Me demanderez.-vous ? Mais, c'est le même quand il s'appelle mondialiste aux intérêts économiques ramiffiés, il fait et refait les résultats des élections présidentielles en Afrique.

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 21:51
Trois visites au Gabon en trois ans, Sarkozy bat le reccord du président le plus visiteur du Gabon. Mais pourquoi ce pays ? Après la mort d'Houphouet, président de la Cote d'Ivoire, le Gabon est devenu le siége de la Françafrique où se jouent et déjouent les stratégies pour la spoliation et l'expropriation du continent africain au bénéfice de la France.    Avez-vous compris ?
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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 08:05

 

Par Oscar Libotte, Président Honoraire de l'Urome

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES PENETRATIONS ETRANGERES

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A.

 

L'arrivée des Portugais au Bas-Congo

 

En 1482, un explorateur européen qui longeait la rive occidentale de l'Afrique découvre l'embouchure du Congo. Cet explorateur était le Portugais Diégo Cao.

 

 

Paradoxalement, cette découverte du Congo par les Portugais en 1482 est une séquelle des guerres que l'Europe chrétienne avait entreprises contre les musulmans : en effet, c'est en repoussant les derniers Maures, après la chute de Ceuta, clef de l'Afrique du Nord, que les Portugais pensèrent à continuer leur route vers le Sud. Longtemps, cette obsession de la poursuite du "Maure" allait les poursuivre : elle devait les accompagner lorsqu'ils découvraient successivement le Sénégal, le Congo, le Zambèze. Chacun des fleuves rencontrés le long de la côte Atlantique, ils allaient tenter de les remonter dans l'espoir - jamais réalisé - d'atteindre ainsi un lac intérieur illusoire qui leur aurait ouvert la voie vers un autre fleuve et de là vers le royaume fabuleux du "Prêtre Jean". Ils projetaient de délivrer ce royaume imaginaire de ses voisins "infidèles" et, dès lors, avec son aide, de prendre à revers du côté de l'Egypte les forces de l'Islam. Inutile de préciser que ce songe ne se réalisa jamais, mais il permit d'ouvrir les premières portes de l'Afrique centrale.

Un tel rêve belliqueux n'était pas le seul mobile qui animait les Portugais. En même temps, ils essayaient de découvrir une route sûre qui les conduirait vers les riches terres des Indes. Chemin faisant, ils jalonnaient cette route de postes, souvent fortifiés, et s'assuraient le monopole du commerce. Très rapidement, le monopole commercial portugais allait d'ailleurs couvrir un énorme trafic d'esclaves.

La complexité de ces mobiles explique les aspects contradictoires et mouvants de la pénétration portugaise en Afrique.

Deux ans après avoir repéré le débouché du Congo, Diégo Cao revenait en force, accompagné d'une équipe de missionnaires. Il débarquait à Mpinda - un petit port situé dans une crique de la rive sud, non loin de l'embouchure, et qui devait devenir tristement fameux par son commerce négrier. De Mpinda, les religieux gagnaient, à trois cents kilomètres dans l'intérieur des terres, la capitale du royaume de Congo où ils rencontraient le souverain Nzinga Ntinu.

 

 

 

Dès ce moment, tout l'actuel Bas-Congo, pendant de nombreuses années, fut sillonné par des commerçants, des artisans, des missionnaires. Une vie européenne allait s'introduire dans ce pays et y subsister jusqu'au moment où le Portugal le délaisserait au profit de l'Angola.

 

Parmi ces gens de la première pénétration, se trouvaient quelques Belges. C'est ainsi que dès 1610 un commerçant anversois Pierre Van Broeck achetait de l'ivoire à l'embouchure du fleuve. Plusieurs Capucins belges vinrent aussi comme missionnaires au Congo; le plus fameux d'entre eux est le Père Adrien Willems, mort lapidé en 1651, qui rédigea le premier dictionnaire bantou.

