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  • : Ce blog traite des causes endogènes et exogènes liées à la pauvreté de l'Afrique. Il fait par ailleurs un pont entre l'Afrique et la France: la françafrique.
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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 08:18

 Pour info (très utile à méditer).

 

 

A LIRE ATTENTIVEMENT, ET A MEDITER...Avis d'un journaliste sur

l'avenir de L'Afrique. Qu'en pensez-vous? Très profond, à méditer !

 

Il arrive dans la vie qu'une conversation banale nous secoue pendant

des heures voire des jours. J'attendais tranquillement un ami au

terminus d'autobus de Montréal quand un monsieur d'un certain âge a

pris place à mes côtés avant d'engager l'une des conversations les

plus enrichissantes de ma vie. Professeur d'études stratégiques dans

un institut international, l'homme connaît le continent africain comme

le fond de sa poche. Son analyse, son point de vue sur notre avenir,

donne froid dans le dos. Et s'il vous plaît, ne sortez pas la rancune

du « colon nostalgique ». Lisez avec la tête et la raison ce qu'il

dit.

 

 

Je vous rapporte fidèlement ses constats : « Cela fait maintenant plus

de 25 ans que j'enseigne la stratégie. Dans ma carrière, j'ai eu

affaire à des dizaines d'officiers et de hauts fonctionnaires

africains. Je suis malheureusement obligé de vous dire ceci : du point

de vue des études stratégiques, de l'analyse et de l'anticipation, je267492-le-ticket-de-la-fraude-est-l-unique-coupable

leur donne un gros zéro pointé. Nos stagiaires africains sont très

instruits, ils ont de belles tenues militaires ou manient le français

de manière remarquable, mais, dans les cours, ils ne nous apportent

rien. Tout simplement, parce qu'à ma connaissance, dans toute

l'Afrique francophone, il n'y a pas un seul centre d'études

stratégiques et internationales avec des vrais professionnels à leur

tête. Je vais vous expliquer pourquoi je n'ai aucun espoir pour ce

continent. Au moment où je parle, le monde fait face à trois enjeux

principaux : l'énergie, la défense stratégique et la mondialisation.

Donnez-moi un seul cas où l'Afrique apporte quelque chose. Rien !

 

Commençons par l'énergie et précisément le pétrole. Tous les experts

mondialement reconnus sont unanimes à reconnaître que d'ici 15 à 20

ans, cette ressource sera rare et excessivement chère. En 2020, le

prix du baril tournera autour de 120 dollars. C'est conscients de

cette réalité que des pays comme les USA, la France, la Chine, le

Royaume Uni, etc. ont mis sur pied des task force chargés d'étudier et

de proposer des solutions qui permettront à ces nations de faire main

basse sur les ressources mondiales, de s'assurer que quoi qu'il

advienne, leur approvisionnement sera assuré. Or, que constate-t-on en

Afrique ? Les dirigeants de ce continent ne sont même pas conscients

du danger qui les guette : se retrouver tout simplement privé de

pétrole, ce qui signifie ni plus ni moins qu'un retour à la

préhistoire ! Dans un pays comme le Gabon qui verra ses puits de

pétrole tarir dans un maximum de 10 ans, aucune mesure de

sauvegarde, aucune mesure alternative n'est prise par les autorités.

Au contraire, ils prient pour que l'on retrouve d'autres gisements.

Pour l'Afrique, le pétrole ne comporte aucun enjeu stratégique : il

suffit juste de pomper et de vendre. Les sommes récoltées prennent

deux directions : les poches des dirigeants et les coffres desifp-institut-francais-petrole 20

marchands d'arme. C'est pathétique.

 

Ensuite, la défense stratégique. L'état de déliquescence des armées

africaines est si avancé que n'importe quel mouvement armé disposant

de quelques pick-up et de Kalachnikov est capable de les mettre en

déroute. Je pense qu'il s'agit plus d'armées de répression intérieure

que de guerre ou de défense intelligente. Pourquoi ? Parce que,

comparées aux armées des nations développées, de la Chine, de l'Inde

ou du Pakistan, les forces africaines rappellent plus le Moyen âge que

le 21e siècle. Prenez par exemple le cas de la défense anti-aérienne.

Il n'y a quasiment aucun pays qui possède un système de défense équipé

de missiles anti-aériens modernes. Ils ont encore recours aux canons

antiaériens. Les cartes dont disposent certains états-majors datent de

la colonisation ! Et aucun pays n'a accès à des satellites capables de

le renseigner sur les mouvements de personnes ou d'aéronefs suspects

dans son espace aérien sans l'aide de forces étrangères. Quelle est la

conséquence de cette inertie ? Aujourd'hui, des pays comme les

Etats-Unis, la France ou le Royaume-Uni peuvent détruire, en une

journée, toutes les structures d'une armée africaine sans envoyer un

seul soldat au sol... Rien qu'en se servant des satellites, des

missiles de croisière et des bombardiers stratégiques. A mon avis et

je crois que je rêve, si les pays africains se mettaient ensemble, et

que chacun accepte de donner seulement 10 % de son budget militaire à

un centre continental de recherche et

d'application sur les systèmes de défense, le continent peut faire un

pas de géant. Il y a en Russie, en Ukraine, en Chine, en Inde, des

centaines de scientifiques de très haut niveau qui accepteraient de

travailler pour 3000 dollars US par mois afin de vous livrer des armes

sophistiquées fabriquées sur le continent et servant à votre défense.

Ne croyez pas que je rigole. Il

ne faut jamais être naïf. Si la survie de l'Occident passe par une

re-colonisation de l'Afrique et la mainmise sur ses ressources

naturelles vitales, cela se fera sans état d'âme. Ne croyez pas trop

au droit international et aux principes de paix, ce sont toujours les

faibles qui s'accrochent à ces chimères. Je pense qu'il est temps de

transformer vos officiers (dont 90 % sont des fils à papa pistonnés

qui ne feront jamais la guerre et je sais de quoi je parle) en

scientifiques capables de faire de la recherche et du développement.

Mais, je suis sceptique. Je crois que ce continent restera enfoncé

dans le sommeil jusqu'au jour où le ciel lui tombera sur la tête.

 

Enfin, la mondialisation. Malheureusement, comme dans tous les autres

sujets qui ont fait leur temps, les stagiaires africains que nous

recevons sont d'excellents perroquets qui répètent mécaniquement les

arguments qu'ils entendent en Occident. A savoir, il faut la rendre

humaine, aider les pays pauvres à y faire face. Vous savez, dans mes

fonctions, il y a des réalités que je ne peux dire, mais je vais vous

les dire. La mondialisation est juste la forme moderne de perpétuation

de l'inégalité économique. Pour être clair, je vous dirai que ce

concept a un but : garder les pays pauvres comme sources

d'approvisionnement en biens et ressources qui permettraient aux pays

riches de conserver leur niveau de vie. Autrement dit, le travail dur,

pénible, à faible valeur ajoutée et impraticable en Occident sera fait

dans le Tiers-monde. Ainsi, les appareils électroniques qui coûtaient

300 dollars US en 1980 reviennent toujours au même prix en 2006. Et

puisque l'Afrique n'a toujours pas un plan cohérent de développement

économique et d'indépendance, elle continuera

à être un réservoir de consommation où seront déversés tous les

produits fabriqués dans le monde.

 

Pour moi, l'indépendance signifie d'abord un certain degré

d'autonomie. 

 

Mais, quand je vois que des pays comme le Sénégal, le

Mali, le Niger, le Tchad ou la Centrafrique importent quasiment 45 %

de leur propre nourriture de l'étranger, vous comprendrez qu'un simple

embargo militaire sur les livraisons de biens et services suffirait à

les anéantir. 

