Ce blog traite des causes endogènes et exogènes liées à la pauvreté de l'Afrique. Il fait par ailleurs un pont entre l'Afrique et la France: la françafrique.
Joseph Ki-zerbo avait, à 84 ans, l’historien et homme politique semblait accuser le poids de l’âge. Ces derniers temps, il n’apparaissait plus à l’hémicycle.
Il rejoint Sékou Touré
Elu régulièrement député, Joseph Ki-Zerbo aura passé toute sa vie partagée entre l’enseignement et la recherche d’un côté, la politique de l’autre. Né en 1922, originaire de Toma dans la province du Nayala (centre-ouest du Burkina), il se lance très tôt dans la politique. En 1958, il crée avec d’autres camarades africains, comme le sénégalais Cheick Amidou Kane ou le béninois Albert Tchevodjrè, son premier parti, le Mouvement de libération nationale (MLN). Au référendum organisé cette même année dans les colonies par le général De Gaulle sur la création d’une communauté française, le MLN est l’un des rares partis à battre campagne pour le «non», c’est-à-dire pour l’indépendance immédiate. En Haute-Volta (aujourd’hui Burkina Faso), le «oui» l’emporte. Joseph Ki-Zerbo et ses camarades vont rejoindre alors Sékou Touré en Guinée, le seul pays où on a voté massivement pour le «non».
A l’indépendance de la Haute-Volta en 1960, il retourne dans son pays pour enseigner et reprendre son combat politique. Ki-Zerbo sera très actif dans le mouvement de contestation populaire qui fait chuter, en 1966, Maurice Yaméogo, le premier président de la Haute-Volta. En 1970, lors des premières législatives multipartites, il est élu député sous la bannière de son parti, le MLN. En 1978, il est candidat du même parti à la première élection présidentielle de l’histoire de la Haute-Volta. Mais il est éliminé dès le premier tour. Une fois de plus, cette expérience démocratique sera abrégée par un coup d’Etat militaire. En 1983, Joseph Ki-Zerbo est contraint à l’exil par le pouvoir révolutionnaire du capitaine Thomas Sankara. Il vit à Dakar, où il est titulaire de la chaire d’Histoire de l’Université Cheick Anta Diop. Pendant ce temps à Ouagadougou, sa bibliothèque constituée de plus de 11 000 ouvrages est incendiée.