En même temps, des explorations étaient menées vers l'intérieur des terres. Celles-ci, effectuées souvent par des commerçants, n'ont pas livré leurs résultats qui étaient gardés secrets en raison de la concurrence. Mais cependant, en 1488, Diégo Cao - dans l'espoir de trouver la voie de passage vers le royaume du Prêtre Jean - remonte le fleuve et parvient en amont de Matadi où une pierre gravée conserve encore le témoignage de son arrivée. Plus tard, en 1652, un missionnaire, le Père de Montesarchio, parvient au Stanley-Pool et prend contact avec le pays des Bateke. Il y trouve d'ailleurs déjà installées des factoreries portugaises que tenaient des gérants noirs.

L'occupation commerciale du Bas-Congo était donc réalisée dès cette époque; malheureusement, elle s'accompagna d'exactions de tous genres qui la rendirent vite impopulaire.

Quant à l’œuvre missionnaire, elle s'avéra précaire. Sans doute, dès 1491, le roi de Congo était-il baptisé; sans doute, son petit-fils devenait-il en 1518 le premier évêque congolais; sans doute, des maçons, des charpentiers venus d'Europe élevaient-ils des églises; sans doute, baptisait-on le peuple par doses massives; sans doute, un petit contingent de capucins exerça-t-il jusqu'en 1834 une activité réduite et sporadique. Mais le christianisme, tel qu'il fut introduit alors, ne lança point, semble-t-il, de racines profondes; imposé par le pouvoir, il ne recueillit point dans l'ensemble l'adhésion des cœurs; il se confondit souvent avec un opportunisme politique. Lorsque à la fin du XIXe siècle arrivèrent les Belges, ils ne trouvèrent plus que quelques vestiges, quelques rites au sens perdu, l'un ou l'autre mur d'église à ras du sol et couvert d'herbes, et aussi quelques crucifix de cuivre de fabrication locale qui avaient été conservés à travers les générations.


 

 

 

 

 

B.

 

Les négriers européens


Par millions, des navires européens déportèrent du XVe au XIXe siècle des esclaves noirs vers l'Amérique. Ce trafic de chair humaine fut introduit par les Portugais. Il commence en 1443, lorsqu'un trafiquant lusitanien ramena du golfe de Guinée un groupe de 263 Africains. Devenus bientôt maîtres de la chaîne de comptoirs qui s'échelonnaient tout au long du rivage atlantique, les Portugais mirent le continent en coupe réglée, comme une forêt, comme une mine. Parlant du Congo, l'un de leurs écrivains le décrit d'ailleurs comme "une mine à esclaves".

C'est le Congo qui pâtit le plus de ce trafic, car ses sujets étaient très cotés sur les marchés. Lisbonne, au début du XVIe siècle, était devenue le principal marché d'esclaves alimentant à la fois le Portugal et les Amériques. A cette époque, on vendait déjà de 10 à 20.000 noirs par an. Le long de l'embouchure du Congo, les captifs venus en caravanes de l'intérieur étaient parqués dans des enclos en attendant preneurs. Le port principal d'exportation et le plus ancien était Mpinda, dans une crique de la rive sud. C'est à Mpinda qu'avait débarqué la première expédition portugaise; c'est de là, qu'au cours des siècles suivants, furent exportés par dizaines de milliers de malheureux esclaves noirs. Mpinda fut d'ailleurs à diverses reprises disputé dans l'histoire; en 1602, il est attaqué par une flottille française; en 1606, les Hollandais essaient de s'y établir; l'une et l'autre tentative d'installation furent repoussées par les Portugais. Ceux-ci conservèrent pendant deux siècles, aux XVe et XVIe siècles, le monopole de la traite des noirs.

Mais, à l'aube des temps modernes, les autres puissances européennes entrèrent en compétition commerciale; à ce moment s'amorçait le déclin du Portugal, en même temps que croissait la force de la France, de l'Angleterre et des Pays-Bas.

Après la chute de Loanda en 1641, les Hollandais enlèvent leurs postes aux Portugais et prennent leur succession dans le commerce des esclaves. Les Portugais cependant résistent, des combats se déroulent dans le Bas-Congo, les factoreries hollandaises de Mpînda sont rasées en 1648, mais finalement tout se termine par un accord qui donne aux Hollandais le droit de trafiquer. Un peu plus tard, les Anglais à leur tour font leur apparition dans les installations congolaises : dès 1701, ils possèdent, toujours à Mpinda, une factorerie qui achetait les esclaves aux Mussorongo.