Pour terminer, je vais vous raconter une anecdote. Je

parlais avec un colonel sénégalais venu en stage chez nous il y a

quelques mois. Nous regardions à la télévision les images de millions

de Libanais qui défilaient dans les rues pour réclamer le retrait des

soldats syriens de leur pays. Je lui ai demandé ce qu'il en pensait.

Il m'a répondu : « Les Libanais veulent retrouver leur indépendance et

la présence syrienne les étouffe ». C'est la réponse typique de la

naïveté emprunte d'angélisme. Je lui ai expliqué que ces

manifestations ne sont ni spontanées ni l'expression d'un ras-le-bol.

 

 

Elles sont savamment planifiées parce qu'elles ont un but. Israël

piaffe d'impatience d'en découdre avec le Hezbollah et puisque

Tel-Aviv ne peut faire la guerre en même temps aux Palestiniens, au

Hezbollah et à la Syrie, son souhait est que Damas se retire. Une fois

le Liban à découvert, Israël aura carte blanche pour l'envahir et y

faire ce qu'elle veut. J'ai appelé cet officier sénégalais il y a deux

jours pour lui rappeler notre conservation. Malheureusement, il était

passé à autre chose. Son stage ne lui a servi à rien. J'espère

vraiment qu'un jour, les Africains auront conscience de la force de

l'union, de l'analyse et de l'anticipation. L'Histoire nous démontre

que la coexistence entre peuples a toujours été et sera toujours un

rapport de force. Le jour où vous aurez votre arme nucléaire comme la

Chine et l'Inde, vous pourrez vous consacrer tranquillement à votre

développement. Mais tant que vous aurez le genre de dirigeants que je

rencontre souvent, vous ne comprendrez jamais que le respect s'arrachecorps

par l'intelligence et la force. Je ne suis pas optimiste. Car, si

demain l'Union Africaine ou la CEDEAO décide de créer un Institut

africain d'études stratégiques crédible et fiable, les personnes qui

seront choisies se précipiteront en Occident pour apprendre notre

manière de voir le monde et ses enjeux. Or, l'enjeu est autre, il

s'agit de développer leur manière de voir le monde, une manière

africaine tenant compte des intérêts de l'Afrique. Alors, les

fonctionnaires qui seront là, à statut diplomatique, surpayés,

inefficaces et incapables de réfléchir sans l'apport des

experts

occidentaux se contenteront de faire du copier-coller, ce sera un

autre parmi les multiples gâchis du continent. Avant que vos

ministères des Affaires étrangères ne fassent des analyses sur la

marche du monde, ils feraient mieux d'en faire d'abord pour votre

propre « intérêt ».

 

O.S. (journaliste, Montréal) : Veuillez transmettre ce message aux

amis et connaissances africains et à tous ceux qui se soucient du

réveil de l'Afrique.

 

 

Cordialement

 

Souhahébou COULIBALY

 

République du MALI

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Published by Brice MATINGOUT - dans FRANCAFRIQUE
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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 15:01
    

 

L'avocat Robert Bourgi révèle 25 ans de transferts de fonds entre des États d'Afrique et la France. Jacques Chirac porte plainte.

 


Dans le Journal du Dimanche, l'avocat Robert Bourgi, ami et conseiller de Nicolas Sarkozy, met en cause l'ex-président Jacques Chirac et son ex-Premier ministre Dominique de Villepin.

Les deux anciens hommes d'État aurait été au coeur d'opérations de financement occulte, se montant à plusieurs dizaines de millions de francs, entre la France et plusieurs pays africains.

Des révélations en forme de vengeance


"Pendant trente ans, Jacques Foccart [un autre avocat dont il a pris la suite : NDLR] a été en charge, entre autres choses, des transferts de fonds entre les chefs d'État africains et Jacques Chirac. Moi-même, j'ai participé à plusieurs remises de mallettes à Jacques Chirac, en personne, à la mairie de Paris", révèle Robert Bourgi.

Puis il explique pourquoi il a décidé de faire ces révélation : "J'ai travaillé avec Dominique pendant des années. Nous avons été très proches, comme on peut être proche d'un ami, de quelqu'un que l'on connaît intimement. Et puis, fin 2005, brutalement, il m'a chassé. Il m'a déçu".

Par ailleurs, Robert Bourgi précise que les malettes ne contenaient jamais moins de cinq millions de francs. Les sommes pouvaient même aller jusqu'à 15 millions de francs : un total de plusieurs dizaines de millions par an.

Autre révélation : en 2002, 5 dirigeants africains auraient versé 10 millions de dollars pour financer la campagne de Jacques Chirac.

L'avocat explique que ces financements occultes auraient cessés une fois Nicolas Sarkozy élu président de la République : "Ni Omar Bongo, ni aucun autre chef d'État africain, par mon intermédiaire, n'a remis d'argent à Nicolas Sarkozy ni à Claude Guéant".

Une version contestée par Michel de Bonnecorse, un ancien Chiraquien, qui affirme de son côté que Nicolas Sarkozy aurait aussi profité des fonds africains.

Bref, ça tire dans tous les sens.

"Fariboles" répond Dominique de Villepin

Sollicité par le Journal du Dimanche, Dominique de Villepin dément avoir reçu de l'argent en provenance d'Afrique.

"Tout cela n’est que fariboles et écrans de fumée. Je n’ai jamais cessé, depuis 1993, de me mobiliser contre lesChirac Villepin 0 réseaux de quelque nature que ce soit, en vue d’une moralisation de la vie politique dans le cadre fixé par Jacques Chirac", affirme l'ex-chef de gouvernement.

Invité sur le plateau de France 3, Dominique de Villepin estime que le timing de ces révélations est parfait : "On voit l'acharnement, la volonté de salir la présidence de Jacques Chirac, à un moment qui est celui du procès de Jacques Chirac et à quelques jours de la décision de la cours d'appel dans l'affaire Clearstream [le 14 septrembre : NDLR]. (...) Tout cela n'est pas un hasard".

Voir la vidéo ci-dessous :

 


D'après le site d'information Rue89, cette affaire pourrait également être un contre-feu aux déclarations de la juge Isabelle Prévost-Desprez sur la remise d'enveloppes à Nicolas Sarkozy chez Liliane Bettencourt.

Du côté de l'UMP, on attend "des éléments de preuve"

Invité du Grand Rendez-vous Europe1/I-Télé/Le Parisien Aujourd'hui, le président du Sénat Gérard Larcher invite Robert Bourgi à saisir la justice sur cette affaire de financement occulte.

"Je suis étonné qu’il le dise à la presse et non pas à la justice. Elle est là pour ça", affirme Gérard Larcher

Enfin, l'UMP par la voix de sa déléguée générale Valérie Rosso-Debord demandes des preuves.

"S'il a des éléments de preuve, qu'il saisisse la justice. On attend des éléments de preuve. Il faut que Bourgi apporte des preuves, pas seulement des paroles. Si ce qu'il dit était vrai, il faudrait que la justice passe", indique la député UMP.

Dimanche en fin de journée, Jacques Chirac a décidé de porter plainte pour diffamation contre Robert Bourgi.

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 10:09

LEMONDE

 

Le printemps arabe en a amplement témoigné : l'enrichissement illicite et les frasques des dirigeants politiques ne sont plus acceptés par les peuples, en particulier ceux qui, dans des pays potentiellement riches, croupissent dans la misère.