De monopole portugais, la traite des esclaves noirs était devenue à la fin du XVIIe siècle une gigantesque entreprise internationale. Les entrepôts deviennent de plus en plus nombreux et florissants. Les Français apparaissent à leur tour sur le marché, chassent les Portugais du port de Cabinda et installent leur trafic surtout au-delà de la rive nord du fleuve, vers Loango et Malemba, tandis que les Anglais se spécialisent dans l'estuaire.

Au cours de la seule année 1778, on avait exporté d'Afrique 104.000 esclaves; le tiers d'entre eux provenait du Congo et de l'Angola.

Il est à noter que ces esclaves, après avoir été au début prélevés dans les régions riveraines, provenaient, la marchandise se raréfiant, d'endroits de plus en plus reculés du pays. Pour les obtenir, des expéditions étaient organisées; celles-là étaient généralement commandées par des "pombeiros", trafiquants noirs ou métis au service des Portugais.

 

Certaines de ces expéditions remontèrent, au XVIIe siècle, jusqu'au lac Léopold Il, et plus tard jusqu'au Katanga. Parfois des tribus commerçantes, tels les Bateke, servaient d'intermédiaires et revendaient aux abords de Léopoldville des esclaves en provenance du Haut-Congo. Des pistes commerciales reliaient d'ailleurs dès cette époque le Kwango et le Stanley-Pool à la grande piste qui aboutissait aux ports angolais. A la faveur de ce mouvement, l'un ou l'autre Européen pénétra même assez profondément à l'intérieur des terres, tel le Hollandais de Helder, qui peu après 1641 conduisit une expédition jusqu'à Muende Kundi, sur le Kwango.

Le XIXe siècle devait voir à la fois l'apogée de la traite des noirs et sa disparition.

Déjà au XVIIIe siècle, l'opinion publique avait pris conscience de la situation et une forte réaction s'était dessinée contre le trafic de chair humaine. Cette réaction alla s'accentuant. Les idées de 1789 ouvrirent une ère nouvelle. L'Angleterre prit les devants dès 1807, elle abolissait la traite et dès 1833 l'esclavage dans ses colonies; cet exemple était suivi par le Portugal en 1835 et par la France en 1848.

Mais longtemps encore, ces décrets devaient rester lettre morte : ils se heurtaient à trop d'intérêts commerciaux. Dans la pratique, ils aboutirent à rendre clandestin le trafic des esclaves, mais celui-ci resta florissant : des chiffres contrôlés démontrent qu'entre 1840 et 1848, il était encore déporté entre 50 et 80.000 noirs par an; en 1850, l'estuaire du Congo était encore bordé de nombreux entrepôts d'esclaves dont Boma était le grand centre d'approvisionnement. Bientôt même, ce sera jusqu'au Katanga, chez Msiri, que les Portugais iront acheter des hommes.

En fait, on dut attendre la fin du XIXe siècle pour voir enfin, grâce surtout à l'introduction de nouveaux moyens de production, s'éteindre l'esclavagisme. En 1877, on trouvait encore échoués devant Boma des esclaves morts noyés, mains liées, carcan au cou, le nom du trafiquant gravé dans les chaînes; cependant le chiffre d'esclaves exportés du Congo était tombé entre 1860 et 1874 de 30.000 à 2.000.

 

 

 

 

 

Toutefois, quelques foyers clandestins subsistèrent en Angola; ils ravitaillaient en main-d’œuvre les factoreries de l'intérieur du pays; ces foyers tentaient comme par le passé de trouver en terre congolaise leur marchandise humaine; même, leurs pourvoyeurs n'hésitèrent pas, en échange des ennemis capturés, à fournir des armes à certaines tribus congolaises - tels les Batshioks du Kwango et, en plein début du XXe siècle, les révoltés Batetela réfugiés au Katanga.

 

 

Lorsque les Belges parvinrent au Congo, ils avaient comme premier objectif, fixé par Léopold Il, la répression de la traite des noirs. A ce moment, rien que par la voie de l'Ouest, en quatre cents ans, plus de quinze millions de Congolais avaient été déportés; dix millions d'entre eux, à la suite des mauvais traitements, étaient morts en cours de route.

 

 

L'occupation belge et la surveillance des frontières mirent fin aux dernières incursions angolanes et sauvèrent les tribus menacées.


C.

 

 

 

Les négriers arabes


A peine la traite des esclaves diminuait-elle ainsi à l'Ouest, qu'elle se développait avec une intensité accrue dans tout l'Est du Congo. Cette fois, ce n'était plus à l'Amérique qu'il fallait de la main-d’œuvre bon marché, mais c'étaient les harems et les palais du Moyen-Orient qui réclamaient des femmes et des domestiques.

Dès le VIIIe siècle, les Arabes avaient étendu leur domination sur la rive orientale de l'Afrique; en bordure de l'océan Indien, ils avaient bâti des villes aujourd'hui ensevelies sous les forêts tropicales. Repoussés à la fin du XVe siècle par les Portugais qui avaient fait le tour du continent, ils reprirent bientôt pied, et deux cents ans plus tard, ils étaient redevenus les maîtres de la côte, loin vers le Sud.

 

 

A quelle époque, les premiers Arabes pénétrèrent-ils au Congo ? Il est difficile de le savoir mais il est avéré qu'au début du XIXe siècle on trouvait déjà des Congolaises dans les harems d'Osman et de Mascate. Pendant longtemps, comme jadis les Portugais au Bas-Congo, ils se contentèrent de razzias locales auxquelles s'ajoutaient de rares incursions vers l'intérieur. Cependant, les besoins allant croissant, notamment par suite de la suppression du débouché russe en esclaves blancs, ils s'aventurèrent de plus en plus vers le centre africain. En 1840, ils étaient parvenus au lac Tanganika et en 1858 les explorateurs Burton et Speke apportaient le premier témoignage sur les négriers arabes; ceux-ci avaient installé une base à Uvira. D'Uvira, ils rayonnaient vers l'Urundi et vers le Katanga où ils rencontraient d'ailleurs leurs collègues portugais.

Dès ce moment, ils firent du Congo leur terrain de chasse. Avec l'aide de tribus cannibales, dont ils devaient souvent protéger leurs captures, ils mirent des zones entières à feu et à sang; généralement, tout comme les «pombeiros» chez les Portugais, c'étaient des métis qui dirigeaient ces expéditions et organisaient les marchés.

 

 

 

Les forces arabes mirent vingt ans à envahir la région qui s'étend du lac Tanganika au Lualaba, en 1860, elles arrivaient à la rive du fleuve, s'y installaient et fondaient Nyangwe, qui longtemps allait être leur capitale africaine. De Nyangwe un réseau de postes Kirundu, Kabambare, etc. assurait les relais jusqu'au Tanganika. Il leur fallut encore une vingtaine d'années pour arriver à Stanleyville; en 1883, Stanley, remontant le fleuve, les rencontre à Basoko et dans l'Aruwimi qu'ils ravagent.

Pendant ce temps, d'autres incursions arabes partaient du Soudan. De plus faible envergure, elles contournaient les redoutables sultanats Azande pour aller razzier les tribus Mangbetu et Abarambo de l'Uélé. Elles devaient atteindre leur plus grande intensité lors des attaques madhistes.

Y eut-il des voyageurs arabes qui - préfigurant Stanley - descendirent le fleuve, sinon jusqu'à la mer, du moins jusqu'au Pool? La question, faute d'archives connues, reste ouverte, mais il est certain que, mieux que les explorateurs européens, ils savaient dès le milieu du XIXe siècle que le Lualaba était le Congo, et non le Nil, et plusieurs d'entre eux décrivirent à cette époque l'estuaire du fleuve, ses bateaux, ses factoreries.