Les détournements d'argent opérés par les familles Ben Ali, Moubarak et Kadhafi ont alimenté les révoltes au nord detunisie l'Afrique, et une colère similaire se développe sur le reste du continent - comme Le Monde le rapporte dans cette édition. Ces réflexes légitimes sont encouragés par les discours occidentaux prônant la "bonne gouvernance".

C'est pourquoi le refus que vient d'opposer le parquet de Paris, soumis statutairement au pouvoir exécutif, à la demande de deux juges d'instruction d'élargir leurs investigations dans l'affaire des "biens mal acquis" par les familles de trois chefs d'Etat africains est incompréhensible. Saisis d'une plainte déposée en 2008 pour "recel de détournement de fonds publics" à l'initiative des organisations non gouvernementales Transparence internationale et Sherpa, les deux magistrats possèdent déjà un inventaire des achats suspects, notamment immobiliers, effectués en France par les familles des présidents du Congo-Brazzaville, du Gabon et de la Guinée équatoriale avant le dépôt de la plainte.

 

sarkozy-joyeux-noel-2008-1Leurs investigations viennent de révéler que ces transactions s'étaient poursuivies depuis lors. Les juges d'instruction avaient besoin du feu vert du parquet pour enquêter sur ces opérations récentes et déterminer l'origine des fonds utilisés. Le refus du parquet est sans appel. Or policiers et douaniers ont établi de nombreux faits troublants. Ali Bongo, peu avant de succéder à son père à la présidence du Gabon, en 2009, a acquis une Bentley de 200 000 euros, tandis que le neveu du président congolais Sassou-Nguesso, chargé par son oncle de prélever les taxes sur les tankers de pétrole, a jeté son dévolu sur une Porsche de 137 000 euros.

La palme de l'extravagance revient au fils et ministre du président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema. Outre un lot de Ferrari, Rolls-Royce et autres voitures de luxe, il a acheté aux enchères en 2009, chez Christie's France, 109 lots d'objets d'art anciens pour un montant de 18,3 millions d'euros, payés par... la société d'exploitation forestière qu'il dirige dans son pays, alors qu'il est aussi ministre des forêts !

"La présence de "biens mal acquis" pourrait être suspectée", écrivent les enquêteurs de la cellule gouvernementale antiblanchiment Tracfin eux-mêmes. Mais l'enquête qu'ils appellent de leurs voeux, entravée par le parquet, n'aura pas lieu.


Nicolas Sarkozy peut-il soutenir les peuples arabes en révolte contre leurs dirigeants corrompus, alors que son ministre de la justice couvre pareille interdiction d'enquêter sur les "biens mal acquis" un peu plus au sud ? La France a ratifié la convention de l'ONU contre la corruption de 2003, qui fait de la restitution des avoirs frauduleux un principe du droit international. Il est temps qu'elle la mette en oeuvre concrètement.

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 23:40

 





Dominique François Ugeux, diplômé en sciences politique et diplomatique, président de l’Association royale de la presse Nord-Sud, ex-député au parlement belge, en visite de travail en Côte d’Ivoire, jette un regard critique sur la crise que traverse la Côte d’Ivoire depuis dix ans.  


QUESTION : Vous êtes pratiquement un Africain, pour avoir passé toute votre vie au Congo. Vous êtes certainement trèsimages--31-.jpg préoccupé par la situation sociopolitique qui prévaut en ce moment en Côte d’Ivoire. Quel regard jetez-vous sur ce qui se passe dans ce pays ?

DOMINIQUE-FRANÇOIS UGEUX : J’ai vécu le coup d’Etat de 1999. J’ai très mal vécu ce coup d’Etat. J’étais à l’« Hôtel du Golf » et j’entendais les tirs comme si c’était dans ma chambre qu’on tirait. Fologo était juste au-dessus de la suite que je louais, et les militaires sont venus le chercher avec une brutalité incroyable pour le conduire au camp. J’ai appelé mon gouvernement et de négociation en négociation, il a été libéré 10 jours après. J’ai vécu avec cette tension pendant 15 jours.


QUESTION : N’est-ce pas la même crise qui fait encore parler d’elle aujourd’hui ?

DOMINIQUE-FRANÇOIS UGEUX : Oui c’est vrai, mais si on veut parler de l’origine de la crise, on passerait toute la nuit ici.

Aujourd’hui, ce qui est primordiale est de sortir de cette crise. Le hasard veut que je sois là chaque fois que le pays souffre. Je suis là purement dans le cadre du travail, mais comme j’ai une âme de politique et de journaliste, j’ai décidé de rester pour voir un peu l’évolution des choses. C’est vrai que je connais personnellement le président Laurent Gbagbo, avec qui j’ai eu plusieurs entretiens. J’ai vécu le premier et le deuxième tour de l’élection présidentielle. Le premier tour a été admirable, mais le second m’a véritablement interpellé.


QUESTION : Qu’est-ce qui n’a pas marché pour qu’on en arrive à une telle crise après l’élection présidentielle ?

images--32-.jpgDOMINIQUE-FRANÇOIS UGEUX : En tant que président de l’Association royale de la presse Nord-Sud, j’étais ici sur la terrasse de l’hôtel Pullman pendant la proclamation des résultats. Vous devez savoir qu’ici, il y avait des journalistes correspondants de chaines que je ne vais pas citer. Ils venaient s’asseoir sur la terrasse pour discuter et surtout pour capter leur satellite pour le journal en duplex. A cet endroit, j’ai assisté à une scène des plus révoltantes au monde. Ce que je vais vous dire, résume beaucoup de choses sur la crise en Côte d’Ivoire, et n’appellera pas d’autres commentaires. Il était 17 heures 15 mn, lelundi 6 décembre 2010, ici à la terrasse de l’« hôtel Pullman ». J’échangeais avec un journaliste avec lequel j’avais lié connaissance au premier tour et qui était là pour le second tour de l’élection présidentielle. On discutait de la déontologie et de la liberté de la presse. A 18 heures, 19 heures pour Paris, avec son portable et l’amplificateur, il appelle Paris à un mètre de moi. Il a dit « allo ! Paris, je fais la manchette sur Abidjan ». « Il y a des embouteillages, tout est normal, il fait calme, Abidjan bouge, le peuple est heureux, Laurent Gbagbo est élu ». Alors on entend Paris dire: « tu ne peux pas dire ça. Tu dois dire qu’il y a une tension vive à Abidjan que les Ivoiriens ont peur, les rues sont désertes, les Ivoiriens contestent la victoire de Gbagbo ». Voilà ce dont j’ai été témoin. En temps que président de l’Association royale de la presse Nord-Sud, je dis que c’est indigne d’un pays comme la France. L’objectivité n’existe pas mais l’honnêteté intellectuelle existe.


QUESTION : En clair, pour vous, c’est la France qui fait la guerre à la Côte d’Ivoire pour installer le candidat de son choix, et qu’en réalité il n’existe pas de crise post électorale ?

DOMINIQUE-FRANÇOIS UGEUX : Je suis en train de vous dire que j’ai été témoin d’une scène. Je vous demande d’en déduire vous-même pour voir toutes les manipulations de la France dans la crise actuelle en Côte d’Ivoire.


QUESTION : 50 ans après, peut-on dire que l’Afrique est indépendante ?

DOMINIQUE-FRANÇOIS UGEUX : Je le dis net : l’Afrique n’est pas du tout indépendante. En temps que politologue, je suis passionné des droits constitutionnels. La crise que vivent les pays d’Afrique du Nord (Algérie, Tunisie, Egypte, Lybie) est la crise que vous avez vécue il y a 20 ans. C’est-à-dire vous êtes allés d’un système dictatorial au multipartisme, tout le monde se félicite de cela. S’agissant des colonies françaises, 15 pays ex-français de colonies d’Afrique noire ont hérité de la Constitution de la 5e république. On vous oblige à organiser des élections et on vous impose des présidents. En Côte d’Ivoire, on a poussé le président Laurent Gbagbo à organiser l’élection présidentielle alors que l’« Onu » n’a pas pacifié le Nord occupé par les rebelles. A partir du moment où on demande à des Etats souverains de se soumettre à la Constitution et que la Constitution est dotée d’un pouvoir exécutif, judiciaire, législatif et une liberté de presse, le 4e pouvoir qui est total en Côte d’Ivoire, ce qui n’est jamais vu dans le monde. Je ne vois pas pourquoi on peut contester une élection présidentielle. A partir du moment où un Etat souverain via l’institution suprême de la République proclame de façon officielle un résultat, c’est la République qui a parlé à travers cette Institution.

Alors, qu’on ne vienne surtout pas me dire que le président du « Conseil constitutionnel » est un ami de Gbagbo Laurent. Puis-je rappeler que Sarkozy, le donneur de leçon a comme président du « Conseil constitutionnel » Jean Louis Debré, le fils du père. Alors pas de leçon à donner à l’Afrique s’il vous plaît.


QUESTION : Pourquoi le président du « Conseil constitutionnel » français a une légitimité incontestée et qu’en Côte d’Ivoire on met en cause la légitimité du président du « Conseil constitutionnel »?

DOMINIQUE-FRANÇOIS UGEUX : C’est tout simplement parce que le président Laurent Gbagbo ne fait pas l’affaire de l’« Elysée » que la France refuse de lui reconnaître sa victoire en accusant le « Conseil constitutionnel » de Côte d’Ivoire de proche de Gbagbo. Ni la France, ni les Etats Unis n’ont de leçons à donner à la Côte d’Ivoire quand on a vu le ridicule du recomptage des voix en Floride qui a donné Bush vainqueur alors que tout le monde sait que c’est Albert Alnold Gore dit Al Gore qui a remporté l’élection présidentielle. C’est la « Cour suprême » majoritairement pro Bush qui a donné le résultat final. Est-ce que l’« Onu » est allée mettre de l’ordre aux Etats Unis ? A-t-on envoyé l’« Ecomog » aux Usa ? A-t-on fermé les banques aux Usa ?


QUESTION : Pensez-vous qu’il y a une perspective adéquate de sortie de crise sans que la Côte d’Ivoire ne s’embrase ?

DOMINIQUE-FRANÇOIS UGEUX : Je vais vous dire très sincèrement, je prie Dieu nuit et jour pour que l’on arrêteimages--33-.jpg l’effusion de sang en Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire est un paradis et je ne veux pas qu’on la métamorphose en enfer.

Le peuple ivoirien a payé un lourd tribut depuis prêt de 10 ans. Il a assez souffert, il a assez pleuré et cela doit s’arrêter. Je conjure aux deux hommes de se parler. Il y a un qui est ouvert, l’autre fermé. La seule solution de sortie de crise est un dialogue franc entre les deux protagonistes. Un qui fut premier ministre, brillant économiste, Alassane Ouattara et l’autre, grand politicien, profondément cultivé, miroir du peuple ivoirien et d’Afrique. Même ses adversaires sont obligés de reconnaître le grand politicien qu’il est, un homme courageux au grand cœur. Pendant 10 ans, il a composé avec d’autres partis pour la paix dans son pays. Laurent Gbagbo est grand dans l’âme et dans le cœur. Il saura trouver une issue pacifique à la crise qui secoue son pays. Il faut à tout prix éviter une guerre civile. Ce sera la fin de l’Afrique de l’Ouest, et de la « Cedeao ». Je voudrais que M.Ouattara ait une connaissance intellectuelle de reconnaître qu’il y a une Constitution et des Institutions qui régissent la Côte d’Ivoire. Un coup de force vers le Golf est envisageable mais ne résoudra rien, le Nord étant occupé, il y aurait forcément des morts. Si c’est dans l’autre sens, ce sera à la limite pire. Je recommande le dialogue et condamne l’attitude de Nicolas Sarkozyqui de façon scandaleuse a sommé le président de la République de quitter le pouvoir, ce qui est une ingérence invraisemblable et c’est inacceptable. Quand bien même on ne soit pas avec le président Laurent Gbagbo, il y a un minimum de respect qu’on lui doit en tant que chef d’Etat, légitimé ou pas par Paris, c’est le président de la république de Côte d’Ivoire.


QUESTION : Que pensez-vous du panel des chefs d’Etat africains ? Croyez-vous qu’ils auront assez de courage pour faire triompher la vérité et légitimer les Institutions de la République de Côte d’Ivoire ?

DOMINIQUE-FRANÇOIS UGEUX : Par rapport au tout début, il y a un gros effort qui a été consenti. Avant c’était l’Europe et les Usa qui dictaient leur loi. Le fait de remonter vert l’Afrique est un grand pas. Je préfère 30 à 40 aller- retours pour des négociations, à la recherche d’une paix vraie plutôt que d’utiliser des armes pour détruire ce beau pays, qui a tous les atouts. Ce beau pays qui est un don de Dieu, le seul patrimoine que les Ivoiriens ont en commun. Ne tombez pas dans le piège de vos ennemis qui ne désirent que voir le pays s’embraser pour piller son sous-sol. Il faut que le panel tienne compte des lois du pays. Les Africains ayant la vertu de l’arbre à palabre et du dialogue, je sais et j’espère que le panel va apporter la paix tant attendue par les Ivoiriens.


QUESTION : l’« Onu » a pris position dans la crise ivoirienne. Des preuves accablent l’armée onusienne qui de façon délibérée a tiré sur les partisans de Laurent Gbagbo, faisant de nombreux morts et des blessés qui ont déposé une plainte contre cette force. En tant qu’expert de l’« Onu », quel est votre commentaire sur ce fait ?

DOMINIQUE-FRANÇOIS UGEUX : Si vraiment l’Onu se prête à ce type de comportement, non seulement c’est blâmable et c’est condamnable. C’est une violation totale de la charte de l’« Onu ». Si l’« Onu » a tiré sur des personnes aux mains nues, je ne suis pas du tout fier que mon pays fasse partie de cette Institution.


QUESTION : Le Congo est votre pays, puisque vous y avez passé pratiquement toute votre vie. Quel lien établissez-vous entrePatrice Lumumba et le président Laurent Gbagbo ?

DOMINIQUE-FRANÇOIS UGEUX : J’ai eu la chance de vivre l’indépendance du Congo. Gbagbo présente les caractéristiques d’un homme qui pense d’abord à son peuple avant tout autre considération. Lumumba était ainsi, c’était un homme qui n’avait rien à foutre de l’argent. Il était profondément nationaliste. Toutes ses revendications étaient sociales et propres aux besoins du peuple. On l’a taxé de communiste et à force de le taxer de communiste, il n’a pas eu d’autres choix que de se tourner vers Moscou. Si on avait compris que c’était un communiste et que c’était un homme avec lequel il fallait composer, on ne l’aurait pas assassiné. Gbagbo comme Lumumba incarne le nationalisme au sens noble du thème. Je souhaite qu’on le laisse en paix, qu’on lui foute la paix et qu’il a 5 ans pour mettre à exécution son programme de gouvernement pour le bonheur de son peuple. Après, on ne le vote plus si on veut, mais il faut le laisser travailler. A la limite, il est frustré de ne pas pouvoir faire ce qu’il aime le plus au monde, se mettre au service de son peuple. Travailler pour son peuple, rien que ça, Gbagbo ne demande rien que ça.