 

Quel est le nombre de Congolais qui fut razzié par les Arabes pendant les quelques dizaines d'années que dura leur trafic? Ici aussi, les archives manquent pour apporter une réponse certaine. Il est connu que certaines caravanes qui parcoururent le millier de kilomètres séparant le Tanganika de l'océan Indien ne comptèrent pas moins de deux mille esclaves. L'on a estimé qu'à l'apogée de leur puissance africaine, les Arabes exportèrent quelque 70.000 Congolais par an. Aux chiffres de ces ventes, il faudrait ajouter celui des massacres, car les razzias arabes étaient particulièrement féroces et meurtrières. On peut avoir un indice du rôle proportionnel du Congo sur les marchés de l'époque; en consultant les tableaux de population de Zanzibar, ancienne capitale de la traite; aujourd'hui, sur les deux cent mille noirs qui peuplent le sultanat, la moitié est constituée par des descendants d'esclaves et deux mille d'entre eux se reconnaissent encore une origine congolaise.

Bientôt, l'occupation arabe devint si forte au Congo que l'on vit l'un de ces trafiquants s'y créer un sultanat; il s'agit à vrai dire du plus célèbre des négriers de cette période, Tippo­Tip. Lorsque arrivèrent les premiers Belges, ils trouvèrent en lui un potentat trop fort pour être attaqué avec chance par leurs faibles effectifs. A ce moment, Tippo-Tip régnait en maître incontesté sur tout le Maniéma et le Lomami et ses razzias allaient depuis le Haut-Ituri, à l'est, jusqu'à la Lulonga à l'ouest; elles tendaient ainsi à rejoindre les territoires foulés par les négriers de Khartoum. Mieux valait composer et tenter de rallier Tippo-Tip aux entreprises nouvelles. Celui-ci, devant les arrivants, se révéla d'ailleurs un diplomate avisé : déplaçant progressivement ses terrains de razzias, il manœuvra avec une telle habileté qu'il parvint souvent à détourner de ses domaines cachés les chemins des explorateurs. Finalement, Stanley lui-même, devant une telle puissance, jugea bon de se le rallier, en l'amadouant : en 1887, au nom de Léopold Il, et en le nommant gouverneur de la province des Falîs qui s'étendait pratiquement sur presque tout l'Est du Congo; à cette nomination, une condition était mise : collaborer avec les Belges à la suppression de la traite des esclaves. Tippo-Tip fut-il fidèle à la convention? Il semble que, conseillé par le sultan de Zanzibar, il se résigna à l'inévitable; trois ans plus tard, comprenant sans doute que des temps nouveaux allaient arriver, il abandonnait sa charge et quittait définitivement son ancien royaume africain.

C'est alors que, brusquement, tout le réseau des postes arabes allait entrer en rébellion. Une autre époque commençait : celle des campagnes arabes au cours desquelles, au prix de nombreux sacrifices, les Belges exterminèrent définitivement toute velléité d'esclavagisme.


 

 

 

 

 

D.

 

Les explorations du XIXe siècle


Les Portugais, dans leur découverte de l'Afrique, avaient été partiellement guidés par l'illusion d'atteindre un royaume imaginaire, celui du Prêtre Jean. Un nouveau mobile allait guider la majorité des explorations du XIXe siècle, parties des pays européens : résoudre le problème des sources du Nil.

Bientôt, petit à petit, allait être cerné le mystère du centre africain : il le fut par des approches successives qui, parties de traversées coupant des zones périphériques, devaient aboutir au sensationnel exploit de Stanley.

Déjà, en 1798, le Portugais Lacerda avait pénétré jusqu'au Katanga et y avait eu connaissance des mines de cuivre. Mais c'est en 1816 que s'amorce le grand courant des explorations scientifiques : cette année là, l'Anglais Tuckey s'engage dans l'estuaire du Congo afin de vérifier si ce n'est pas là tout simplement le Niger; jouant de malheur, l'expédition fut décimée par la fièvre : sur 56 personnes, 18 moururent en cours de route. Tuckey était parmi les disparus, mais son entreprise n'avait pas été inutile : elle avait remonté le fleuve jusqu'à hauteur des rapides d'Isangila, bien en amont de Matadi, aux environs du site d'Inga; de plus, elle rapportait en Europe les premières études approfondies sur les pays traversés.