QUESTION : Votre mot de fin...

DOMINIQUE-FRANÇOIS UGEUX : Ce que je vais dire est banal mais ça vient du cœur. Je voudrais dire au peuple ivoirien que je fréquente depuis longtemps que quelle que soit leur tendance politique, ethnique et religieuse de se pardonner les uns les autres, de prier Dieu tous les jours pour que vienne la paix. Je porte un amour sincère et total, sans calcul au peuple ivoirien. Faites la part des choses, ne sombrez pas dans l’extrémisme et ne devenez pas les otages des manipulateurs. Je dis aux Ivoiriens de se serrer les coudes car le bout du tunnel n’est pas loin. Il y a une lueur d’espoir qu’il faut savoir saisir. Je souhaite que le panel trouve une solution acceptable pour tous. Si les deux hommes ensemble acceptent de diriger la Côte d’Ivoire dans la sincérité, ils casseraient la baraque. Un grand homme politique et l’autre économiste hors pair. S’ils arrivent à le faire, ils donneraient l’exemple d’être d’une très grande maturité et ils donneraient une gifle à la France.



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RÉVÉLATIONS SUR L'ÉLECTION EN CÔTE D'IVOIRE / DOMINIQUE-FRANÇOIS UGEUX (ANCIEN DÉPUTÉ BELGE) :  « CE QUE J'AI ENTENDU À MON HOTEL ».

 
     
    
 
 

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 13:37

Le début du XVIIIe siècle, sous le règne du roi Pedro IV, connaîtra une tentative de restauration du royaume Kongo grâce aux Antoniens.

En effet, le retour des résistants aux Occidentaux, sur la scène politique du royaume répond au souci de rebâtir l’unité du royaume. Dona Béatrice connue sous le nom de Kimpa Nvita,âgée à peine de vingt ans, « entendit la voix de Saint Antoine » lui recommandant de rétablir le royaume ainsi que l’autorité du roi afin de sauver les Koongos du joug des étrangers. Mais, avant de commencer son ministère, elle s'est retirée de la foule pour le mont Kimbangu. On pense que c'est aucours de cette retraite qu'elle serait devenue miraculeusement enceinte. 

  

Ainsi, à partir de 1704, plus de 80 000 Koongos venus de toutes les provinces fédèrent autour d’elle à Mbanza Koongo longtemps déserté. Elle prêche sur l’identité des Koongos. Des milliers des koongos convertis au catholicisme rejoignent son groupe. 

 

Pour la première fois depuis bien longtemps, le peuple, sans distinction de province, criait et acclamait, chantait et dansait, riait et pleurait  joyeusement. L’enthousiasme général les gagna. La foule scandait les cris de liberté.

Kimpa Nvita était devenue une menace qui pouvait conduire à la chute de l'Église et mettre en péril le commerce triangulaire des Noirs.

images (21)Les Portugais sentant grandir la menace des leurs intérêts à cause des  revendications pour la liberté des Noirs, capturent Kimpa Nvita. Elle fut brûlée vive sur un bûcher le 2 juillet 1706 avec son petit garçon conçut miraculeusement étant donné qu'elle était encore vierge au moment des faits. Mais, les Blancs et l'Église catholique qui cherchaient un motif pour mettre fin à ses jours l'accusa d'hérésie.   On raconte qu'avant de rendre l'âme, elle aurait crier, "mon fils reviendra libérer l'Homme noir".  Pour cette raison, certains pensent que cet enfant serait revenu au monde sous la forme de Simon Kibangu.

 

Toutefois, malgré la mort de Dona Béatrice, ses nombreux adeptes trouveront dans son action un motif de continuer le combat pour la libération de l’Africain.

Dorénavant, confiant du soutient spirituel de Kimpa Nvita, ils lutteront pour briserDONA BEATRICE l’ordre établit afin de redorer le blason terni de la négritude.

A partir de 1706, les nouveaux esclaves Koongos – dans tous les lieux où ils sont vendus - se révoltent et revendiquent leur liberté.

 

La question de la liberté des peuples s’associe avec force à celle de la reconnaissance de leurs valeurs et de leur dignité. Ainsi, avec l'aide de Makandala et Toussain Louverture, les Koongos vendus en Haïti, infligeront à l'armée de Napoléon, la plus puissante de l'époque,  sa plus lourde défaite. les témoins racontent que pendant les combats, les Haïtiens scandaient en Koongo : "Mama Kimpa nvita, mundélé ndoki" ( ces blancs sont des sorciers). Ils étaient investis des forces  mystiques qui les rendaient invulnérables contre lesquelles les troupes de Napoléon ne pouvaient rien faire. D'où la libération  du premier pays noir et la deuxième révolution  au Monde après la révolution américaine, en 1804. 

 

Bibliographie et annexes

Roi des Koongos

Ce qui compte pour son existence

Ensemble des valeurs culturelles et spirituelles propres aux Noirs

Celui qui vit en dehors des règles européennes

Qui signifie les Portugais sont chez eux

Titre d’un ouvrage de R. Dumont, l’Afrique noire est mal partie

Pour assurer l’égalité de traitement des provinces, le roi prenait une femme dans chacune  qui plaidait en faveur de sa province auprès du roi

Les Koongo croient en un Dieu unique avant l’arrivée du christianisme

Capitale du royaume que les Occidentaux nommeront San Salvador

Comptoir installé le long de l’embouchure Kongo

Province indépendante non contrôlé par les Blancs

Adeptes de Kimpa Nvita

Cette jeune dame dont les exploits rappellent ceux de J. D’Arc fut brûlée au XVIIe siècle par les Occidentaux à cause de sa rébellion. Son nom signifie « celle qui délivre des forces du mal » : la sorcellerie et les Blancs. Sa religion prêche le Jésus noir et les saints Kongos   

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 01:23
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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 01:15
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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 13:38

 

 

 

III-3 : LES INDEPENDANCES ET LA  ‘’FRANCAFRIQUE’’

Photob 001Les indépendances africaines doivent être comprises comme une période charnière entre la colonisation et la françafrique. Elles se situent entre 1958 et 1975 avec l’indépendance de l’Angola, colonie portugaise. Il est intéressant d’examiner de plus près comment l’Européen en quittant l’Afrique avait piégé le terrain afin d’y revenir sous une autre forme mais avec la même intention : l’exploitation économique du continent au détriment des populations locales.

Les indépendances des pays africains précipitent le départ des colons vers leurs pays d’origine. C’est donc aux Africains de prendre en main le destin du continent. Certainement, ils en ont la volonté et sont tous enthousiastes : pour la plupart, ils ont fréquenté l’école des Blancs, certains sont mêmes plus blancs que les Blancs. Tout de suite, ils doivent agir. Or, l’indépendance exige les moyens pour exister et résister.

Mais dans quel état sont-ils, eux et les populations au lendemain de la ‘’ fin’’ de la colonisation ? Quel est l’héritage de la colonisation ? Cet héritage est-il une chance ou un poids pour ces jeunes Républiques ?

Pour les nouveaux dirigeants, la question la plus ardue était de savoir comment créer les conditions pour un développement autocentré qui soit avant tout au service de la population. Les structures économiques laissées par les Occidentaux obéissent à l’économie extravertie, c’est-à-dire, qu’elles devaient avant tout servir la métropole. En effet, durant toute la colonisation, les Occidentaux ont forcé des populations locales à travailler dans de grandes plantations de produits d’exportation (cacao, de canne-à-sucre, café, caoutchouc, banane…). Tous ces produits sont transformés en Europe. Donc, tout le système mis en place, ainsi que les infrastructures (routes et voies ferrées..) obéissaient à cette logique.

Il est aussi important de noter que le développement de l’agriculture industrielle s’est fait au détriment de l’agriculture vivrière, car de moins en moins d’Africains travaillent dans leurs propres exploitations agricoles. Par conséquent, s’est développée déjà une forme de dépendance alimentaire. Car les populations, retenues dans des plantations, loin de chez elles, sont nourries essentiellement avec les aliments importés d’Europe. La consommation de tsamba1, par exemple, est largement réprimée au profit des boissons européennes. Créer de nouveaux besoins, imposer un nouveau mode de consommation et maintenir la population dans la dépendance étaient entre autres, les objectifs des colonies considérées comme d’excellents débouchés par le colonisateur.

Donc, pour les nouveaux dirigeants, la tâche est rude et presque perdue d’avance, car ils n’ont pas les moyens financiers de transformation des produits agricoles et de modification des besoins de consommation.

Comment stopper en un si bref laps de temps la dépendance sous toutes ses formes que les Occidentaux ont érigés durant des siècles ? Pour ces nouvelles Républiques, l’impasse est totale. Face au verrouillage du système imaginé et conçu par les Européens, les cris de joie se transforment en cris d’amertume. Il faut l’avouer, on ne pouvait pas du jour au lendemain s’installer à la tête d’un système, sans en connaître les codes. Quelle qu’ait pu être la bonne volonté tout ne pouvait que crouler. Et les seuls qui connaissaient ces codes, les Blancs étaient revenus en Europe.

Ce n’est donc pas un hasard si les pays qui ont eu la vie sauve dans les trente années qui ont suivi l’indépendance, sont ceux où les dirigeants étaient assez lucides et avaient gardé les colons sur place en tirant un trait sur le passé colonial. C’est le cas du Gabon et de la Côte d’Ivoire. Les autres pays ont tout simplement sombré.

Dans les pays qui sombrent, il y a, sans qu’on le dise réellement, la nostalgie du passé, le passé avec le colon. Comment aurait-il pu en être autrement étant donné que psychologiquement la dépendance, même refoulée, ne pouvait que refaire surface. C’est tout le mécanisme du conditionnement qui fonctionne tel qu’il avait été prévu par le colon. C’est là qu’il est capital de se pencher sur un point qui a échappé à nos pères : l’identité ou l’identité nationale.

L’esclavagiste, puis le colonialiste, pour exploiter au mieux l’Africain avait commencé par détruire son identité, ce qui le caractérise, ce à quoi il croit (ses puissances, ses réflexes, sa mentalité, toutes ses capacités, ses valeurs, ses dieux…) en un mot, son monde. Même nos premiers présidents sans le savoir étaient en dehors de leur monde. Dès l’instant où le ‘’logiciel’’ de l’homme noir avait été détruit et remplacer par la pensée occidentale, toute stratégie inventée n’était plus naturelle pour l’Africain. Par conséquent, nos pères voulaient bâtir un nouvel avenir pour le continent mais avec un logiciel occidental. C’était voué à l’échec. Mais, le savaient-ils ? Sans doute non. L’Africain est entré contre son gré dans « le monde des Blancs » et a été condamné à penser comme lui : il n’y a pas de doute, sur ce terrain, c’est le propriétaire du ‘’logiciel’’ qui sera gagnant.

Après les indépendances, le premier devoir aurait été la remise en cause du monde des Blancs dans lequel les Africains étaient et qui ne leur appartenaient pas. Cette remise en cause allait, en fait, aboutir à la reconquête d’un monde africain, tel qu’il devait être confronté au monde réel pour un développement intégral équilibré. Ceux qui ont mieux décelé le piège du système, les Asiatiques, s’en sortent. Et ceux qui n’ont rien compris, les Africains, s’embourbent dans un monde où tout est codé par les Occidentaux. Il reste un fait : l’Européen les avait cloisonnés dans un système tel qu’aucune tentative de remise en cause n’était possible. C’est ce que nous enseigne le mythe de la caverne de Platon : admirer les apparences avec la certitude qu’on est en face du réel. Le seul réel possible dans le cas de l’ancien colonisé c’était le monde tel que le colonialiste l’avait imaginé. C’est là qu’on voit toute la puissance de l’identité et la différence entre un peuple qui a perdu son identité et celui qui a son identité par le jeu d’orientation dans le monde imaginé ou imaginaire et le mode réel ou vécu.

Il ressort donc que très tôt, même fiers de leur indépendance, les Africains étaient dans l’attente psychologique du retour de l’homme blanc afin de déverrouiller un système complètement bloqué.

De leur côté, les Européens chassés du continent se retrouvent dans un système complètement nouveau, car depuis plus de cinq siècles leur structures économiques dépendent directement ou indirectement de l’extérieur. Sans compter toutes ces familles qui ne sont plus revenues en Europe depuis des siècles. Pour elles le déchirement est total. Il faut ajouter à cela tous les investissements réalisés et en cours sur le continent africain. Pour ces raisons, et beaucoup d’autres, les indépendances sont une sorte de blocus dont il faut se débarrasser, quel qu’en soit le prix.

Soit, il fallait négocier le retour : ce qui avait peu de chance de passer au niveau de l’opinion africaine trop fière de sa liberté nouvellement acquise. Soit, il fallait trouver des collaborateurs africains qui seraient au service des Etats européens. Mais pour que cela fonctionne, il fallait que les corrompus accèdent à la sphère du pouvoir. De fait, les puissances européennes mettent en place des stratégies pour parvenir à ces fins. C’est tout le sens de la françafrique2 qui consiste à embaucher quelques leaders africains à l’Elysée et à leur garantir un avenir politique dans leur pays, à condition qu’ils travaillent au profit des intérêts français ou occidentaux dans une soumission et obéissance absolues. Condition sine qua non pour demeurer au pouvoir. Le cas de Bongo, Houphouët, Mobutu, Sassou et autres sont trop connus.3 Mais nous connaissons aussi les cas de Sankara, Lissouba, Kabila et autres.4 Depuis plus de quarante ans, c’est le schéma que la France a mis en place ; peu importe si, pour cela, il faut s’asseoir sur les Droits de l’homme et l’indépendance des pays africains. Le triomphe de ce schéma a marqué le retour des Occidentaux sur le continent. Ce retour a sonné aussi la fin des indépendances des pays africains qui n’ont plus que leurs hymnes nationaux et leurs drapeaux.

Pour résumer, les colonialistes ont donné l’indépendance sans code indispensable pour le fonctionnement du système aux pays africains ; la françafrique a ôté l’indépendance tout en laissant les drapeaux et les hymnes. Si l’esclavagisme et le colonialisme sont des systèmes effroyables, la françafrique a adouci la violence, mais dans certains cas, elle alimente des nombreuses guerres civiles, responsables des massacres de populations.

 Les structures de l’économie extravertie existent encore et tiennent bien en place. Elles fonctionnent avant tout pour les Occidentaux. Elles tiendront encore pour longtemps, car la stratégie est de donner l’impression que les structures ont été modifiées. Elles tiendront encore longtemps tant que l’Africain fonctionnera avec un ‘’logiciel’’ qui n’est pas le sien. Ce ‘’ logiciel’’ qui vise à l’intégrer dans un modèle du développement imaginé et conçu pour les Occidentaux au nom de la mondialisation. En jouant sur ce terrain, c’est presque sûr, l’Afrique n’occupera que la dernière place sur l’échiquier international. Loin de comprendre cela, les dirigeants africains, conseillés par les Occidentaux qui ont la certitude d’avoir le modèle de développement le meilleur du monde s’acharnent à l’appliquer aux sociétés africaines. Nous savons qu’au nom de ces certitudes, des ravages on été enregistrés partout en Afrique et, en faisant du copier-coller, l’Afrique ne décollera pas. En un mot, le problème est avant tout culturel (identitaire), là où tout avait commencé. 