 

 

 

Dès le milieu du siècle, le courant s'intensifie. A l'est du Congo, des expéditions successives, lancées à la recherche des sources du Nil, découvrent les grands lacs : les Anglais Burton et Speke arrivent au Tanganika en 1858, leur compatriote Baker atteint le lac Albert en 1860. Au Nord, entre 1870 et 1872, l'Allemand Schweinfurt parvient à l'Uélé et l'Italien Miani au Bomokandi.

 

 

A la même époque, du Sud arrivait Livingstone. Celui-ci découvrait le lac Moéro où il rencontrait Tippo-Tip, et plus tard, profitant d'une caravane de trafiquants arabes, il quittait le Tanganika pour arriver à Nyangwe, sur le bord du Lualaba, le 29 mars 1871. Pour la première fois, ce jour-là, un Européen voyait le cours supérieur du Congo. Etaient-ce là les eaux du Nil ou celles du vieux Zaïre? Telle était la question que se posa Livingstone. Il semble bien qu'il soupçonna d'être devant le Congo, mais les habiles Arabes ne le laissèrent point aller plus avant; de plus, la région était périodiquement mise à sang par les marchands d'esclaves. Ecœuré par les massacres qu'il avait vus, Livingstone, dès la fin de la même année, avait déjà rejoint le Tanganika : c'est là que le retrouve Stanley qui allait passer quelques mois à voyager avec lui dans la région.

Bientôt, un autre Européen atteignait la même rive du Lualaba : l'Anglais Cameron, parti lui aussi du Tanganika, découvre la Lukuga, traverse les pays dominés par les négriers et arrive - comme Livingstone trois ans auparavant - à Nyangwe, la grande capitale arabe. Avançant des arguments scientifiques, Cameron est le premier à déclarer nettement que les eaux qui coulent devant lui ne sont pas celles du Nil, mais celles du Congo. Le 28 août 1874, aidé par Tippo-Tip, il parvenait à traverser le Lualaba, mais sa tentative d'explorer le fleuve mystérieux s'arrêta là : à force de persuasion, de paroles, et de ruses couvertes d'amabilité, l'habile Tippo-Tip parvint à le détourner de tout projet de découverte vers l'aval, à tel point que l'officier anglais, rebroussant chemin, remontait bientôt le Lomami, et passant par Kamina rejoignait l'Angola pour arriver l'année suivante à l'Atlantique après avoir réussi à traverser complètement l'Afrique.

C'est à Stanley qu'étaient destinés la chance et le mérite d'effectuer enfin pour la première fois la descente du fleuve.

Rentré en Europe après sa rencontre avec Livingstone, Stanley revint bientôt en Afrique. Au moment même où Cameron tourne le dos à la chance, il s'enfonce dans l'intérieur du continent; deux ans plus tard, le 18 octobre 1876, il arrive à Kasongo où il rencontre lui aussi Tippo-Tip. Plus heureux que son prédécesseur, Stanley parvient à s'imposer au potentat et à l'appâter : pour cinq mille dollars, celui-ci accepte d'accompagner l'explorateur pendant trois mois en aval de Nyangwe. Au début de novembre, les deux hommes quittent de concert Nyangwe; sur les eaux du fleuve flotte dès ce moment un canot démontable que Stanley avait fait transporter à dos d'homme depuis l'océan Indien.

Mais, quelques semaines plus tard, à la fin décembre, Tippo-Tip, découragé par les dangers de l'entreprise et les maladies qui font d'effroyables ravages parmi ses gens, quitte son compagnon après l'avoir accompagné jusqu'au-delà de Kindu. Dès ce moment, Stanley est seul avec son escorte dans une nature hostile; il s'enfonce dans l'inconnu. Lorsqu'il atteignit Boma, en août de l'année suivante, il avait perdu tous ses compagnons européens et les deux tiers de ses effectifs. Mais cet homme épuisé apportait, avec la découverte du cours du Congo, la clef d'un problème posé depuis 1482.

Désormais, par l'Est et par l'Ouest, étaient ouverts les chemins qui, des océans, conduisent au centre africain. Celui-ci faisait son entrée dans le monde moderne.

 

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Published by Brice MATINGOUT - dans AFRIQUE
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