 

1 Boisson locale

 

2 Mot donné à la nature des relations entre la France et ses ex-colonies en Afrique, relation de pillage du continent et de corruption des dirigeants africains

 

3 Les Noirs de l’Elysée, titre d’un ouvrage de Calixte Baniafouna

 

4 Ceux qui ont tenté de dénoncer la Françafrique sont, soit assassinés, soit chassés du pouvoir

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 13:19

 



III-3-5 : POIDS DES MODELES ECONOMIQUES IMPORTES

Photob 001Les modèles économiques que les nouveaux dirigeants Africains adoptent au sortir de la colonisation n’inspirent guère confiance, ce qui fera dire à R. Dumont que « l’Afrique noire est mal partie.» Ils prônent un développement de type occidental sans avoir analysé les contextes socioculturels. L’objectif est de faire du copier-coller, comme je l’ai souligné, sur les modèles politiques. Comment pouvaient –ils faire autrement, tant que la dépendance culturelle était totale ? Durant les années 1980, la situation du continent devient alarmante en raison de l’inefficacité économique des dirigeants. Elle se caractérise par un abandon de l’agriculture, par le déclin de la production industrielle, par de médiocres performances dans l’exportation, par l’accumulation des dettes et par une dégradation des indicateurs sociaux, des institutions et de l’environnement. Tout ceci a un coût humain considérable. Les dépenses consacrées aux services sociaux ont fortement diminué, le taux de scolarité est en baisse, la situation nutritionnelle empire et la mortalité infantile élevée. Le paludisme continue de tuer, alors que les tués par V.I.H. sont incalculables dans certains coins. Le tout se traduisant par une perte de confiance chez de nombreux jeunes diplômés, sans emploi. Et, pendant ce temps l’ « Etat fait la politique du ventre.»1 

Fortes de ce constat, les institutions monétaires internationales ont tenté d’intervenir dans le continent. En effet, depuis la disparition de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (U.R.S.S.) en 1991 et l’effondrement du bloc communiste, qui prônaient la collectivisation des moyens de production et l’intervention de l’Etat dans l’économie nationale, le capitalisme était présenté comme le modèle de production de référence. Ce modèle basé sur la libre concurrence et la course effrénée à la production des biens de consommation soutenu par le monde occidental, sera peu à peu imposé directement ou indirectement aux pays africains. Ainsi, dans les années 1990, les « théologiens » du capitalisme, soutenus pas les institutions de Bretton Woods, la Banque Mondiale et le F.M.I.2 élaborent des programmes d’ajustement structurel imposés aux Etats africains.

Vingt ans plus tard, force est de constater que tous ces programmes conçus depuis les bureaux occidentaux sans associer les populations africaines concernées, ont échoué. Car non seulement, ils n’ont pas créé la richesse mais plus grave encore, l’Afrique est plus pauvre qu’auparavant. Aujourd’hui encore, certains producteurs africains de la zone francs (Benin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo, Côte-d’Ivoire, Gabon, Guinée-Equatoriale, Mali, Niger, Sénégal, Tchad, Togo et les Comores) n’arrivent pas à se relever après la dévaluation en 1994 du franc CFA3. Suite à ces échecs à répétition, ces modèles économiques qui régissaient l’Afrique ont été remis en question. Les thérapies néolibérales ont, dans la plupart des pays, fait éclater le contrat social issu des indépendances (dans certains pays du continent africain, l’espérance de vie à la naissance est retombée à son niveau de 1970, inférieur à 60 ans).

C’est donc à la suite de ces dégâts sociaux que la Banque mondiale et le F.M.I. parrainent de nouveaux programmes économiques, tels les documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté, ou des remises ou annulation de la dette dans les pays pauvres très endettés.

Il est clair que ces politiques basées sur l’aide, sont tributaires des fluctuations des économies occidentales. Une fois de plus, les pays africains ne comptent que sur les Occidentaux pour payer la facture. Aujourd’hui ceux-ci, submergés par la crise se résignent à des projets plus prioritaires, c'est-à-dire ceux qui concernent leurs économies.  Ce n’est donc pas par hasard que les Etats africains se trouvent privés de moyens pour redistribuer les revenus (quand ceux-ci n’ont pas été détournés par ceux qui devaient assurer le bien-vivre de leurs populations). Force est de constater qu’à quelques années de la fin des décennies pour l’élimination de la pauvreté (2015), le bilan est catastrophique.

Aujourd’hui, plus qu’avant, les inégalités se sont accrues entre les pays les plus riches, qui continuent de s’enrichir, et les pays les plus pauvres, qui continuent de s’appauvrir. Par conséquent, la pauvreté continue à se développer et se généralise dans le continent. On parle de la paupérisation. Et puisque la communauté internationale s’immobilise en raison de la crise, les Etats au sud du Sahara, sans réelle démocratie et sans bonne gouvernance assistent à leur propre ruine. On doit s’attendre de façon inéluctable à l’aggravation lente ou rapide (selon les pays) et progressive des conditions de vie des populations.

On en vient à se poser une question qui me paraît légitime. Pourquoi tous les modèles du développement économiques occidentaux échouent –ils en Afrique ?

A cette question, chacun tente de répondre. C’est ainsi que, les nouveaux partisans du malthusianisme pointent du doigt ce que l’Africain a de plus cher au monde : ses enfants. C’est la thèse des nouveaux théologiens du néo-malthusianisme. Déjà en 1991, R. Dumont écrivait que la démographie est « la cause de la pauvreté en Afrique.» C’est là qu’on enregistre le taux de croissance le plus élevé de la planète. La population est estimée à un milliard (fin 2009) dont plus de 250 millions en situation de précarité (personnes disposant moins d’un dollar par jour). En 2050, on estime à 2 milliards la population africaine, soit le double en l’espace de quarante ans. A ce rythme, la proportion des populations pauvres va exploser car selon le FNUAP4 cette croissance ne va pas se ralentir.5

Si cette croissance inquiète, c’est qu’elle augmente à peu près au même rythme que le nombre des pauvres. Soit, 3% par an, près de 20 millions de personnes. En effet, une forte fécondité engendre une pauvreté élevée par le jeu de déséquilibre qui s’instaure lorsqu’on a trop de bouches à nourrir pour une nourriture insuffisante. C’est la thèse de l’économiste Thomas Malthus qui explique que si le nombre des personnes augmente selon un taux de croissance géométrique, la production de nourriture, elle ne peut suivre qu’à un rythme arithmétique.

Le rapport est simple, 75% des richesses du monde sont entre les mains de 25% de la population mondiale, une grande partie de ces richesses se trouve au Nord, tandis que, 75% de la population se contente du reste, soit 25%. Elles sont majoritairement au Sud. Dans ces conditions, certains parlent de catastrophe humanitaire.

Face à ce chaos, les populations s’organisent ou se débrouillent en tentant de « faire quelque chose.» Elles adoptent des stratégies endogènes de lutte contre la pauvreté. C’est le sauve-qui-peut sous le regard indifférent de la françafrique. La fuite du continent africain est considérée par des nombreuses familles comme une stratégie de lutte contre la pauvreté.

Une fois de plus, dans leur lutte contre la pauvreté, des populations nombreuses déçues par leurs dirigeants ne comptent que sur l’aide internationale. C’est dans ce contexte qu’est survenue la crise internationale de 2008, plombant ainsi l’espérance de la population.

En effet, l’Histoire retiendra que l’année 2008 est marquée par une crise financière mondiale plus grave que celle la Grande Dépression de 1929. Toutes les économies des pays industrialisés ont subi des conséquences qui marqueront encore longtemps le libéralisme.

Pour une première fois, le monde découvre l’horreur du libéralisme caractérisé par l’abondance des crédits, la recherche d’un profit maximum et la dérèglementation à tout prix. Cette crise s’accompagne de nombreuses pertes d’emplois soit, à cause des licenciements, soit à cause des fermetures des usines, ou encore à cause de la stratégie de survie de l’entreprise. Le chômage augmente. Aux U.S.A., pays où est née la crise, de nombreuses familles perdent leurs maisons car elles ne peuvent plus honorer leurs créanciers. Par ricochet, certaines grandes banques (plus de 150, uniquement aux U.S.A.), symboles du capitalisme, font faillite.

Ainsi, en Occident, au milieu de l’abondance alimentaire, la pauvreté refait surface. On parle de la renaissance de la pauvreté. En France, malgré la présence au gouvernement d’un secrétaire d’Etat chargé de la lutte contre la pauvreté, les associations comme le Secours catholique et les Restos du cœur, qui offrent des aides alimentaires aux familles démunies, ont vu le nombre de personnes inscrites sur leurs listes augmenter de 2,3%, en l’espace de deux ans.

Il est certes vrai que la nature de cette pauvreté n’est pas la même que celle des pays du Sud mais la menace est réelle. De même, la crise financière actuelle n’est pas la première de l’Histoire ; elle est seulement plus brutale, plus ample et plus profonde que toutes celles qui l’ont précédée.

Face à cette crise et celle de voir tout le système s’écrouler (économies nationales et mondiales), les pays leaders de la planète, réunis au sein du G206 se sont mobilisés avec plus de 3 000 milliards de dollars de plan de relance et de sauvetage. Ils renflouent l’épargne des banques afin de soutenir la consommation des ménages et de la production. Ces plans de sauvetage vont peut-être stopper l’effondrement, ou mieux, la crise. Malgré tout, ces pays connaîtront la récession économique. Celle-ci oblige certains à se replier sur eux-mêmes. Ce qui aura des répercussions dans de nombreux pays pauvres, notamment en Afrique.

Contrairement à la déclaration d’Abdoulaye Wade7 qui affirmait à la RFI8 que « la crise financière sera limitée pour l’Afrique » en raison de sa faible insertion dans l’économie mondiale (3%), ses effets sont évidents. Certains pays comme l’Afrique du Sud, par l’entremise d’Old Mutual, a perdu 135 millions de dollars du fait de sa connexion avec les institutions financières américaines. La baisse de la demande de matières premières a entraîné la baisse des prix. Ainsi, les pays exportateurs africains on vu leurs revenus diminuer. Les experts de la Banque Africaine du Développement estiment cette perte à 40% soit, 251 milliards de dollars en 2009 et 277 milliards en 2010.

Les investissements directs étrangers ont ainsi diminué. Par ailleurs, le flux des capitaux étrangers en direction de l’Afrique a subi un choc. Les grands projets en cours sont ralentis ou reportés comme celui des centrales électriques au Botswana, l’interconnexion électrique de la CEDEAO.9 Les migrants africains installés en Occidentaux contribuent de façon directe au transfert des fonds vers l’Afrique (20 milliards en 2008). Cependant, la crise a modifié les comportements. Les sommes envoyées ont été moins importantes en 2009. Nous savons par ailleurs que des nombreux Africains survivent à partir de ces aides.

Le repli sur soi des Occidentaux comme stratégie de lutte contre la crise a aussi des incidences sur l’aide publique au développement. Pour atteindre les objectifs du millénaire (dispositifs de lutte contre la pauvreté), les pays riches devaient doubler leurs contributions en 2010 soit 50 milliards de dollars. En 2009, ils n’ont réuni que 26 milliards. Ce qui est loin d’arranger le sort des milliers d’Africains. Tout incite donc à penser que la lutte contre la crise se fait en sacrifiant les objectifs du millénaire.

Pour tenter de faire face à cette dégradation permanente, certains Etats africains ont recours aux apports des capitaux étrangers. Selon la BAD,10 106 milliards sont nécessaires pour revenir au niveau d’avant la crise. Si l’Afrique en vient à envisager le recours aux apports financiers étrangers pour sortir de cette crise qu’elle subit, alors que ces ‘’solutions’’ provisoires avaient montré leurs limites, c’est qu’elle se referme dans un piège-spirale d’autant plus que par le passé cette option n’a jamais amélioré les conditions de vie des populations.

Cette crise a sonné le glas d’un système que les Africains avaient adopté sans réellement le connaître, mais auquel ils croyaient malgré tout.

Il ressort que le continent est très vulnérable face aux fluctuations du système économique dans lequel il évolue. L’Afrique n’a aucune maîtrise des phénomènes mondiaux, et c’est aussi elle qui est la plus exposée. Ce danger explique que la pauvreté a de l’avenir en Afrique. Déjà dans le passé, dans les conditions nettement meilleures, le problème de pauvreté était posés en termes de mauvaise gestion des gouvernants qui refusaient et refusent toujours de redistribuer les revenus. Au Congo Brazzaville, par exemple, mais aussi dans beaucoup des pays l’écart est choquant entre le P.N.B.11 et le revenu réel par habitant. Dans ce cas, la gabegie financière et les détournements des fonds publics par les dirigeants africains et leurs acolytes, sont les éléments explicatifs de la misère qui frappe la majorité de la population. Toutefois, peut-on parler de la pauvre africaine ?

C’est de façon globale qu’on dit que l’Afrique est pauvre, car la réalité est plus : certains pays le sont, d’autres non.

Ma connaissance socioculturelle du terrain me permet de bien cerner des situations, tout en répondant avec prudence. Il y a des situations de guerres, de catastrophes naturelles, qui prennent en otages des milliers d’individus dont l’issue fatale est la pauvreté absolue.

En dehors de cette catégorie, il y a des individus privés de travail, de perspectives et d’opportunités. Ils n’ont pas accès à la moindre ressource et ne peuvent faire valoir leurs droits. Dans ces conditions, ils sont aussi pauvres selon la définition de l’économiste A. Sen.12

Par contre, la pauvreté définie en termes de manque ou d’insuffisance de revenus : pauvreté monétaire, conditions de vie, aisance financière, ne peut que donner des résultats biaisés. En effet, dans la conception africaine, manquer de revenus n’est pas forcement synonyme de pauvreté, au sens de manquer d’argent, et je l’ai déjà souligné, dans les sociétés occidentales. Ainsi, toute théorie basée sur le un « dollar par jour » trouve là sa limite. Etant entendu que l’individu fait partie intégrante du groupe, comme maillon d’une chaîne, les membres du clan, par solidarité clanique viennent au secours de chacun. En dehors de cette assistance, bien d’autres formes de solidarité existent grâce au maillage social. Par conséquent, être exclu ou s’exclure du groupe, est plus dangereux que perdre un emploi.

 

1 Op-cit

 

2 Fond Monétaire International

 

3 Monnaie des Colonies Françaises d’Afrique

 

4 Fond des Nations-Unies pour la population et le développement

 

5 Brunel S.

 

6 Les pays les plus industrialisés

 

7 Président de la Francophonie et ancien Président de Sénégal

 

8 Radio France Internationale

 

9 Communauté économique d’Afrique de l’ouest

 

10 Banque Africaine du Développement

 

11 Produit national brut

 

12 Cette approche a été utilisée pour la première fois en 1997

 

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